ciao, pantins !

Carambole

fruit du carambolier

 

La carambole est le fruit du carambolier, arbre tropical d’origine asiatique qui pousse aussi en Amérique du Sud, en Australie  et aux Indes où l’on appelle son fruit “pomme de Goa”. La carambole, surprend par sa forme particulière et sa peau à l’aspect cireux. Coupée transversalement, elle a la forme d’une étoile à cinq branches. De couleur jaune, sa chair est ferme et croquante, elle a un goût acidulé, agréablement frais.

Carambole

billard français

 

La carambole désigne aussi la rouge parmi les 3 boules du billard français et cette variante du jeu elle-même. Qui s’intéresse à l’épopée des mots consultera avec délice le site suivant :

 

http://monsu.desiderio.free.fr/jardin/carambole.html

 

Un autre site m’a appris que ‘’queuter’’ consiste à toucher deux fois de suite sa boule avec son procédé. L’ouvrage qui explique ces expressions licencieuses est bien connu des spécialistes, sans toutefois faire l’objet de la moindre surveillance de la brigade ‘’cybernétique’’ spécialisée de la PJ, puisque c’est l’encyclopédie ‘’Wikipédia’’ :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Billard

Carambole

table de hasard

Que faisais-je donc, égaré dans les rayons  »maudits » de cette librairie intersidérale ? Je me documentais sur le billard, meuble que je trouve d’une grande beauté et d’une symbolique puissante, puisque je le vois comme une représentation de l’univers en ce que le vivant, le mû conscient, représenté par les boules, ou billes, est percuté par des forces quantiques selon une règle transcendante et au moyen de queues articulées sur des procédés d’une rigueur mathématique intégrale. Mon esprit se remémorait Démocrite et égrenait la longue théorie des penseurs qui ont eut la même idée de cette représentation atomique de l’univers, pour arriver à Einstein, après une généreuse halte chez Holbach, un génie méconnu, et une escapade chez Spinoza qui me fait toujours plier de rire avec son chantage à l’immortalité.

 

Et puis, la dernière canicule ayant largement contribué au ramollissement de mon cerveau, – on n’a pas besoin de réfléchir sous le soleil – mon esprit indiscipliné s’en fut gambader dans les chemins de traverse, mes lieux de prédilection, pour y établir ses quartiers d’été … Je choisis des bottes de 100 lieues pour sauter plus haut que le clown de Banville. Et ce fut ‘’Correspondances’’ de Baudelaire. Vais-je me réciter ce poème ? J’en ai envie ! Et si je ne me le rappelais pas ? Ben je cliquerais et l’aurais ! Mais non, je me connais, si je constate que j’ai oublié un seul poil de virgule de ce poème que l’on devrait avoir l’obligation d’apprendre, même en classe de ‘’bac moins 12’’, je vais, pendant des jours et des jours, me faire le museau (fare il muso, expression italienne qui signifie ‘’faire la gueule’’). Oh si, que je sais faire le museau ! Ne vous fiez pas à mon air patelin et demandez-en confirmation aux disgracieux qui me souffrent au quotidien, à l’hebdomadaire, au mensuel et même plus si affinités ! Comment pourrais-je supporter d’écorcher le texte de ce sonnet fondateur de la poétique symboliste, qui réussit le tour de force d’exposer une théorie tout en la mettant en pratique. Un peu le traité de grammaire arabe nommé ‘’Alfiyya’’ poème de 1000 vers d’Ibn Malik (XIIIème), qui est un énoncé de toute la grammaire arabe …

 

Allez, hop ! On y va … La nature est … ben non, je vais à la ligne, tout de même !

 

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

 

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

 

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

 

J’ai donc assis la ‘’correspondance’’ sur mes genoux et, la courtisant de l’empressement fiévreux de l’homme impatient, pressé de mettre de l’ordre en mon intimité, je l’ai forcée à m’avouer l’adresse de la rouge carambole dans l’univers de mon corps. Elle ne peut pas ne pas y exister. Et ma pythie, comme l’oracle de Delphes et d’ailleurs, me répondit par une énigme et se contenta de me rappeler un souvenir.

