E l o g e D u D é s e s p o i r
(Première Partie)
Rembrandt, Le Philosophe
Le désespoir dont nous parlerons ici est à prendre dans son acception étymologique –on pourrait l’écrire en deux mots- et même si le simple fait de l’évoquer vous horripile (1), il semble bien qu’il signifie la libération de l’homme de son rapport au temps : lorqu’on n’espère pas, on n’attend rien et on agit. Bien maîtrisé, le désespoir serait donc une ‘’pierre philosophale’’(2) grâce à laquelle nous pourrions obtenir la réalisation de nos aspirations et la satisfaction de nos désirs. Au contraire de toutes les croyances basées sur la fatalité, il ne nous déresponsabilise pas, il est au contraire le calcul de probabilité du possible, la preuve de l’utilité de la lutte pour la vie, pour son amélioration, pour son progrès, dans le cadre reconnu de sa finitude.
Le désespoir dont nous parlons est gai, comme l’est le savoir de Nietzsche. Grâce au désespoir, nous extirpons de nos vies les axones et dendrites du temps – le passé et l’avenir – qui entravent notre vie. Les avatars de ces terminaisons sont la nostalgie et l’espoir, dont le désespoir est justement l’éradication. Le désespoir nous restitue la maîtrise de nous-mêmes et nous adoube ‘’chevaliers sans peur et sans reproche’’, ”agissants” et congruents, pour lesquels ne compte que le résultat. Le problème ne vient pas de notre rapport direct à lui, mais notre liberté reconquise fait peur aux Maîtres de l’Espace, le leader et le dealer, dont les réflexes génériques et immémoriaux ne doivent pas faire oublier qu’à l’origine, le pouvoir est né dans la tête de ceux qui s’y sont soumis, tout comme le commerce n’est entré en fonction que parce que des acheteurs ont acheté. Ce duumvirat a fait ‘’fortunes’’, matérielle et mentale, car il a d’une part couvert notre espace vital de lois, règles et normes, et d’autre part incrusté dans nos esprits tout le trouble et l’addiction ressortissant des rapports du bourreau et de sa victime, du sadique et du masochiste.

Le bourreau et la victime forment un couple idéal et leur perversion consiste à théâtraliser leurs rapports au sein desquels l’un a besoin de l’autre pour exister. Plus étrange encore, dans la société devenue ‘’cavité’’ au sens de la physique quantique, espace prison, si l’on préfère, le bourreau évolue plus commodément que sa victime : elle, vit dans le remords que lui cause sa négligence et l’espoir qu’elle place en sa délivrance. Ainsi, ayant subi la blessure, la victime est de plus plongée dans la mélancolie, la peur permanente et enfin la dépendance. On voit ainsi que le passé est toujours regrettable et le futur toujours un repoussoir de nos frustrations. Les Maîtres de l’Espace ont grimé ”le Temps” et confisqué le désir, pour le réorienter en fonction de leurs intérêts. Au passage, ils ont redéfini le bonheur en le réduisant au maximum au plaisir, soit un seul des quatre ingrédients reconnus comme constituant cet ‘’état de plénitude’’ comme admis jusque là : ‘’Plaisir + Savoir + Devoir + Esthétique’’ ! Lesdits Maîtres l’ont alors inscrit dans la colonne ‘’actif’’ de leur bilan sous la désignation ‘’progrès’’.

Pour cela, les Maîtres ont emprunté et fourbi de nouvelles armes : la communication de masse –publicité et mode… et l’économie de masse –production et consommation. L’individu n’est peut-être alors plus ”taillable et corvéable à merci”, mais il n’existe qu’en fonction de son aptitude à intégrer la chaîne du développement économique : Le ‘’JE PENSE DONC JE SUIS’’ est envoyé par-dessus les moulins de la Hollande si chère à Descartes et il est remplacé par un plus prosaïque ‘’JE DEPENSE DONC JE SUIS’’. On lui a maintenant installé dans la tête un nouvel idéal : la consommation. Il est aussi pratique que l’ancien car à l’infinitude de la pensée, succède celle de l’insatisfaction. Mais la principale amélioration apportée au nouveau modèle est la démocratie, alibi vertueux de bien des turpitudes. L’approche ‘’marketing’’ est simple et géniale : Nos bonnes âmes entretiennent indéfiniment notre insatisfaction. On peut ainsi comprendre que le bonheur soit inaccessible, notre crédulité étant, comme noté par Joseph Joubert ‘’Plus difficile à dissuader qu’à persuader, et plus facile à tromper qu’à détromper.”
