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Etre papa pour la première fois

 C’est l’ivresse de la fierté et du bonheur

Et aussi le paroxysme de l’angoisse

 

Le grand’ œuvre de la vie d’un homme banal qui ne se reconnaît aucun génie est souvent et modestement la simple transmission de la vie, selon les critères et dans les conditions prévalant dans son biotope. Ainsi de moi ! Et j’ai consacré à ce doux projet une énergie et une industrie inouïes, dont le spectacle en a amusé plus d’un et que d’autres ont, et auront bien du mal à croire ! Le récit qui suit est l’absolue vérité et il a même, pour les besoins de la décence été allégé de détails qui auraient pu me faire passer pour encore plus maniaque ou franchement caractériel. J’ai, c’est vrai, la disgrâce du culte de la chose bien faite !

 

J’ai de tout temps préféré que la tête de mon auguste lignée et le commandement de mes empires fussent confiés à un héritier mâle, à l’époque plus apte à les défendre. J’ai donc essayé de planifier la production d’un Gengis Khan au cœur bien trempé, visionnaire et conquérant, d’ un Hannibal hors normes qui étonnerait le monde et pas simplement avec des éléphants dans les cols alpins, d’ un Zheng He chevauchant les flots et répartissant ’’autrement’’ les richesses de ce bas-monde !

 

J’ai consacré les 3 premières années de mon mariage à l’examen minutieux de tous les paramètres permettant de vérifier que j’avais bien choisi l’associée convenable dans cette affaire. Il est facile de juger de l’attrait physique et assurément elle ‘‘ETRE’’ belle (je vous laisse seuls responsables du temps à appliquer). L’extraction ? La meilleure, un pan d’histoire a protégé son berceau ! L’instruction ? Elle fut excellente et honnête sans être … enfin je veux dire … tout en étant car a l’époque cela sous-entendait … enfin, vous comprenez ce que je veux dire. Morale et probité étant bien évidemment les prérequis de premier niveau et éliminatoires, que pouvait me demander le peuple ? C’était ’’SHE’’ et personne d’autre !  Alors, qu’à  Dieu Allat !

 

La partenaire identifiée, il fallait maintenant songer à la constitution de l’équipe qui allait m’assister pour mener à bien mon projet de fabrication d’un fils ! Non, ne commençons pas ! Comprenez bien que toute décision qui eut pu nuire directement ou indirectement à mon fils a été écartée. La partenaire remplit consciencieusement son rôle, même si j’avoue, ben oui, m’être octroyé d’autorité le rôle de contrôleur de gestion, d’auditeur et de directeur général. Voici déjà la preuve de  mon ouverture d’esprit : Il fallait qu’elle choisît un gynécologue, vous savez, le praticien spécialisé dans les nounours et les ’’gros bides’’ et qui est généralement absent exceptionnellement le jour de gloire ! Je jure qu’elle fit son choix en toute indépendance. D’absence, aucune ! Ce ne fut pas le cas de celui-ci, mais l’aurait-il voulu qu’il ne l’aurait pu !

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L’obstétricien

Un ami et confident

 

Puis, il fallut choisir un pédiatre, vous savez, le spécialiste dont on scrute, chronomètre, compare et étudie les sourires, et dont on compte les plis du front pour bien passer une ou deux nuits blanches ! Celui dont on boit les paroles, que l’on a envie d’étrangler quand il n’est pas … en avance ! Et là, après interrogation de la Faculté, de gens de référence et d’amis triés sur le volet au cours d’interminables élaborations nocturnes de listes diverses, je me donnais quelques jours de réflexion pour apporter des modifications. En fait, je reprenais les mêmes noms mais en les faisant passer par de nouveaux filtres. Non, pas celui-là ! C’est un chasseur, donc les week-ends il s’absente ! Et puis un tueur armé d’un fusil pour soigner mon fils !… Non, pas celui-là non plus, sa bobonne est antipathique et si un soir je l’appelais et qu’il ne venait pas, ce serait le drame ? Non, pas une femme ! Ce serait trop beau mais franchement c’est un risque inutile. Mon choix se porta donc sur … un ami d’enfance, beau garçon, grand, doux, souriant, jovial, auquel me liait un lointain lien de famille. Son magnifique cabinet fut inspecté de fond en comble par mes soins, il fit les serments d’usage, celui d’Hippocrate et bien d’autres et enfin, je rendis publique ma décision. Commença de ma part une honteuse opération de corruption qui consista en invitations intempestives, et chaque fois, j’embêtais le pauvre homme par mes grotesques colles qui le faisaient plier de rire et que je concluais par : De toute façon, çà ne me regarde pas ! Ca ne me regarde pas ? Tu galèjes ? Tu ne perds rien pour attendre, bourreau d’enfants !

