Monument de la bêtise humaine que cette phrase qui prétend que les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Dans les civilisations qui ont précédé la nôtre, on plaçait au sommet de la pensée humaine le sacré, puis l’art qui en découlait d’ailleurs presqu’exclusivement ; et à partir de ce sommet se déroulait naturellement toute une échelle de valeurs esthétiques. Peu à peu, la science a envahi le monde de la pensée, tant dans ses manifestations objectives, ce qui est son rôle, que dans ses manifestations subjectives lesquelles ont pu faire dire alors, entre autres, que ‘’les goûts et les couleurs ne se discutent pas’’.

Je ne suis pas convaincu cependant que la locution latine qui le prétend : De gustibus et coloribus non disputandum, ait vraiment été correctement comprise. Elle comporte une nuance rarement soulignée. Je ne sais si ladite expression latine est la première expression de l’idée ou si la phrase d’origine a été latinisée au sein de quelque école, à quelque époque hermétique comme le Moyen-âge. Traduisons-la, cette phrase : ‘’On ne doit pas discuter des goûts et des couleurs.’’ L’injonction est rarement rendue, or l’emploi du gérondif sous-tend l’obligation. Une meilleure traduction serait littéralement : ’’Les goûts et les couleurs ne sont pas à discuter’’, mieux dit : ‘’Mieux vaut ne pas discuter des goûts et des couleurs’’, conseil qui semble inclure un sous-entendu sous forme de suite élidée : ‘’… car cela ne sert à rien’’. Développons davantage pour compléter l’idée : ‘’car pour discuter des goûts et des couleurs, il faut un certain savoir dont l’absence rend caduque la discussion.’’

Autre détail intéressant : DISPUTARE qui est le verbe latin d’origine signifie lui-même :

PUTARE = Penser

DIS = Différemment

DISPUTARE est donc d’abord penser autrement !

Enfin, rappelons-nous – je suis un rêveur, qu’en français même, l’ancien sens de DISPUTER est très précisément : DISCUTER ! Ce n’est qu’au XVIIème siècle que s’y introduisit la notion de désaccord…

La production esthétique a toujours eu pour tâche de rechercher, d’identifier et d’expliquer notre insertion harmonieuse dans le monde. A coté des sagesses asiatiques qui sont pétries de tous les arts, nos religions monothéistes ont préféré dans un premier temps opter pour le dépouillement total et la concentration sur la réflexion, avant de se déchaîner et devenir les terrains favoris de l’illustration bien profane.

De tout temps, on essaya d’introduire des éléments scientifiques dans l’art ou tout au moins des données objectives. Pour ne parler que de la beauté anatomique humaine, un prodigieux travail fut fait partout dans le monde, en Inde, en Chine, en Perse, en Egypte, dans le Monde grec, dans le monde arabo-musulman et aussi dans les grandioses civilisations précolombiennes dites des Peuples du Soleil.

On créa ainsi des outils divers, des référentiels, des normes, des canons, des nuanciers, des vocabulaires, mais surtout, de redoutables outils mathématiques devant lesquels il n’est que de s’incliner.

Le plus prestigieux d’entre eux a même été ‘’divinisé’’ puisqu’on l’appelle la Divine Proportion : c’est le nombre d’or ou ф = 1,618 034. Il est appelé Phi, comme la première lettre du nom du grec Phidias, architecte et sculpteur, auteur du Parthénon d’Athènes notamment.

La valeur exacte de ф, Phi, est 1+ racine carrée de 5 le tout divisé par 2. Une approximation de ce nombre est 1,618 034. L’étude de ce nombre a donné matière à des centaines d’ouvrages qui vont de la curiosité destinée au grand public – comme le fait qu’il est un irrationnel, c’est à dire que le nombre de ses décimales est infini ; que son carré est égal à lui même plus 1 ; que son inverse est égal à lui-même moins 1 – à l’étude mathématique doctorale d’une complexité extrême.

Retrouvez tout cela ici : http ://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_d’or car là n’est pas notre propos et retenons seulement que ce nombre d’or se manifeste dans de nombreuses formes et concepts géométriques, dans tous les arts, dans la nature, dans la biologie, et même dans le cosmos.