Pourtant, une théorie de philosophes prestigieux a défilé devant nous, comme autant de Rois Mages, portant sur leurs tablettes l’offrande des têtes coupées des enfants du temps, le passé et l’avenir, l’espérance et le désir, remplacés par la relativité, l’onde et le quanton ! Si ce n’est pas le couronnement du désespoir, alors, qu’est-ce donc ? Democrite(3), Epicure (4), Hobbes (5), Hegel (6), Ciaramelli (7) et surtout Kierkegaard sont là, chacun traînant derrière lui ses pères et ses pairs, comme dans ce tableau de Pieter Bruegel intitulé “La parabole des aveugles” qui fait référence à la parabole du Christ adressée aux Pharisiens: “Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou“. Autrement dit, si dans une démonstration ou une construction, l’une des pièces est défectueuse, l’ensemble s’effondre.
“La parabole des aveugles”
Pieter Bruegel
Mais reprenons notre affaire. Chacun des ‘’malvoyants’’ a raison et pourtant, la cohorte avance vers un désastre annoncé. Sans repartir sur d’autres pistes et faire encore se choquer les anciens et les modernes, l’or et le bleu, le rouge et le noir, disons que point derrière les nuages de poussière soulevé par le chevau-léger ou la fumée émise par l’engin infernal d’un big bang médiatique, une nouvelle loi dont l’application, sans toucher au présent, sans juger nos principes et nos croyances, prétend nous offrir le moyen de choisir notre avenir, tout au moins dans sa séquence évènementielle, et nous enseigner le processus de satisfaction de tous nos désirs… Elle ne prétend nullement, cependant, apporter le bonheur, mais elle le sous-entend. Cette loi, c’est la Loi de l’Attraction qui pourrait être énoncée ainsi, très sobrement pour l’instant :
Vos pensées et croyances attirent ce à quoi vous pensez et créent le monde autour de vous
Vous êtes témoins que j’ai amené dans des conditions objectives la présentation de l’œuvre – livre et film – qui en Amérique apparaît comme un choc civilisationnel et bat tous les records depuis treize mois :
The Secret
le livre, le DVD et l’adresse du site : http://www.thesecret.tv/
Tout d’abord, pour ceux qui n’en ont pas entendu parler : L’auteur de ce livre, une australienne à la quarantaine tassée, nommée Rhonda Byrne(9), vous livre les clés du succès et vous incite à prendre le contrôle de votre existence. Grâce à la seule force de la pensée, il est possible affirme-t-elle d’influencer le monde physique et d’obtenir ce que vous désirez vraiment dans la vie. C’est un phénoménal succès de librairie. Elle en tire un ‘’film’’ qui ressemble bien plus une ‘’page magazine d’émission télé’’ qu’à un film puisqu’il n’est constitué que d’interviews et de témoignages, le tout d’une grande sincérité, même si la qualité technique est tellement médiocre que l’on pense que ”cest fait exprès”.
Rhonda Byrne
Voici l’une des innombrables présentations : … ”On se l’est transmis (Le Secret) à travers les âges, on l’a ardemment convoité, on l’a caché, perdu, volé et acheté à prix d’or. Ce secret séculaire a été compris par certains les personnages les plus célèbres de l’histoire : Platon, Galilée, Beethoven, Edison, Carnegie, Einstein, ainsi que par d’autres inventeurs, théologiens, scientifiques et grands penseurs. Le secret renferme la sagesse des maîtres des temps modernes, des hommes et des femmes qui l’ont utilisé pour s’assurer la santé, la prospérité et le bonheur. En mettant en pratique cette connaissance du secret, ils ont accompli des choses extraordinaires : ils ont supprimé la maladie, acquis d’immenses fortunes, surmonté des obstacles et réalisé l’impossible”.
