SOS Hommes Battus

Les victimes oubliées de la violence conjugale 

Il y a plus de 800 000 ‘’hommes battus’’ recensés dans le monde … Mais les mâles, à qui l’on a appris à ne pas pleurer, a fortiori lorsqu’ils sont victimes de sévices féminins, sont encore bien peu à les déclarer. Cela décrédibilise ce chiffre que le pifomètre autorise à multiplier par 100 et même davantage pour le rapprocher de la réalité. De plus, le dit chiffre ne concerne que les sociétés occidentales, celles ou la récupération de ce genre de statistique est possible. Car sous des latitudes plus tropicales ou orientales, je pense que 90% des hommes auxquels on poserait simplement la question de savoir si leur épouse les bat, seraient capables de la pire violence envers … les enquêteurs.

Ainsi, en l’absence totale de chiffres concernant ces pays, je vais essayer, avec les moyens du bord, de faire avancer l’éthologie et la psychobiologie en balayant à la brosse large le monde …

Il y a quelques mois, au Maroc, l’éminente sociologue Soumiyaaa de Bladi Net a publié dans un forum un article ou elle aborde la question de la violence féminine contre les hommes, mais hélas, elle a examiné toutes les formes de violence, sauf la violence physique, celle qui nous intéresse plus précisément ici. Il est, vous en conviendrez, infiniment plus rigolo de voir un mec se prendre une raclée par sa frêle épouse que de voir une femme délicate subir les sauvages et infâmes agressions de son escogriffe de mari ! Hélas, Madame de Bladi Net n’apporte aucun élément permettant de recenser la population masculine battue au Maroc, même si elle semble considérer que le phénomène est loin d’être rare. Et à propos de cette lacune, désireux d’apporter ma contribution à la connaissance du phénomène, je lance ici un appel à témoignages : si la mésaventure personnelle et le cas isolé ne m’intéressent pas trop, je suis par contre preneur de bibliographies, études, travaux divers et tous documents qui permettraient une évaluation de la population masculine martyrisée avec le maximum possible d’indications géographiques et ethniques.

Ailleurs sur le continent africain, que se passe-t-il ? Au Kenya par exemple, la journaliste Olivia Marsaud écrivait en 2004 : ‘’Au sein du couple africain, la femme n’est plus la seule victime des coups portés au conjoint. Dans des cas encore minoritaires, c’est elle qui frappe’’. Quant à l’évaluation du nombre, du moins offre-t-elle un indice : La Coalition contre la violence faite aux femmes (Cowas), à Nairobi, n’a traité que trois cas de violence contre les hommes en 2003 alors qu’elle reçoit en moyenne sept femmes par jour. Mais il ne s’agit là que de ceux qui osent déposer plainte… Quant au nombre total d’hommes violentés, l’association affirme en dénombrer au moins cinq par semaine, juste à Nairobi, soit, grosso modo un peu plus d’un homme pour dix femmes … (5 pour 49… Ben ouais, tous les jours de la semaine sont des Jours du Saigneur …).

 Du moins les hommes kényans ont-ils osé briser la loi du silence, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays africains. Au Sénégal par exemple, la Fédération des Associations Féminines affirme n’avoir encore jamais eu affaire à un cas de violence conjugale exercée sur un homme, même si elle sait que cela existe. Le style local est le suivant : L’agression féminine est surtout verbale et peut être accompagnée de jets de projectiles…

 

En Égypte, le sujet commence à émerger dans la presse. ‘’Ce n’est pas encore un phénomène très important. Les Égyptiens préfèrent évidemment penser que cela n’existe pas, assure le journal Al-Ahram. Pourtant, une étude récente du Centre National de Recherches Sociales et Criminelles du Caire, intitulée « La vie conjugale », met en lumière le phénomène et le constat est formel : ‘’la violence conjugale contre les hommes existe dans le pays, même si elle s’exerce de façon beaucoup plus fréquente sur les femmes. Les hommes battus appartiennent aux couches sociales aussi bien aisées que populaires.’’

En Europe maintenant, Madame Elizabeth Badinter, personne sérieuse et crédible s’il en est, fournit de croustillantes statistiques que je m’empresse de vous révéler :

 

 

Tableau comparatif des violences envers les femmes et les hommes dans un couple

 

Bon, c’est vrai, c’est ‘’nous autres qu’on gagne’’, comme on dit à la récré, mais là encore, n’apparaissent que les chiffres officiels et il y a fort à parier qu’il faudrait les réviser fortement à la hausse s’il était possible de les vérifier.

 Marie-France Hirigoyen dans L’Express (04- 2005) fait remarquer dans cette même enquête…  

‘’Les hommes? On ne les a pas sondés. On leur confère par définition le statut d’agresseurs : ils le sont dans 98% des cas’’.

 Et enfin, la mauvaise copine qui trahit son genre !

