La Figue

J’ai une tendresse particulière pour le fruit du ficus carica, la figue, sans doute parce que sur le territoire de ‘’la Tribu des Sages’’, qui est mon berceau, il est profus, sans doute également parce qu’une légende familiale tenace, prétend qu’un être cher à mon cœur est né sous l’ombre généreuse de ses larges feuilles, le vingt deuxième jour d’un joli mois de mai tout chaud. 

                                            

La figue et le figuier ont successivement été sacralisés par les hindouistes, chantés par la Bible, loués par le Coran et valorisés par la science. Il est là, s’agrippant à la moindre anfractuosité de la roche, survivant pour servir, encore et toujours, comme tout ce qui vit en cette partie du monde que Léopold Senghor nommait joliment et justement ‘’le nombril des races claires’’.   

 

Le FIGUIER, c’est la quatre-vingt-quinzième Sourate du Coran, en arabe ETTINE, douce et poétique, bouleversante de simplicité, ou Dieu ordonne le témoignage des deux arbres – piliers de la Méditerranée : Le Figuier et l’Olivier.

 

Le figuier tord en prière son tronc multiple et calciné par tous les soleils du monde et, provenant de l’Inde mirifique, allogène donc en Méditerranée ou il règne pourtant, il s’est peu à peu dirigé vers les rives atlantiques. Puis, avec la patience infinie de l’immuable, ce cousin de la mûre, taxon Moracée gorgé de latex et dont le lait résorbe les verrues, a conquis tranquillement le monde entier. Déjà, il a franchi l’océan, traversé les Amériques et vogué sur le Pacifique pour installer une ambassade australienne en Océanie et boucler ainsi son tour du monde. Maintenant, la reconnaissance des vertus de son fruit lui fait pousser des stolons vers d’étranges contrées comme… la Bretagne française…

La figue est aussi un aliment, et quel aliment ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’est pas calorique : frais, un fruit moyen (45 g) ne fournit que 25 kcal, et séché, beaucoup plus à poids égal puisque 45 g vous fourniront 120 kcal environ.  


La figue merveilleuse est très riche en sels minéraux qui rétablissent efficacement l’équilibre alimentaire. Si, comme la plupart des végétaux, sa teneur en potassium est élevée, elle affiche surtout une teneur en calcium, phosphore et magnésium très appréciables. C’est aussi une très bonne source d’oligo-éléments, à commencer par le fer

Elle renferme également une quantité notoire de vitamines B, mais elle est surtout très riche en fibres (2,3 g/100 g), efficaces pour stimuler les intestins. Elle est donc recommandée pour lutter contre la constipation, et pour une meilleure digestibilité, il est conseillé de la choisir bien mûre, quand elle est moelleuse et tendre.

 

La figue est le fruit de toutes les voluptés et ce n’est certes point hasard si une belle part du monde méditerranéen, Arabes, Italiens et Ibériques – à ma seule connaissance – en ont fait l’appellation affectueuse et coquine de ‘’cette blessure d’où tu viens’’ chantée par Léo Ferré …

 

Fraîche, de printemps, d’été ou d’automne, la figue doit être choisie souple au toucher, saine et charnue, parfaitement mûre, tendre, moelleuse. Elle sera alors délicieuse.


La figue fraîche ne se conserve pas car la pire insulte que vous puissiez imposer à ce fruit d’exception, c’est l’épreuve du réfrigérateur, lequel tue ses arômes délicats.

 

Pour sa consommation, qu’elle ait lieu à température ambiante et si vous pouviez vous offrir ce luxe inouï d’en manger juste cueillies de l’arbre, vers le milieu de la matinée, je vous garantis que vous pleureriez de bonheur et comprendriez enfin ce qu’est le plaisir, le vrai.

 

La bibliothèque mondiale, Internet, regorge de recettes de tous les pays du monde intégrant la figue et la mariant avec les produits les plus inattendus comme par exemple la simple et rustique tartine de pain de campagne avec une pincée de poivre, le fromage de chèvre chaud, le tagine d’agneau, le sauté de cailles etc.  J’espère qu’au moins, vous connaissez déjà la confiture de figue !

 

Je vais pour ma part vous offrir la recette d’une soupe de fruits – qui fait fureur actuellement – après vous en avoir garanti le goût d’exception et l’étrangeté.

 

Les Ingrédients :

 

100 g de figues sèches, souples et non tâchées, du Maroc ou de Turquie,

100 g de dattes de Syrie,

100 g de raisins de Smyrne,

100 g de pruneaux séchés,

100 g d’abricots secs, idéalement du Liban,

1 pamplemousse,

1 orange, idéalement sanguine,

1 citron,

2 cuillerées à café de thé vert,

2 cuillerées à soupe de miel,

1 cuillerée à soupe d’eau de fleur d’oranger,

1 cuillerée à soupe de cannelle – préférablement non pilée.

 

La Préparation :

 

Coupez tous les fruits secs en brunoise (très petits dés)

Pressez les agrumes

Portez 1 litre d’eau à frémissement avec la cannelle, le jus d’agrumes et en dernier, l’eau de fleur d’oranger.

Hors du feu, jetez-y le thé vert (sachet, boule à thé ou petite gaze), ajoutez le miel, et laissez infuser 10 minutes. Filtrez et plongez la brunoise de fruits secs. Laissez refroidir, puis mettez à mariner au bas du réfrigérateur 24 heures.

 

Cette ‘’soupe’’ peut constituer le plat unique de très nombreux repas pour celles et ceux qui veulent offrir à leur corps un bain de jouvence, une peau éclatante et une cure véritable, en ne le privant de rien.

 

mo’

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