cannibal who's who

Le regard désarmant et pas farouche du tout de certaines saintes-nitouches parvient encore à faire prendre à certains les chattemites pour des chattes câlines et douces. Or, qu’elles s’appellent Lucifer ou Prune, Azraël ou Minouche, les minettes sont de terribles comédiennes, tenant le haut du pavé de l’ignominie, qui méritent le rôle qui leur est dévolu de personnification des ‘’djinns’’, pervers, trompeurs et faux. Les chats, mâles et femelles, mangent assez facilement leurs enfants !

Dans leur ouvrage ’’Comportement du chat et ses troubles’’ paru dans la Collection Médecine Vétérinaire, – Gagnon, Chaurand & Larue http://alexandrie.vet- alfort.fr/ avancent les explications suivantes pour ’’justifier’’ ce cannibalisme :

– les portées sont trop abondantes,
– le ou les nouveau(x)-né(s) est (sont) mal constitué(s) ou malade(s),
– les conditions environnementales provoquent le stress,
– le désir d’empêcher la propagation de maladies,
– le désir d’éviter que des prédateurs ne prennent le contrôle du nid,
– le fait d’un mâle dévorant la portée d’un autre mâle qu’il a vaincu,

– enfin pour certains, le cannibalisme serait génétique !

http://forums.futura-sciences.com/biologie/74988-cannibalisme-raison.html

Rappelons-nous Baudelaire dans son poème ’’Le Chat’’ :

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard…

Quelle que soit l’explication, voici une déception dérangeante à propos de nos références culturelles : le chat, symbole de douceur, de caresses, de soie, est en fait cannibale ! Cela doit nous interpeler sur notre entêtement à fêter nos partenaires en les qualifiant de ‘’Minet ou Minette, Minouche ou Minouchette’’ etc.

ours polaire

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Il y a pire que les chatteries ci-dessus. Le nouveau mis au banc des accusés est un animal tellement plaisant et si peu farouche d’apparence qu’il prête sa lourde académie à la fabrication du jouet le plus vendu dans le monde depuis plus d’un siècle : l’ours.

Imaginez une montagne de poils tout soyeux, ras et marron ou longs et d’un blanc-beige du plus bel effet ! Ours brun ou ours blanc, il est le fidèle compagnon de tous les bébés de la terre, y compris dans les pays ou il n’existe pas en chair et en os. Gros Baloo, Teddy, Prosper, Nounours, quel que soit son  nom, il est toujours fort et protecteur même s’il est balourd et maladroit.

Et bien en fait l’ours n’est pas si maladroit que cela, pas plus qu’il n’est gentil, bien au contraire. Son incroyable force brute le rend facilement violent. S’il est capable de gestes doux, il est aussi capable de la plus extrême sauvagerie comme par exemple … MANGER un congénère, fut-il membre de sa famille ! Eh oui, l’ours blanc est cannibale et cela ne suscite chez lui aucun état d’âme particulier ! Ce voyou est capable de tuer un mâle qui s’oppose à ses projets amoureux, ou une femelle, voire un ourson pour se nourrir !

Légère circonstance atténuante, tuer un congénère pour manger ne peut lui être reproché à lui, mais à l’homme qui a déstabilisé son environnement, et en a quasiment éliminé la nourriture principale : le phoque !  

chimpanzé

Du moins les deux premiers coupables ne nous sont-ils proches que par les mamelles, les poils et la température du corps : ce sont des mammifères, certes, mais d’autres familles que la nôtre.

Là ou l’affaire se corse, c’est lorsqu’il s’agit d’hominidés, c’est-à-dire, selon les théories, de cousins, d’ancêtres, de descendants, d’avatars ou autres, comme le fameux chimpanzé, par exemple, dont certains prétendent qu’il ressemble génétiquement à l’homme à 96 ou 98% – ce que réfutent violemment d’autres ! Peu importe. En tout cas, sa ressemblance avec l’homme est indéniable et cela le doue d’une ressemblance comportementale qui ne nous fournit guère de quoi être fiers !

