Image empruntée à l’affiche de l’excellent  film ’’BIRDY’’ d’Alan Parker

 la danse 

 

Ce billet doit en principe comporter deux feuillets. Cidessous, le premier, signé par mo’. La semaine prochaine, dans un style complètement différent, vous pourrez lire le second feuillet écrit et signé par Anne, ‘’une’’ jeune globetrotter qui a appuyé sa bicyclette contre le mur dun tablao de Flamenco à Séville, retour dAmérique du Sud ou elle a passé un doctorat es ‘’salsa’’, et en route pour la Mongolie ou elle va apprendre, je suppose, quelquautre discipline de la même eau. Cest dire que la différence entre nous est abyssale, Elle a accepté de croiser le fer avec moi sur la question de la danse. A vous de juger

 

PREMIERE PARTIE 

 ’’Je n’ai rien contre la danse. Au contraire, comme Curt Sachs, je pense même qu’elle est le premier des arts, celui grâce auquel l’homme organise le temps et l’espace sans recours à rien d’autre que son corps. La danse est, dans la recherche du savoir,  ’’la voie du corps nu’’.’’mo’(1)  

 Il ressemble à quelqu’Arlequin de Picasso avec ses mains anguleuses ballantes et son regard tour à tour inquiet, triste, puis désabusé, semblant demander sans cesse : ’’Que me veux-tu’’ ? ’’La danse est un acte sérieux, méritant le respect et peut-être est-ce cet immense respect que j’éprouve qui me bloque.’’mo’ (2)  Danser ou ne pas danser, c’est là, la question ! 

 Il ne craint rien plus que le ridicule et si Gide voulait enseigner à Nathanaël la ferveur, il lui répond que le préalable est la pudeur. L’esthète sybarite, créateur de la NRF, affirme : ’’Toute connaissance que n’a pas précédée une sensation m’est inutile.’’ André Gide (3). Mo’  lui,  a toujours été terrorisé par l’idée de déranger les autres. Or, la danse est quand même l’occupation totale de l’espace et du moment par le corps et le parti pris de liberté ! Ma liberté ou commence-t-elle ? Ou s’arrête-t-elle ?

 Mon origine paysanne, mon éducation puritaine, la timidité, le trac, la peur de mal faire, la peur de ne pas  »faire très bien », un immense orgueil me poussant à récupérer d’emblée le rôle d’arbitre et jamais celui du compétiteur, tout cela fait que je n’autorise pas les autres à me juger. Ils ont certes le loisir de m’applaudir, de m’encourager à tout le moins, certainement pas celui d’évaluer mes actes. Décidément, je n’ai pas su suivre le conseil de ce phénomène de sportif philosophe, le génial base-baller des années 20, Satchel Paige : ’’Travaille comme si tu n’avais pas besoin d’argent. Aime comme si tu n’avais jamais souffert. Danse comme si personne ne te regardait.’’ (4)

Une vie sans danser, c’est long ! A chaque occasion, il m’a fallu me justifier. Décliner toute nouvelle sollicitation. Justifier mes refus à mes propres yeux, sans me sentir faible ou ridicule. Mais je ne voyais sincèrement pas pourquoi danser lorsqu’on a l’usage de la parole. La danse serait-elle aussi riche et expressive que la parole ?

Dois-je reconnaître avec Jean Dubuffetque ‘’Danser est le fin mot de vivreet c’est par danser aussi soi-même qu’on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s’approcher en dansant.(5) ?

 Mais alors, si ’’danser’’ est une voie de connaissance, il n’est plus seulement un temps festif ! Si j’en convenais, ceci m’obligerait à revoir l’enseignement de La Bible: Il y a un temps … pour toute chose sous le soleil. Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir Il y a aussi un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser. (6) 

Dans l’arborescence de la sagesse, d’autres branches proposent d’autres choix et chacune se subdivise en une infinité de possibilités. Restons perchés sur la branche de Terpsichore … La danse se fonde ’’soit sur un ensemble défini de mouvements dénués de signification propre … soit sur une gestuelle inspirée par une symbolique laïque ou religieuse… Parfois elle vise à entraîner la transe.’’ (7)

Dans le présent texte, je me propose de pocher la danse par un balayage rapide du champ chorégraphique et je m’impose de m’immerger dans chacune des situations évoquées, des disciplines listées et d’y évaluer ma possible conscription dans les hordes dansantes !

