hotellerie niveau zéro

J’ai rencontré pour la première fois El Jadida, la belle lusitaine aux origines berbères et phéniciennes, il y a maintenant … longtemps. Ses habitants merveilleux, ses beautés, ses richesses marines et son arrière pays généreux m’ont souvent invité à y faire des haltes de plaisir, au cours des innombrables raids ‘’vers le sud’’ que je menais lors de mes quêtes halieutiques !

Sa côte fantastique m’a effectivement nourri de ses produits dont je faisais commerce et qui étaient réputés pour leur extrême qualité qu’ils devaient à la fraicheur de l’eau qui les baignait avant qu’on la promeuve au rang de poubelle à phosphate. La Brise et Le Relais se muèrent alors en lieux de pestilence et devinrent les suppôts de technocratiques et drôles de desseins.

Je connais chaque recoin de l’étonnante Cité Portugaise et c’est au Moussem de Moulay Abdallah que j’ai compris la beauté inouïe des chevaux de nos tropiques et de notre communion avec eux. L’élégance de l’arabe, la fougue du berbère, l’harmonie du barbe-arabe et la règle du jeu de la canonnade …

chevaux

barbe arabe

Une année, j’y établis mes quartiers d’été. Une forte canicule me fit passer mes journées à  rechercher de la fraîcheur qui me permettrait de  faire ce que je voulais alors : rien, lire tranquillement. Au crépuscule, mes amis du monde équestre me permettaient de chevaucher les plus beaux de leurs destriers sur les plages isolées et nous rivalisions de maîtrise, moi, l’homme du Bou Iblane, là-bas dans le Nord et eux, les frères de la côte, bloqués par la mer dans leurs rêves de conquête. Je montais à cru et me moquais de leurs selles rutilantes de fils d’or et d’argent. Mo’ en cavalier desperado, c’est quelque chose. Quant à mes soirées, je les passais à  arpenter la promenade de l’interminable plage en me récitant tous les poèmes marins que je connaissais. A mon bras était agrippée une belle sirène, béant d’admiration, qui ne cessait de me dire, Calliope pinçant sa lyre :’’ Ouah, qu’est-ce que c’est beau !’’  Dans le Riad que j’avais loué bien avant que c’en devint la vogue, une merveilleuse Moui Taïka, solide gaillarde capable d’assommer un bœuf d’une gifle, me gardait, me soignait, me protégeait, me chouchoutait et me nourrissait de la nourriture que j’aime : simple, fraîche et authentique. Le bonheur !

poissons

Dans le bois qui sert de porte nord à la ville, j’allais chercher des vers de pêche, les meilleurs du pays, que l’on appelait bibis. Vers de terre, certes, mais bien vigoureux, très prisés car, chose étrange, n’en raffolent que les poissons de luxe : la capiteuse dorade royale – sparus aurata, couronnée d’or et le superbe loup – dicentrarchus labrax, d’argent étincelant. S’il porte des points noirs sur le corps, le loup n’est que loubine, morone punctatus, aussi délicieux mais seulement s’il est pêché depuis moins de 6 heures, c’est-à-dire bien rarement accessible au vulgum pecus. C’était avant l’apparition au Maroc des ersatz usurpateurs de ces nobles identités, calibrés comme en usine, maigrelets, fabriqués de granulés divers, sans la moindre saveur, secs et sentant l’arrière-boutique d’intrants agricoles.