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Le pédiatre

Un gentil dauphin et un éminent spécialiste

 

Quatrième dans la hiérarchie de la garde rapprochée  des bébés, la nounou ! Sous nos tropiques, à l’époque, pas de nounou de haut niveau, pas d’enfant, car la woman’s lib était là ! A moins d’importer la belle-doche et sa suite à la maison. Bonjour le bonheur et l’intimité !je plaisante, j’ai déjà dit que j’adorais ma belle-maman chérie… Ouf ! … Les ondes de la Radio Nationale, des hérauts citadins et des Missi Dominici parcoururent le Pays pour publier l’avis de recherche dans l’intérêt de ma famille, jusqu’à ce qu’enfin, sur la foi du témoignage d’une sœur qui le tenait de sa belle sœur qui le tenait de l’infirmer qui prodiguait des soins à la cousine de la voisine d’autres proches, l’on me dit que je commettrais grande imprudence si je confiais mon Little Bouddha – NON ENCORE CONCU je vous le rappelle, à qui que ce fut autre qu’une très sérieuse, compétente et célèbre Lalla EMBARKA. Cette sommité de la puériculture mondiale fut donc invitée à une journée-rencontre avec le DRH de la maison Mo’, moi !

 

Imaginez Ella Fitzgerald, en son âge troisième, avec pas la voix mais la carrure, avec pas le sourire en contact avec les anges, mais une présence impressionnante.

J’expliquais à la postulante que je ne demandais rien d’extraordinaire, qu’en fait il fallait simplement qu’elle fut maman, grand-maman, cuisinière macrobiotique et écologiste, nutritionniste, hygiéniste, psychopédagogue, infirmière, urgentiste, attentive et vigilante et douce, libre 24 heures sur 24, et 365 jours par an les années non bissextiles et que, contre ces quelques exigences qui n’avaient rien d’extraordinaire, je prévoyais d’être financièrement généreux. Mes préalables étaient ridiculement réduits : La future maman procèderait elle-même à la confection du trousseau (le trousseau de la nounou, bien sur) et elle, la postulante devrait passer avec succès un check-up médical complet à mes frais dés le lendemain, accompagnée de la future maman, chez le médecin de mon choix ! Ainsi fut fait ! Lalla EMBARKA était saine et elle en fut aussi fière que si elle avait été reçue major à … Saint-Cyr ! Quelques jours après son entrée en service, un an avant l’arrivée du Petit Ange, je la vis, Ô horreur, cligner les yeux pour lire le nom d’un médicament que je lui demandais de m’apporter. Elle avait donc des troubles de la vue ! Tu rends comptes, comme dirait l’humoriste ! Je convoquais la maîtresse de maison et lui fis part de mon horrible découverte. Elle m’apprit que bien 1 personne sur 10 portait des lunettes en ce bas-monde et que celui-ci n’en tournait pas plus mal pour autant ? J’en convins mais lui intimais l’ordre de se transporter avec la ’’de cujus’’ chez un opticien, et le meilleur, pour résoudre le problème. Ce qui fut fait. Et nous récupérâmes notre Lalla EMBARKA avec de magnifiques lunettes à monture Christian Dior, car nous estimâmes qu’il ne fallait pas être chiche et inhumain avec quelqu’un que l’on investissait soi-même des plus hautes fonctions de la Maison !

 

J’étais assez content de ma recrue que je contrôlais en continu, critiquant, enseignant, formant et informant cette brave dame qui aurait largement pu être ma mère, qui avait eu et parfaitement élevé une ribambelle d’enfants sains, sur le rôle historique qui allait être le sien dans le cadre de l’éducation de mon Petit Prince ! Il n’en était pas de même pour elle ! Elle me regardait de façon de plus en plus étrange, d’un regard intrigué, interrogatif, inquiet, craintif même, dirais-je !

