Changing the world
Demain ne sera pas comme hier.
Il sera nouveau et il dépendra de nous.
Il est moins à découvrir qu’à inventer. (1)
Larry Page & Sergey Brin
un Américain et un Russe repensent le savoir
Leur phénoménale réussite est un beau pied-de-nez à l’idéologie
Larry Page est un informaticien américain né en 1973 à Ann Arbor dans le Michigan
Sergey Brin est un informaticien russe est né en 1973 à Moscou dans une famille juive qui émigre en 1979 aux Etats-Unis.
Les deux jeunes gens se rencontrent à la Leland Stanford Junior University, plus connue sous le nom d’Université Stanford, l’une des plus prestigieuses du monde. Parmi les enseignants et chercheurs, on compte actuellement … 18 prix Nobel. Tous deux y ont péparé un PhD … qu’ils n’ont jamais achevé d’ailleurs, certainement trop occupés par leur invention. Et quelle est cette invention ?
…tout simplement …
C’est-à-dire rien moins que :
Une entreprise dont le nom est insipré du nom commun gogol (2) signifiant 10 élevé à la puissance 100, c’est-à-dire 10100 , soit :
10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000.
Par l’adoption de ce mot-nombre, les créateurs ont voulu traduire la puissance formidable de leur invention ;(coucou Raymond Queneau : Allez assister à la moins triste des leçons de maths ! …
http://nbaillargeon.blogspot.com/2008/04/larithmtique-avec-raymond-queneau.html)
Un livre magnifique de 8 millards de pages Web et d’un milliard d’images vous obéissant au doigt et à l’œil, partout ou vous le désirez ;
Une entreprise qui selon ses propres termes, s’est donné la très noble mission « d’organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile » ;
Une entreprise qualifiée et reconnue comme ‘’leader mondial de l’économie du futur’’ ;
Une entreprise qui pèse aujourd’hui plus de 200 millards de $ ;
Une entreprise qui a fait des 2 amis, ses créateurs, les 5èmes fortunes (ex-aequo) de la Planète ;
Une entreprise à très forte culture dont la devise est : Do’nt be evil ; (3)
Une entreprise qui s’étend à d’autres rameaux du savoir, de l’information, de la culture et du divertissement : Outre le moteur de recherche, Google c’est 100 autres réalisations et projets basés sur le même concept.
Larry et Sergei ont créé là, l’archétype de la force prodigieuse des Etats-Unis d’Amérique qui est sans doute cette appétence pour l’amélioration et le progrès systémiques pendant que nous, et pas que nous, bien sûr, avons peur de perdre notre âme en bougeant et sanctifions le figement, niant ainsi tous les ressorts et intérêts de la vie. Or,
Loin de vieillir, l’humanité devient progressivement de plus en plus jeune. (4)
Mais ce qui est admirable, c’est que les deux jeunes gens ont mis leurs vies personnelles en cohérence avec leur théorie. Le sérieux dans la conduite de leurs affaires, le refus du vedettariat et la protection de la vie privée, leur façon de s’habiller et leur vie quotidienne, tout en eux montre le génie de la simplicité et le sens du fondamental, bref, le terrain idéal pour l’expression de l’intelligence humaine. Voici un exemple de cette cohérence de la pensée et de l’action :
Pour diriger leur entreprise, au lieu de s’entourer des meilleurs conseillers du monde, qui leur auraient permis de rester seuls figures de proue du beau navire, ils ont eu l’intelligence d’engager … un patron, qu’ils vont débaucher chez un éditeur de logiciels. Cet expert chevronné répond parfaitement aux besoins de la jeune entreprise à croissance phénoménale, dotée d’une culture des plus originales. Pour décliner le concept, ils réunissent une ‘’dream team’’ sur la base d’un critère très simple : No cheeseparing, only the best. Period !
Eric Schmidt
PDG et Président du comité de direction
Vinton G. Cerf Vice-président et « Chief Internet Evangelist »
I tried for Archduke, but it didn’t work
Vinton G. Cerf est « Chief Internet Evangelist » de Google. Pourquoi ce titre saugrenu et humoristique ? Parce qu’il est l’un des deux pères fondateurs d’Internet et inventeur du protocole TCP/IP et qu’il est chargé de l’identification des nouvelles technologies ainsi que des nouvelles applications sur Internet et sur d’autres plates-formes pour la société. Il est payé une fortune pour rêver et penser le futur. Il est le futurible de Google. Un peu comme sur les bâteaux de pêche espagnols, il y a un vieux marin dont le seul rôle est de décrypter les vents et conseiller. On l’appelle ”El Pesca” (Le Pêche).
