RENAISSANCE

LES CINQ PILIERS DE L’ISLAM

  1. le témoignage qu’il n’est d’autre dieu que Dieu et que Mohamed est son Messager,
  2. l’accomplissement de la prière,
  3. l’acquittement de l’aumône,
  4. l’observance du jeûne de Ramadan
  5. et le pèlerinage à la Maison Sacrée pour qui le peut.

http://global-ethic-now.de/gen-fra/0b_weltethos-und-religionen/0b-00-einleitung/0b-01-nahoest-proph-religionen.php

La relation aux autres

Un ordre direct, clair et net

“Dites : Nous croyons en Dieu,
à ce qui nous a été révélé,
à ce qui a été révélé
à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus,
à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus,
à ce qui a été donné aux Prophètes
de la part de leur Seigneur.
Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux“

(Le Coran II, 136)

Mohamed, prophete de l’islam 

Quelques avis…

Comment un homme, illettré au départ, aurait-il pu, en devenant par ailleurs, du point de vue de la valeur littéraire, le premier auteur de toute la littérature arabe, énoncer des vérités d’ordre scientifique, que nul être humain ne pouvait élaborer en ce temps-là, et cela, sans faire la moindre déclaration erronée sous ce rapport ? »

Maurice Bucaille, La Bible, le Coran et la science

Ses paroles, ses actes et sa pensée étaient véridiques. Ceux qui le côtoyaient avaient également remarqué que toute parole qui exhalait de lui renfermait une édifiante sagesse. J’ai appris de lui qu’il était extrêmement pondéré, et gardait le silence lorsque les paroles n’étaient plus nécessaires, mais lorsqu’il parlait, ses paroles n’étaient que vérité et raison.

Thomas Carlyle, Heroes, Hero Worship, and the Heroic in History, 1841

Je voulais mieux connaître la vie de celui qui aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains. Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce ne fut pas l’épée qui créa une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. Ce fut cette grande humilité, cet altruisme du prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes. »

Mahatma K. Gandhi, journal « Young India », cité dans « The light »

Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité de la réussite sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Muhammad ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes.

Alphonse de Lamartine, Histoire de la Turquie, 1854, Tome 1 et Livre 1

Lorsqu’on lui demandait des miracles et des preuves, le Prophète répondait inlassablement : « Je ne suis qu’un messager ».

Tariq Ramadan, La vie du Prophète

Il était César et le Pape réunis en un seul être ; sans armée, sans garde du corps, sans palais et sans revenu fixe ; s’il y avait un homme qui avait le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, ce serait Muhammad, puisqu’il a reçu tout le pouvoir sans avoir les instruments ni les supports. 

Bosworth Smith, Mohammad and Mohammadanism, 1874

Le rôle du Prophète

Le Prophète a dit

  • ’’Dieu ne m’a point envoyé aux gens pour leur rendre la vie difficile ou pour souhaiter leur perte ; Dieu m’a plutôt envoyé en tant qu’enseignant et pour rendre aux gens la vie facile’’.

L’apport de Mohamed

Un récapitulatif en 10 points :

  1. Mohamed libéra l’homme – par révélation divine — de l’asservissement de l’homme à l’homme et de sa domination à l’asservissement de l’homme à son Dieu qui n’a point d’associé, délivrant de la sorte l’homme de l’asservissement à tout autre que Dieu.
  2. Mohamed libéra l’entendement des gens des mythes, des superstitions, du culte des idoles, des fausses divinités et des idées contraires à la logique.
  3. Mohamed jeta les bases de la tolérance entre les hommes. Dieu lui révéla dans le Coran qu’il n’y a point de contrainte en religion. Le messager de Dieu montra les droits des non-musulmans qui ne font pas la guerre aux musulmans stipulant qu’ils ont droit à la sécurité pour leurs personnes, leurs enfants, leur honneur et leurs biens.
  4. Mohamed fut une miséricorde pour tous les hommes quelles que soient leurs religions et ethnies voire pour l’univers. Son enseignement atteste que cette miséricorde touche même les animaux auxquels il interdit de nuire.
  5. Mohamed fit preuve de respect et de considération, sans pareil, à tous les prophètes. Dieu lui révéla un texte stipulant que si quelqu’un démentait l’un d’eux ou le dénigrait, il ne faisait plus partie de la communauté des musulmans, car tous les prophètes sont des frères ayant participé à l’appel à Son culte de Dieu Unique sans aucun associé.
  6. Mohamed défendit les droits de l’être humain, homme ou femme, jeune ou vieux, sans tenir compte des rangs sociaux ou des niveaux de vie. Il décréta un ensemble de nobles principes dans ce domaine, dont les principes énoncés dans son sermon de pèlerinage d’adieu des siècles et des siècles avant la Grande Charte de 1215, la Pétition des Droits en 1628, la Loi d’Habeas Corpus en 1679, la déclaration d’indépendance américaine en 1776, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789 et la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948.
  7. Mohamed accorda une place de choix à la morale dans la vie de l’homme. Il appela aux bonnes mœurs et protégea la sincérité, la loyauté et la pudeur. Il mit en garde contre le mensonge, la trahison, la haine, l’adultère et l’ingratitude filiale et régla les problèmes qui en résultent.
  8. Mohamed appela à acquérir le savoir, à réfléchir, à raisonner et à découvrir l’univers. Il plaça tout cela parmi les choses pour lesquels l’homme est récompensé tandis pendant que les savants et les penseurs des autres civilisations souffraient de l’oppression et des accusations de diffamation et d’hérésie et étaient constamment sous la menace de l’emprisonnement, de la torture voire de la mort.
  9. Mohamed construisit une religion conforme à la nature humaine qui tenait compte des besoins de l’esprit et des exigences du corps, pondérant les instincts de l’homme, sans les refouler ni les effacer, comme l’ont fait d’autres civilisations ayant sombré dans l’idéalisme contraire à la nature humaine et de ce fait chimérique.
  10. Mohamed proposa à l’humanité le modèle parfait de fraternité. Il indiqua qu’aucune race n’avait de faveur sur une autre race, car elles sont toutes égales dans les devoirs, les droits et la création.