Carambole

la prostate, indiquée par le trait horizontal en bas à droite

 

Il était une fois … Par une douce nuit d’été, dans le salon – jardin d’amis très chers, devant un aréopage de gens de qualité écroulés de rire, je joutais verbalement contre une éminence grise de notre gotha – un brillant professeur de biologie, à propos de l’éternelle et tendre guerre des genres.  Au détour d’une réponse, l’émérite me planta une banderille aussi perfide que la flèche de Zénon, que je n’ai jamais pu extraire de ma chair depuis, en m’annonçant qu’à regret, elle se devait de m’informer que le genre masculin allait disparaître de la surface de la terre, Oh, pas demain matin, dans quelques milliers ou dizaines ou centaines de milliers d’années, certes, mais le temps passe si vite, à cause de la fragilité d’une des pièces mécaniques des garçons : la prostate, vous savez, cette petite glande qui se trouve dans la vessie des Messieurs et qui a de louches et multiples fonctions au service des organes voisins et même de l’humanité tout entière, puisqu’elle contribue à la fabrication de l’elixir de vie. Non, la prostate n’est pas une maladie, tant s’en faut mais il est vrai qu’on n’en entend parler que lorsqu’elle se dérègle ou que notre Panoramix interne déclare avoir épuisé ses stocks de potion magique. Il serait établi qu’elle soit devenue un aimant de toutes les agressions provoquées par nos inconséquentes inventions, de l’alimentation transgénique à la saturation magnétique de notre biotope. 

 

Bon, ce n’est pas important, oubliez tout cela, d’autant que pas un homme sur mille n’est capable de dire ‘’où ça se trouve’’, ni ‘’à quoi ça sert’’, ni ‘’comment ça marche’’. Notre hypocrite société nous apprend le fonctionnement des fusées à étages, de l’holographe et de la bombe atomique, mais pas celui de notre corps. Le corps, c’est honteux, disent les adultes ! Moi, je ne trouve pas ! Il en est de plutôt bien tournés, alertes, et le mien, même s’il est souvent défendant, ne me fournit aucune raison de me plaindre de lui ! Oh … comme tout un chacun – je déteste cette expression pédante et antipathique, donc, comme tout un chacun, j’ai des états de corps comme d’autres ont des états d’âme, mais pas plus que ça.

 

D’après mon charmant contradicteur, la dame de haute science ci-devant citée, la prostate, pièce d’usure, pose de gros problèmes à l’évolution génétique du genre masculin car alors que le corps de la femme semble se perfectionner indéfiniment pour servir chaque jour plus longtemps, celui de l’homme, à cause de la ‘’glande qui se tient en avant’’ – c’est le sens étymologique exact de ‘’prostate’’ – est arrivé au bout de son potentiel évolutif. Qui ignore le pouvoir incommensurable des veuves dans les pays développés ? Nul ! Et ce n’est là qu’une des preuves de la faiblesse de la prostate. Pire, le corps humain masculin serait même en cours d’involution ! De déclin si vous préférez.

– Est-ce à dire qu’à terme, l’être humain disparaîtra ?

– Que nenni !

– Est-ce à dire que les femmes se reproduiront sans hommes ?

– P’têt ben, mes frères, c’est la triste réalité !

 

Ne vous sentez pas obligés d’imiter subitement la carpe ou le crocodile ! Les enfants d’Hermès et d’Aphrodite, les hermaphrodites si vous préférez,  sont légion dans la nature. Messieurs les machos, ce que je vais vous dire vous fera avaler vos dentiers, peut-être, mais c’est ainsi : nous, êtres humains, sommes tous des femmes, plus ou moins bien réussies… Oui Messieurs, les hommes sont des femmes ratées !  Nos parties les plus nobles existent chez la femme, à l’état embryonnaire, suggestif, allusif, ou latent, alors que chez les hommes, les éléments féminins ont tous migré vers les circonvolutions des hémisphères cérébraux. Ainsi, le résultat de la bonne opération réalisée durant le bref règne de la suprématie masculine, est qu’au lieu de nous enrichir de notre hermaphrodisme, nous l’avons caché et comme rien ne se perd, que rien ne se crée, et que tout se transforme, nous avons troqué nos quelques attributs d’Epictète – comment vivre sa vie ? – contre des complexes de dupes, totalement insolubles.

 

Le club hermaphrodite du monde vivant compte des membres prestigieux :

 

–         tous les végétaux à fleurs, les spermatophytes plus connus sous le nom de phanérogames et rien que cela regroupe déjà les deux tiers du vivant !