‘’What I really like about Eric, Larry, Sergey and the whole Google family is its collective and eminent practicality and seemingly boundless creativity. In fact, my recent interactions with many of Google’s senior staff have simply underscored my admiration for the extraordinary talent at Google that has been assembled ‘’…
Regardez la diversité des races, des couleurs, des origines, des cultures et des confessions, admirez ce mélange aux mille ingrédients qui ont donné les saveurs les plus rares. Alors bien sincèrement, je doute quant à moi de la viabilité de toute option ethnocentriste du développement et n’y vois que bataille d’arrière garde, fertile en discordes et ressentiment.
Et pour revenir à Google, sachez que le Maroc n’est pas oublié dans la recette de la ‘’potion magique’’. Il est dignement représenté par ce jeune homme bien né, affublé d’une épouvantable modestie (impossible de trouver une photo correcte de lui) et réclamé de toutes parts dans le monde :
Othmane Laraki
l’occasion de frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui. (5)
En matière de savoir, à quoi riment les frontières à l’heure du GPS et d’Internet ? A quoi rime la censure à l’heure de la communication satellitaire et du portable ? A quoi rime le protectionnisme à l’heure de ce que Mahdi Elmandjra a appelé, il y a 20 ans déjà …
L’ “immatérialisation” du matériel et la “matérialisation” de l’immatériel … …L’immatérialisation de l’économie … (6)
Mahdi Elmandjra
L’ancien sous-Directeur général de l’UNESCO pour les Sciences Sociales, les Sciences Humaines et la Culture, a beaucoup donné au progrès de ses identités plurielles. Il passe sa vie à apprendre et enseigner, réfléchir et écrire sur ses thèmes de l’Islam, la liberté, la culture, le développement. Ce turbulent jeune-homme de 75 printemps parle de tout cela avec une ferveur communicative. Allez donc sur son site, prendre un bain de jouvence. Notre professeur d’enthousiasme aurait fort bien pu dire la phrase de cet homme dont les mânes l’ont d’ailleurs couronné :
C‘est le rôle essentiel du professeur d‘éveiller la joie de travailler et de connaître. (7)
Maintenant, si vous le voulez bien, je vous invite à faire une autre visite, plus exactement à passer quelques instants dans le Googleplex (
ou siège social de Google, à Mountain View, en Califormie. Inutile que je fasse ici de la compilation qui serait forcément orientée. Allez plutôt à la source :
http://www.journaldunet.com/reportages/06/0609-googleplex/1.shtml
Allez y traîner un peu pour tout savoir sur le cadre, le recrutement, le traitement, le travail, l’ambiance, les conditions et le salaire chez Google.

Un siège social totalement respectueux de l’environnement et ou
l’un des salons les plus appréciés a été baptisé : Marrakesh…
‘’Ces gens là’’ ont tout appris et tout compris, n’est-ce pas le sentiment que l’on a en ressortant de cette visite ? Et pourtant …
Depuis plusieurs mois, Google semble avoir perdu une partie de son pouvoir d’attraction. Des responsables hauts placés dans la hiérarchie, sans en être pour autant au sommet, ont en effet quitté la société. Signe de son déclin (la baisse du cours de l’action et donc de la valeur des stock options depuis novembre dernier a sans doute joué un rôle dans ces démissions) ou normalisation ? (in Le Journal du Net du 04.04.0
Où vont-ils ces salariés insolents qui osent quitter Google ? Ils vont … vers les réseaux sociaux, Facebook and so on, c’est-à-dire vers la tendance. Entrés chez Google en tant que petits génies et ‘’happy (very) few’’, ils se voient peu à peu noyés dans des équipes de plus en plus larges et ne le supportent pas. La lettre d’adieux - ou d’explications - de l’un d’eux, Justin Rosenstein, est révélatrice. Vous la trouverez in extenso sur le site ci-après , mais en voici les extraits les plus révélateurs :http://paul.kedrosky.com/archives/2007/06/15/facebook_really.html
‘’… I haven’t already overwhelmed with my enthusiasm: Facebook really is That company.