’Les  mathématiques  possèdent  non  seulement  la  vérité, mais la beauté suprême, une beauté froide et austère, comme celle d’une sculpture’’ Bertrand Russell, 1872-1970, mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique. 

 

Représentation du corps humain due à l’alchimiste Aggripa Von Nettesheim  (1486 – 1535) Il est en relation avec les cinq principales planètes et constitue un véritable microcosme : il est l’image de l’univers. Il est parfaitement  inscrit dans un pentagone régulier et montre ainsi que ses proportions sont en rapport avec le nombre d’or.

 

Léonard de Vinci réalise ce dessin où il superpose les deux positions et il cherchera sur chaque corps les correspondances entre différentes mesures, en s’abstenant toutefois d’en déduire quelque norme ou théorie générale que ce soit.

 Le Modulor est une notion architecturale inventée par Le Corbusier en 1943. Silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d’habitation. Le Corbusier a pensé créer un système directement lié à la morphologie humaine. Modulor est une contraction de ’’module’’ et ’’nombre d’or’’.

http ://www.youtube.com/watch ?v=v5TaiKC7QuA

En anatomie, étude du corps humain, le nombre d’or doit se vérifier dans plusieurs proportions, à commencer par celles définies ci-dessus :

plante des pieds – nombril ; nombril – sommet du crâne = a/b = ф
plante des pieds – genoux ; genoux – pubis = c/d = ф
pubis – sternum ; sternum – base du cou  = e/f = ф
base du cou – yeux ; yeux – sommet du crâne = g/h = ф

 

En matière d’architecture, on a mis en évidence l’utilisation du nombre d’or dans la Pyramide de Khéops, les temples mayas de Tikal ou d’Uxmal, le Parthénon d’Athènes, le Taj Mahal, la Kaaba de la Mecque et la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

Ce qui est troublant c’est que lorsqu’on dessine spontanément un rectangle, on essaie systématiquement de le faire en appliquant cette règle de la divine proportion !

 

De haut en bas et de gauche à droite : La Vénus de Milo, La naissance de Vénus d’Amaury Duval, Lilith de John Collier, La Maja Desnuda de Goya, et la Naissance de Venus de Botticelli

 

Il était une fois…

Un chirurgien plastique de Californie, du nom de Stephen Marquardt, qui exerça durant plus d’un quart de siècle avant de ranger ses bistouris pour se consacrer à la recherche dans le domaine de l’esthétique en matière de chirurgie dentaire et maxillo-faciale. Ses travaux ont eu un tel succès qu’il devint le porte-parole de ces activités aux Etats-Unis, sillonnant le pays et même toutes les facs de médecine partout dans le monde, partageant ses connaissances et le fruit de ses recherches. Pour regrouper ses activités il a créé le MBA : Marquardt Beauty Analysis, une association sans but lucratif, Foundation en anglais, que l’on peut contacter par mail sans problème à l’adresse suivante : beautyanalysis@socal.rr.com  et dans le cadre d’un site Internet,  http://www.beautyanalysis.com/index2_mba.htm , il explique avec une clarté extrême ce qu’il fait, ce qu’il peut faire et ce qu’il cherche à faire.

Cette association se propose de conseiller bénévolement les gens insatisfaits de leur physique et d’encadrer leur cheminement vers la solution la plus adaptée à leur problème : de la simple astuce de maquillage à l’acte chirurgical. MBA ne se mêle jamais d’action, mais elle couvre de son intérêt tous les aspects de la chirurgie esthétique. Elle y intègre notamment et massivement la science.

 

Des informaticiens américains ont rassemblé  les réactions de 68 hommes et femmes desquels ils ont extrapolé un programme de retouche graphique basé sur un algorithme incluant 234 paramètres. Puis ils y ont soumis les photographies de stars mondiales comme Brigitte Bardot, par exemple. La pauvre BB a tout perdu dans l’aventure et de femme fatale irrésistible, elle est devenue midinette de 3ème zone, alors que la retouche opérée est infime et n’a consisté qu’en une très légère diminution de sa célèbre moue. Ceci a permis aux frileux de la beauté d’affirmer vite fait, non pas que le programme était raté mais carrément qu’il ne pouvait y avoir de science de la beauté !