Les soirs ou ma douce amie n’avait pas la ‘’perm’’ suffisante pour m’être Shéhérazade, j’allais à la pêche, sur les falaises de la côte sud avec mes innombrables amis et fournisseurs locaux, mangeant, devisant, riant, nous découvrant mutuellement et nous enrichissant les uns des autres de discussions sans fin, ce qui me permit d’apprendre à parler le langage chatoyant des nobles Doukkalas, si imagé et si curieux.

le meilleur de la mer

                  De gauche à droite : Araignée de mer (maia squinado)                  Langouste (palinurus elephas) Homard (homarus gammarus)

Un soir, j’étais de service de fleurette, et je ratissais avec ma douce amie la promenade plus haut évoquée, qui grouillait de monde à cette heure, les vacanciers venant profiter de la fraicheur vespérale. Une patrouille de gardes civils nous arrêta et le chef me demanda de présenter le contrat de mariage qui me liait à la jeune donzelle à laquelle je tenais affectueusement la main. Je répondis naturellement qu’aucun lien civil ou administratif ne me liait à elle, qu’elle était mon amie, petite et grande à la fois et que je n’entendais nullement préciser la taille de notre amitié. Le chef de la brigade n’apprécia guère mon humour et, se prenant d’importance, il alla vers ‘’le poste’’ d’un pas décidé pour appeler probablement le Secrétaire Général de l’ONU ou le Chef d’Etat Major des forces interarmes de l’OTAN pour leur exposer le problème de mon inqualifiable conduite qui menait le monde à sa déchéance. Après moult palabres et mûre réflexion, il annonça qu’il ‘’avait des instructions’’ pour m’embastiller au motif de trouble de l’ordre public et outrage aux bonnes mœurs. Ben voyons, Mo’ outrageant les mœurs, rien que çà ! A mourir de rire ! Mais moi, si la perspective de partager une fois de plus la litière d’une jument ne me faisait guère peur, celle de me retrouver marié contre mon gré, elle, ne m’agréait guère, fut-ce avec ‘’une pouliche d’or’’ comme dit le doux Federico Garcia Lorca  … Un immense attroupement se forma grâce à la prompte venue de braves citoyens, trop heureux de meubler leur ennui, de badaudes et dames patronnesses, membres des ligues de vertu et sociologues, moralistes, parmi lesquelles les moins zélées n’étaient point les papillons de nuit. Ce vaudeville finit deux bonnes heures plus tard, une fois mes pécunes entièrement versées aux caisses du marchand ambulant de thé et gâteaux, car palabrer donne soif, et il fallait procurer les moyens … pour boire. Après des accolades sans fin, je pus enfin m’éloigner en traînant ma malicieuse gredine qui soupira de regret, me disant que c’était bien dommage que la Loi ne fût appliquée à la lettre et qu’elle espérait avoir plus de chance la prochaine fois, sur cette plage enchantée ou l’on venait seule et repartait au bras d’un prince charmant ! J’appréciai à demi son compliment et bougonnai qu’on ne m’y reprendrait plus.

Kechbal et Zeroual

L’héroïque ‘’bergadi’’, brigadier, auteur de mon arrestation, était en fait le neveu de l’un de mes fournisseurs, lequel me promit par la suite de le tancer vertement pour manque de discernement et confusion entre le bon grain et l’ivraie !  

Mise à part cette aventure aux relents de canular, je n’ai jamais eu d’El Jadida que du plaisir et j’en sais pour cela, infiniment gré à ses doux habitants.

Ma tendresse pour cette Deauville Marocaine, comme aimait à la nommer Lyautey, attendait depuis, qu’un hasard ou une nécessité m’y reconduisit, notamment pour la faire visiter à ma maisonnée. Ce hasard s’est présenté le week-end dernier et c’est avec gourmandise que j’entrepris ce pèlerinage vers ma nostalgie. Je choisis le plus étoilé des établissements de la ville qui, après avoir perdu une de ses étoiles dans les aléas de la classification hôtelière, en arbore tout de même 4 et surtout, occupe un site exceptionnel, enfoui dans un bosquet d’eucalyptus, chose rare, les promoteurs commençant toujours par détruire la flore pour empâter les lieux du si poétique béton …

cité portugaise

La Cité Portugaise

J’avais précisé à la réservation que je voulais une chambre avec vue sur mer et silencieuse. On m’assura qu’il n’y avait aucun problème et subodorant  probablement l’emmerdeur patenté à travers mon interrogatoire détaillé, on ajouta une liste de personnes qui pouvaient me secourir en cas de besoin. On exigea de moi quelques messages de réservation etc. pour me donner un avant goût du culte de la paperasse de l’importante compagnie qui gère l’établissement. Je fis tout ce que l’on me demanda.