 

Un beau matin, elle ne se présenta pas à son poste …  Les personnes qui nous l’avaient recommandée ont demandé à nous rencontrer et c’est ainsi que nous apprîmes que Lalla EMBARKA avait décidé de renoncer malgré elle, ne se sentant pas le courage d’assumer la responsabilité de la garde de Mon Fils. Rien de macho dans ce possessif, simplement pour signifier qu’avec le fils de mon épouse, elle n’aurait eu aucun problème, par contre qu’avec le mien, çà n’allait pas être possible, comme disent les videurs des boîtes de nuit, persuadée qu’elle était que si une inadvertance faisait que le bébé s’égratignât seulement, elle me croyait assez fou pour tuer ! Elle avait bien évidemment raison et je la remerciai publiquement, même si seulement par contumace, et me payai le luxe de lui envoyer un somptueux cadeau que j’accompagnai de la magnifique sentence :’’ Vive celui qui connaît ses limites !’’

Mais la gestion des ressources humaines n’occupa point tout mon ‘’agenda’’ de futur papa, tant s’en faut. Deux grands chantiers, ou plutôt trois, restaient ouverts.

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La nounou

Ella EMBARKA ou Lalla EMBARKA

 

Malgré la défection de Dame EMBARKA, je décidai de maintenir mon projet de paternité et même d’en concrétiser la partie la plus déterminante : la passation de commande avec versement d’arrhes, c’est-à-dire l’engagement ferme et définitif. Ainsi fîmes-nous… Et les jours s’égrenèrent, de gentillesses en regards langoureux et de prévenances en invitations au repos, avant de pouvoir interroger la science sur la positivité de la grossesse, donc sur l’enregistrement de la commande. Notre pharmacienne attitrée était une adorable mamie, avec des cheveux blancs, beaux, acceptés et lumineux comme son intelligence ! Elle prit son rôle de conseillère plébiscitée très au sérieux, et nous vendit le KIT qui allait nous permettre de savoir ’’les premiers au monde’’ et ’’en toute intimité, n’est-ce pas, mes enfants’’, si oui ou non,  nous allions être parents ou s’il nous faudrait  »attendre un petit mois de plus ». La sainte femme nous tendit le précieux boitier et nous fournit toutes les explications pour bien s’en servir. Il était 18 heures et donc largement temps de réintégrer nos pénates pour mettre en place tous les dispositifs… Ce que nous fîmes.

 

Le lendemain, à 5 heures du matin, nous opérâmes ! La précieuse ’’lame’’ mise à l’abri, nous retournâmes nous coucher avant de revenir un peu avant le délai d’attente, y coller notre regard, comme sur la vitrine contenant la liste des reçus au bac ! Et … ô miracle, ô Puissance Divine, ô mystère de la nature, voici ce que nous vîmes :

 

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Le bristol

’’J’arrive’’

Test de grossesse : positif

 

C’est le plus beau bristol que j’aie jamais reçu dans ma vie. ‘’J’arrive, Papa’’ ! Ben bienvenu, fils ! La maman regardait émerveillée cette œuvre d’art, juchée sur un tabouret, derrière moi, lisant par dessus mon épaule et nous restâmes ainsi, graves et cois, durant … je sais bien … le temps d’égrener un chapelet de prières … Puis, la joie explosa et nous fîmes les fous un bon moment, nous regagnâmes notre chambre, elle, se massant les reins et marchant en canard comme si elle était enceinte de 9 mois et moi, balisant son chemin pour que rien ne vint troubler sa marche et lui demandant de faire attention à ses tout petits petons.

 

S’ensuivirent neuf mois de bonheur fou ou je trouvais Milady chaque jour plus belle avec son bidon chaque jour plus gros ! Neuf mois quasi entièrement dédiés à la préparation de l’arrivée tant attendue ; neuf mois ou les marchands de delikatessen, de fancy-foods, de comestibles, de sh’hiwates et autres gourmandises des quatre coins de la planète firent fortune avec moi car dépassant l’obligation banale de satisfaction des envies, j’en étais arrivé à analyser la moindre de ses expressions pour en déduire ce qu’elle pouvait souhaiter. Ses parents en faisaient autant de leur coté et ainsi, nous réussîmes à éviter à mon fils d’être affublé d’un pois-chiche ou d’une pastèque je ne sais ou, d’une tache ou d’une touffe de poils incongrues, bref, de toute manifestation d’envie non satisfaite.

 

A ma suggestion, elle s’allongeait quotidiennement au soleil pour écouter une pièce musicale, douce et mélodieuse, sans jamais la moindre agressivité. Tout y passa : musique classique, jazz, grandes voix et concert quotidien de Valentin, le Canari dont on amorçait le chant par un passage de sa collègue Oum Kalthoum, le Rossignol du Moyen Orient, avec laquelle il chantait en canon ! J’ai juré de dire la vérité. Notre canari devenait carrément hystérique à l’écoute de la grande cantatrice. A d’autres heures, nous regardions un film, sélectionné par moi, intéressant et beau . Ou alors nous décidions de regarder la télé, mais j’étais le seul à manipuler la télécommande. Chaque fois que commençait une scène violente, j’éteignais. Je m’occupais de tout ce qui la concernait, aussi bien de son alimentation, que du rythme de ses jours et de ses nuits.