Which company? That one. That company that shows up once in a very long while — the Google of yesterday, the Microsoft of long ago. That company where large numbers of stunningly-brilliant people congregate and feed off each other’s genius. That company that’s doing with 60 engineers what teams of 600 can’t pull off. That company that’s on the cusp of Changing The World, that’s still small enough where each employee has a huge impact on the organization…’’
Comme dit la ritournelle …
Que sera sera
Whatever will be will be
The future’s not ours to see
Que sera sera
Futuribles distingués,
Vous auxquels fut insufflée l’inextinguible soif du savoir,
Bel esprit qui conseillez les chefs d’états,
Enfant de ce Pays qui y revenez en laissant derrière vous un Eldorado,
Pourfendeuse de l’ignorance et de la fracture du nouveau savoir,
Belle marraine qui sentez si bien les vibrations de notre futur,
Savants amis qui faites moirer l’ondoyante diversité de l’Homme,
Ames nobles qui voulez partager,
Que vos noms soient inscrits au frontispice d’un temple du savoir ou non,
Je vous prête ma plume
Pour nous écrire un mot …
mo’
(1) Gaston Berger (Phénoménologie du temps et prospective)
(2) La version anglaise de ce nom (« googol ») a été introduite en 1938 par le mathématicien américain Edward Kasner dans son livre Mathematics and the Imagination et aurait été inventée par son neveu de 9 ans Milton Sirotta à qui Kasner aurait demandé d’inventer un mot pour désigner ce nombre.
(3) Ne soyons pas mauvais !
(4) Gaston Berger (Phénoménologie du temps et prospective)
(5) Montaigne, Les essais.
(6) http://science-islam.net/article.php3?id_article=418〈=fr&Shell=&Open=&Command=
(7) Albert Einstein (in Comment je vois le monde)









13 comments
Comments feed for this article
avril 7, 2008 à 10:47
Gandisham
-> Bonjour :
La différence entre Google qui “mécanise le savoir pour le démocratiser”, et vous-même, c’est que quand je vous lis, j’ai vraiment conscience de ma propre ignorance ! C’est certes un passage obligé vers “plus de savoir” mais c’est extrêmement décourageant !!!
Bravo encore, et toujours !
avril 7, 2008 à 11:59
mosalyo
Eh bien, tant pis pour vous, je vais finir par y croire… Mais laissez moi vous dire que je lis nombre de vos interventions sur la ‘’BLOGOMA’’ et que franchement … c’est toujours sensé, sage, sympathique et joliment dit. Je subodore d’ailleurs l’universitaire … Le sujet du jour ne vous inspire-t-il pas ? Savoir, Vouloir, Pouvoir, Avoir… pour … Changer le Monde.
Nous avons tous tant à apprendre !
Mo’
avril 8, 2008 à 12:45
Gandisham
-> Rebonjour,
Sujet ô combien passionnant, mais vous placez la barre si haut qu’il est difficile de s’inscrire dans ce débat sans risquer de paraître ridicule !
Je vais néanmoins tenter de vous livrer mon analyse, à froid, avec l’esprit de contradiction franchouillarde qui me caractérise (sinon c’est pas drôle).
Si comme vous semblez le sous-entendre, j’opérerai également une nette distinction entre google et le reste de ce que “l’économie de l’information” peut engendrer quotidiennement comme avatars, je ne peux m’empêcher d’avoir d’abord à l’esprit les limites de cette extraordinaire machine à compiler l’information.
Car il ne s’agit que de cela. Et doit-on d’emblée la comparer avec un livre de 8 milliards de pages ! Evidemment non, et quand bien même, le plus érudit d’entre tous les savants de ce monde perdrait son Latin en tentant de s’attaquer à une telle masse d’information. Google, et après ?…
Certes, vous avez raison de rappeler que la mariée est belle : un modèle du genre au plan économique, un management multi-culturel (à l’américaine), un siège social qui ferait pâlir d’envie le plus écolo des Khmers verts. Mais finalement, rien que de très banal.