L’imagination est tout ce qui importe,
c’est l’aperçu des futures attractions de la vie
Albert Einstein
mo’
RV LA SEMAINE PROCHAINE POUR EN PARLER EN DETAIL
(1) Horripiler : etymologiquement, dresser les poils sous l’effet du froid ou de la peur ou … plus, si affinités …
(2) Pierre philosophale : pierre magique qui, selon les alchimistes, devait permettre de transmuter tout métal en or. Son obtention était l’un des objectifs spécifiques de l’alchimie.
(3) Démocrite : (460 – 370 avant J.C.)Philosophe grec, qui a développé la théorie atomiste de l’Univers : http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761562516/d%C3%A9mocrite.html
(4) Epicure : Immense philosophe qui n’a qu’un lointain rapport avec l’adjectif auquel il a bien involontaire donné son nom. Consulter le site facile et passionnant http://antinomies.free.fr/epic3.html
(5) Hobbes est un philosophe anglais du XVII ème siècle http://www.ledroitpublic.com/hip/hobbes.htm
(6) Hegel est un philosophe allemand 1770 —1831 http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_h%C3%A9g%C3%A9lienne
(7) Ciaramelli : professeur de philosophie et rédacteur de la Revue philosophique de Louvain auteur de La Distruzione del Desiderio, consulter directement son site, hélas, uniquement en italien http://www.filosofia.unina.it/ciaramelli/ .
8 Kierkgaard: XIX ème siècle. A son sujet, consulter le site très simple : http://www.memo.fr/Dossier.asp?ID=289 , ou plus riche, si vous êtes anglophone, http://www.iep.utm.edu/k/kierkega.htm .
(9) Rhonda Byrne :http://www.getinvolvedtogether.org/fr/nap/articles/index.xtp?pageidx=4







15 comments
Comments feed for this article
avril 21, 2008 à 3:03
Gandisham
Bonjour,
Allez, avec l’énergie du désespoir, je me jette à l’eau !
En fait je suis assez en phase avec ta vision dynamique du désespoir. En attendant de structurer ma pensée et de rentrer plus sérieusement dans le débat, 2 questions immédiatement :
1 – La connaissance de Dieu autorise-t-elle le désespoir ?
2 – Peut-on pour autant aborder la question en l’attaquant de revers et en creux, se demander si l’espoir n’est que fatalité et immobilisme ?
Ps : Pour ma part, j’ai réussi miraculeusement à imposer à quelqu’un, une extension cartésienne toute ménagère : “Je pense donc j’essuie…”
avril 21, 2008 à 4:03
mosalyo
Hello Gandisham,
Pour ce qui est du point N°1 : La Loi de l’Attraction, telle que je l’ai entendue exposée ne contredit en rien la croyance religieuse. Je comprends donc que tu n’as pas encore vu le ”film”. Il est possible d’en trouver sur le Net de larges fragments.
Tel que je comprends les philosophes cités dont je pense qu’ils sont les ancêtres plus ou moins directs de la Loi de l’Attraction, (Surtout Démocrite et Epicure) le dé-espoir est une proposition : Débarassons-nous du passé et de la spéculation sur l’avenir en tant que chaînes et libérons l’énergie positive et créatrice.
Cheers
Mo’
avril 21, 2008 à 4:11
mosalyo
Toujours en réponse à Gandisham :
- Quant à ton PS, j’ai également remarqué que le fait d’essuyer la vaisselle facilite grandement la réflexion et je prends pour hautement formatrice ces activités humbles et répétitives.
- J’ai récemment transmis à une amie toute joyeuse cette devise prétendument adoptée par les natifs du bélier : ”Je pense, donc tu suis”…
- Dans ton cas, essaie aussi ”Je panse, donc j’essuie”
- Tu peux aussi faire preuve d’originalité et inventer ta propre devise, à la seule condition d’éviter ”d’essuyer les plâtres quand on pense”…
- Si j’osais je te communiquerai aussi celle que je crois avoir été inventée par les carabins (étudiants en médecine) et que tu pourras trouver en toutes lettre sur ce blog, par exemple : http://sornettes.free.fr/spip.php?article117
Cheers
Mo’
avril 21, 2008 à 4:58
Gandisham
-> Mister Mo’ :
Tout ceci m’amuse, me fait bien rire et sauve ma journée…désespérante à tous points de vue !