J’embarquai donc femme, bonne humeur, tuba, masques, ambre solaire, épuisette, palmes et bagages et je m’élançai sur la reposante autoroute que j’avalai d’une traite, à 120 kilomètres/heure, déséquilibré de temps à autre par le souffle de la vitesse et le retard mental des imbéciles ressortissant à cette faune qui se place au dessus des lois et règlements, ceux qui roulent exclusivement dans les couloirs de gauche et ne savent même pas que c’est interdit, car déjà dans leur landau, c’est ce qu’ils faisaient.

bosquet

A partir de là, je voudrais, Votre Honneur, prêter serment, celui de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité dont je me souviendrai.

  • Levez la souris droite et dites ‘’je le jure’’ !
  • Je le jure !

Donc, arrivés au parking de l’hôtel, nous sommes aperçus par le bagagiste qui évalue discrètement notre valise et, l’estimant probablement trop lourde, choisit de détourner le regard et de continuer plutôt l’exploration et la curée de ses fosses nasales. Pas vus, pas servis ! Ce n’est que lorsqu’il nous reste un mètre à parcourir pour rejoindre la réception qu’il accourt pour proposer son aide. En fait, le pauvre est, compte tenu de son âge, peut-être incapable de porter des valises.

Munis de nos documents de réservation, de notre confirmation de réservation, il nous faut attendre 47 minutes pour nous voir attribuer une chambre que nous rejoignons au plus vite, pressés d’aller nous restaurer. Il y avait du vent ce jour là. La chambre attribuée donne en partie sur des drapeaux claquant au vent et en partie sur une aire qui est la remise des … poubelles. Mais c’est vrai, là-bas, au loin, par temps clair et si l’on a une vue perçante, on doit apercevoir la mer. Je ferme la baie vitrée et déclenche ainsi un hurlement de film d’horreur. C’est celui du vent qui promet pour la nuit prochaine une sarabande animée par Christopher Lee ce qui fera la joie de ma très peureuse compagne. Je demande qu’on nous change la chambre. Allées et venues, signes d’impatience évidente et proposition de la chambre voisine, transfert des bagages, début d’installation lorsqu’arrive en courant un autre préposé qui nous demande de le suivre et nous propose enfin une chambre décente, face à l’océan…

Nous nous installons rapidement et courons déjeuner au club house faisant face au green du golf. Nous sommes accueillis par une odeur de tambouille à deux balles ‘’dans son nuage de cuisson à l’huile bon marché’’. Je regarde bien et établis que ces odeurs sont provoquées par des solettes vaguement chauffées sur plaques. Je ne connais pas ce mode de cuisson économiseur d’huile, certes, mais infect au niveau olfactif, probablement gustatif et logiquement malsain au possible. Quant aux poissons (!) il s’agit en fait de minuscules langues, Buglossidium luteum, de taille inférieure à celle de mon petit doigt et généralement offertes gracieusement par les poissonniers pour nourrir les chats. Tout le reste du ‘’buffet’’ est constitué des sempiternelles idioties prétentieuses généralement baptisées ‘’Chariot de Neptune’’ ou paradent des sardines appertisées, des rondelles de passamars, Illex coindetii, faux calmars aussi coriaces que le cuir de buffle, des riz de la plus basse qualité parsemés d’une dizaine de crevettes et jaunis à la tartrazine. Puis suit le ‘’panier du jardin’’  consistant en divers légumes à 100 sous la tonne, déclinés en 20 versions pour ‘’faire riche’’. Viennent alors les habituels poulets romains, (roumis)  visqueux et insipides, les viandes de 3ème catégorie, les couscous dits populairement ‘’teigneux’’ car constitués de la seule semoule, les fromages ‘’cheap’’ car le service est laissé à la discrétion des convives qui risquent d’en prendre trop, et enfin, le carrousel de fruits ‘’selon saison’’, fadasses et assez verts pour durer longtemps et fiche la diarrhée à qui oserait en prendre deux. La pauvre  »turista » a bon dos ! Sur un autre linéaire, les ‘’pâtisseries du chef’’,  appellation commerciale censée désigner les diverses pâtées, pleines de sucre et de crème pâtissière appliquée à la truelle qui paradent là, peinturlurées à l’outrage.