–         les lombrics ou vers de terre, une autre belle part du vivant,

–         certains mollusques comme la coquille Saint-Jacques et l’huître,

–         des reptiles, des batraciens,

–         des mammifères comme certains ours polaires et les castors lapons (incroyable, mais le grand froid semble provoquer l’hermaphrodisme ! Peut-être est-ce celà que les Messieurs veulent signifier lorsqu’ils disent  »on se les gèle » ?)

–         certains poissons, comme cette sainte-nitouche de Nemo, le petit poisson clown des coraux, c’est ni un garçon ni une fille ! Tu m’en diras tant !

–         et surtout, plus surprenant encore, celui que les Espagnols considèrent comme ce qu’il y a de meilleur dans la mer : le mérou !

                       De la mar, el mero, y de la tierra, el cordero !        

 

Le ‘’mero’’ est hermaphrodite mais le ‘’cordero’’, lui, noble animal désignant mon signe astrologique est au contraire l’incarnation suprême du machisme. Ouf ! Comme disent les Lusitains :

‘’Pao pao e queijo queijo’’

 

Bien ! Mais les humains ? Et bien, pour vous répondre, je vous présente le tableau d’occurrence des principales anomalies génétiques et génériques de l’espèce humaine :

 

Symboles

 

Aptitude à la

reproduction

Occurrence

Cas/naissances

XX

mâle

mâle stérile

1/20 000

XY

femme

 femme stérile

1/10 000

XX et XY (XX/XY)

hermaphrodite vrai 

 stérile

1/30 000

http://www.inrp.fr/biotic/procreat/determin/html/chromsex.htm

 

Si ma calculette fonctionne bien, cela veut dire qu’il y a aujourd’hui dans le monde environ 200.000 hermaphrodites, soit la population entière de villes comme Khouribga au Maroc, Le Havre en France, Sherbrooke au Canada ou Nicosie à Chypre.

 

–         Mais enfin, Maître, je ne vois pas le rapport avec la carambole et, vous connaissant, je sais qu’il doit y en avoir un. De grâce, révélez-nous la destination de vos hiératiques errements !

–         Voici donc, cher disciple : N’est-il pas évident que ce grand chambardement ressemble à tout, sauf au hasard ? Ne vous apparaît-il pas que cette carambole, fruit qui prêta un temps sa forme stellaire à un jeu d’adresse avant de devenir une bille ronde et rouge roulant sur un feutre gris, bleu ou marron, billard qui représente le cosmos ou s’entrechoquent des forces en missions incompréhensibles pour nos pauvres esprits limités, glande mise là comme un fusible à ‘’faire sauter‘’ le moment venu, table d’un hasard qui semble de moins en moins exister, tout cela participe d’une intelligence secrète. Peut-être est-ce le tourbillon de poussière de Holbach ? Ou alors le grand chapeau du Monde de Sophie ?

 

Chacun de ceux qui ne dorment pas encore ou n’ont pas encore fermé rageusement ce document en me vouant aux gémonies, appréciera et apportera sa réponse. S’il veut la partager avec nous, nous y serons attentifs. Mais généralement, les grandes vérités ne sont jamais acceptées car ce que l’homme a de plus puissant en lui, c’est la peur et la résistance au changement, alors même qu’il n’a aucune chance de survie s’il n’évolue pas !

 

Il serait tout à fait incompréhensible de refermer ce dossier sans même évoquer ce qu’impliquera, ne serait-ce que pour le fun, le devenir de la mort, lorsque l’être humain aura intégré la grande famille mutante des hermaphrodites. Je parle ici, vous vous en doutez, de la  »petite mort ». C’est affreux mais je pense que rien ne changera. Au contraire, débarrassés de la connotation sportive et masculine et des pannes de puissance y afférant, l’acte sera pur et le plaisir enfin céleste et réellement septuplé. Alors Ciao Pantins ! Rejetés dans les poubelles de l’Univers comme un simple épiphénomène de la vie humaine, nos mânes fantasmatiques revêtues de draps blancs flottant au vent auront-elles assez de l’éternité pour ressasser ce pur joyau du cruciverbiste Guy Brouty qui explique notre retrait du marché sidéral  :

L’impuissance.

Un défaut d’allumage joint à une panne des sens.

mo’

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Publicités