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Pseudonymes de Frédéric Dard, alias, le Commissaire San Antonio

JULES- FREDARD- FR. DAROUX- FRED CHARLES- CHARLES RICHARD- CHARLES- CHARLES D’ARS- PAUL ANTOINE- ANTOINE CHARLES- CHARLES ANTOINE- FREDERIC CHARLES- F. ANTONIO- ANTOINE- PATRICE- GUISEPPE PAPO- JEROME PATRICE- SEVERINO – STANDELEY- AREISSAM – JULES ANTOINE et CHARLY- FREDERIC ANTONY – MAX BEETING – MAXEL BEETING – WILLIAM BLESSINGS – FREDERIC CHARLES – LEOPOLD DA SERRA – ANTONIO GIULOTTI – VERNE GOODY – KILL HIM – KAPUT – CORNEL MILK – L’ANGE NOIR – WEL NORTON – F.D RICARD SYDENEY

Rencontre du Premier Type

Certains me demandent parfois quels sont ces professeurs dont je suis si fier et qui me permettent d’être aussi cynique, virulent, taquin à tout le moins, avec tous ces illustres pédagogues qui sèment aujourd’hui le savoir à tous vents. Mais qui sont donc en fait ces Platon et autres orateurs maïeuticiens de l’Académie qui m’ont appris l’art de la plaisanterie, la science de la comparaison tirée par les cheveux, le secret des exagérations hénaurmes et  la logique des raisonnements alambiqués.

L’intelligence, c’est la fantaisie. C’est le grain de folie qui ne doit jamais germer, mais qui pimente si bien la grisaille quotidienne.

San Antonio

D’autres, plus mordants, ironisent et me disent lire et relire en tous sens Saint John Perse, Valery, Tagore, Césaire et Khayyâm et n’y rien trouver qui puisse expliquer mon goût pour tout ce que ci-dessus cité. Et pour cause !   Si je révèle peu à peu l’identité des plus nobles de mes maîtres, je me suis bien gardé jusqu’à présent de dire qui sont les auteurs de mes lectures secrètes, intimes, voire honteuses, allez savoir, celles dont on n’est pas particulièrement fier mais qui procurent un plaisir insane mais intense, comme tous les vices punis

 »La sculpture consiste à prendre un bloc de marbre et à enlever tout ce qui est inutile. »

San Antonio

  N’allez pas penser, de grâce que je me vête d’un long manteau couleur muraille et ratisse les rayons maudits des librairies. Bien au contraire, j’aime autant la légèreté que je hais la vulgarité, tout au moins ce que je perçois comme vulgaire.

Un exemple parmi d’autres : en classe de ‘’Propédeutique Lettres’’, j’ai été profondément choqué par la lecture de Sade.

Je l’ai trouvé répugnant. Quelques uns des lecteurs présents ici aujourd’hui peuvent en témoigner puisqu’ils m’avaient alors consolé de ma tristesse face à tant de laideur et d’abjection. Le délicat petit Mo’ pleurait qu’il pût exister tant de perversion et il refusait de béer d’admiration comme toute la Faculté alors, face aux audaces aliénées du Divin Marquis. Il les trouvait simplement
laides et vides.

 »L’intelligence, c’est la tolérance. Elle ne doit s’insurger que contre la connerie, lorsque la connerie atteint ses points culminants; qu’elle devient tyrannique, répressive, contraignante. »

San Antonio

J’ai par contre plutôt bien supporté la lecture des pages ‘’rabelaisiennes’’ d’Alcofribas Nasier qui ne sont pas piquées des hannetons, et je connais, grâce à une prof intelligente et pas perverse pour un sou, les écrits sulfureux de Monsieur Jean de Lafontaine et les épîtres salées du patriarche de Ferney. Je connais, oui, Musset et Apollinaire coté privé et aussi Céline et Bataille. Comme tout le monde, j’ai lu la lettre – complètement fausse, bien sûr – ou Mme de Grignan, fille de Mme de Sévigné, relate à sa maman, par le ‘’menu’’, sa nuit de noces…   

 »L’intelligence, c’est regarder, entendre, toucher, humer, goûter le monde en tentant d’affiner ses sens au maximum pour en avoir une plus délicate perception. »

San Antonio

Bon, ce furent innocentes polissonneries de potache dont l’acné juvénile échappa ainsi aux persécutions des dermatologues. Mais je ne nierai pas ma forte attirance pour l’humour, pudeur  de la vie comme j’aime à le qualifier, qu’il soit socratique ou léger, coquin, gaulois ou même gras ? J’aime toutes les formes d’humour, pourvu qu’il ne soit pas vulgaire. 