 

Pluie, froid ou canicule, nous sortions tous les jours marcher durant des heures. Les gens étaient gentils et prévenants et comme dans certaine comédie musicale, même les agents de police avaient tous les égards pour la jeune future maman et n’hésitaient pas à arrêter une procession de voitures pour la faire passer. Dans les marchés, les boutiquiers des quatre saisons lui offraient tous quelque chose, qui une pomme, qui une fraise, qui une cerise. D’autres lui proposaient un tabouret pour se reposer, un verre d’eau, un jus de fruit, une friandise. Quant aux musiciens de rue, il était rare qu’ils ne lui fissent pas la fête sans besoin de la piécette habituelle, comme pour saluer l’arrivée d’un collègue.

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La capsule spatiale

abritant le Petit Prince

 

J’avais travaillé sérieusement les deux ouvrages fondamentaux de la paternité à cette époque là : ’’J’attends un enfant’’ et ’’J’élève mon enfant’’ et j’étais capable de les réciter par cœur. Ce sont ces ouvrages qui me servirent de guides pour faire tout ce que je devais faire. A la maison par exemple, j’avais attaqué la préparation de la chambre du bébé : J’y fis tout, absolument tout, de mes mains, comme certain Charpentier prénommé Joseph…

J’avais changé le revêtement du sol par un  »spécial » pour salles blanches de cliniques. Il était antidérapant, hypoallergénique, anti-poussière etc. Puis je procédai à la conception et la réalisation de la table à langer, à des mesures spéciales qui allaient permettre à mon petit Tarzan d’évoluer sans gêne. Elle était belle cette table et de plus, unique au monde ! Faite de mes mains ! Puis, j’avais recouvert les murs de deux papiers peints différents : Celui des murs de vie – d’action – avait pour motif des nénuphars roses sur fond argent et s’intitulait ‘’deep reflections’’ tandis que celui des murs d’horizon, – de contemplation – à dominante bleue tendre, s’intitulait en toute simplicité ’’Thalassa’’. Les rideaux étaient un jeu de voilages roses et bleus emprisonnant la lumière en fagots du plus bel effet. Les lumières étaient indirectes et douces et celles devant servir au bain ou aux soins provenaient de spots orientables.  Deux meubles : Un lit et une armoire. Simple et de grande qualité, ils provenaient de chez le meilleur faiseur de la ville. Enfin, l’un des murs était couvert d’appareillages qui le faisait ressembler à un tableau de bord d’aéronef : Montre murale énorme et silencieuse, baromètre, thermomètre, hygromètre sensés fournir tous les renseignements nécessaires à la décision de l’habillement… Cette lubie amusait particulièrement les visiteurs qui n’avaient alors plus aucun doute sur les fêlures de mon crâne !

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L’horizon bleu et rose

des voilages fins

 

J’accompagnais bien évidemment mon épouse chez le gynécologue pour chacun de ses contrôles et les vivais avec elle. Comprenant qu’il ne pouvait m’éviter, le médecin prit le sage parti de m’associer d’autant que j’étais sage et discipliné et faisais tout pour l’aider dans sa tâche. Le seul point noir médical de cette grossesse fut l’excès de poids pris : Euh, plein de kilos ! Plein, plein, plein ! Vous vous rendez-compte ? Bon, n’insistez-pas, j’ai dit plein, çà va ! La récompense de ces séances était la séquence ’’cinéma’’, plus exactement la séance échographique, car elle nous permettait de recevoir de l’artiste des signaux de son autre monde !

 

Les neuf mois de la grossesse s’écoulèrent ainsi entre les préparatifs et les soins, les aménagements et les achats nécessaires. Il ne se passait pas un seul jour ou je n’achetais une chose ou une autre, nécessaire ou inutile, amusante ou carrément idiote…

 

La grand-maman fit un voyage en Suisse puis dans le Nord de l’Italie, dans la Région de Bergame et en rapporta la plus précieuse des layettes de bébé : de fines brassières de cotonnade, des tricots aériens, des chaussons d’ange, des bonnets en cachemire et même des langes tissées, autrement plus hygiéniques et confortables, pour elle, que les paquets ouatés et plastifiés qui ont déferlé par la suite. Donc je pouvais dormir tranquille, mon héritier n’aurait pas froid à son arrivée sur terre.

