En tous domaines, y compris celui de notre nourriture, la passion oblitère la sagesse.  Une grande part de la santé, donc du bonheur peut être acquise disait  Pythagore dans ses Vers Dorés, pourvu …

 

’’Que la table soit saine, que le luxe soit banni.’’

 

Tout peuple qui a considéré comme son territoire ‘’le nombril des races claires’’, cette Méditerranée si justement substantivée par Léopold Sedar Senghor, en a enrichi la civilisation, la technique et la culture. A l’origine, Mare Nostrum a été une  »terre d’accueil » tout autant qu’une  »route vers partout » pour les peuplades chassée d’Asie Mineure par de grandes famines et chacune apporta là son habileté à exploiter les ressources naturelles de la terre. Là précisément, furent découvertes surtout, les infinies richesses du soleil, lequel est, selon des textes sacrés hindous, ’’l’origine de tout ce qui existe, le principe et la fin de toute manifestation, savitri, le nourrisseur’’.

 

Voici les assises de la nourriture en Méditerranée :

 

1. Le pain

 

’’Lorsque l’homme commença à abandonner son existence nomade et à se sédentariser sur les pourtours de la Méditerranée, il entreprit de  cultiver des céréales. Ce fut un profond changement de mode de vie qui s’annonça. En effet, le pain marqua le début de la notion de production organisée par l’homme, jusque-là soumis aux aléas de la chasse et de la pêche. C’est aussi la création d’un nouvel environnement, car la culture des céréales transforma durablement le paysage. La possibilité offerte à l’homme d’engranger des réserves de nourriture lui ouvre un temps libre, lui permettant de se livrer à un premier travail de réflexion culturelle et sociale.

 

La production du pain unit les nations de la Méditerranée en les confrontant à un passé commun qui reste encore très présent aujourd’hui dans la mémoire, mais aussi dans l’activité quotidienne des hommes…’’ (Histoire Naturelle et Morale de la nourriture, Maguelonne Toussaint-Samat, Bordas, 1990.)

 

Dans le monde arabo-méditerranéen, la prépondérance du pain est très claire, au point qu’il est nommé ’’N’amt Allah’’, autrement dit ’’don de Dieu’’. Sa consommation en fait l’indispensable accompagnement de toutes les préparations en sauces, à moins qu’il ne constitue lui-même l’essentiel du repas, situation dans laquelle on se contente de l’agrémenter d’autres produits très simples, comme des tomates par exemple, des olives, des poivrons, des oignons, de l’ail, du fromage frais ou fermenté, d’huile d’olive ou de noix, avant d’être salé et épicé.  

 

2. La Tomate

 

Elle fut empruntée aux indigènes d’Amérique du Sud par les Espagnols qui l’introduisirent en Italie par Gênes et Naples … Les Italiens apprécièrent en premier lieu son parfum, le temps de la modifier génétiquement par de multiples croisements qui en étoffèrent la pulpe et améliorèrent le rendement.

 

La ‘’pomme d’or’’ s’est parfaitement adaptée à l’intensité du soleil et elle en est aujourd’hui une culture majeure, offrant le parfum caractéristique de sa chaire à l’ensemble des cuisines des pays de l’anneau méditerranéen.  De là, elle a rayonné en quatre petits siècles sur toute l’Afrique ou en diverses parts, son jus est assimilé au sang, comme chez les Bambaras du Mali par exemple.

 

Elle est donc symbole de fertilité et sa couleur rouge est complice du processus de procréation, de création…

 

3. L’Huile d’olive 

 

La Méditerranée est le royaume de l’olivier qui fournit et la lumière et la nourriture. Cette double utilité en fait un parfait symbole de pureté et aussi de prospérité.

 

Sous nos tropiques, sa couleur solaire et sa douceur en font le symbole de la fécondation : l’on en oint le soc de la charrue pour faciliter sa pénétration dans la terre. Toute chose ointe est comme revêtue d’un pouvoir divin qui la sacralise.  

 

Réunir ces trois ‘’produits’’, c’est dresser le triptyque de la nourriture méditerranéenne à laquelle on ne finit de reconnaître des vertus diverses et variées.

 

Un soupçon de feu, pour faire croustiller le pain et ajouter la sensation et le son aux autres plaisirs, quelques fioritures pour libérer l’imagination et même le rêve, et vous avez l’une quelconque de ces œuvres listées en titre. Voici la tartine méditerranéenne,

1) Découpez le pain en tranches d’1,5 à 2 cm d’épaisseur

2) Pelez les tomates, exprimez les grossièrement et écrasez-les

3) Egermez les gousses d’ail

4) Toastez le pain légèrement sous le gril du four jusqu’à le raidir

5) Frottez les tranches de pain avec l’ail

6) Déposez très peu de pulpe de tomate concassée

7) Ajoutez un filet d’huile d’olive, Salez et poivrez légèrement

8) (éventuellement) Nouveau passage très bref (5 à 10’’ sous le gril du four)

A partir de la recette de base ci-dessus,

débridez votre imagination

déclinez votre goût

 