Si, comme tous les animaux, il agit en fonction de principes de territoires, de guerres et de sphères d’influence, il est l’un des rares à garder rancune et même à exercer vengeance. Et pas genre remontrance : il tue et dévore ! Oui, le chimpanzé devient facilement cannibale.

et l'homme

Qui ne connaît ces photos en noir ou sépia et blanc, vieilles de 100 ans, prises par divers explorateurs dans les endroits les plus curieux de la terre, montrant des êtres humains dépenaillés, crédités dans les légendes de la suspicion de consommation de chair humaine ? Les anthropophages, les cannibales, Afrique et Océanie bénéficiant du privilège de les abriter

L’on omettait alors de nous dire que l’Occident pratiquait tout autant ces étranges activités… Alors, pour ne choquer personne, je vais m’en tenir à de bien vagues généralités, assez précises toutefois pour ôter l’envie à qui que ce  soit, de se moquer des autres !

’’Le cannibalisme de subsistance rime avec d’intenses famines, des catastrophes naturelles, économiques, la guerre… et se retrouve partout dans le monde et le temps. Il n’obéit cependant à aucune logique précise, des peuples ont préférés mourir … plutôt que d’y avoir recours. L’Occident n’a pas échappé aux pénuries, l’Europe a connu les grandes misères du bas Moyen-âge jusqu’à la Renaissance, dues à de très mauvaises conditions climatiques et à des explosions démographiques cycliques, l’anthropophagie fut d’usage.’’ http://lahordenoire.free.fr/zoom_sur.php?art=6

’’Une voix s’élève pourtant, vibrante de terreur et de pitié, celle de l’admirable Raoul Glaber. … Ce moine indocile, son non-conformisme, sa sensibilité exacerbée, l’acuité de sa vision du monde (fut) « le meilleur témoin de son temps, et de loin ». … En 1005, il a dit l’indicible :

’’Alors, en divers lieux de la terre, une faim horrible poussa à consommer, à titre de nourriture, non seulement les chairs des animaux immondes et des reptiles, mais aussi celles des hommes, des femmes et des enfants.’’

http ://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1989_num_44_5_283641#  

Non, vraiment pas un seul peuple n’a échappé à cette infamie qui consiste à consommer son semblable pour se nourrir. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, ou que l’on porte le regard, la loi de la ‘’struggle for life’’ affiche sa dureté sans pitié, sans limite. Les religions les plus humanistes n’ont pas davantage réussi à  extirper cette pratique de nos têtes ! Il faut se rendre à l’évidence, la pulsion est en nous et se manifeste de 100 formes différentes : tout d’abord au niveau du langage,  et dans toutes les langues : manger c’est aimer ! Ensuite au niveau de chaque type de relation humaine, de l’hospitalité à la convivialité, lorsqu’on invite l’autre, on ne fait que valider cette profonde vérité, choquante à l’extrême qui fait qu’inviter c’est tenter de manger ! …

Europe

Ce gentleman allemand de 46 ans, Armin Meiwes, qui semble répondre aux questions d’un journaliste sur les fluctuations de la bourse de Francfort est en fait en train d’accorder sa première interview télévisée, depuis la prison ou il purge une peine perpétuelle pour le meurtre d’un ingénieur informaticien de 42 ans, Bernd Brandes, dont il a mangé 20 kilos de chaire.

Armin Meiwes insiste sur sa parfaite normalité et explique qu’il a rencontré Bernd  à la suite de la publication de plusieurs petites annonces internet proposant le sacrifice ! Il a filmé et le sacrifice et la préparation et le parage et la cuisson de sa victime en précisant avec un drôle d’humour qu’il a dégusté son steak sauté avec une sauce au poivre vert et en accompagnement des croquettes et des choux de Bruxelles…  

Plus ‘’sérieusement’’, il explique que durant toute sa vie il avait eu envie d’avoir un jeune frère et que, comprenant l’impossibilité de la chose, il s’était mis peu à peu a penser au cannibalisme pour passer du  plan idéel au plan réel. Et l’on retrouve là le processus intime qui conduit de l’amour-attraction à l’appropriation-ingestion.

Eh non ! Ce n’est donc pas un hasard si l’on avoue aux êtres très chers ou à ceux que l’on désire, que l’on a envie de les ‘’bouffer’’ ?

Un cannibale est un homme qui aime son prochain … avec de la sauce. Jean Rigaux, chansonnier. 