passamars soles

Les serveurs vont et viennent sans nous accorder, ni même nous prêter la moindre attention. Nous questionnons alors un solide gaillard qui sourit aux nouveaux arrivants, mais curieusement pas à nous, sur la possibilité de bénéficier de deux petites places ou installer nos modestes personnes afin de consommer quelque terrestre nourriture. Il nous déclare tout de go qu’il n’y a pas de place. Nous demandons le temps d’attente : Non précisé, déclare un homme décoré de deux disques de transpiration produits par ses glandes sudoripares axillaires. Devons nous attendre ? Son menton nous désigne un petit salon. Et c’est assis là sagement attendant la multiplication des pains et du poisson que nous voyons arriver au pas de charge un super-con  suivi de ce qui ne peut être qu’un super petit con, archétypes de la faune de ce genre d’endroit. Ils foncent d’autorité vers la première table disponible, elle ne peut être que pour eux, bien sûr, débordant un gros lard de service, qui fond alors d’obséquiosité et de courbettes. Ils s’installent et remercient le gros en lui tapotant affectueusement sur l’épaule… Deus do Ceu ?  Suis-je venu en ce lieu pour gonfler mes poumons de senteurs d’eucalyptus, d’acacia et de brise marine ou pour fulminer de colère ?

Je donne l’ordre à mon équipage de lever l’ancre et de mettre le cap vers un lieu de restauration externe. Ce que nous faisons illico presto. Nous accostons quelques minutes plus tard aux abords d’un restaurant du centre ville ou nous nous régalons d’un poulet chtouki très simplement préparé et servi par un personnel gentil, accueillant, serviable et sans prétention.

Retour à l’hôtel pour une longue promenade sur la plage. Le passage de l’hôtel à la plage ressemble plus à un coupe-gorge qu’à la Promenade des Anglais : il est encombré de ronces et de sacs plastiques multicolores, de branchages, de rejets des vagues et de preuves de nuits torrides. La mer, elle,  dégage une forte odeur d’hydrocarbures… Décidément, non, ce n’est pas agréable. Retour à l’hôtel et changement de tenue pour une longue promenade dans le bois. La promenade dure mais les jardiniers-caddies  (?) ne nous lâchent pas du regard… Après une heure, retour vers l’hôtel et là, très poliment, c’est vrai, l’un de nos cerbères nous aborde pour nous faire remarquer que la promenade est, en fait, interdite … pour cause de golf. Allons bon ! Je vois le moment ou mon ‘’bergadi’’ plus haut cité, va devoir resurgir du néant pour me dresser procès verbal et me mener en prison pour ‘’trouble de l’ordre public’’.

Homme de bonne composition, sentant la tempête se préparer sous mon crâne, je fuis carrément vers ma chambre ou je m’enferme, au bord des larmes, pour jouer à TETRIS face au coucher de soleil…

Vers 21 heures, nous faisons mouvement vers les lieux de restauration (demi-pension oblige) ou le sacrosaint buffet règne là aussi en maître. Les serveurs – stagiaires parait-il, sont tous là, dévoués et faisant de leur mieux pour écouler les ignobles banalités exposées. Nul besoin de les énumérer à nouveau, ajoutez simplement la lessive de chaussettes baptisée ‘’potage’’ et vous aurez le menu de la bombance proposée.