En Suisse, Sophie Torrent, dans un mémoire universitaire devenu célèbre et intitulé Analyse du phénomène de la violence de la femme envers son conjoint, de sa gestion par l’homme et de son processus de dépassement, déclare :

 »Une des formes de violence psychologique les plus insidieuses consiste à manipuler l’homme en l’incitant à la violence physique. Si l’homme passe à l’acte, la loi se retourne contre lui. La femme violente possède là un atout décisif : La société la croit fondamentalement victime, qu’elle le soit réellement ou non. Et elle peut, sans trop d’ingéniosité, faire croire à son entourage que c’est son conjoint qui est violent »…

Dans une Péninsule voisine, mes observations personnelles me permettent d’affirmer que les Ibères, tant les compatriotes de Cervantès que ceux de Camoens, malgré la paternité du mot ‘’macho’’, se prennent des dérouillées de la part de leur Carmencita que no te digo…, véritables séances tauromachiques au cours desquelles le torero, qui n’est pas celui qu’on pense, s’en sort généralement de plus avec les honneurs suprêmes, à savoir las orejas y el rabo

Je sais aussi qu’outre-Atlantique, au Canada, une loi laxiste, sexiste, inique et heureusement unique a depuis longtemps supprimé tout droit à l’homme au profit de la femme, ce qui ôte à celle-ci bien des raisons de cogner, la justice s’en chargeant ! R’marquez, c’est p’t-êt’ exprès car la cognée des bûcheronnes, c’est pas une caresse, sûr, ça !

Les Etats-Unis n’étant pas sociologiquement signifiants, est-il intéressant d’étudier la relation entre la polygamie en communauté mormone et la violence conjugale faite aux Calèbe ? Violence ou sex-harassment ? Oh, ne riez pas, cela n’a rien de rigolo ni même de plaisant !

Mais en Extrême-Orient, en Amérique du Sud, dans le Monde Slave, en Scandinavie, en Arctique et en Antarctique, que se passe-t-il ? J’avoue mon ignorance crasse à propos des mœurs conjugales de ces contrées exotiques et j’espère bien que grâce à cette bouteille à la mer, je vais, nous allons en devenir experts.

Mo

 

Mise au point : De grâce, épargnez-moi toute remarque prêchi-prêcha sur mon ton badin à propos d’un sujet qui ne l’est pas. Je n’ai aucune compétence pour débattre sérieusement de la baston conjugale. Par contre si vous cherchiez une documentation sérieuse sur la question, je vous propose cette bibliographie partielle et partiale, empruntée en grande partie à Yves LAMBERT, professeur à l’Institut Régional Universitaire de Sciences Sociales Appliquées de Reims, en France.

 

BADINTER Elisabeth.Fausse route, LGF Le Livre de Poche, 2005.
Un état des lieux des luttes féministes.

BEAUVOIR Simone de.Le deuxième sexe, tome 1 et 2, Gallimard, collection  » Folio « , 1986.

BOURDIEU Pierre.La Domination masculine, Editions du Seuil, collection  » Points Essais « , 2002.
A partir d’une étude ethnologique de la société kabyle, Pierre Bourdieu montre la permanence, dans l’inconscient des hommes et des femmes d’aujourd’hui, de la vision phallocentrique du monde.

BUSS M. David.Une passion dangereuse : la jalousie, Odile Jacob, collection  » Psychologie « , 2005.
Peut-on guérir de la jalousie et, si oui, comment ?

CORNEAU Guy. – N’y a-t-il pas d’amour heureux ? Comment les liens père-fille et mère-fils conditionnent nos amours, J’ai lu, collection  » Psychologie « , 2004.

COUCHARD Françoise.Emprise et violence maternelle. Etude d’anthropologie psychanalytique, Dunod, collection  » Psychismes « , 2003.
La figure des mères rendues folles par leur maternité, de mères meurtrières, fait partie intégrante de notre culture depuis que la démesure (l’hybris) de la mère antique se déploie dans les tragédies grecques.

COUTANCEAU Roland.Amour et violence. Le défi de l’intimité, Odile Jacob, collection  » Psychologies « , 2006.
Pourquoi l’amour et le couple sécrètent-ils de la violence ?

DUBY Georges.Le chevalier, la femme et le prêtre, Hachette Pluriel, 2002, 311 p.
Histoire de la mise en place de l’institution du mariage à l’âge féodal.

HIRIGOYEN Marie-France.Femmes sous emprise, les ressorts de la violence dans le couple, Pocket, 2006.
Les agressions physiques dans le couple n’arrivent pas soudainement.

KARLI Pierre.Les racines de la violence, Odile Jacob, collection  » Sciences Humaines « , 2002.
Maltraitance des enfants, violences envers les femmes, mauvais traitements infligés aux personnes âgées, harcèlement moral dans les entreprises, violences  » urbaines  » ou encore  » scolaires  » : les violences sévissent partout, dans tous les milieux sociaux.

ROCCO Aldo.Pourquoi les hommes frappent les femmes. Violences conjugales : l’enquête, Alban, 2006.
Parole aux coupables, les hommes, pour découvrir ce qui se passe dans leur tête lorsqu’ils deviennent violents.

TORRENT Sophie, L’homme battu. Un tabou au coeur du tabou. Editions Option Santé, janvier 2003

Analyse du phénomène de la violence de la femme envers son conjoint, de sa gestion par l’homme et de son processus de dépassement« .

WELZER-LANG Daniel et GOURGUES Jules Henri.Arrête, tu me fais mal ! Editions du Jour, collection  » Changements « , 1992.
Qu’est-ce que la violence domestique ? Quelles formes prend-elle? Existe-t-elle partout dans le monde ? Quelles sont les idées reçues sur les hommes violents ? La violence est-elle une perte de contrôle ? Les femmes provoquent-elles la violence ?


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