 »L’intelligence, c’est le respect de la paix sous toutes ses formes, c’est l’amour de ce qui est juste. » San Antonio

C’est pendant cette période durant laquelle j’ai dévoré en un parfait désordre quelques livres, que j’ai appris à me reposer de lire en … lisant ! J’ai lu, des années durant, sans interruption, un livre après l’autre et j’ai, à certainespériodes, lu jusqu’à deux livres dans la même journée.
 

 »L’intelligence, c’est la charité, c’est faire sienne la douleur des autres. »

San Antonio

Mais ma grande spécialité est la lecture simultanée de plusieurs

livres, pourvu qu’ils ne soient pas tous du même genre. Par exemple

jamais 2 romans en même temps veux-je dire.  Mais un livre de

sagesse, un de poésie, un roman, une étude me semblent un honnête

cartable pour l’entretien de ma caboche. Lorsque le cartable est

vraiment bien composé et ses éléments judicieusement choisis,

un miracle advient parfois : en vous empruntant comme

supraconducteur, les livres se parlent et communiquent,

et font de vous un spectateur platonicien du théâtre de la vie.  

 »L’intelligence, c’est la modestie foncière, la permanence de la notion de fin dans l’esprit d’un homme. »

San Antonio

Je sais que je vais en choquer plus d’un mais le temps passant, je
boute hors de ma vie le roman. Il en est trop de mauvais. Je n’ai
plus de temps à perdre avec l’approximation et le propos gratuit.
Comme disait Paul Valéry  (tiens, comme on se retrouve !) il me
semble complètement stupide de dérober le temps des autres pour leur
donner à lire ‘’La marquise sortit à cinq heures’’ 

 »L’intelligence, c’est la mémoire d’un bonheur qu’on n’a jamais connu,

mais qui vous sert d’espoir. »

San Antonio

Marcel Proust fut. Balzac aussi. Qui peut prétendre ajouter quoi que ce soit après eux ? De temps à autre, dans l’incalculable quantité de romans publiés à flots ininterrompus qui, au mieux ne valent rien, on peut trouver un éclat de verroterie qui fera croire un instant au talent, jusqu’à ce qu’arrive l’écrit suivant, commandé, commandité, ordonné et ordonnancé, pour démentir l’espérance.

 »L’intelligence, c’est de dominer ses bassesses pour rester disponible. »

San Antonio

D’avoir tant lu, je n’ai pas pété une durite mais j’en suis arrivé à une saturation totale et j’ai dû réviser de fond en comble mon boulimique système de compréhension de l’information écrite. L’allègement salutaire de ce système provint de la mise à l’écart du roman généraliste dirais-je. J’ai visité le roman policier mais l’ai trouvé moribond, bousculé hors de mon intérêt par sa mutation scientifique. Et puis, et puis …  

Un jour de grande disette, par hasard, j’ai lu un ‘’San-Antonio’’. L’auteur et son pseudonyme ne me disaient rien qui valût, cependant, ce jour là, je pris mon déjeuner froid car je n’arrivai pas à décoller de ma lecture jusqu’à sa fin. La trame était légère, voire indigente, les personnages forcés, caricaturaux, mais le style d’écriture était incroyablement drôle. Assurément ce San Antonio, pseudonyme de Frédéric Dard, auteur prolixe mais modeste qui trouva sa voie dans la gaudriole et la gouaille me plaisait bien. Son  »gai savoir » me convenait lui qui comprit que la forme c’est le fond, que le style c’est l’homme comme a dit … ? Qui çà, voir  ? … Buffon, oui ! Un style très souvent imité, jamais égalé comme dit la pub. Un style qui inspira les plus grands exégètes et les analystes les plus fins. 

 »L’intelligence, c’est ce qui permet à un individu de communiquer avec tous les autres. Elle implique, non seulement la compréhension, mais également la bonté. Partant de là, j’affirme, je clame, qu’il n’existe pas de salaud intelligent. »

San Antonio 

Contorsionniste de la langue française, il la posséda au point d’en faire son souffre douleur, en refaisant les règles, en enrichissant le vocabulaire, en pétrissant la masse, en ne reculant devant aucune audace la concernant, en faisant admettre des phrases constituées en tout et pour tout  d’un pronom personnel :’’Je.’’ Mais ce ‘’je’’, n’est pas innocent, pas plus qu’il n’est qu’une coquetterie stylistique. Il est là pour rappeler, par provocation, que ‘’je’’ en philosophie est le ‘’sujet’’.