Vite, vite, allons au lit réparer notre humeur de tant de déception. Chemin faisant, la piscine me promet pour le lendemain un beau corps à corps et sur cette promesse lascive, je regagne ma chambre pour … regarder la télé !

Le lit est bien agréable et nous dormons comme des anges, baignant dans du duvet de qualité. J’ai presque envie d’appeler la direction pour déposer une réclamation. Pourquoi ce hiatus avec le reste, pourquoi cette qualité de literie dans cet ensemble de nullité totale ? Je dis des bêtises, n’est-ce pas ? Bon, bonne nuit !…

Le lendemain matin, avant le coq, comme d’habitude, je suis debout et déguste l’apparition théâtrale du soleil, de la lumière, de la vie. Ils arrivent et nous permettent de courir avaler sans plaisir un petit déjeuner de la même eau que tout le reste. Une précision tout de même sur le café, abominable lavasse à mélanger au lait absolument, si l’on veut éviter de le régurgiter en public. Ma compagne, grande ‘’addict’’ de l’éthiopienne boisson, supplie avec des tremblements provoqués par le manque de caféine, qu’on lui apporte un ‘‘expresso ». On le lui promet. Nous partons vers la piscine un quart d’heure plus tard, sans avoir eu d’expresso que l’on nous promet de nous faire suivre.

De jour, le fond de la piscine apparait tel qu’il est : sale, décoré de menus branchages et de terre. A la surface, surnagent les restes d’un meeting d’insectes vigoureux et de tailles diverses. L’épouse réclame son café à 3 reprises et le pauvre stagiaire affecté au  »service d’étage », en l’occurrence une ineptie organisationnelle sans nom, puisqu’il fait un kilomètre pour livrer ses plateaux, doit à chaque fois lui jurer que  »cela arrive »…  Je rappelle que nous n’avons pas demandé de roti d’agneau de Berguent cuit au sarment de lavande, seulement un café, de toute façon abominable et facturé  »un ojo de la cara » . A la troisième réclamation, la réponse du garçon est un peu moins courtoise puisqu’il dit qu’il lui semble bien que le dit café ait été livré. Bon ! Nous voilà resquilleurs maintenant ! Nous nous regardons, my honey and I, nous nous disons que nous nous sommes compris, et nous décidons de fuir immédiatement cet endroit hostile, inhospitalier et la-men-table.

Incroyable, mais le service des départs est bien mieux organisé que celui des arrivées, ce qui est un aveu et fait qu’enfin nous sommes contents dans cet établissement : nous allons le quitter ! On nous rappelle gentiment que nous avions annoncé notre départ pour l’après midi après le déjeuner. Mais tout aussi gentiment,  je conseille à la jeune dame de se débarrasser de nous au plus vite. Derrière mon dos, un galonné lui faisait signe de ne pas insister car je lui avais confié que son honorable établissement ne méritait même pas deux étoiles B. La dame ne pipa mot, et me souhaita bon voyage après m’avoir soulagé pour ces merveilleuses 20 heures, d’un SMIG.

Dans notre militante jeunesse, nous avions émis les plus expresses réserves lorsqu’une grande chaîne hôtelière américaine s’était implantée au Maroc, à Rabat précisément. Nous avions crainte alors que le  »cachet Maroc » ne devint illisible sous la gomme de la standardisation et de l’internationalisation. Ce que je viens de vivre n’est pas du tout la confirmation de mes craintes anciennes, c’en est la caricature poussée à la bouffonnerie.

Expérience concluante. Pour revoir la belle lusitaine, j’attendrai l’ouverture d’un nouvel hôtel. Quant à celui-ci, qu’y aillent les animaux. Je n’ai pas l’impression, ni l’envie d’en être.

mo’ 

Publicités