Fort de votre contribution nouvelle, je ferais mien ce mix’ improvisé qui peut se révèler fort utile après une scène de ménage qui aura dégénéré : Tu panses, donc tu hais !
A très bientôt (je ne reviendrai qu’après avoir vu les extraits du film…) !
avril 22, 2008 à 9:58
Gandisham
Bonjour,
Bien aidé par Google, je me suis renseigné sur la loi de l’attraction et j’ai pu débroussailler cette histoire de “secret”.
Bon…comment dire et par quoi commencer ?
Si j’ai bien compris, la loi de l’attraction établit que les fréquences émises par nos pensées influent sur le cours des choses. Schématiquement, pour enrayer les grands fléaux de ce monde, il suffirait de les ignorer, de les penser “guerris”, pour devenir riche penser qu’on l’est déja…etc…
Je vais m’efforcer de penser que cette théorie a du sens, mais j’ai énormément de mal à la prendre au sérieux ! Pardonnez-moi Mo’ mais vais encore endosser le rôle du “chieur de service” !
* La loi de l’attraction, tentative de corpus idéologique au capitalisme ?
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Ce qui m’a d’abord frappé, c’est l’extraordinaire corrélation et adaptation de cete théorie au modèle américain. La loi de l’attraction épouse les formes du modèle capitaliste et permettra peut-être, quand le besoin s’en fera sentir, de lui offrir un débouché idéologique, une mystique d’identification voir une quasi-religion !
D’une certaine manière, la loi de l’attraction est le stade suprême de “l’individualisme” : le “Je” est érigé en horizon indépassable, et il est un point de passage obligé pour l’émancipation de l’invidividu, compris dans son unicité. Et l’univers de la socialisation global n’est plus que l’espace à l’intérieur duquel la somme des émancipations de chacun se met à l’oeuvre ! Le “nous” comme élément structurant de “lunivers” de socialisation apparaît dès lors comme une quantité négligeable !
La loi de l’attraction n’est donc à mes yeux qu’une nouvelle forme de critique de la vision marxiste ou hegelienne de l’individu. La nouveauté de cette forme de remise en cause ne tient qu’à son habillage mystique voir religieux. Mais cela est cohérent avec la poussée de quête spirituelle qui a actuellement cours aux EU.
* La Loi de l’attraction, forme nouvelle du déterminisme psycho-social :
—————————————————————————————–
En ce sens, cette théorie est pernisieuse. En donnant à croire à chacun qu’il est maître en tout point de son propre destin, la loi de l’attraction érige de fait le primat du déterminisme individuel. Inutile donc de s’engager pour une cause, les évènements ne réagissent au “mouvement ” que compris dans l’association de micro-réactions !
Dès lors, la somme des parties est supérieure à l’ensemble.
Et c’est à ce stade que la théorie en question frôle avec le religieux : d’une certaine manière chaque individu est responsable de sa propre prédestination. Avec un peu de temps, on pourrait démontrer que la loi de l’attraction corrobore en de nombreux points les théories Jansénistes sur l’inversion des rapports hierachiques entre le divin et l’individu : la grâce comportemental de l’invividu détermine le salut en tout point !
Conclusion (volontairement carricaturale pour alimenter le débat) :
La loi de l’attraction est une théorie cohérente au plan du modèle nord-américain : elle est une critique du marxisme en ce sens qu’elle érige le primat de l’individu qui ne s’efface pas au profit du collectif communautaire, et épouse une partie de la mystique religieuse puisqu’elle offre à croire à ses adeptes que chacun est maître de sa propre prédestination.
Rien que de très nord-américain, donc….
avril 22, 2008 à 11:43
mosalyo
Amigo,
M’étant promis de m’en tenir à mon rôle de modérateur et pour ne pas épuiser le débat, je ne te répondrai pas de suite et espère bien que les gens bougeront et t’apporteront une large contradiction. Je ne donnerai donc même pas le moindre sentiment jusqu’à la semaine prochaine, si ce n’est pour apporter une précision ou une autre. J’espère seulement que tout le monde a compris qu’il n’y a pas l’ombre d’un avis personnel dans l’article …
A ceux que ça intéresse, l’article ”cartonne sec” (nombre de lecteurs…)
A plus
Mo’
avril 22, 2008 à 1:04
Gandisham
Et bien moi je confirme. Ce n’est qu’une remise en cause du matérialisme historique, à prendre dans le contexte obsessionel de la volonté toute “Etatsunienne” d’abjurer en tous points la matrice marxiste (dont je ne suis pas non plus un fervent défenseur, je le dis au cas ou !).
