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Les empires ainsi que les hommes ont leur vie propre … Ils grandissent, ils arrivent à l’âge de maturité, puis ils commencent à décliner … En général, la durée de vie des empires … ne dépasse pas trois générations -120 ans environ.

Ibn Khaldoun, 1332-1406, Al Muqaddima.

 

Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.

 

Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques.

Paul Valery, 1871-1945, La Crise de l’esprit (1919)

 

Chaque culture traverse les phases évolutives de l’homme en particulier. Chacune a son enfance, sa jeunesse, sa maturité et sa vieillesse.

Oswald Spengler,  1880-1936, Le Déclin de l’Occident

 

L’homme a établi sa domination sur son environnement naturel en faisant naître un environnement artificiel ; et ce monstre se révèle être un maître bien plus intraitable et plus impitoyable que cet environnement naturel que les ouvrages de l’homme ont surmonté ou étouffé et risquent même d’anéantir. 

Arnold Toynbee,  1889-1975, L’autre moitié du monde.

 

Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme  les hommes et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. Le décomposition, chez elles, précède leur mort au lieu qu’elle suit la nôtre.
Georges Bernanos, 1888-1948, La Liberté pour quoi faire ? (Posthume,  1995)

 

En fait, l’homme change d’allure. La civilisation, les civilisations, toutes nos activités, les matérielles, les spirituelles, les intellectuelles, en sont affectées. Qui peut prévoir ce que seront demain le travail de l’homme et son étrange compagnon, le loisir de l’homme ? Ce que sera sa religion, prise entre la tradition, l’idéologie, la raison ? Qui peut prévoir ce que deviendront, au-delà des formules actuelles, les explications de la science objective de demain, ou le visage que prendront les sciences humaines, dans l’enfance encore, aujourd’hui ?

Fernand Braudel, 1902-1985, Histoire des Civilisations : le passé explique le présent.

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D’innombrables crises de toutes sortes s’accumulent à l’heure actuelle et concernent ou menacent l’humanité tout entière. Ces crises sont alimentaires, environnementales, économiques, financières, éducationnelles et enfin morales. L’essai de partage du progrès vole en éclat et des millions d’humains ont là une nouvelle preuve qu’ils n’ont pas leur part ici-bas.

 

La puissance, puis le droit, puis le service ont tour à tour été le pivot de l’état, dans les Temps Modernes. La succession de ces variations marque une indéniable progression morale au point que l’état est devenu, à la fin de la seconde guerre mondiale, le générateur et le répartiteur de la richesse entre tous ses administrés, en fonction de la morale politique choisie par la majorité d’entre eux.

 

Mais pour tenir ce rôle d’etat providence, il lui fallait assurer la pérennité des ’’dividendes’’ de la machine économique, ce qui n’a posé aucun problème dans les périodes de croissance importante, mais, dans les périodes de ralentissement, se traduisait en recours à des ‘’expédients’’ allant jusqu’à la condamnation à jouer les ’’faux-monnayeurs’’ créant de la monnaie ne représentant aucun bien réel et revenant à une pure spéculation.

 

Au nom d’un libéralisme effréné, rebaptisé pompeusement ’’liberté’’ ou techniquement ’’dérèglementation’’ les états spéculent sur leurs banques et sur les banques étrangères comme de vulgaires boursicoteurs pour créer des ’’dividendes à distribuer’’. Ils s’endettent pour créer de l’argent à tout prix, notamment au prix d’emprunts massifs, de dévaluations, d’inflation et conséquemment de l’appauvrissement.

 

Crise économique et financière il y a, certes ! Ca et là, l’on peut déjà percevoir des signes avant-coureurs de crise sociale, comme le chômage aux USA ou, bien plus terrifiante car toute nouvelle dans son principe, celle de la Chine Populaire.

 

Une amie m’a prié de lire le résumé d’un de ses manuscrits qui loge dans cette crise mondiale totale et annoncée, une formidable chance pour les PVD, les PMA et autres pays émergents, car, dit-elle, le choix de l’homme sera très réduit : ou il opte en toute sagesse pour le développement universel et harmonieux, ou alors adviendra ce que Lukas Stella (Les inventeurs d’incroyances) nommait récemment ’’une irresponsabilité menant la société à sa faillite promise, ruinant un futur déjà condamné, en polluant toute vie sociale et détruisant irréversiblement la planète’’…  Cette lecture m’a beaucoup amusé et j’y reviendrai prochainement.

 

En fait, la crise financière est le 1/8ème visible de l’iceberg. Les 7 autres, pour n’être point visibles, n’en sont pas moins réels. Il faut comprendre que des crises de toutes sortes se superposent et s’interpénètrent, prouvant, sans catastrophisme, qu’il est temps de faire une révision profonde de nos systèmes de valeurs, de pensée, d’action.

 

C’est l’exercice que je propose et auquel, bien évidemment, je vous convie. Pour ma part, je dois encore un chapitre qui, en toute logique s’intitulera

futur

… à la semaine prochaine …

mo’

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