Danse de recherche
La Pudeur des icebergs,
Daniel Léveillé
 

 ’’La nudité est une façon d’affirmer le droit d’utiliser la peau comme costume parce qu’étonnamment, ça fait voir beaucoup plus que ce que ça dévoile effectivement.’’  Daniel Léveillé.

 J’ai beau chercher dans les 15 ème  et 16ème degrés de la compréhension, je ne trouve là rien que laideur et maniérisme gratuits. Je n’ai pas ma place en ce lieu, n’ayant rien à y dire et me refusant de répéter les éventuels propos du ‘’créateur’’. Des extraits de ce spectacle sont disponibles sur Internet, on pourra en juger. Mais à mon humble entendement, tout cela est à mille lieues de toute esthétique …

Danse des Masques
Pays Dogon, Mali
http://www.pentaradiaire.com/blog/index.php?2008/04

 

Depuis quelques 8000 ans qu’elle existe, la danse a toujours et partout eu une origine sociale et religieuse. Pendant la préhistoire, elle a même occupé une large part de la vie de l’homme. Le processus d’adoption de la danse comme moyen d’expression a toujours été le même, à toutes les époques. Ainsi les danses retrouvées chez certains peuples d’Afrique, d’Amérique du Nord et du Sud présentent les mêmes caractéristiques que celles exécutées plusieurs siècles plus tôt par l’homme préhistorique, européen ou asiatique.

A l’origine, la religion, les rituels et les croyances ont constitué une part importante de la vie de l’homme qui exprimait, au moyen de la danse et le plus précisément possible les événements tels qu’il souhaitait les voir se dérouler.

 

La signification de la danse des masques est dans son principe la reconstitution du passage d’un monde vers un autre, d’un état à un autre. Dans la prodigieuse civilisation Dogon du Mali, les occasions principales pour porter un masque et pratiquer la danse relative sont : l’initiation et la mort. A ces occasions, porter un masque est nécessaire pour pouvoir pénétrer dans l’autre monde ou l’on trouve une autre réalité. Pour cela on conjugue le mystère et l’incognito du masque avec des gestes codifiés qui forment une danse initiatique. Le corps, ses mouvements et ses sens, apparaissent comme des instruments de production et de représentations publiques du Savoir ». http://www.tanzarchiv-leipzig.de/?q=fr 

 Des civilisations moins vigoureuses ont produit des danses de masques, bergamasques ou non, des maquillages divers, des costumes symboliques et j’ai toujours, passivement, sacrifié à ces rites divers.

La danse extatique
Les Derviches Tourneurs soufis
Ordre des Mevlevi

 

La danse est l’une des formes les plus parfaites de communication avec l’intelligence infinie.Paulo Coelho, Romancier

 Tout en tourbillonnant, les Derviches Tourneurs ont les bras ouverts, la main droite dirigée vers les cieux, implorant la bénédiction de Dieu, regardant la main gauche tournée vers la terre. Ils tournent de droite à gauche autour du cœur. Ils transmettent le cadeau spirituel de Dieu au peuple. En tournant, ils embrassent avec amour toute l’humanité, toute la création … Au centre se tient le cheikh représentant le soleil alors que les derviches sont les planètes tournoyant autour de ce soleil.

 Je partage bien des valeurs avec les Soufis et mon esprit tourne souvent pour servir de siphon versoir entre le Ciel et la terre. Hélas, le tournis du vertige me prend au moindre changement de direction, alors je n’ose imaginer le hachis que deviendrait mon pauvre cervelet si je tournoyais ainsi durant une demi-heure… Je confesse mon inaptitude au tournoiement derviche… 

Danse orientale
’’Zaza’’
Paris

 

