Aujourd’hui, 07 décembre 2009, s’ouvre à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Les objectifs en sont ainsi définis :  ’’Arriver en 2009 à un accord mondial pour la réduction du CO2 & donner aux efforts des accords précédents  une suite à la hauteur des enjeux du futur.’’

 Mais qu’est-ce, en vérité ? Un fabuleux show-off ? Un défilé de modes … de pensée ? Une tentative de masquer les piteux résultats économiques et sociaux, ou la gestion loufoque de la crise financière ? Un désarroi ? Les dirigeants du monde entier doivent en principe parvenir à surmonter les divergences d’intérêts pour s’entendre sur un projet politique mondial fondé sur un constat objectif et scientifique concernant le futur de la planète Terre.

 La vérité ressortit de tout cela probablement. Mais le désarroi bien réel des Terriens Lambda non embrigadés dans les énormes machines politico-économico-médiatiques de ces grands chefs et de leurs commanditaires, provient lui, de leur incapacité totale à comprendre quoi que ce soit aux subtilités de l’utilisation abusive de la science. C’est maintenant une spécialité que la pratique de ce jeu qui consiste à défendre avec la même conviction et surtout autant de bonnes raisons une chose et son contraire.

 Un exemple parmi 100 : le nouvel ennemi planétaire, celui qui succède au Communisme, puis à l’Islamisme serait, pour certains, le CO2 ou gaz carbonique qui empêche la vie et change le climat. Le droit d’en produire est même devenu une ’’monnaie’’ dont on achète le droit de frappe, et que l’on vend comme une marchandise, sous forme de droit de polluer. Parallèlement, des scientifiques tout aussi dignes de foi, nous affirment que de leur point de vue,

 ’’Le climat ne se « dégrade » pas plus qu’il ne s »améliore »; il change, ce qui n’a strictement rien à voir. Quand on dit : « changement climatique », on est objectif. Quand on dit « le climat se dégrade« , ou « le climat s’améliore« , on est dans le domaine du subjectif. Pour les habitants du Groenland, le changement climatique est perçu positivement alors que certains écolo-parisiens croient que les groenlandais pensent l’inverse. Et dans le monde scientifique, personne ne dit que le climat ne change pas. Les sceptiques disent au contraire quele climat a toujours changé, qu’il en sera toujours ainsiet que cette réalité permet de relativiser le changement actuel ! Ce qu’ils remettent en cause, ce n’est pas la réalité du réchauffement observé, mais l’origine de ce réchauffement, ils pensent que la composante naturelle de ce changement est supérieure à la part anthropique (qui résulte de l’action humaine).http://www.electron-economy.org/article-pour-cecile-duflot-l-origine-humaine-du-rechauffement-climatique-est-une-verite-absolue-leparisien-fr–39422062.html

 

Espérons qu’il en sortira quelque chose d’autre que l’habituelle collection de vœux pieux à la péremption fulgurante. Mais on peut néanmoins déjà regretter, entre autre, que cette conférence n’ait lieu qu’en 2009, alors que les Indiens Hopis – connus pour leur immense sagesse concernant les grands problèmes de l’humanité- avaient proposé de la tenir en 1970 !… Tous les Indiens Peaux-Rouges d’Amérique du Nord ont, de par leur civilisation très particulière et écologique – et donc par atavisme, un rapport très étroit avec la Nature. Ainsi, voyant les ravages du ’’progrès’’ sur cette dernière, ils invitèrent à en débattre le président américain Richard Nixon en ces termes :

 Vérités Amérindiennes

 Dialogue

« L’homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de notre Mère la Terre. L’avance technologique de l’homme blanc s’est révélée comme une conséquence de son manque d’intérêt pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit. L’appétit de l’homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l’a aveuglé sur le mal qu’il a causé à notre Mère la Terre, dans sa recherche de ce qu’il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup d’Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l’homme blanc. 

 Aujourd’hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent du charbon et de l’eau dans notre sol, afin de créer plus d’énergie pour les villes de l’homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu’on ne devait pas laisser cela arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes. 

 

’’Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d’envoyer au président des Etats-Unis et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut du genre humain, afin que la Paix, l’Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes. »  Lettre des Indiens Hopis au président Nixon en 1970 

 Ecologie 

« Les Blancs se moquent de la terre, du daim ou de l’ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous édifions nos tipis, nous faisons de petits trous. Nous n’utilisons que le bois mort. 