Je prédis à cette prétendue loi, le même sort que celui connu par la fameuse théorie de “Fin de l’Histoire” reprise par Fukuyama à la chute du mur de Berlin ! Même motif, même punition !!
avril 22, 2008 à 3:03
Gandisham
-> Hasard ou phénomène lié à la loi de l’attraction ?
Un ami, qui vient de me rendre visite pour une raison en rien liée au contenu de ce blog, m’a fait part du “6ème sens magnétique”, de la “théorie de la pensée créatrice” et de la concomitance des évènements.
Il a justement écrit un livre intitulé “Le langage magnétique” et va je l’espère, prochainement, nous livrer sa vision des choses !
Thierry, au boulot !!!!
avril 22, 2008 à 3:38
FAMA
“Franchement suis restée un peu perplexe ..je vois encore plus trouble que je ne suis troublée …… autant l’annonce commentée du film est fabuleuse et donne envie de voir ou lire pour croire, autant la thématique du secret ou nouvelle loi de l’attraction me laisse complètement froide …encore un big delirium d’une psychotique convaincue de ses fictions. Le slogan de vente est magnifique et on a envie d’acheter une fraction de seconde .. mais aussitôt l’éblouissement passé on a envie de déguerpir …..
On se croirait dans un pool de voyants qui nous poussent à croire que les malvoyants voient … ce qui est certainement probable vu sous un autre angle ..mais tout cet imaginaire n’est produit que pour fuir le réel ..
En regardant un peu avec un peu de lucidité on réalise qu’on nous a souvent servi des menus de paranormal pour repousser le désespoir ou donner l’espoir …
Néanmoins et concernant le mot d’invite, l ‘analyse étymologique et morphologique du “désespoir “m’a énormément interpellé tellement je la trouve vraie …c’est un peu comme la métaphore du fonds de l’abîme …. lorsqu’on y est on n’a pas d’autre choix que de remonter pour rencontrer Dieu …
Et en vérité tu as réussi à partager le trouble dans lequel t’a probablement laissé la projection de ce film … Moi je dis chapeau au messager et si l’écrit ou l’écrivain a besoin de matière .. alors inventons , délirons … et ne tarissons surtout pas en imagination et en rêve .. c’est cela qui est porteur d’espoir et de vie .. c’est cela qui apporte bonheur et santé …”
avril 22, 2008 à 3:51
mosalyo
Ô Gandisham, cartésien jusqu’à la caricature, Thierry est en train de corrompre ton inflexibilité ! Mais tu n’as qu’à t’exécuter car selon ce que tu as dit plus haut et selon la signification du prénom Thierry – PEUPLE TOUT PUISSANT- que peux-tu faire face au marxisme. Le peuple le veut, exécute-toi !…
Comment disent les ados ? … ah oui,
mdr
Mo’
avril 22, 2008 à 4:25
Gandisham
Hyper mort de rire…T’es trop fort !
avril 23, 2008 à 9:42
Neige
Et si l’on imaginait le monde et tout ce qui le compose (ce dont nos cerveaux d’êtres humains ont conscience et le RESTE) comme une forme de grand livre dynamique où les choses sont forcément liées entre elles. En admettant que cela soit notre hypothèse de départ, alors on pourrait se prendre à penser que s’il y a désespoir c’est peut-être pour que l’on puisse avoir la sensation que le « mieux » existe et qu’il est à venir. Le « mieux » que cette même situation qui cause ce même dés-espoir…
Vous me direz qu’il s’agit d’une vision bien simpliste ou même angélique des choses, peut-être, je vous l’accorde mais pourquoi pas ? Arrêtons-nous 2 secondes et imaginons les choses de cette manière…
Bon, vous trouvez que cela ne se tient pas, pas quand il s’agit de la mort par exemple. Là aussi j’ai envie de dire que la mort de l’un peut générer la résilience de l’autre et ce, que l’on considère la mort comme une fin en soi ou comme le début d’autre chose d’ailleurs.