Difficile à croire que la danse orientale ait une origine sacrée, n’est-ce pas ? Difficile à croire également que 5000 ans avant JC, régnait sur la civilisation phare de l’époque, l’égyptienne, le matriarcat ! L’homme n’était alors que ce qu’il est en réalité sans le reconnaître, un appendicule ridicule intervenant de façon incertaine et au prix d’innombrables dysfonctionnements dans le processus de reproduction. Les gens de l’époque avaient l’intelligence de comprendre que dans un groupement de vivants, le reproducteur est le maître ! De plus, ils liaient, dans leur panthéon, la fertilité, l’amour et les beaux arts. Pour remercier la déesse en charge de cet important portefeuille, les femmes dansaient des danses lascives flattant leurs voluptés suggestives, tentatrices et invitantes. Ainsi est née la danse orientale dont les mâles firent par la suite un plaisir profane. Auparavant, ces mâles avaient changé l’ordre naturel des choses, pris le pouvoir par la force, le fer et les armes, et établi le patriarcat, privant les pauvres SM des délices du fouet et de l’esclavage …

 

Je ne vois pas ou pourrait être ma place, dans une danse du ventre, si ce n’est allongé sur le divan central, mâchouillant un loukoum, bavant sur mes riches brocards ou pinçant une cithare pour lui arracher un dithyrambe à propos de l’incompressible  ’’mouvement qui déplace les lignes’’

 

’’La danse est une poésie muette.’’Sémonide de Céos, Poète grec de l’Antiquité 

Danse de la fertilité
Le rigodon du Dauphiné, en France

 

Cette danse se déroule toujours en sens inverse des aiguilles d’une montre dans un sens rituel : le musicien est placé au milieu, figurant le soleil, les danseurs autour de lui, représentant les éléments terrestres. Le thème du rigodon est une poursuite galante qui en fait une danse de fertilité, par l’antique motif du changement de femmes et le martèlement du sol : partout dans le monde, dans les danses de fertilité on frappe la terre du pied pour stimuler la germination des plantes et aussi pour chasser les mauvais esprits.

Rien de bien méchant, me semble-t-il. Et si j’avais dû recourir à ce piétinement, nul doute que j’y aurais recouru.

Danse ’’folklorique’’
Ronde de Rusca, Roumanie
http://media.photobucket.com/image/danse%20ronde/eiresev/sibiu/horajump.jpg 
 

Jalal Eddine Ar-Rumi, fondateur des Derviches Tourneurs plus haut évoqués a expliqué ainsi la source de son inspiration : ’’J’ai tourné avec les neuf pères (les 9 planètes) dans chaque ciel. Pendant des années, j’ai tourné avec les étoiles’’. Tourner c’est dessiner un cercle et le cercle exprime ’’le souffle de la divinité, sans commencement ni fin’’. Cela rappelle étrangement la ’’Ronde de Neuf’’, danse traditionnelle d’innombrables lieux de ce monde et consistant en des hommes dansant pour appeler la fertilité du sol, tandis que 9 femmes dansent autour d’une sorte de satyre représentant le principe fécondant. Il suggère l’idée d’une nouvelle naissance après une gestation qui durera 9 lunes ? (8)

 

La ronde est la seule danse ou l’on ait réussi à m’inclure dans mon âge enfantin et à bien y penser, c’est surement la communion réelle existant entre les danseurs liés par leurs mains qui devait me rassurer et donner le sens que je ne trouve pas dans les autres danses.  

 

Danser dans une ronde est magique ; la ronde nous parle depuis les profondeurs millénaires de la mémoire.Milan Kundera, Romancier

Danse poétique
Ahwach de Talsint, Maroc Oriental
http://www.amazighblog.net/article-896011.html
 

 L’Ahwach n’est pas qu’une danse, il est un spectacle complet comprenant musique, chant et danse structuré parfois en une unique ronde de femmes, parfois en deux alignements se faisant face, s’infléchissant souvent en demi-cercle, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Séparation des sexes destinée à éviter tout mécontentement de la part d’un mari jaloux. Pour ce qui est du rythme il est soit à deux, soit à quatre temps.L’Ahwach se déroule en plusieurs temps, la partie la plus difficile à réaliser dans cette danse est probablement celle qui constitue son originalité : c’est la partie de l’msaq : les joutes poétiques qui précèdent la danse.