 L’homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L’arbre dit « Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal ». Mais il l’abat et le débite. L’esprit de la terre le hait. Il arrache les arbres et les ébranle jusqu’à leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l’homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ». Mais l’homme blanc n’y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu… Comment l’esprit de la terre pourrait-il aimer l’homme blanc?… Partout où il la touche, il y laisse une plaie. »Vieille sage Wintu (Indiens de Californie) 

 Frugalité

« Nous avons toujours eu beaucoup ; nos enfants n’ont jamais pleuré de faim, notre peuple n’a jamais manqué de rien… Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, de citrouilles, de courges… Ici était notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu’elle ne nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne dans le village ne l’aurait cru. » Black Hawk, chef indien

 Liberté

« Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m’avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre. Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse. 

 Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? » Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux. »  Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas

 Propriété

“Notre terre vaut mieux que de l’argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d’un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l’eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C’est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu’elle ne nous appartient pas.” Un Chef Indien Blackfeet

 Habitat

“La vie dans un tipi (tente-habitation des Indiens Peaux-Rouges) est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L’homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d’argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l’homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l’air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile; mais il a fait qu’il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l’herbe verte et des baies mûres.

 L’homme blanc n’obéit pas au Grand Esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons être d’accord avec lui.” Flying Hawk, Chef Sioux du clan des Oglalas 

 Travail

“Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves.” Smohalla, Chef indien Sokols

 Harmonie

« Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n’étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l’homme blanc trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre était « infestée » d’animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu’à l’arrivée de l’homme barbu de l’Est qui nous accable d’injustices insensées et brutales. » Standing Bear, chef Lakota (Sioux) 

 Ironie

« Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genres d’hommes doivent être les Européens? Quelle espèce de créature choisissent-ils d’être, forcés de faire le bien et n’ayant pour éviter le mal d’autre inspiration que la peur de la punition? (…) L’homme n’est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l’écriture et montrer mille exemples de son industrie… 

 En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j’ai l’entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit. Il n’en est pas de même pour toi. Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n’as pas la liberté de faire ce que tu as dans l’esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc. Et tu dépends d’une infinité de personnes dont la place est située au-dessus de la tienne. N’est-ce pas vrai ? » Kondiaronk, Chef Huron, (s’adressant à un officier français…)

Sagesse

 

’’Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? 

 L’idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l’air et le miroitement de l’eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ? 

 Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. 

 Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d’insecte sont sacrés dans le souvenir et l’expérience de mon peuple. 

 

La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l’homme rouge.

 Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu’ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l’homme rouge. Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l’homme, tous appartiennent à la même famille.

 Aussi lorsque le Grand chef à Washington envoie dire qu’il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand chef envoie dire qu’il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc, votre offre d’acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

 Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n’est pas seulement de l’eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu’elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l’eau claire des lacs parle d’événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

 Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l’enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère. Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c’est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il l’a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux, et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l’oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu’un désert.

 Il n’y a pas d’endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y a-t-il à vivre si l’homme ne peut entendre le cri solitaire de l’engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d’un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L’Indien préfère le son doux du vent s’élançant au-dessus de la face d’un étang, et l’odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

 L’air est précieux à l’homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle.

 La bête, l’arbre, l’homme. Ils partagent tous le même souffle.

 L’homme blanc ne semble pas remarquer l’air qu’il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est précieux, que l’air partage son esprit avec tout ce qu’il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l’homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés. Nous considérerons donc votre offre d’acheter notre terre. Mais si nous décidons de l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

 Je suis un sauvage et je ne connais pas d’autre façon de vivre.

 J’ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l’homme blanc qui les avait abattus d’un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

 Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l’homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l’homme. Toutes choses se tiennent.

 Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu’ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu’ils respectent la terre, dites à vos enfants qu’elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

 Nous savons au moins ceci : la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

 Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre.

 Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

 Même l’homme blanc, dont le dieu se promène et parle avec lui comme deux amis ensemble, ne peut être dispensé de la destinée commune. Après tout, nous sommes peut-être frères. Nous verrons bien. Il y a une chose que nous savons, et que l’homme blanc découvrira peut-être un jour, c’est que notre dieu est le même dieu. Il se peut que vous pensiez maintenant le posséder comme vous voulez posséder notre terre, mais vous ne pouvez pas. Il est le dieu de l’homme, et sa pitié est égale pour l’homme rouge et le blanc. Cette terre lui est précieuse, et nuire à la terre, c’est accabler de mépris son créateur. Les Blancs aussi disparaîtront ; peut-être plus tôt que toutes les autres tribus. Contaminez votre lit, et vous suffoquerez une nuit dans vos propres détritus.