Et le fait de disposer, à portée de clavier, de toute l’information possible et imaginable, n’élève pas pour autant la conscience. Il peut même nous enfermer dans la lancinante banalité du facile. Cela, je l’ai appris à mes dépens en traînant mes guêtres, plus jeune, au Centre Beaubourg sorte de Google à taille humaine que vous connaissez je n’en doute pas. Je ne compte pas le nombre de fois ou je suis resté prostré, ébahi et rapidement dépassé devant l’ampleur de la tâche à accomplir pour apréhender la promesse de mes professeurs : “Me cultiver d’accord, mais par quoi je commence ????”
Et les limites du modèle sont vite atteintes. Ce paradigme scientifique n’a que peu à voir avec le savoir, et la loi de Moore nous a enseigné depuis longtemps que la croissance des capacités de stokage informatique est largement disproportionée au regard de la capacité de stockage de nos propres cerveaux. A quoi bon disposer en un seul et même endroit, de toute l’information disponible au monde, si la personne qui la reçoit n’est pas en capacité de hierarchiser sa recherche, recevoir sa réponse, l’ingurgiter et l’analyser correctement ?
Incidement, on rappelera que Google ne réduit pas les inégalités devant le savoir, qu’il ne rend pas plus intelligent, qu’il ne prémunit pas des préjugés et ne protège pas de la betise humaine ! C’est en sens que je pense que malheureusement, demain sera comme hier.
De manière plus anecdotique, je dirais que Google est une idéologie nouvelle, plus qu’un pied de nez à l’idéologie. Il ne met pas fin à l’Histoire mais en réduit extraordinairement le séquencement. Google est à ce sujet un démenti formel aux thèses mal reprises par Francis Fukuyama.
En conclusion, je ne nierais évidemment pas les incontestables avancées que cet outil peut procurer au quotidien. Mais à ce stade, permettez moi d’en minimiser la portée de ses bienfaits supposés et d’avoir toujours la faiblesse de croire que le savoir appartient aux hommes et que ce sont eux qui le font.
Allez, je vous laisse car je lasse.
Amitiés.
avril 8, 2008 à 12:33
mosalyo
Et moi, je vous dis que vous ne me lassez point ! (…)
Hello Gandisham,
Je serai quant à moi éternellement reconnaissant à tous ceux qui m’ont appris quelque chose… Je remercie le Ciel de m’avoir donné des maîtres de toutes les races, nationalités et religions et j’ai conscience que c’est mon unique mais incommensurable richesse …
Par mon cri d’enthousiasme concernant ‘’Le monde de Google’’, entre la blague de potaches et le coup de génie, j’ai voulu saluer le progrès technique qui a rendu ma vie plus facile, plus intéressante et mes centres d’intérêt plus accessibles, et ce, grâce à une réflexion bien menée et des processus de création originaux. J’ai aussi voulu dire ma colère contre notre sclérose mentale et l’automutilation qui entrave notre créativité et nous conduit à devoir fuir ‘’la moitié de notre âme’’ pour exprimer notre génie.
La force de ‘’l’Amérique’’ réside sûrement dans sa ‘’décomplexion’’ car la finitude de ses apports et de sa production est admise et reconnue a priori par elle-même. L e zéro, la roue et… l’eau chaude … ont été inventés depuis des millénaires mais l’incroyable civilisation inca s’est développée en ignorant la deuxième de ces inventions. Je ne suis cependant pas dupe : je sais que, comme vous le dites justement, le savoir est œuvre humaine et d’essence idéelle alors que la connaissance, elle, est d’essence rationnelle. Mais tout change, tout passe, c’est pourquoi j’ai fini ma louange sur l’annonce de la fin de l’émerveillement et l’arrivée d’un nouveau concept …
Peut-être prenez-vous pour acquis tout cela, et vous avez cent fois raison d’exiger davantage. Mais moi, en 93, je ne voyais pas de différence entre une cafetière électrique et un ordinateur. A l’ami hispano-franco-portugais qui, dans le trafic démentiel du midi lisbonnais, m’a annoncé l’arrivée d’une ‘’chose’’ nommée Internet en m’en débitant sobrement les incroyables possibilités, j’ai demandé, un peu fâché… de cesser de me prendre pour un gogo !