En effet, ces joutes poétiques nécessitent que les quelques danseurs d’Ahwach qui s’en chargent soient dotés d’un extraordinaire pouvoir d’improvisations poétiques et d’un grand sens de la répartie.

Les deux chœurs (hommes et /ou femmes) se tiennent face à face et alternent leurs chants qui font généralement référence à l’amour, à la nature, ou aux événements qui se passent dans la tribu.« Le corps, ses mouvements et ses sens, apparaissent comme des instruments de production et de représentations publiques du Savoir ». (9) 

 Je pense que la pratique de cet art de l’Ahwach est une discipline relevant plus de l’initiation que du loisir. Je ne m’y essaierais même pas quoiqu’y ayant baigné toute mon enfance.

Danse théâtrale
Ram Thaï, Rabam
Thaïlande

 

 La danse thaïlandaise peut être divisée en deux grandes catégories : d’un côté, le drame dansé traditionnel, et de l’autre, les danses folkloriques et régionales. 

 Le premier genre de drame dansé traditionnel est interprété par des troupes de danseurs restant muets, l’histoire, racontée par un chœur à côté de la scène, relate des épisodes de la Geste du Roi Indien Rama dans sa version thaïlandaise. Il y a quatre types de personnages : les hommes, les femmes, les singes et les démons. Les deux derniers portent des masques.  

 Un autre genre de ces drames dansés ne se cantonne pas à cette Geste et raconte une plus grande variété d’histoires, dont des contes populaires et des récits de la vie de Bouddha. Les danseurs sont généralement des femmes qui interprètent en groupe, plutôt qu’en tant que personnages individuels. (10) Qui, outre le fou, pourrait avoir l’audace de danser ces danses, à moins d’y être né ? Certainement pas moi !

 
 
Danse guerrière; Haka, danse rituelle Maorie; Nouvelle Zélande
 

Rendue célèbre par les équipes de rugby de Nouvelle Zélande qui l’exécutent avant toute confrontation, le très viril Haka,  danse guerrière maorieest un rite qui peut exprimer la joie, la colère, le désir de vengeance. Le principe est le suivant : Kia korero te katoa o te tinana (le corps tout entier doit s’exprimer).Ainsi, chaque geste, chaque expression porte un nom spécifique. Les danseurs tirent la langue, tapent leurs mains fortement sur leurs poitrines ou jambes, essayent d’être le plus agressif possible… et le plus effrayant ou le plus “moche” ! Ce qu’encourage Gret Paluccalorsqu’elle affirme« Je ne veux pas danser de façon jolie et mignonne ! » (12).

 

Moi ? Une danse guerrière ? Mais vous galéjez, ma parole ! Moi, je suis plutôt Boris Vian … ’’Je ne suis pas sur terre pour tuer des pauvres gens’’

 

 
 
Danse de la guérison ; Tarentelle; Italie du Sud
 

La tarentelle fait partie de la vaste famille des danses traditionnelles des régions de l’Italie du Sud. La tarentelle doit son nom à « La tarantola », la tarentule, un type d’araignée venimeuse très présente dans le sud italien. Selon la tradition, la morsure de cet animal rendait fou et extrêmement  »agité ». Cette danse naît alors, comme une sorte de thérapie musicale, pour guérir les personnes mordues par la tarentule en canalisant leur dynamisme dans la danse. C’est pour cela que les pas de base sont des petits sauts arachnéens.

 

Lorsque je suis né, Sir Alexander Fleming avait déjà inventé la pénicilline et mon père était coiffé des lauriers du savoir, je n’ai pas eu besoin de danser pour me soigner… Je n’ai donc pas appris non plus à débarrasser mon corps des poisons en sautillant…

 

La danse est un savoir matérialisé par le corps.Je joins l’adresse Internet à laquelle vous saurez tout de la Tarentelle. Je vous prie de me faire savoir si d’aventure ce jeu de marelle a guéri quelqu’un autour de vous du tarentulisme… (13).