 

japon

Au mois de juin 1981, un étudiant japonais de 32 ans à l’allure de ‘’golden boy’’ austère,  inscrit à la Sorbonne, Issei Sagawa, invite chez lui une jeune Hollandaise de vingt-cinq ans, la tue d’une balle dans la tête, la viole, et pendant trois jours, après l’avoir  dépecée, il la mange !

Il est incarcéré jusqu’en 1983 avant de bénéficier d’un non-lieu pour démence au moment des faits.

Un an plus tard, grâce à l’influence de sa famille, le « cannibale japonais » est de retour à Tokyo à la condition d’y suivre un traitement psychiatrique. Après examen, les psychiatres le déclarent sain d’esprit et le libèrent.

Sagawa devient en quelques mois une véritable star des medias,  notamment la télévision pour laquelle il devient,  humour délicat … critique culinaire.

Enfin, en vingt ans, il a publié une dizaine de livres avec des titres comme  «Cannibale », « J’aimerais être mangé » ou encore « Ceux que j’ai envie de tuer».

Qui aime se découvre un peu cannibale. Claude Roy. 

Afrique

Pascal Bizavugamungu, jeune citoyen rwandais âgé de 19 ans qui semble ici bousculé dans un commissariat de banlieue, est accusé d’avoir violé une jeune fille de 12 ans qu’il a ensuite tuée et mangée. Devant le Procureur le cher ange a reconnu son crime mais avoue qu’en le commettant, il avait perdu tout contrôle sur lui-même.

Pascal, comme Issei, a donc réussi à mêler en un seul acte, trois abominations : le viol, le meurtre et le cannibalisme. 

Comme le dit un jour un homme d’esprit, le cannibalisme fit place au capitalisme lorsque l’homme se rendit compte qu’il était plus rentable d’exploiter son prochain que de le manger. Lyle W. Robinson

Amérique

Représentant la fabuleuse Amérique dans cette galerie, le jeune et beau Jeffrey Dahmer, qui, lui non plus, n’avait rien d’un cannibale mais ressemblait plutôt à un champion sportif universitaire.

Mais non ! Jeffrey Lionel Dahmer, garçon extrêmement timide et renfermé, sans ami proche et brimé par ses camarades, a avoué avoir assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991 à Milwaukee, sa ville natale. Ses parents divorcent, chacun partant de son côté en laissant leur fils seul dans leur maison. Dahmer commet alors son premier meurtre en tuant un camarade qu’il avait invité chez lui, « parce qu’il ne voulait pas qu’il parte ».

Il s’engage alors dans l’armée, mais en est renvoyé pour alcoolisme. Il retourne à Milwaukee et va, dès lors, tuer à seize autres reprises.

Il a aussi reconnu « s’être essayé au cannibalisme » mais il est certain et prouvé qu’il ait fait plus, dans ce domaine, que de « s’être essayé ». Condamné à 957 ans de prison, il a été assassiné peu après dans sa cellule par un codétenu…

Allez les enfants, je répugne à ce voyeurisme et vous propose de reprendre de la hauteur en demandant son avis à quelque intelligence experte en la matière.

Myriam Vaucher

Présidente de l’AIEMPR, Association internationale d’études médico-psychologiques et religieuses, psychologue-psychothérapeute pratiquant la psychanalyse. 

’’ «C’est pour mieux te manger…» Ce titre surprenant pour un congrès scientifique évoque aussitôt une suite à celui qui l’entend: «…mon enfant !» Ne nous sommes-nous pas tous identifiés au Petit Chaperon Rouge, en frémissant de terreur ? Mais aussi de plaisir ? Ce fantasme de dévoration, d’être mangé et d’y survivre, est fréquent dans les contes et les mythes. Les parents – ou les amants! – disent parfois avoir «envie de croquer» leur enfant ou leur amour. S’agit-il d’un mouvement agressif ? Ou serait-ce plutôt le désir de prendre ou de reprendre en soi, de faire ou de refaire sien, cet autre si aimable. Aimer et détruire peuvent être aussi proches qu’antinomiques !’’

Le cannibalisme nutritionnel n’existe que rarement à l’état pur, aussi bien  dans le monde animal que chez l’être humain. Il est toujours accompagné de sous-tensions d’agression, sexuelles, rituelles, spirituelles.

Il existe deux manières bien distinctes d’aimer son prochain: l’humanisme et le cannibalisme. Patrick SEBASTIEN 

mo’

 

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