Avec mes amitiés.
avril 9, 2008 à 5:50
mosalyo
RECU PAR MAIL CE MESSAGE CLIN D’OEIL DE KHALIL (from … there…
:
Apres avoir lu les remarques de Gandisham, j’avoue ne pas partager ses vues. Il est vrai que de maniere intrinseque Google peut certainement etre reduit a un simple outil moderne d’acces a l’information sur internet, il ne faut neanmoins pas minimiser le formidable impact que l’invocation du simple mot (”Google”
a eu sur nos societes:
”Well, just Google it!”
”I did a search on Google…”
”You can find all that information on Google…”
et, c’est justement ces phrases qui lorsqu’assimilees dans le langage quotidien d’un peuple deviennent en fait la realisation en soit de la possibilite immediate d’acces a la connaissance humaine tout simplement, de maniere exhaustive ou presque…
Et donc evidemment, a ce moment la, la porte est grande ouverte non seulement a l’assimilation du savoir, mais aussi a la participation a ce savoir collectif (sachant que toute idee originale sera immediatement disponible a autrui).
Je crois donc qu’au dela de la performance technique de l’outil, Google apporte beaucoup plus aux societes civlisees dans le sens qu’il democratise la pensee et promeut la connaissance.
Juste mon grain de sel… qui ne vaut plus grand chose vu le cours du dollar !
Khalil from … there
avril 20, 2008 à 2:37
Gandisham
Bonsoir les amis,
Le mail de Khalil appelle de ma part les remarques suivantes :
Je m’entête et pense qu’il est à mon avis illusoire de faire de Google autre chose que ce qu’il est réellement. J’ai la faiblesse de penser que la concentration de l’information ne conduit pas nécessairement à la diffusion du savoir.
Chaque période de rupture technologique s’accompagne de sa promesse jamais tenue de « démocratisation du savoir ». Au mieux Google est à l’internet ce que la BBC était à la radio ou ce qu’Arte est à la télévision. Mais guère plus !
L’apparition et le développement de la télévision justement, dans les années 70, étaient censés ouvrir le téléspectateur au monde, l’informer et même le former. Ce qui hier était une formidable « lucarne d’apprentissage ouverte sur l’extérieur » apparaît aujourd’hui comme un symptôme d’asociabilité et d’abrutissement ! C’est dire combien il serait présomptueux de prêter hâtivement des vertus démesurées à cet outil.
Vous considérerez que le fait que le terme « Google » soit entré dans le langage commun de certains peuples (combien ?) suffise en en consacrer la portée émancipatrice. Si on s’amusait à substituer « Bibliothèque » à « Google » cela donnerait de la même manière : « J’ai fait une recherche à la bibliothèque » ou bien alors « Tu trouveras toute l’information à la bibliothèque ». Soit, et alors ?
L’utilisation du terme « bibliothèque », autrement plus assimilée dans le langage commun universel que Google, et même sa fréquentation, ne sont ni une garantie de diffusion du savoir, ni un passage obligé pour l’infusion de la connaissance !!
Il en va de Google comme de la Samaritaine : on y trouve tout…et souvent n’importe quoi ! Amusez vous donc à y tapoter le mot « soleil ». Vous aurez certes, en première page le loisir de parfaire vos connaissances sur cet astre salvateur, mais pas uniquement… Vous pourrez également vous distraire en visitant un site de Mangas ( !), vous éberluer en visitant le site du synchrotron de 4ème génération « Soleil », acheter des crèmes anti-uv, et même vous inscrire à un trek en chameau dans le désert du sud Marocain en cliquant sur le lien commercial ! C’est dire…
Dire que Google démocratise la pensée revient à considérer que Ferrari démocratise la vitesse. Outre le fait que tout le monde n’a pas accès à la Ferrari, sa possession ne fait pas automatiquement de son heureux propriétaire, un coureur plus rapide qu’un frêle Kenyan des hauts plateaux, pourtant fort démuni en matière de marque au cheval cabré. La frontière entre démocratie et illusion de démocratie est il est vrai extrêmement ténue…
Je redis néanmoins que compiler l’information et la centraliser en un endroit peut se révéler fort utile. Que ce soit dans Google, dans une bibliothèque, dans un livre, une peinture, une chanson, un dessin, une photo… Mais l’émission d’information, aussi exhaustive soit-elle, nécessite pour se transformer en savoir, de disposer d’un récepteur captif, intéressé et « armé ». Google ne transige en rien à ce principe !