 

 
 
Danse classique
Rudolf Noureïev & Margot Fonteyn
Casse-noisettes de Tchaïkovski
 

Jusqu’à la Renaissance, le mot ’’danse’’ a été un terme générique regroupant l’ensemble des mouvements du corps cadencés par de la musique selon certaines règles. A partir de la Renaissance la danse se divisa en deux styles, le premier continuant d’être apparenté aux gestes de la vie et le second, se construisant dans le cadre d’une œuvre scénique, opéra ou ballet. Elle devint un spectacle à mesure que les pas se compliquaient pendant que les règles devenaient de plus en plus sévères. La danse devint même un métier à part entière qui codifia ses règles dont l’ensemble fixa les règles de la musique que l’on appela ‘’classique’’. Passant du statut d’amusement élémentaire à celui d’art complet, la Danse Classique décupla également ses prétentions et par enchaînement, ceux qui la pratiquent franchirent les limites préalables au point que l’un d’eux, Henn Haas (14), prétend que «Les danseurs parlent aux yeux des Hommes et veulent à travers eux rencontrer l’âme des observateurs.»

Comme illustration, j’ai choisi le divin Noureïev passant de l’autre coté du miroir et du talent pour les besoins du ’’Muppets show’’… : La perfection se permettant le loufoque reste la perfection …

Est-il besoin d’ajouter que la simple évocation de la ’’danse classique’’ éveille en moins, très bêtement d’ailleurs, une fantasmagorie ne cadrant aucunement avec mon référentiel culturel et que je ne saurais même songer à y dédier la moindre parcelle de mon temps. Ceci ne m’a guère empêché d’épouser  »15 ans de danse classique » qui obligèrent mes enfants à déchirer les chaires maternelles à leur naissance …

 
 
 
Danse nuptiale
La Valse
Europe
 

Valse classique ou viennoise, valse lente ou anglaise, java, valse musette, valse toupie, valse tango ou ’’valses asymétriques’’ à trois, cinq, huit ou onze temps, la valse est la danse des temps modernes par excellence. Elle désigne une danse à pas rapides développée par la Révolution française suite au déclin des danses de cour. Elle s’est développée grâce notamment aux premières utilisations du parquet et des chaussures de cuir qui permirent de passer du pas sauté au pas glissé.

 

Je me rappelle très distinctement avoir dansé une valse pour les besoins d’un bal costumé, après avoir répété je ne sais combien d’heures sous la férule d’une grande experte qui avait jugé mes dispositions naturelles pour l’art chorégraphique relevant plus du Mah-jong que des dons de Fred Astaire, mais elle n’eut d’autre choix que de m’accepter et même de m’encenser sous peine de me voir prendre l’excuse de mon incompétence pour me débiner… Car je pense comme Jessica Nelson, que ’’La valse est une danse répétitive et agaçante, monotone lorsqu’on n’a pas le droit de changer de partenaire’’.

 

Danse érotique; Strip-tease; Spectacle occidental (???!!!)

Le striptease est une forme de spectacle érotique qui consiste pour une personne à se déshabiller avec art et volupté pour finir nue. ’’La Danse des sept voiles a peut-être (sûrement !) son origine dans le mythe de la déesse Ishtar et du dieu Tammuz qui appartiennent aux croyances assyriennes et babyloniennes.  Selon ce mythe, après la mort de Tammuz, l’amant d’Ishtar, la déesse s’approcha des portes des enfers et voulut à tout prix que le gardien les ouvrît. Le gardien, salace et corrompu, la laissa pénétrer dans le monde souterrain, en n’ouvrant qu’une porte à chaque fois. À chacune d’entre elles, Ishtar devait se dépouiller d’un vêtement, si bien qu’elle se retrouva nue après avoir passé enfin la septième porte’’… (16)

Cette allégorie existe également dans la Bible et aujourd’hui, ayant été reprises dans la langue anglaise, c’est une métaphore qui désigne la révélation progressive d’une information, où l’on va d’étape en étape, quitte à faire languir ses interlocuteurs.