 Mais en mourant vous brillerez avec éclat, ardents de la force du dieu qui vous a amenés jusqu’à cette terre et qui pour quelque dessein particulier vous a fait dominer cette terre et l’homme rouge. Cette destinée est un mystère pour nous, car nous ne comprenons pas lorsque les bisons sont tous massacrés, les chevaux sauvages domptés, les coins secrets de la forêt chargés du fumet de beaucoup d’hommes, et la vue des collines en pleines fleurs ternie par des fils qui parlent.

 Où est le hallier ? Disparu. Où est l’aigle ? Disparu.

 La fin de la vie, le début de la survivance.’’ Chef Seattle

Seattle (1786 – 1866) est le nom d’un grand chef indien des tribus Dumawish et Suquamish – de l’ouest des Etats-Unis d’Amérique. Il est connu en particulier pour son discours de 1854 lors de négociations avec le gouvernement des Etats Unis, dans lequel il exprimait son refus de vendre les territoires indiens.

L’authenticité des mots est contestée, et il existe au moins trois versions du texte. Grâce aux notes prises par le docteur Henry Smith, négociateur du gouvernement, une première version fût publiée dans le Seattle Sunday Star en octobre 1887. Celle qui fait aujourd’hui figure de référence date des années 70.

(http ://www.abacq.net/seattle/index.htm )

Les théoriciens de la résurrection de la nation amérindienne considèrent Seattle comme un « type d’indien vulgaire « a low type of indian », une insulte, « un lâche et un traître » du fait qu’il avait négocié des traités abandonnant aux Blancs des terres indiennes.

L’aspect heuristique m’importe peu et je retiens seulement que ce discours est même cité par Al Gore dans son livre Sauver la planète Terre paru en 1992 et il est sans conteste un des textes fondateurs de l’écologie moderne. Je ne ferai pas de grandiloquente diatribe contre Seattle qui ne pouvait qu’accepter le diktat des Blancs pour éviter le génocide certain des populations dont il avait la charge. J’approuve Peg Deam, une spécialiste du développement culturel au conseil tribal des Suquamishs qui aurait dit que le Chef Seattle « s’était retrouvé dans une situation où il eut à faire des choix très difficiles et en définitive douloureux. Beaucoup de cœurs furent brisés par un changement complet de vie. Les colons menèrent les indiens sur de petites parcelles de terre séparées les unes des autres. Mais en tant que chef et en mesure de ce qu’il pouvait prévoir, je pense qu’il a fait le bon choix. »

Alors ? La Sirène de Copenhague ? Qui est-ce ? La charmante héroïne d’un conte d’Andersen qui sauva un prince naufragé et en tomba amoureuse ? La mascotte d’un pays qui s’est développé principalement sur la base de l’agriculture et de la pêche et que l’on qualifie bien souvent de « champion de l’écologie » ? Aujourd’hui elle est surtout l’hôtesse de cette rencontre au cours de laquelle les principaux responsables politiques de la Terre vont reconnaître qu’ils ont enfin compris les enjeux vitaux de l’adoption d’approches plus responsables vis-à-vis de notre rapport à l’écologie et à la nature.

Dans un remarquable ouvrage collectif (Habiter la terre) du Groupe de Recherche sur l’Éco Formation (Gref) Pascal Galvani, professeur à l’Université du Québec à Rimouski, explique ceci : « La terre n’est pas une simple étendue mesurable de matières organiques. Elle ne se limite pas à un ensemble d’interactions mécaniques auxquelles l’imaginaire cartésien puis positiviste et enfin économiste ont voulu réduire l’ensemble de l’univers. Avec les sciences de l’écologie, la Terre est redevenue un organisme vivant auquel nous participons, et qui nous nourrit. Or, c’est précisément sur la négation de ce rapport de parenté sensible et sensé avec le monde naturel que s’est construit le paradigme économico-techno-positiviste de la culture ‘‘moderne’’. »

On comprend mieux ainsi l’idée selon laquelle la résolution de la crise écologique nécessite bien plus qu’un environnementalisme de première urgence. Il s’agit pour les Occidentaux de sortir de ce « paradigme économico-techno-positiviste » et pour les autres peuples du Monde de ne pas s’y soumettre.

http ://www.trilogies.org/spip.php?article45

à suivre …

mo’

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