humour et âge

A l’âge des toiles d’araignée au plaftard,  le sens de l’humour s’amenuise-t-il ?

Le journal français Libération fait savoir que « des chercheurs américains ont démontré que le sens de l’humour s’amenuise avec l’âge », selon un article paru dans le Journal of the International Neuropsychological Society.

diagramme

Le quotidien observe ainsi qu’« en demandant à 40 «jeunes» (des étudiants) et 40 «vieux» (des gens de 65 ans et plus) de trouver les bonnes chutes à des blagues, sous forme écrite ou en BD, deux chercheurs de l’université Washington à Saint-Louis (Missouri) se sont aperçus que le sens de l’humour évoluait beaucoup avec l’âge : certaines personnes, en vieillissant, ne voient plus ce qui est supposé être drôle ».

muppet  show

Libération explique que « comprendre une blague revient la plupart du temps à décrypter un système d’incongruités. Cela fait appel tout à la fois à notre faculté de raisonnement abstrait, à notre mémoire à court terme et à une certaine forme de flexibilité cognitive. Or, en vieillissant, ces capacités s’érodent».

vieux

Rire ? …sont bien gentils, mais de quoi ?

Le journal précise néanmoins qu’il ne faut « pas traduire brutalement : plus on est vieux, plus on est bête, et en plus on perd tout sens de la rigolade. D’abord parce que beaucoup de jeunes ont moins d’humour que certains de leurs aînés. Ensuite parce que les mécanismes cognitifs intervenant dans la compréhension d’une blague sont encore très mal connus ».

Mathusalem

Mon chantre dévoué, la douce Clo, tulipe hollandaise épanouie , est la seule lectrice à m’envoyer chaque semaine la preuve qu’elle a lu mon article, elle m’en fait un commentaire hilarant que je partage avec vous de temps à autre. Comme elle a dit son âge il y a 2 semaines, je vais le rappeler : plus de 60 printemps. Clo et moi avons échangé sur l’humour et elle me disait qu’elle avait honte d’avouer qu’elle trouvait les gens de plus en plus sinistres, de moins en moins drôles, la culture de plus en plus vide, l’humour de plus en plus vulgaire et même la pensée de moins en moins maîtrisée. Je lui assurais mon adhésion à ses conclusions en hasardant qu’il s’agissait peut-être d’une crise de civilisation, probablement provoquée par la surpopulation, la raréfaction des ressources, les souffrances de la planète et les diverses calamités majuscules. J’avais conclu mon discours en confiant que oui, le rire me manquait terriblement à moi aussi. J’étais sincère.  

Même s’il est vrai que nombre de mes chansons préférées passent dans l’ascenseur, ce qui n’est pas un signe évident de jeunesse, je suis néanmoins encore partant pour toutes les rigolades autres que vulgaires ! Partant pour l’humour, l’histoire drôle, la comédie, la bouffonnerie, le grandguignolesque, la gauloiserie même, le trait d’esprit, le second degré, l’allusion, la vanne, le canular, la blague, la dernière, la brève – de comptoir ou d’ailleurs, le joke, le fun, le pic, la barzeletta, el chiste, a piada, ennoukta, tout, tout, tout, je prends tout et en fais mon miel ! Il est aussi vrai que je n’ai jamais été un public facile pour les humoristes, puisqu’assez exigeant sur la qualité … Je ris difficilement et lorsque cela m’arrive, cela trahit en général une séquence entre deux ou plusieurs plans : l’inattendu, voire l’absurde, le cocasse, le gênant, l’incongru l’astuce et, dans l’humour élitiste, la logique inattendu de certains savoirs. Sinon, ben je peux rire de la clownerie comme de l’humour du 10ème  degré. J’avoue cependant que  j’ai fort envie d’étrangler les humoristes médiocres et l’étrange lucarne s’assombrit souvent lorsque l’un d’eux y officie: la navrante vulgarité des humoristes actuels et leur vacuité me révulsent.