Tant chez Salomé que chez Hitchcock, le principe du suspens me plait bien, ma foi, mais ne comptant nullement priver de leur gagne-pain les émules de Rita Renoir ”la tragédienne du strip-tease” et ne me sentant aucune prédisposition pour le faire, l’on me permettra  d’écarter toutes les propositions qui me sont faites d’effeuiller mon académie  moyennant finance pour finir trônant sur un chippendale comme un caniche. Si je le faisais, pour le coup, oui, je partagerais avec la susnommée son avis que ”le strip-tease est un acte dramatique“ (17). Baste ! Je laisserai donc sagement à Rita son rôle d’animatrice et me ferai à l’idée de Kundera qu’ ’’Il en va de l’érotisme comme de la danse : l’un des partenaires se charge toujours de conduire l’autre.’’ (18)

 
Danse de séduction
Tango argentin
http://essentielle.lalibre.be/fr/wp-content/uploads/2009/03/tango1.jpg
 

Le tango, je me demande pourquoi ça se danse debout ! Sacha Guitry  Auteur de théâtre

 

’’Le tango est une danse de bal qui se danse à deux. C’est une danse d’improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l’avance pour être répétés séquentiellement, mais où les deux partenaires marchent ensemble vers une direction impromptue à chaque instant… A l’aube du 20ème siècle, Tango et milonga (variante) sont des danses liées aux bordels d’Amérique du Sud. Il y a durant cette époque d’immigration massive, presque trois hommes pour une seule femme. La concurrence est donc rude et, du fait de la rareté des femmes, on danse souvent entre hommes. Le tout sur fond de nostalgie du pays éloigné, de pauvreté, du désir inassouvi… Le tango émerge de cette alchimie entre, d’un coté, les Noirs qui métissent leurs danses avec les danses européennes de salons, et de l’autre, les Blancs qui se moquent des Noirs en singeant leurs figures.’’

 

Je sais par expérience qu’aucune autre danse ne fait autant fantasmer les dames que le Tango. Pas une d’entre elles qui n’ait rêvé 1000 fois qu’elle se pâmait entre les bras de Rudolph Valentino, Marlon Brando, Al Pacino, Antonio Banderas(19)  ou Richard Gere (20).

 

Je n’aurais point dédaigné que mon nom figurât dans cette liste… non point pour la distinction – que je pense mériter largement, mais pour ’’l’amitié’’ de … Jennifer Lopez … Plus sérieusement, si j’ai quelque regret de ne point savoir danser, c’est uniquement pour cette danse-là, le Tango qui contient tous les ingrédients ethno-psycho-socio- artistiques à même de satisfaire mes attentes en termes de chorégraphie. Le tango permet certainement plus que toute autre danse, de suivre le conseil de Jenny Gertz, chorégraphe et enseignante : «Je ne montre jamais de mouvement aux enfants. Je leur donne un nouveau jouet : leur corps et toutes ses possibilités.»

 

 
Danse de création
Angelin Preljocaj
Le Funambule
http://www.europe1.fr/Decouverte/Talents-et-personnalite/Arts-spectacles/Danse-Preljocaj-en-solo-dans-Le-Funambule/(gid)/230360 
 

Une danse est un ’’Mouvement rythmiquement structuré dans l’espace’’selon l’ethnomusicologue Kurt Sachs !  C’est la définition de la danse la plus glaciale que je connaisse. Si l’on devait en tenir compte pour créer une chorégraphie, je pense que l’on atteindrait l’esthétique du télégraphe et de l’épouvantail, ce qui entre nous soit dit est le cas de bien des créations actuelles. Ayant précisé que je ne me sens nullement concerné non plus par les danses créées à longueur d’années dans les boîtes de nuit, je voudrais tout de même noter avec plaisir l’immense  »aspiration » de la jeunesse par les danses afro-cubaines, caraïbes et autres qui elles, sont un moment de contact, de partage, de communion, d’échange tout à fait nécessaire. Tartes à la crème de la recherche éthologique, toutes les études font ressortir l’importance de ce toucher et de sa valeur thérapeutique pour notre santé, notre développement, notre bien-être. (21)

Exeunt donc les approches ice-breaker, puis courtisanes et rapidement maniérées des danses anciennes, le jour ou à Woodstock, les hippies ont assis face à face de doux rêveurs de tous les sexes, les cheveux pleins de fleurs, leur faisant promettre de s’aimer et de ne pas se faire la guerre… On allait se tuer autrement, grâce au chimiste allemand Albert Hofmann,  à la guitare folle de Jimmy Hendrix  et au chant rastafari de Bob Marley… D’autres chants authentiques de ce Triangle d’Or ou des Bermudes, chaudron bouillonnant de créativité, ne tardèrent pas à arriver, par la voie ethnoculturelle …  et tout cela se mélangea au prix des déhanchements incontrôlables des jeunes filles en fleurs et aux petits pas précis des beaux garçons éclatant de soleil.  

