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Présentation de l’éditeur


Depuis plus de quatre milliards d’années, l’histoire de la vie suit une seule route, celle de sa propre pérennité. Elle n’emploie qu’une seule stratégie, celle de la diversité. Elle ne fait surgir qu’une seule valeur, l’amour. Ce livre est un voyage à travers cette histoire, merveilleuse et menacée. On y découvre les incroyables formes que prennent les relations entre les hommes et les femmes… Toutes et tous, dans leur extraordinaire diversité, nourrissent la plus haute ambition humaine, la plus révolutionnaire : se dépasser pour atteindre à un idéal, celui de plaire à l’autre pour se plaire à soi-même. Celui d’aimer pour être aimé.

La pansexualité originelle & l’exemple du bonobo

Pour lancer la réflexion, faisons une toute petite intrusion dans le règne animal pour évoquer l’un des membres de notre parentèle, le singe, créature énigmatique à la triste réputation de conscience dissipée, de sottise, d’irritabilité et d’instabilité. Un représentant de cet ordre, le bonobo, outre qu’il est un chimpanzé, donc éthologiquement très près de nous – comme le cochon, pas de quoi être fier, vraiment -, est aussi le seul animal à s’enorgueillir de pratiquer toutes nos gâteries et déviances et à conjuguer le verbe aimer par tous les temps et sur tous les modes. « Pansexuel, le bonobo n’a pas de préférence sexuelle mâle ou femelle, il a des contacts sexuels en moyenne toutes les 90h, (contacts) durant lesquels il expérimente toutes les positions possibles … Pour les bonobos, la sexualité a d’autres fonctions que la production : elle sert, à travers le plaisir, à apaiser les tensions, et éviter les conflits … Dans sa sexualité et son organisation sociale, presque rien ne distingue le bonobo des premiers humains … « 

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L’homo est arrivé

Pour les premiers humains la femme est accueil, lieu de ressourcement; l’homme est puissance et mouvement; la femme est « terre » l’homme est « ciel ».

La femme a un projet pour la vie : la transmettre, donc la protéger, ce qui lui confère tous pouvoirs.

L’homme en a un autre : il doit procréer sous peine de disparaître, donc conquérir, ce qui le dote de la force.

Les premières mythologies essaient d’organiser la protection démographique du groupe mais n’interdisent aucune pratique : zoophilie, inceste, fétichisme, pédophilie… La seule pratique écartée partout et à travers tous les âges est la relation sexuelle d’une mère avec ses fils laquelle est universellement réprouvée, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’ait jamais existé, même si ne fut qu’ exception, généralement – mais pas toujours -maudite.

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La Polygamie

Au début, dans beaucoup de sociétés, aurait été la polyandrie, c’est-à-dire l’union d’une seule femme avec plusieurs hommes, attitude copiée sur celle de plusieurs animaux grégaires comme l’abeille par exemple.

La polyandrie a traversé les siècles, et elle a été allègrement pratiquée par de nombreux peuples d’Asie, par les Spartiates, les Bretons habitant de la Grande –Bretagne actuelle et, super-scoop, par les Arabes antéislamiques qui durent même limiter à 9 le nombre d’hommes qui pouvaient avoir des relations avec la même dame. Mieux encore, un homme pouvait obtenir d’un autre l’autorisation de lui emprunter son épouse …

Mais la palme de la gourmandise féminine revient sans conteste possible aux jolies dames de l’ethnie chinoise Musuo qui choisissent d’accomplir tous les travaux elles-mêmes pour laisser leurs hommes se reposer afin d’être plus vaillants au lit ! Je ne sais en fait si c’est une plainte déguisée ou le comble du raffinement, toujours est-il qu’ ainsi en est !

Anecdotiques, ces petites particularités ? Non, la polyandrie n’est pas un épiphénomène folklorique qui se serait illustrée dans de lointaines contrées il y a fort longtemps. Elle est là, parmi nous puisque 1% de la population du globe la pratique encore aujourd’hui sous une forme ou sous une autre.

La polyandrie est la pratique des époques troubles et s’explique par le fait que les hommes étant occupés à leurs hautes œuvres guerrières, leurs épouses en compensent l’absence partielle ou totale en picorant de droite et de gauche pour se sustenter… Une précision de taille : La femme pratiquant la polyandrie ne dispose pas de version féminine du ‘’harem’’ – haras ? – Sa polygamie est institutionnelle. Enfin, dans ce chiffre de 1%, effarant pour nos esprits frelatés, on ne sait si sont incluses les femmes de ces ethnies béninoises et nigérianes qui se marient … entre elles pour former un genre auto-immun relevant du pur génie de l’organisation et préservant par exemple ses membres de la répudiation pour cause de stérilité !

musuo

En temps de paix, l’homme reste à la maison et il s’en accommode très mal. Un mal de vivre s’empare de lui qui, probablement de peur de subir le sort de ses congénères animaux non reproducteurs – les travaux forcés ou l’abattoir – prend conscience que la paternité est la seule chance de salut. Il impose par la force la polygynie qui est la forme la plus connue de la polygamie, à savoir plusieurs femmes pour un seul homme. Il veut beaucoup d’enfants car là, réside la richesse et le pouvoir. Mais rapidement, il s’aperçoit que la nature ne l’entend pas de cette oreille et prévoit un nombre d’hommes tout juste inférieur à celui des femmes, ménageant à peine un petit pourcentage de catherinettes pour tenir le rôle de la tentation … L’homme en déduit alors que s’il veut ’’de la femme’’, il faut qu’il aille la chercher là ou elle se trouve : chez les autres ! Et c’est ainsi que les sociétés polygynes devinrent conquérantes.