 

http://www.cindyjackson.com/index.php?act=viewDoc&docId=5

Cette ‘’Barbie’’ américaine a eu la bonne idée de capitaliser les 40 interventions chirurgicales qui l’ont modifiée de haut en bas et de droite à gauche. Elle a créé une ligne de cosmétiques, écrit des livres, fait des conférences et continue de se faire rajuster de temps à autre pour se rafraîchir l’inspiration. Le New York Times a dit d’elle : ‘’Personne n’en sait plus que Cindy Jackson sur les cosmétiques de bien-être et les produits rajeunissants. Elle est la preuve vivante de son expertise unique.’’ Elle décourage la concurrence en criant haut et fort que son exemple n’est guère reproductible car sa vie a été une longue série d’erreurs, de souffrances et de tâtonnements. Sous-entendu : N’essayez pas de faire comme moi, il n’y a pas de science de la beauté. Achetez plutôt mes produits !

 

’’A tous les siècles, on a parlé de la Beauté de la proportion mais, selon les époques, en dépit des principes arithmétiques et géométriques affirmés, le sens de cette proportion a changé. Assurer qu’il doit y avoir un juste rapport entre la longueur des doigts et la main, et entre celle-ci et le reste du corps, c’est une chose;  déterminer le bon rapport était une affaire de goût qui pouvait évoluer au fil des siècles.’’

 Stephen Marquardt a réussi à créer un masque de beauté formé par des traits harmonieux qui se superpose parfaitement aux visages des plus belles femmes du monde, toutes époques, cultures et origines ethniques confondues et tout cela grâce au nombre d’or, comme les grands maîtres de l’art qui l’ont reproduit maintes fois depuis les temps immémoriaux, quelquefois consciemment, d’autres fois de manière instinctive !

Saira MOHAN  : Le visage parfait

Mannequin indo-canado-franco-irlandaise

La MBA du brave Docteur Marquardt a, entre autre chose, élaboré des masques de vérification de la beauté définie en tant que telle par des ‘’spécialistes’’. On applique les masques en question sur des photos prises a un certain format (13cm X 18cm) ou un multiple de ce rapport et on évalue ce qui s’y intègre et ce qui en déborde, selon l’exemple ci-dessus. La concordance la plus importante révèle le plus haut degré de beauté. Ce réseau de figures géométriques est un assemblage de ‘’nombres d’or’’… 

A titre personnel, s’il vous semble Madame, que vous n’avez rien à envier à Saira Mohan ou à Aïshwari Raï,  vous pourriez étayer vos prétentions à l’égalité de la façon suivante : demandez à votre photographe de vous prendre une photo de face, sans sourire, puis la même en souriant et de la mettre au format 13 X 18. Vous aurez au préalable fait un tirage des masques au même format sur du papier transparent. Mettez à plat votre photo et déposez dessus un masque. Ainsi, à l’abri des regards des mauvaises copines, des cancanières, des envieuses et des jalouses, vous saurez ‘’la vraie vérité’’ sur vos charmes et votre beauté avant de convoquer une conférence de presse internationale au cours de laquelle vous pourriez annoncer la réussite de votre putsch contre les détentrices de la couronne !

Ce faisant, vous vous feriez en tout cas moins de mal qu’en confiant vos académies à ces enragés du canif qui prolifèrent actuellement comme des gremlins ici comme ailleurs et vous ornent, moyennant lourdes finances, de boursoufflures diverses qui vous inscrivent dans le chapitre des illustrations de troubles proctologiques et de vieilleries amidonnées, vous affublant au passage d’airs superlativement crétins.

Mesurez votre beauté et pour cela, voici quelques exercices qui vous prouveront qu’il n’y a aucune exception possible quelles que soient la race, la morphologie et le reste.

 

 

Pour ce qui concerne les hommes, luttant pour la couronne archétypale de  la beauté masculine, Georges Clooney, le garçon du café , mesuré en tous sens et Mo’,  séparés par le masque du Bon Docteur Stephen Marquardt…

 mo’

 

Publicités