Amusez vous à mettre Google à disposition des Népalais par exemple. Ils seraient bien en peine d’en faire quoi que ce soit. Ou bien posez un ordinateur branché sur Google au pied du berceau d’un nouveau, je vous garantis que cela ne le rendra pas nécessairement plus précoce et éveillé…heureusement d’ailleurs !
Dans l’attente de vous lire…ici !
Amitiés.
Ps -> Mosalyo : Il est extrêmement plaisant et instructif de vous lire. Le sachant qui garde son savoir pour lui-même est comme est tel le cantateur sans voix. La petite part de connaissance que vous partagez ici avec nous vaut tous les Google du monde !
A très bientôt.
avril 20, 2008 à 5:26
mosalyo
Salut Gandisham,
Comme d’hab, construit, détaillé et sincère, un plaisir. Un grand merci pour votre amabilité et votre sensibilité à la nécessité du partage du savoir.
Khalil, brillant ingénieur dans une des plus grosses entreprises d’électronique et de télécoms américaine, répondra, je l’espère, pour préciser sa pensée. Mais, bien évidemment, je ne vais pas me taire, ce serait contraire au but de la manoeuvre :
-1- Google ne peut en aucune manière être assimilé à son contenu, pas plus que la TGB (Très Grande Bibliothèque) de France à laquelle il est fait obligation à tout éditeur publiant un ouvrage de quelque sujet ou matière que ce soit , d’envoyer un exemplaire. Ce que l’on écrit ne nous appartient pas et c’est très bien ainsi.
-2- Si le cadre s’y prêtait, je vous prouverais que c’est maintenant une idée parfaitement intégrée que de travailler, au niveau de la coopération internationale, bien plus sur la réduction de ”la fracture numérique” que sur les aides alimentaires et les hochets de la démocratie bidon. Mais je promets d’ouvrir la fenêtre. A ce propos, connaissez-vous l’Agence de Solidarité Numérique ? C’est exactement leur travail que cette réduction. Vous les trouverez sans peine en tapant leur nom sur … Google … Mais si vous en vouliez quelque chose, j’y ai une superbe amitié avec l’un des membres de la direction.
-3- Ce que j’admire en Google, c’est qu’il est arrivé comme un paquet de mer, fort, infiniment supérieur aux autres au plan de l’efficacité, se diversifiant peu à peu et surtout, surtout, GRATUIT !
-4- Je suis persuadé qu’en travaillant sur le(s) prodigieux algorithme(s) qui permet(tent) cette recherche instantanée, Google améliorera son service, la pertinence de sa recherche et à ce sujet il faut tout de même dire que la recherche avancée pallie quelque peu au manque de discernement mais est peu utilisée.
-5- J’ai également admiré chez Google le modèle de gestion de l’entreprise et comme mon propos est toujours un peu pédagogique, je le loue auprès de mes ”compats” pour qu’ils calculent le ”google” d’années qui séparent leur méthode de gestion, de cela et prennent conscience de la nécessité de réagir.
Cordialement
Mo’
PS : Préparez-vous à un grand pugilat que je compte provoquer … demain, lundi 21 avril … avec mon nouveau sujet … Cheers
avril 20, 2008 à 3:43
Gandisham
Salut Mo’
-> Point 1,4,5 : suis entièrement d’accord !
-> Point 2 : Rassurez-vous : je ne suis ni adepte de la décroissance, ni déclinologue ! Je ne nie pas que la question de la réduction de la fracture numérique soit une préoccupation légitime. Mais au delà, je ne considère pas que l’usage de Google en soit l’alpha et l’oméga.
Internet sert d’abord à échanger, communiquer, réduire les distances et même…apprendre ! En ce sens les objectifs de l’ASN sont loubles et la probité de son président est une garantie imparable du sérieux de cette institution que je découvre… Merci mister !
-> Point 3 : Google est gratuit…pour celui qui dispose d’un ordinateur et d’une connexion à internet !
Par ailleurs, Google n’existerait pas s’il fonctionnait sur un modèle économique rigoureux. il faut donc rappeler que des gens payent (publicité) pour sortir en tête des requêtes et que la vocation en soi, de ce moteur de recherche est de générer du bénifice. Pas d’éduquer !
Ps : Hier soir j’ai dîné avec mon amie dans une crêperie de Montparnasse. Nous avons pensé à vous et rigolé en nous remémorant votre incroyable récit de voyage parisien !