Là ou je m’inquiète et penche à croire que mon âge croît, c’est que mes zygomatiques sont même en grève depuis la mort de Raymond Devos. C’est dire !… Oui, mes goûts personnels vont, selon humeurs et circonstances, vers ce maître du mot, ou vers un maître de la phrase, Frédéric Dard, alias San Antonio, ou encore vers l’humour chansonnier, pour ce que lui, vit l’humour et ne le met pas en cage. Mes goûts vont également vers l’inénarrable René Cousinier, qui s’interdisait aux moins de 18 ans, place Blanche à Paris, vers les Trois Baudets, les Deux Anes et vers les tirades alexandrines de Pierre Jean Vaillard, et oui. Tout ceci  sans jamais me lasser de Molière, le plus grand des grands, ni du maître du sarcasme, le Patriarche de Ferney, Monsieur de Voltaire. J’aime beaucoup, j’adore notre humour populaire, façon Qechbal & Zeroual, j’adore le cousin Mohand Saïd FELLAG, j’aime notre BZIZ  et tant d’autres, comme la dernière découverte de la baratte parisienne, Abdelkader Secteur, ami et hôte de notre pitre national, Jamel Debbouze !

Maintenant, faisons un test : Qui connait Marc Favreau, dit Sol, par exemple ? C’est un humoriste canadien trois têtes au dessus de la plupart de ses collègues hexagonaux et c’est là précisément son problème : pour le comprendre il faut une bonne culture, aux cotés de laquelle, celle nécessaire pour débusquer mes 2 ou 3 astuces cachées sont bien peu de choses, Ô mon amie la rose ! Dans la vidéo ci-après, vous trouverez un tout petit exemple de cet humour de l’ami québéquois.

Sol

http://www.dailymotion.com/video/x3hnu0_sol-une-bonne-place_fun

 

Revenons à notre sujet : L’assertion des chercheurs d’outre-Atlantique en a outré plus d’un. Bruno Frappat (grand journaliste au journal La Croix) par exemple, poste sur son blog  cet avis – avec lequel je ne puis qu’être d’accord :

 

‘’ Une enquête scientifique américaine vient de jeter un froid dans les générations du « baby boom » et autres « soixante-huitards ». Il se dit, dans cette étude, que la capacité d’accéder à l’humour baisse régulièrement avec l’âge. Chaque jour qui passe, diminuant notre « flexibilité cognitive », nous fait perdre une petite dose d’humour. Ce n’est pas un effondrement, mais une lente érosion. Voilà une révélation terrifiante! On veut la croire biaisée par l’âge des chercheurs qui ont procédé à l’étude (sans doute tous nés après les années soixante, si ce n’est plus tard). On veut même croire qu’elle est totalement bidonnée, sinon bidonnante. De ce que l’on voit autour de soi, il semble bien, au contraire, que plus les gens rajeunissent plus ils se prennent au sérieux. Et que les « seniors » sont les derniers dépositaires du détachement et de l’ironie, ces voies royales de l’humour. Premier âge premier degré. Troisième âge, troisième degré.

 

http://blogfrappat.la-croix.com/2007/09/humour.html

 

liste

Parler d’humour sans faire rire, je trouve la chose bêtasse ou tout au moins incongrue. Je terminerai donc l’évocation légère de ce sujet grave par une histoire drôle retrouvée… qui met en scène l’âge, l’humour et ce qui devrait toujours sous-tendre ces deux choses, l’amour. Il s’y agit de marriage, de liste de marriage, de rêve, d’embarquement pour Cy – pieds sous – thère…

Bon, ben voilà : c’est une vieille dame, de plus de 90 ans mais fringante et mimi comme tout qui entre dans une pharmacie.
– Bonjour Monsieur, avez-vous de l’aspirine?
– Oui, sans aucun doute.
– Avez-vous des antidouleurs?
– Oui, aucun problème.
– Avez-vous des antirhumatismaux?
– C’est certain que nous en avons.
– Avez-vous du Viagra?
– Oui, bien sûr.
– Avez-vous des pilules antirides?
– Oui, nous en avons.
– Avez-vous du gel pour les hémorroïdes?
– Évidemment.
– Avez-vous du bicarbonate?
– Certainement.
– Avez-vous des médicaments pour le foie?
– Bien sûr.
– Avez-vous des antidépresseurs?
– Oui, sans aucun doute.
– Avez-vous des somnifères?
– Oui, oui, nous en avons.
– Avez-vous des produits pour la mémoire?
– Oui… quelques-uns !
– Avez-vous des béquilles?
– Évidemment.
– Avez-vous des couches pour adultes?
– Mais certainement.
– Avez-vous …
– Enfin, Madame…nous sommes une pharmacie professionnelle. Nous avons tous les produits. Quel est votre problème ?
– Je dois épouser mon Léon, 95 ans, à la fin du mois. Nous aimerions savoir si nous pouvons laisser notre liste de mariage chez vous…

Mo Saint

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