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Au début des années 70, le charismatique Commandant Jacques-Yves Cousteau, alors directeur du Musée Océanographique de Monaco, écrivait pour préfacer une encyclopédie de la mer :

… Il est désormais certain que la terre est la seule planète du système solaire où l’eau existe en quantité appréciable. L’eau est à l’origine de toute vie et elle est indispensable à la vie. Mais elle nous a été donnée une fois pour toutes et il n’y en aura pas d’autre. En cette fin du XXème siècle, nous entrons dans une crise de l’eau et de la vie, dans un conflit entre l’homme qui se multiplie et la mer qui se dégrade

… En économisant sur l’épuration des effluents, en refusant une réglementation sérieuse des pêches, notre génération a tiré une traite sur le sort des générations futures, et, si nous ne renversions pas la tendance, nos fils nous accuseraient à juste titre de les avoir sacrifiés….  

Mais nul n’a réagi réellement aux mises en garde du Commandant et nous avons continué à saper en toute inconscience les fondamentaux de la vie, contenue quasi tout entière dans la capsule formée par l’étendue maritime terrienne, couvrant  au total 360 000 000 km2, (contre 140 000 000 km2 pour les terres émergées), et d’une profondeur accessible au soleil d’une centaine de mètres. Ces eaux reçoivent un rayonnement solaire moyen de 80 kcal/cm2/an. Elles contiennent une plus grande part d’oxygène que tout le reste de la terre et de son atmosphère. Ces chiffres phénoménaux font dire à nombre de géographes que notre Planète devrait en fait s’appeler … la Planète Bleue.

 

Bleue, La Planète ?

 

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L’algorithme de la vie sur cette planète

Le Big Bang il y a 4,5 milliards d’années éclate dans le néant et marque la naissance de l’univers > La vie apparaît il y a 3,5 milliards d’années sur terre sous forme de  bactéries monocellulaires puis multicellulaires d’une grande simplicité > La vie sort de l’eau > Les premiers mammifères apparaissent > Des catastrophes en série surviennent, dues à la collision de corps célestes avec la terre et détruisent la majorité des espèces vivantes > Les sauropsidés, mammifères sauriens, apparaissent > Le retour des mammifères a lieu > Et l’homme apparaît enfin, il y a à peine 3,5 millions d’années.

La vie a débarqué sur terre sous forme d’algues monocellulaires, puis multicellulaires et la vie animale est arrivée dans ces espèces de baluchons qui sont des bactéries. Qu’elle soit le résultat d’une panspermie (fécondation de la terre par des moyens extraterrestres) ou d’une réaction chimique en chaîne ou autre, la vie est apparue en mer, élément né lui-même d’une suite de phénomènes thermiques associant le magma des entrailles de la terre et des échanges gazeux avec l’environnement sidéral.

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Catalogue de la

pollution des mers

rechauffement

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A propos de cette dernière menace, nombre de religions ont vu dans des déluges la fin de l’aventure humaine. Yunah-Jonas-Yunus permettra certainement de mieux comprendre la parabole, encore faudrait-il alors que les baleines n’aient pas disparu du règne animal sous les harpons insatiables nippo-norvégiens ! Mais néanmoins, par prudence, essayons d’assimiler deux évidences que peut-être seule la superstition nous a empêché d’accepter :

 

La Mer est notre sosie. Rappelons-nous le plus connu des poèmes de mer, dû à Charles Baudelaire :

 

L’Homme et la Mer

 

Homme libre, toujours tu chérira la mer
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets,
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes,
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables.

 

En termes plus crus, mais peut-être plus vrais encore, voici deux extraits d’un des plus beaux textes écrits sur les rapports de l’homme à la mer, dû à Joseph Conrad,

 

Le Miroir de la Mer

 

Malgré tout ce qui a été dit de l’amour que certaines natures ont – du rivage – professé ressentir pour elle; malgré qu’on l’ait tant de fois célébrée en prose comme en vers, la mer n’a jamais été une amie pour l’homme…

 

Impénétrable et sans cœur, la mer n’a rien livré d’elle-même à ceux qui ont brigué ses précaires faveurs. Différente en cela de la terre, elle ne peut être subjuguée au prix d’aucune patience et d’aucun effort. Malgré sa fascination qui a fait de tant d’hommes la proie d’une mort violente, son immensité n’a jamais été aimée comme l’ont été les montagnes, les plaines et même le désert…

 

Force est de constater, de soupçonner tout au moins, qu’entre l’Homme et la Mer, il y a hélas, une incroyable histoire de désamour et la preuve absolue en est que jusqu’à notre premier pas sur la lune, nous avons moins investi dans la recherche océanographique depuis notre apparition sur terre qu’en quelques années pour la ballade de Messieurs Neil Armstrong et Buzz Aldrin à bord d’Apollo 11.

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