Vivement demain !
avril 24, 2008 à 8:16
Khalil
Alors comme je suis un ingénieur, au passage pas aussi brillant que ne l’écrit si aimablement notre ami Mourad (sinon j’aurai moi-meme invente Google!), tentons de décortiquer le problème en termes logiques pour peut-etre éclaircir certaines des hypothèses.
- Il est évident que si l’on n’a totalement aucun accès à internet, l’argument de mesurer l’impact de Google dans le monde est mort-né. Je concède le fait, et part du principe que le débat ne peut exister que s’il y a possibilité d’acces à l’outil, sinon on entre dans un débat philosophico-metaphysique que je ne veux même pas essayer de commencer à comprendre! : )
- Examinons maintenant la proposition inverse de notre hypothèse de départ, c-a-d l’effet d’une absence d’accès à Google (ou pour reprendre l’excellent exemple de Mr Gandisham, de bibliothèques, musées, et autres lieux de savoir) relativement à deux sociétés: une qui souffrirait de cette déficience par rapport a une autre qui elle n’aurait pas ce problème. L’experience scientifique serait de mesurer le savoir collectif ou plutôt la vitesse de développement du savoir collectif d’une société lambda par rapport a celle de l’autre société témoin. ***
Je tends a penser que la première société (avec accès à Google et internet) développerait son savoir collectif relativement plus rapidement, d’ou les débats soutenus sur les dangers réels de la fracture numérique.
*** L’experience a d’ailleurs été faite un peu au hasard lorsqu’Intel qui développe en partie la technologie Wimax a posé une antenne test au milieu de l’amazone. Un petit village avoisinant a subitement eu accès à internet, moyennant un ordinateur portable et le support technique des ingénieurs d’Intel. Ces derniers se sont rapidement rendus compte que cette micro-societé ne s’est pas intéressée aux mêmes problèmes qu’eux. Ils n’ont pas lu la presse, les fais divers, ou les résultats sportifs, mais ont plutôt utilisé internet (sûrement Google : ) ) pour consulter la météo et se cultiver sur les problèmes qui leur étaient chèrs: i. e. apprendre comment guérir certaines maladies qui les touchaient, ou se documenter sur les meilleurs méthodes de fertilisation de leurs terres agricoles. Bien entendu Google n’est que l’outil qui rend la recherche sur internet plus performante, mais il n’en reste pas moins un important pilier de dissémination de cette information. Donc, sur 6,5 Milliards d’individus, si une seule personne voit son savoir élargi par cet outil, le résultat net est positif: CQFD.
avril 25, 2008 à 12:20
mosalyo
Ben voilà, comme dit la pub du bâtisseur !…
Merci Khalil pour ces éléments. je trouve merveilleux le dernier paragraphe. Etant plus qu’impliqué dans le développement des ”exclus pour cause pécuniaire” de la civilisation, je suis passionné par le débat et travaille même actuellement à irriguer d’innombrables têtes - plutôt brunes - de ce venin du savoir, car j’ai définitivement compris que la pire calamité de la planète n’est ni la faim, ni la soif ni rien de semblable, mais bien l’ignorance.
Alors Google, cette immense bibliothèque qui met au bout de mes doigts cette masse prodigieuse de savoir, ben je lui tire mon chapeau et l’applaudis sans réserve ! Que l’entreprise rapporte de l’argent, beaucoup, énormément d’argent, et bien tant mieux car elle continue à créer, regardez la barre d’outils dont s’occupe notre compat’ ! What a wonderful world, Gandisham, please, open your eyes !…
Thanx to both of you !… You have been great !
Mo’
mai 20, 2008 à 11:03
Khmer vert
Je dis souvent à mon fils de 6 ans et quelques respirations qu’après la création de l’univers, vient l’invention du feu et Internet ( Google en fait partie mais pas que). cet ange gabriel des temps modernes qui transforme tous les humains ( je précise les humains, ceux et celles qui vivent cad savent ou cherche à savoir) en nouveaux prophètes sans livre sacré si ce n’est une question: mourrais-je moins bête?
en tout cas , moi en lisant ce que je lis ce soir sur ce site, je mourrais sûrement pas moins bête mais en tout cas moins malhereux: y’a des têtes brunes qui cherchent à savoir et manient le verbe tel que j’aime.