’’Ce soir on danse collé collé
Mets tes mains sur mes hanches collé collé
On va faire connaissance collé collé collé collé hé hé
Viens tenter ta chance collé collé
En suivant la cadence collé collé
C’est si bon quand on danse collé collé collé collé hé hé’’
(22)
 

Faisons confiance aux vertus adhésives des moiteurs corporelles pour agréger et capitaliser les acquis des chocs culturels d’un monde enfin débarrassé de ses frontières-camisoles, malgré tous les gadgets stupides des marchands de ferraille et les appétits des ’’Messieurs, Ô Ministres intègres’’… 

Ignorant superbement les ennuyeuses recherches académiques des ‘’nouveaux chorégraphes’’ qui ne trouvent jamais rien que l’ennui et le prétexte pour se faire financer à fonds perdus avec notre bon argent, la danse populaire, elle, avance à pas joyeux, annexant peu à peu les pistes du monde entier, en brodant le Su He Xiang chinois  avec les Hasta hindous, en mâtinant le Letkiss glacé des eskimos de la brûlante Guedra des Touaregs Sahraouis, en encanaillant la Furlana argentine de la Cucaracha de la Rumba cubaine… Les adorateurs des races pures et autres ’’vieux cons insanes’’, qui ont largement montré leurs capacités, se tairont à jamais, tétanisés par la beauté de la danse universelle, péan magnifique et chamade contre l’ennemi de l’homme, sa propre bêtise…

L’heure de la vérité a sonné. Tout au long des pages ci-dessus, je me suis tapi, feintant et feignant pour ne pas trahir mon douloureux secret et je m’étonne que qui que ce soit ait pu croire un seul instant que je n’aimais pas la danse, moi qui ai dit, simultanément avec Henry Havelock Ellis, (23)

La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu’elle n’est pas une simple traduction ou abstraction de la vie ; c’est la vie elle-même.

J’attends mon heure, c’est tout !…

mo’

 
(1)  mo’ https://mosalyo.wordpress.com/2009/04/20/
(2)   mo’ https://mosalyo.wordpress.com/2009/04/20/
(3)   André Gide, Les Nourritures Terrestres
(4)   Satchel Paige, joueur de baseball 1906-1982
(5)   Jean Dubuffet, peintre du XXème siècle 
(6)   Ecclésiaste 3.1-4
(7)   http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse 
(8)   Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
(9)   http://www.tanzarchiv-leipzig.de/?q=fr
(10) http://www.insecula.com/salle/MS02985.html  
(11)http://www.tanzarchiv-leipzig.de/?q=fr/node/846
       http://www.youtube.com/watch?v=CE5GAQkXMpw&feature=related
(12) http://fr.wikipedia.org/wiki/Gret_Palucca
(13)http://www.tanzarchiv-leipzig.de/?q=fr
       http://www.dailymotion.com/video/xl1i2_tarentellelecondanse_music
(14) http://www.tanzarchiv-leipzig.de/?q=fr
(15) http://www.youtube.com/watch?v=r_kSTtjplkM&feature=related
(16) http://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_des_sept_voiles
(17) http://fr.wikipedia.org/wiki/Rita_Renoir
(18) http://fr.wikipedia.org/wiki/Milan_Kundera
(19) http://www.wat.tv/video/tango-antonio-banderas-1hcgo_1a05p_.html
(20)http://www.youtube.com/watch?v=w5DqNocL6DE
(21) http://www.ecologielibidinale.org/fr/biblio/miel_toucher.pdf
(22) http://www.youtube.com/watch?v=tLzY04LAXco
(23) http://fr.wikipedia.org/wiki/Havelock_Ellis
 
 
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