Justement en parlant de la mort comme le début d’autre chose, pour ce qui est de la religion et en réponse à la question de Gandisham, la foi et l’espoir s’entremêlent bien souvent. La connaissance de Dieu autorise-t-elle le désespoir ? un simple oui ne vous suffirait pas alors permettez moi de l’accompagner de ce qui suit. Voici une citation bien connue de Karl Marx « La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple » Serait-il prétentieux de la corriger cela par « elle est le « somewhere over the rainbow » de la créature opprimée, certainement l’âme d’un monde sans cœur où règnent le culte du je possède donc j’existe, et bien au contraire d’être l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu, elle est aussi –bien qu’il ne soit plus à la mode de dire cela- une porte d’entrée vers la recherche du savoir et de l’intelligence. Allons encore plus loin et remplaçons même ici (car le contexte s’y prête) « elle est l’opium du peuple » par « Elle est l’espoir du peuple ». Il me semble et cela n’engage que moi que la connaissance de Dieu et par son apport en matière de relativités des choses et des événements autorise pleinement le désespoir. Non seulement elle l’autorise mais entend également aider à le comprendre pour le transformer en ce qui s’est appelé dans cet article le des-espoir.
Bien à vous tous
Neige
avril 23, 2008 à 10:26
Gandisham
-> C’est marrant ce lien qu’on fait entre le désespoir et… le marxisme !
avril 23, 2008 à 4:15
Alya
Cher Mo’
J’ai lu le livre ‘’The Secret’’ l’année dernière, quand il était le sujet ” in “, à connaître, comme s’il s’agissait d’un nouveau sac à la mode….un ‘’indispensable’’ ou ‘’must’’ si tu préfères. Oprah Winfrey, l’animatrice du talk show le plus regardé aux States, la référence de l’Amérique bien pensante en tout ce qu’il faut connaître au plus vite, a consacré toute une émission pour le présenter et en faire l’éloge… Ma curiosité piquée, j’en entrepris la lecture.
Avant que je ne te donne mon opinion, je tiens à te dire encore une fois, que je sais que tu n’en a fais que l’analyse, et que je ne sais pas si ce matin tu t’es regarde dans le miroir et tu t’es dis: “je suis grand beau fort riche et intelligent. Tout va bien”….?
J’ai d’abord fais l’expérience du miroir, puis petit à petit, après avoir fini le livre, j’ai commencé à y penser.
Si le principe de cette loi était simplement de dire que le bon attire le bon et inversement, que l’énergie positive devrait être le vecteur de notre vie quotidienne, la clé de cette plénitude tant rêvée, je penserais qu’elle correspond tout à fait au fondement de mes croyances. Mais voila, pour se faire plus élaborée, elle se complique, se matérialise, et donc se limite terriblement ! La place de l’intervention divine est réduite à une partie de ping-pong entre le cosmos et nous, tours de réception.
Les relations humaines, les souvenirs d’enfance, les croyances religieuses, le simple goût de la vie qui est propre à chacun n’ont aucun pouvoir sur l’humeur quotidienne…..Tout doit être matérialisé dans le seul pouvoir du contrôle mentale. Donc nous, petits êtres complexes et complexés, nous devrions être une seule pensée, une seule unité, parlant un seul langage qui ne reconnaît pas la forme négative?! J’aime a penser que de la mauvaise humeur on peut tirer de la bonne pâte….Sinon comment aurait été produite la poésie, créé l’art plastique, et tout autre art qui demande à l’âme de se transir, de hurler de plaisir ou de désespoir, de se laisser vivre pour mériter d’exister! La vraie victoire n’est-elle pas celle du bien sur le mal, quelle que soit la forme de sa manifestation ? Un terme de l’équation manque à toute cette loi savante : le sel. Celui que l’on ajoute aux recettes sucrées par pur souci de balance…..Car finalement le secret du bonheur n’est-il pas la balance parfaite entre la bonne et mauvaise énergie ?
Alya B .
avril 24, 2008 à 4:19
mosalyo
Merci Alya B. Enfin quelqu’un qui a réellement lu le livre. Ce que tu dis apporte au débat et j’en prends bonne note. A très bientôt pour l’essai de synthèse.
Mo’