continuez mais pas trop.
un Khmer Vert
mai 21, 2008 à 8:32
mosalyo
Samlaagne
(Cher Ami en Khmer)
A mon sens, vous avez parfaitement compris. Certes Google ne nous rend pas moins bête, mais du moins, ne nions pas le plaisir qu’il nous donne ! Votre leçon à votre petit bonhomme est juste : le feu, la roue et Internet : What else ? God bless both of you …
Mo’
Il me semble bien que vous ne soyez pas manchot non plus … Visitez-nous donc plus souvent !…
mai 21, 2008 à 11:51
Khmer vert
Manchot peut être pas mais on me coupe souvent les ailes alors je deviens manchot autrement. elle est bien celle là: AUTREMENT! à la mode mais autrement! l
Autrement dit, j’ai beaucoup aimé l’expression constat historique lu quelque part sur ce site: la problématique la plus grave de l’humanité est bel et bien l’ignorance. elle plus grave pour la partie de l’humanité qui nous rassemble : quart, tiers en tout cas pas encore un monde à part entière. il y’a plusieurs points sur lesquels je suis bien d’accord et l’ignorance collective fait que l’on oublie nos propres convictions: annulation des frontières ( no borders), la recherche du savoir, la volonté de se mettre en danger intellectuel face aux autres, à l’autre…pas facile pour un peuple qui aime la sécurité intellectuelle: le non intellect. la faute est autres et ils vivent le mal: l’occident pour ne pas le nommer. je cherche un vieux texte que j’ai commis y’a un moment sur l’identité ou les identités et je vous poste le lien.
une histoire fumeuse.
! je me suis dit: tiens, dans cette vie, il y’a ceux et celles qui cherchent la facilité, ils regarderont sûrement la monotonie de l’univers nue, sans difficultés, cad simplement le paysage facile à voir à ma droite, ceux et celles qui arrêteront à l’obstacle des immeubles érigées face à moi et ceux et celles , peut être comme moi, qui chercheront au milieu des deux immeubles, à fuir et contourner l’obstacle pour aller chercher la lumière de la lune. c’est bizarre comme cette lune et sa lmière ressemblait à cet instant au savoir. alors pareil comparaison, le savoir est un exercice difficile, une recherche éternel du moeyn d’acquérir ce savoir, celui et celles qui aurait obtenu de lui même la clef du savoir, la méthode de l’acquérir aura accompli une grande chose de sa vie. de là à dire qu’on réussi à acquérir le savoir, je ne le crois pas. inventer ou découvrir. nous sommes tellement bêtes, je parle de l’humanité que l’on fait que découvrir, je ne crois pas qu’on invente quoi que se soit. j’appellerais ça, à l’image de l’acquisition des langues et la théorie chomsky, le savoir génératif. l’acquisition des régles de la découverte. c’est beau.
des coupeurs d’ailes…ça coupe les routes.
un soir, après avoir fumé un ou plusieurs joints ( quand on aime on compte pas), je me suis mis sur le balcon à contempler les alpes ( je cherchais mon bonheur sur la côte d’azur); d’un côté j’avais les montagnes, le ciel éclairé, quelques ombres d’arbres , de l’autre côté deux barres d’immeubles (résidence des personnes dites agées) entre les deux immeubles un vide laissant apparaître au loin la lune bien blanche, bien ronde, bien belle. à ce moment là j’ai eu cette réflexion de toxicomane assumé ( j’ai arrêté la réflexion mais pas les drogues
mais il y’a un obstacle majeur: l’ignorance comme facteur social rassembleur. c’est ce que j’ai pointé au début de cette élucubration comme étant coupeurs des ailes. et dans nos sociétés du monde chiffré et divisé ( quart monde, tiers monde…
à vous lire et à bientôt.
P.S: je travaille en ce moment sur deux projets et besoin d’aide des gens intelligents:
1er: une campagne contre le choix nucléaire du maroc et pour le développement d’une politique d’énergie renouvelable.
2ème: une campagne d’information à l’intention des immigrés de retour au maroc pour les sensibiliser contre l’usage intensif des voitures ferrailles et déchets de l’europe et adopter d’autre technique de transport pour le retour notamment le co-voiturage.
alors pour les bonnes intentions, bienvenue sur http://www.maroc-ecologie.net