Aux herbes 

1° Au basilic : Ciselez quelques feuilles de basilic et mélangez-les à la pulpe de tomate ;

2° Aux herbes de Provence : à intégrer dans la pulpe de tomate ;

 

Au fromage

3° Au basilic et au chèvre dur râpé ;

4° A la feta émiettée sur la pulpe de tomate à laquelle on intègre un peu d’origan, de persil et de basilic

 

Aux légumes

5° Aux poivrons et tomates confites : remplacez la pulpe de tomate fraîche par une mirepoix de tomates et poivrons confits ;

 

Aux poissons (sans chauffage final) 

6° Aux olives et anchois : à disposer par-dessus avant de servir froid;

7° A la sardine : à déposer en filets par-dessus avant de servir froid;

8° Au maquereau : à déposer en filets par-dessus avant de servir froid;

9° A la poutargue (œufs de mulet séchés) : supprimez le sel et détaillez quelques copeaux de poutargue au dessus de la pulpe de tomate …  

 

 

 

 

mo’

… 10°

Petit conseil préliminaire pour ces demoiselles : S’ATTACHER LES CHEUVEUX ! Très important si vous ne voulez pas zozoter après la dégustation de vos tostadas…

Pour 6 personnes

 

INGREDIENTS

La base :

·         3 petits pains de votre choix (complets, aux céréales, blancs…), taille (approximative) ¼ de baguette

·         Sel, poivre et baies

·         12 cuillères à café d’huile d’olive

 

Pour l’Andalouse :

·         3 tomates toutes rouges

·         6 belles feuilles de basilic bien vertes et qui sentent bon

·         Du « queso de cabra curado », fromage de chèvre “sec”, Vieux… Bref du fromage espagnol!

Pour la Chilienne :

·         3 avocats tous mous, tellement mous qu’on pourrait les confondre avec ces boules antistress à malaxer !

·         1 /2 poivron rouge

·         De la poudre d’ail

 

RECETTE

 

La base :

 

Faire dorer-griller le pain puis verser et étaler une cuillerée d’huile d’olive sur chaque tranche. ATTENTION : cette étape est PRIMORDIALE ! L’huile directement sur le pain !

 

Pour l’Andalouse :

 

La purée de tomates 

Mettre les tomates coupées en 8, les feuilles de basilic, 6 cuillères d’huile d’olive et quelques pincées de sel, poivre et baies selon l’humeur dans le mixeur : MIXER.

Selon votre degré de fine bouche, laisser plus ou moins de morceaux…

 

Etaler délicatement le savoureux mélange de tomate sur le pain en prenant bien le temps de renifler cette odeur de fraîcheur absolument divine.

 

Si vous aimez les plaisirs solitaires (pas de tabous entre nous !) et ne souhaitez donc point partager la dégustation de votre tostada, je vous suggère alors de revenir aux bonnes vieilles méthodes de râpage à la main : coupez une demie tomate, empoignez râpe et récipient puis râpez ! Vous mettrez alors les feuilles de basilic entières et la cuillère d’huile d’olive manquante à la main.

 

La touche finale :

Couper 2 morceaux de fromage (qui auront une forme triangulaire si vous avez su dénicher la bonne tomme!) et les poser avec une infinie délicatesse par-dessus le tout.

 

Pour vous faire un bocadillo, recouvrez votre tostada avec l’autre moitié du petit pain et enfournez 10 minutes à 180°C ! Vous pourrez alors vous délécter d’une tostada tiède avec un fromage ramolli qui viendra faire des guilis à vos molaires. 

 

A CROQUER LES YEUX FERMES !

Pour la Chilienne :

 

L’étalage de l’avocat

Alors là c’est très simple, tout le secret de cette recette consiste en l’ETALAGE DE L’AVOCAT !

Pas d’astuce de grand chef, juste un peu de bon sens, et je reste persuadée que c’est mon étalage d’avocat qui fait toute la recette…

Alors, prenez note :

           Empoignez fermement un demi-avocat,

           Levez haut le bras au dessus de la tranche de pain,

           Prenez un air coquin et malicieux,

           Armez-vous d’une cuillère de l’autre main

           Raclez délicatement l’avocat qui, s’il a été bien choisi, va fondre sous le geste si précis,

           Une fois que vous avez fait tomber de quoi recouvrir votre tartine, lâchez l’avocat pour prendre la tartine, et homogénéisez le vert sur cette dernière du dos de votre cuillère,

           Voilà, la partie la plus délicate a été réalisée !

 

La touche finale :

Salez, poivrez, aillez à votre gré puis disposez les tranches de poivron finement coupées.

Ceci est la BASE de la tostada Chilienne, mais c’est un peu comme le hamburger Américain, vous pouvez ensuite y superposer ce que BON vous semble, exemple : champignons frais, tomate, fromage, noix, que sais-je… Un peu de créativité !

 

A DEGUSTER ENTRE AMIS SUR UNE TERRASSE SANTIAGUINE

AVEC UN AIR DE GUITARE REVOLUTIONNAIRE !

Tostada Chilena

gitAnne

 

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