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Au XVIIIème siècle, Thomas Robert Malthus (1766-1834),  économiste classique anglais, plein de bon sens, lia le premier la démographie et l’économie. Il formula clairement l’idée que la population de la terre augmentait de façon exponentielle tandis que les ressources croissaient de façon arithmétique. Il en conclut à la nécessité de freiner les naissances, si l’on voulait éviter de terribles catastrophes dont la moindre serait une grande paupérisation. Il expliqua que de tous temps, il avait existé des régulateurs démographiques naturels, tels que les guerres et les épidémies, mais que ces ‘’outils’’ de régulation n’existant plus sous l’effet du progrès humain, il fallait en trouver d’autres, dont les plus simples étaient le contrôle du nombre d’enfants ou encore celui de l’âge légal du mariage. Ces mesures, pour sensées qu’elles fussent n’ont jamais été appliquées, à ce jour, que par la Chine Populaire, (sous les moues de dégoût du reste de l’humanité) et pour laquelle elles ont été quasi obligatoires, sous peine de faire voler en éclats l’Empire du Milieu.

 

En 1950, deux humains sur 3 souffraient de malnutrition. Ce chiffre est passé à 1 sur 7 en 2000,  et la population de la Planète passait, elle, de 2,5 milliards à plus de 6

 

Aujourd’hui, en 2009 :

La révolution verte – bond technologique réalisé en agriculture au cours de la période 1944-1970, a provoqué une forte dépréciation des sols arables et des nappes phréatiques.

 

Parallèlement, l’épuisement des ressources fossiles (pétrole, gaz, houille) s’est rapproché dangereusement, accéléré par l’importante croissance du commerce international.

 

La ‘’globalisation’’ des marchés, notamment financiers, fait que l’humanité vit maintenant et pour très longtemps ‘’à crédit’’.

 

Le résultat de ce développement humain mal pensé, est que pour accéder au niveau de vie proposé par l’Occident, auteur du modèle dominant – soutenu par un marketing quasi-religion fait de mauvaise foi, d’aveuglement et d’inconséquence – les ressources de notre Planète devraient être multipliées par plus de 9, ce qui est proprement absurde et fait dudit modèle un manuel non pas de développement, mais au contraire, de suicide.

 

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S’il est un domaine ou la surpopulation est particulièrement visible, c’est celui de l’habitat humain et de l’urbanisme.


Qu’est ce qui a provoqué cet énorme déficit en ‘’espace’’ et habitations ? Qu’est-ce qui a fait que l’homme en soit aujourd’hui à dormir … nulle part ? Sous des tôles, des chiffons assemblés pour offrir un semblant d’abri, à la belle étoile, dans des réfrigérateurs recyclés, des conteneurs désaffectés, des caves abandonnées, voire des décharges publiques ? Ce déficit terrible  est-il dû à un oubli, un manque de prévoyance, une négligence de ceux qui sont sensés gérer la communauté ?

 

Nous n’allons pas engager ici une enquête policière pour désigner les coupables, car bien évidemment, à chacun sa réponse mais les causes du déficit en logement sont multiples : la croissance démographique, l’exode rural, les catastrophes naturelles comme les grandes pluies, les grands vents, les érosions et les volcans, mais aussi, comme déjà dit les guerres, l’absence de planification, de prévision, les politiques égoïstes, les grandes transhumances humaines etc.

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Quelle chance peut avoir cette espiègle et adorable fillette de se soustraire à sa condamnation atavique, compte tenu de son statut de femme, africaine, pauvre et fragile face à la maladie, si elle ne met en  œuvre l’effet magique du levier de l’éducation ? Elle le veut, elle le sait. Mais est-ce possible dans une classe maternelle de 176 élèves, assis à même le sol, sans pupitre ni écritoire ? Elle dépend, comme des millions d’autres de la charité de ceux qui ont bâti leur fortune sur le pillage des richesses de son pays.

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L’exemple de l’accès aux soins est une autre illustration de la pression démographique sur tous les acquis de l’humanité. Ici c’est d’Afrique qu’il s’agit encore car l’iconographie y est très généreuse, mais les pays riches, du Nord, d’Orient et d’Occident sont tout autant dépassés par la surpopulation. Qui n’a jamais vu la ‘’salle d’attente des urgences’’ (magnifique paradoxe) d’un hôpital d’une grande ville occidentale ne peut comprendre que ce n’est pas seulement une question de moyens et que le concept même de santé publique est mal pensé. Faute de le refondre de toute urgence, il volera en éclats très prochainement.

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Preuve de la péremption de notre modèle de développement, l’une des sciences reines du moment est … celle qui prend en charge le problème des déchets que nous produisons.  

 

 

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Le fonctionnement et le devenir de la planète Terre sont grandement déterminés par l’interrelation de l’Homme, de son Groupe et de son Environnement.

 

A nos successurs sur cette Planète, à ces enfants auxquels nous avons volé leur héritage, à cette jeunesse contre laquelle nous vitupérons sans cesse par bêtise, par lâcheté et pour nous déculpabiliser alors même que nous devrions demander pardon, ayons au moins le courage de répéter l’aveu de Saint-Exupéry pour les convaincre que nous le signons sans hésitation :

 

Nous n’héritons pas de la terre de nos parents,

nous l’empruntons à nos enfants. »

Antoine de Saint-Exupéry (1)

 

(1) : à rapprocher de la phrase du Chef Indien Sitting Bull,

La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre

 :

 

Avouons leur qu’enivrés, aveuglés même par les prouesses de nos crédos d’un temps, l’economie et la science, nous n’avons pris garde à toutes ces calamités récitées en litanie sarcastique, provoquées par ces savoirs que l’homme a commis l’erreur, répétons-le de sacraliser.

 

‘’ Or, la puissance même des moyens qui lui ont permis d’accéder à ce nouveau stade ne lui indiquent en rien la marche à suivre pour ne pas devenir victime d’elle-même. Le marché et la science ne sont que des moyens. En en faisant de véritables finalités, en se laissant guider par eux, en renonçant à les maîtriser et les canaliser, l’humanité perd son sens et se met en péril elle-même.’’ Pierre CALAME,
Directeur de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’Homme.

 

l’Homme a acquis des savoirs Objectifs, qui sont les progrès techniques et leurs innombrables corollaires polymorphes, que ce soit les nanotechnologies ou les problématiques du réchauffement de la planète ou encore ceux de la gestion des déchets. Ils nous font avancer ou en tous cas essaient de nous apprendre à lire notre chemin avec un semblant d’objectivité.

 

L’homme a acquis des savoir-faire, c’est à dire que nous avons capitalisé, assimilé et stocké des informations sur tout, dans toutes les sciences, et le fou qui s’amuserait à le nier devra d’abord penser une minute à comparer le CD, petite galette insignifiante de matière sans valeur, avec la bibliothèque nécessaire pour abriter autant de savoir que ladite galette !

 

 

Hélas, l’homme a été nettement moins performant au niveau de ses savoir-être et il semblerait qu’il n’ait pas su ouvrir les portes du savoir comme il le fallait et parler en dehors de l’école comme il le fallait.

 

Pour appréhender ce savoir-là et le mettre en cohérence avec les deux précédents, n’attendons pas  que l’humanité consiste en 9 milliards de petits pochons de gélatine dégoûtante tombés de l’étagère d’un laboratoire de gérontologie d’un tératologue fou : l’homme d’aujourd’hui.

mo’

 

 

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