leçon animalières

C’était un pauvre bâtard aux ibériques réminiscences héraldiques, chien de rien à la souffrance silencieuse et à peine murmurée, aux yeux battus et aux flancs creux. Il était tombé malade et je l’avais accompagné dans son agonie, payant de ma sensibilité chacune de ses souffrances. Mais saura-t-on jamais combien j’ai souffert de sa disparition, avant de comprendre que je ne pleurais en fait que ma mortelle condition ?  

escargot

Une adorable fillette se promenait dans mon jardin. Un superbe escargot  traversait l’allée, benoîtement, tentant de passer d’un glaïeul à l’autre. La petite fille l’aperçut, s’en approcha, s’accroupit devant lui et après lui avoir agacé les cornes et provoqué son repli, se redressant, elle l’écrasa de son soulier verni, pour le plaisir d’entendre le craquement de sa coquille. Je m’éclipsais en courant et m’en fut pleurer toutes les larmes de mon corps à l’abri des regards. Combien de psys ne m’ont-ils expliqué depuis, que là également mes pleurs intarissables étaient en fait provoqués par mon identification au gastéropode ? Personnellement je pensais que c’était une réaction de souffrance pure devant l’injustice et la cruauté !

Mort du Loup

Alfred de Vigny, poète romantique du XIXème siècle est l’auteur d’un des plus beaux poèmes animaliers : la mort du loup.  Le poète a subi de dures épreuves et il cherche à s’élever par un silence stoïque au dessus de la fatalité, de la souffrance, de la mort. Il imagine une battue de chasse ou une famille de loups est prise pour cible. Le comportement magnifique du père de cette famille sert au poète pour chanter la beauté et la noblesse du stoïcisme et de la fierté. Voici le troisième et dernier paragraphe de ce magnifique poème.  :

 

III

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C’est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
– Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur !
Il disait :  » Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

Fin

Pour lire le poème en entier :

http://romantis.free.fr/vigny/html/lamortdu.html

Nombreux sont ceux qui ont des relations particulières avec un animal ou un autre. Qui veut nous rappeler l’Oiseleur d’Alcatraz, Le Chat, Croc Blanc ou autre Rrou ?

 

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