 »Entre deux mots, il faut choisir le pire. »

San António

Notre San Antonio est l’archétype de l’honnête homme de son siècle vingtième.  Intelligent, drôle et taquin, fort, honnête, courageux, incorruptible, bon fils, célibataire endurci, tonton-gâteau, incapable de méchanceté, il redresse les torts à longueur de temps, entre une bise à sa vieille et sainte maman et une visite galante à quelque louve solitaire, à moins que ce ne soit une bécasse, une autruche, une dinde, une pie ou une simple poule, volatiles dont il fera des descriptions qui me conduiront personnellement plus d’une fois au seuil de l’apoplexie, à tant en rire. Je me tapais sur les cuisses, les yeux pleurant sans espoir de contrôle et me demandant ou donc il allait chercher ces expressions.  Peu de citations peuvent en être faites en cet endroit de tenue et de retenue mais je vous engage fortement à entrer dans le monde fou fou fou de San Antonio. En voici tout de même quelques unes à peu près présentables :

 

…  »Un piéton est un monsieur qui va chercher sa voiture.’

…  »Le champagne, c’est du pinard à ressorts ! »

… Quand le jour vacille, c’est la nuit qui tombe.

 …  »L’échelle des valeurs est en train de perdre ses barreaux. »

 …  »Certaines gens, plantés devant leur miroir, croient qu’ils réfléchissent… »

 …  »Ah ! Si les hommes voulaient s’aider ! Ah si les femmes voulaient céder. »

 … » La sculpture consiste à prendre un bloc de marbre et à enlever tout ce qui est inutile. »

 …  »Je fais monter un Cognac et je l’envoie en mission dans mon estomac tandis que coule mon bain.

 … On s’écluse une gorgée de rouge. Je sens le frais breuvage friser sur ma langue comme une touffe de poils du … »

Il est aujourd’hui l’objet de thèses de doctorat de lettres, l’objet d’un véritable culte et l’on ne compte plus les sites internet qui lui sont consacrés, les officiels, les officieux, les pirates, les ‘’en français’’, les ‘’en anglais’’ etc.

Pourtant gavé de littérature classique jusqu’à la nausée, j’en étais arrivé à dire de lui, qu’il était le meilleur romancier français de l’heure.

 

mo’

Inutile de préciser que j'ai TOUT lu de lui, de la première à la
dernière ligne et de tous ses pseudonymes. Du nanan !
http://fr.wikipedia.org/wiki/San-Antonio_(s%C3%A9rie)
http://www.commissaire.org/
http://www.amisdesana.org/   
http://sanantonio.zanzaman.com/
http://www.fleuvenoir.fr/san-antonio.html 

Liste des  œuvres de Frédéric DARD, signées San-Antonio  
sans garantie d’exhaustivité : 
Ces titres des romans sont autant de bouffées de poésie, 
de réminiscences littéraires, de calembours, de bons mots, 
toujours provocateurs, toujours drôles.
 