 

Que de fous-rire n’ai-je pas déclenchés bien involontairement par mes attitudes naïves et excessives ! Un jour, aux Galeries Lafayette à Paris, je sélectionnais les petites peluches variées que j’étais venu y acquérir. Il s’agissait de m’assurer, comme me le demandait le guide, que les yeux étaient solidement fixés  »pour que bébé ne puisse les arracher et les avaler » sans que l’on s’en rendit compte. Et me voici tirant de toutes mes forces d’adulte sur ces pauvres yeux  et sélectionnant ainsi les petites peluches que je prendrais. Pour pouvoir le faire, je regardais alentour et tirais un coup sec sur chaque œil. C’est ainsi que je vis trois vendeuses, à 10 ou 15 mètres plus loin, écroulées de rire. Elles accoururent alors et me demandèrent gentiment si ‘’c’était le premier’’, chose que je confirmais. Elles m’expliquèrent alors que la norme NF N° … imposait tous ces tests aux fabricants avant de leur permettre de l’apposer sur leurs produits ! J’étais rouge de honte et décidai de réserver ce genre de vérification à mes souks et plus aux … territoires normalisés !

 

Voilà ! J’étais quant à moi fin-prêt pour accueillir bébé et le calendrier et l’obstétricien disaient l’imminence de l’évènement !

Un soir de décembre, Milady me demanda de lui masser les reins, ce que je faisais quasi-quotidiennement. Elle eut quelques sursauts et je la laissai exprimer clairement et sans contrainte qu’il faudrait peut-être songer à ‘’y aller’’. J’appelai sa maman qui m’intima l’ordre de rester sagement à la maison et, prenant sa fille et ses deux valises, elles partit, me plantant là, comme … un inutile ! On me dit même de ne pas m’inquiéter et qu’on m’avertirait dés l’apparition des vraies contractions.

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J’appelai en douce exactement tous les quarts d’heures et vers midi, lassé par les réponses lénifiantes que l’on me faisait, j’allais à la clinique voir les choses par moi-même. On m’apprit que comme par hasard, le médecin traitant venait d’entrer en salle d’opération avec mon épouse et l’on me demanda d’attendre sagement car cela ne devait plus tarder maintenant.  Pour m’occuper, on me donna des revues périmées idiotes au lieu de quelque ouvrage fondamental qui m’eut accompagné en cette heure majestueuse.

 

Vers 12h30, je vis le médecin au bout du couloir ou je me tenais debout. Lorsqu’il leva les bras au ciel de désolation, faisant un signe de négation de droite à gauche, je crus ma dernière heure arrivée, mes jambes se dérober. Je m’élançais vers lui pour lui demander ce qui se passait. Il m’informa qu’il avait donné toutes ses chances à ma femme d’accoucher normalement, mais que là, le temps se faisait long et qu’il fallait pratiquer une césarienne !

 

Je faillis le tuer pour l’horrible peur qu’il m’avait faite et lui hurlai au visage  de faire ce qu’il fallait et très vite pour me rendre ma femme, en vie et en forme et immédiatement. Il me demanda si je ne voulais pas demander l’avis d’un autre médecin etc. Je lui répondis de façon carrément ordurière avant de l’exhorter à y aller et au pas de course, ce qu’il fit sans trop se faire prier … Les gens autour de moi essayaient de me calmer, ce que bien sûr ils ne réussirent nullement à faire !

 

Une demi-heure plus tard, la réceptionniste d’étage m’informa que ma femme allait bien mais qu’elle s’était endormie et qu’on montait le bébé pour le test ORL. Je tremblais de tous mes membres et enfin, au bout du même couloir, l’infirmière le portant apparut. Je me mis de coté comme pour laisser passer une personnalité, et lorsqu’ils passèrent près de moi, je jure devant Dieu que mon fils me regarda et nos regards se croisèrent ! 

 

A cette milliseconde précise, le monde changea de sens, l’ordre des valeurs aussi, le sens des mots, le sens du temps, le sens de la vie tout simplement … Nous ne fîmes pas de photo ce jour-là car mon petit héros était fatigué par les inutiles contractions qui les avaient épuisés, sa maman et lui. Mais dés le lendemain, nous en fîmes et voici celle que je considère comme la plus belle, la plus vraie et la plus douce de toutes !

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mo’

 

  

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