Mais comme les hommes sont tous les mêmes sous tous les cieux, tous pensent de la même façon et ainsi naquit ce sport universel qui consiste à piquer les nanas des autres. Mais si quelquefois on est prêts à donner une prime aux ravisseurs, d’autres fois, non ! Alors la morale est venue au secours de la raison et essaya de codifier la propriété du ’’cheptel vif’’.

Les Hébreux sont les premiers, il y a 4000 ans à sanctifier la relation homme-femmes par le mariage. La polygynie n’est pas pour autant remise en cause. Le Christianisme lui emboite le pas et essaie quant à lui d’établir par le dogme la monogamie. Mais il faut attendre le 7ème siècle pour que l’Islam vienne enfin réellement donner une nouvelle légitimité à la polygynie et ce, sur le cinquième de la planète, certes, mais aussi LIMITER LE NOMBRE D’ ÉPOUSES, restriction jamais osée auparavant par aucun texte religieux !

Aucun peuple, aucun pays, aucun temps n’a jamais réellement cessé, à ce jour, la pratique de la polygynie. Océaniens, Chinois, Indous, Arabes, Africains, Européens, Américains, tous incluent encore dans leurs structures sociales la polygynie ou à tout le moins une ou plusieurs variantes de celle-ci. Des vérités franchement cocasses viennent éclairer de feux puissants la prétentieuse humanité qui est la nôtre. Le comble du comble a certainement été atteint par les Croisés, en allés en terre ’’païenne’’ pour imposer la vérité catholique. Et bien ces preux chevaliers qui mettaient sous scellés les féminités de leurs dames, donnant ainsi naissance aux plus cocasses pratiques de l’alternance, ne se sont pas privés d’entretenir, eux, de véritables harems, au point qu’il n’est ni désobligeant ni ironique de se demander : ’’ Mais pourquoi diable croyez-vous qu’ils se bousculaient pour aller là-bas ? ’’

Bien plus près de nous, au XIXème siècle, surgit aux États-Unis une secte appelée ’’Mormons’’, suite à une ’’révélation du Ciel’’ faite à un certain Joseph Smith en 1843, lequel théorise d’abondance dessus et dans la foulée épouse 21 femmes. ’’De nos jours, 2% des Mormons vivent encore dans une famille comprenant plusieurs épouses’’. Cette respectable confrérie jouit même, soit dit en passant, d’un pouvoir énorme dans la politique US, ce qui explique le peu d’enthousiasme des dirigeants à ’’corriger’’ ces ’’retards civilisationnels’’-là …

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La monogamie

C’est vraisemblablement Saint Paul qui inventa la monogamie et en fit le socle de la civilisation occidentale. L’Église revisite l’Ancien Testament en écrivant un discours sur la monogamie qui donne une autre interprétation, pour le moins discutable et discutée de l’adultère. Plus précisément, « Vers 200 après J-C, Tertullien précise ces règles dans ’’De la monogamie’’ : Dieu donne à l’homme une seule femme … ils seront deux dans une même chair »…

Les textes d’application accompagnent simultanément cette loi :

Le sexe hors mariage est banni…

’’La sexualité devient une menace si elle devient sensualité’’ !

La bénédiction à l’Église est requise !

Le divorce constituera une faute !

Le remariage des hommes divorcés n’est autorisé qu’à des conditions très strictes et aux nantis …

Inutile de préciser qu’elle restera des siècles durant un vœu pieu, respecté strictement par personne, ni puissants, ni misérables, ni rois ni mêmes gens d’ Église qui a l’époque se souciaient comme d’une guigne de l’inénarrable célibat – le mariage est bon, mais pas pour nous, semblent avoir dit ces facétieux personnages – et tout autant de la chasteté. Le seul exemple à citer pour ne choquer personne est celui de l’un des phares de l’histoire de l’Occident, Carolus Magnus, Charlemagne pour les élèves, lequel se fondera sur le droit germanique à la répudiation, pour se marier … 9 fois. Quelques nigauds se sont laissé avoir par cette morale de pacotille mais leur nombre est fort peu significatif.

La mortification de la chair passe mal, quoi que l’on croie, chez la majorité des humains, blancs ou noirs, jaunes ou rouges, septentrionaux ou méridionaux, orientaux ou occidentaux.

’’Après 1000 ans d’efforts, l’ Église n’est pas parvenue à instaurer son modèle monogame et indissoluble fondée sur la fidélité mutuelle dans la foi chrétienne’’.

monogamie

… à suivre …

Co’ & Mo’

Nota : toutes les citations entre guillemets sont empruntées à l’ouvrage AMOURS, de Stéphanie Bonvicini et Jacques Attali.


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