1950 Laissez tomber la fille    
1950 Les souris ont la peau tendre     
1952 Mes hommages à la donzelle    
1953 Du plomb dans les tripes    
1953 Des dragées sans baptême     
1953 Des clientes pour la morgue  
1953 Descendez-le à la prochaine    
1954 Passez-moi la Joconde     
1954 Sérénade pour une souris défunte  
1954 Rue des macchabées    
1954 Bas les pattes !    
1954 Deuil express     
1955 J'ai bien l'honneur de vous buter     
1955 C'est mort et ça ne sait pas    
1955 Messieurs les hommes     
1955 Du mouron à se faire    
1955 Le fil à couper le beurre    
1956 Fais gaffe à tes os  
1956 A tue... et à toi    
1956 Ca tourne au vinaigre  
1956 Les doigts dans le nez    
1957 Au suivant de ces messieurs     
1957 Des gueules d'enterrement  
1957 Les anges se font plumer    
1957 La tombola des voyous  
1957 J'ai peur des mouches  
1958 Le secret de Polichinelle    
1958 Du poulet au menu     
1958 Tu vas trinquer San-Antonio  
1958 En long, en large et en travers    
1958 La vérité en salade     
1959 Prenez-en de la graine     
1959 On t'enverra du monde     
1959 San-Antonio met le paquet     
1959 Entre la vie et la morgue     
1959 Tout le plaisir est pour moi    
1960 Du sirop pour les guêpes     
1960 Du brut pour les brutes     
1960 J'suis comme ça  
1960 San-Antonio renvoie la balle    
1960 Berceuse pour Bérurier     
1961 Ne mangez pas la consigne    
1961 La fin des haricots    
1961 Y a bon, San-Antonio    
1961 De "A" jusqu'à "Z"    
1961 San-Antonio chez les Mac    
1962 Fleur de nave vinaigrette     
1962 Ménage tes méninges     
1962 Le loup habillé en grand-mère     
1962 San-Antonio chez lez "Gones"     
1963 San-Antonio polka  
1963 En peignant la girafe    
1963 Le coup du père François    
1963 Le gala des emplumés  
1964 Votez Bérurier 
1964 Bérurier au Sérail    
1965 La rate au court bouillon    
1965 Vas-y Béru !  
1966 Tango chinetoque    
1966 Salut, mon Pope!    
1966 Mange et tais-toi    
1967 Faut être logique     
1967 Y a de l'action!  
1967 Béru contre San-Antonio    
1967 L'archipel des malotrus    
1968 Zéro pour la question    
1968 Bravo, docteur Béru    
1968 Viva Bertaga    
1968 Un éléphant, ça trompe    
1969 Faut-il vous l'envelopper?  
1969 En avant la moujik    
1970 Ma langue au chah  
1970 Ca mange pas de pain  
1971 N'en jetez plus! 
1971 Moi, vous me connaissez?    
1972 Emballage cadeau     
1972 Appelez-moi, chérie    
1972 T'es beau, tu sais    
1973 Ca ne s’invente pas    
1973 J'ai essayé, on peut!     
1974 Un os dans la noce    
1974 Les prédictions de Nostrabérus    
1974 Mets ton doigt où j'ai mon doigt     
1974 Si, signore    
1975 Maman, les petits bateaux  
1975 La vie privée de Walter Klozett    
1975 Dis bonjour à la dame    
1975 Certaines l'aiment chauve    
1976 Concerto pour porte-jarretelles    
1976 Sucette boulevard    
1977 Remets ton slip, gondolier    
1977 Chérie, passe-moi tes microbes!    
1977 Une banane dans l'oreille    
1977 Hue, dada !    
1978 Vol au dessus d'un nid de cocus    
1978 Si ma tante en avait    
1978 Fais-moi des choses    
1978 Viens avec ton cierge     
1979 Mon culte sur la commode    
1979 Tire-m'en deux, c'est pour offrir    
1980 A prendre ou à lécher  
1980 Baise-ball à la Baule     
1980 Meurs pas, on a du monde    
1980 Tarte à la crème story    
1981 On liquide et on s'en va    
1981 Champagne pour tout le monde     
1949 Réglez-lui son compte     
1982 La pute enchantée    
1982 Bouge ton pied que je voie la mer    
1982 L'année de la moule    
1982 Du bois dont on fait les pipes      
1983 Va donc m'attendre chez Plumeau   
1983 Morpions circus    
1983 Remouille-moi la compresse    
1984 Si maman me voyait!    
1984 Des gonzesses comme s'il en pleuvait  
1984 Les deux oreilles et la queue    
1984 Pleins feux sur le tutu    
1985 Laissez pousser les asperges    
1985 Poisson d'avril, ou la vie sexuelle de Lili Pute    
1985 Bacchanale chez la mère Tatzi    
1985 Dégustez, gourmandes  
1985 Plein les moustaches    
1986 Après vous s'il en reste, monsieur le Président    
1986 Chauds, les lapins     
1986 Alice au pays des merguez    
1986 Fais pas dans le porno 
1986 La fête des paires     
1987 Le casse de l'oncle Tom    
1987 Bons baisers où tu sais    
1987 Le trouillomètre à zéro    
1987 Circulez! Y'a rien à voir    
1987 Galantine de volaille pour dames frivoles    
1988 Renifle, c'est de la vraie  
1989 Le cri du morpion  
1989 Papa, achète-moi une pute  
1989 Ma cavale au Canada     
1989 Valsez, pouffiasses    
1989 Tarte aux poils sur commande    
1990 Cocottes-minute  
1990 Princesse patte-en-l'air    
1990 Au bal des rombières  
1991 Buffalo-Bide     
1991 Bosphore et fais reluire    
1991 Les cochons sont lâchés  
1991 Le hareng perd ses plumes     
1991 Têtes et sacs de nœuds  
1992 Le silence des homards  
1992 Y en avait dans les pâtes    
1992 Al Capote  
1993 Faites chauffer la colle  
1993 La matrone des sleepinges    
1993 Foiridon à Morbac City    
1993 Allez donc faire ça plus loin  
1993 Aux frais de la princesse    
1994 Sauce tomate sur canapé    
1994 Mesdames vous aimez "ça"    
1994 Maman, la dame fait rien qu'à me faire des choses   
1995 Les huîtres me font bâiller  
1995 Turlute gratos les jours fériés  
1995 Les eunuques ne sont jamais chauves  
1995 Le pétomane ne répond plus    
1996 T'assieds pas sur le compte-gouttes
1996 De l'antigel dans le calbute
1997 La queue en trompette  
1997 Grimpe-la en danseuse  
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore  
1998 Du sable dans la vaseline  
1999 Ceci est bien une pipe  
1999 Trempe ton pain dans la soupe 

1999 Lâche-le, il tiendra tout seul           

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