(D’après Khaled Abou Saleh, in http://www.islamhouse.com/p/167756)

Les Hadiths

La Geste et le Dit

Paroles et faits du Prophète rapportés oralement par ses compagnons et fixés par écrit un siècle après le Coran. C’est là que nous sont rapportés ses enseignements donnés à divers disciples et ses réponses à diverses questions précises. Comme Mohamed n’a rien écrit lui-même, il fut obligatoire de passer par le témoignage de ces compagnons.

…  trois exemples de Hadiths …

1. L’Islam

Alors que le Prophète était à la Mosquée entouré de ses compagnons, un homme arriva et alla directement vers Mohamed qu’il se mit à questionner :

 

–   Ô Messager de Dieu, c’est quoi l’Islam ?  

– L’Islam, est que tu témoignes qu’il n’y a d’autre divinité que Dieu, que   Mohamed est son prophète, que tu fasses la prière, que tu fasses l’aumône, que tu jeûnes le mois de Ramadan et que tu accomplisses le pèlerinage à la Mecque si cela t’es possible.

– Tu dis vrai ! Lui répond l’homme ; mais dis-moi c’est quoi Al-Iman, la foi ?

– Al-Iman, est que tu croies en Dieu, en ses anges, en ses livres, ses prophètes, au jour du jugement dernier, et à la prédestination.

– Tu dis vrai ! Mais dis-moi ce que c’est qu’Al-Ihsan, la vertu ?  

– Al-Ihsan, c’est que tu rendes un culte à Allah comme si tu le voyais, car quand bien même tu ne le vois pas, Lui te voit !

– Tu dis vrai, dit l’homme, puis il s’en alla. 

Le calife Omar s’étonna du fait que cet homme se permît d’interroger le Prophète puis de juger ses réponses. Percevant cet étonnement, le Prophète, leur dit :

 – Savez-vous qui était cet homme ?

 – Dieu Seul et son Prophète le savent, répondirent-ils.

 – C’est l’ange Gabriel venu vous enseigner votre religion !

Trois choses bien distinctes sont enseignées par ce Hadith qui, à lui seul, englobe tout l’enseignement de l’Islam :

Al Islam (la soumission)

Al-Iman (la foi)

Al-Ihsan (la vertu)

2. La science

مَراتِبُ العِلمِ
Les degrés de la science

أَوَّلُ العِلمِ الصَّمتُ
Le premier est le silence
وَ الثّاني الاسْتِماعُ
Le second c’est l’écoute
وَ الثالِثُ الحِفْظُ
Le troisième c’est l’apprentissage
الرّابِعُ العَمَلُ بِهِ
Le quatrième l’application
وَ الخامِسُ نَشْرُهُ
Et le cinquième c’est la propagation (de celle-ci)

3. La morale

     Un jour, un  homme fit au Prophète l’aveu suivant :

– J’ai commis un grand péché !
– Qu’as-tu donc fait ? lui demanda le Prophète.
– J’ai eu un rapport avec mon épouse durant ce jour de jeûne !
– Affranchis un esclave, lui dit le Prophète.
– Je n’en ai pas les moyens, lui répondit l’homme.
– Jeûne deux mois consécutifs, lui dit alors le Prophète.
– Je ne peux les supporter, rajouta l’homme.
– Nourris donc soixante pauvres.
– Je ne le puis non plus, dit l’homme.

Sur ce, le Prophète fit apporter quelques dattes de chez lui et dit :

–   Prends ces dattes et fais-en l’aumône aux pauvres.
–   Il n’y a pas plus pauvres que moi et les miens.
–   Prends-les donc pour toi et ta famille !

 

La dénonciation des abus en matière de Hadiths

Des abus furent commis en matière de publication de Hadiths et des comptes arithmétiques simples montrent à l’évidence que beaucoup d’entre eux ne sont qu’inventions opportunistes pures de ceux qui les ont rapportés. Ces contrefacteurs furent parfois punis, certains de mort.

Mohamed al-Boukhari, Al-Boukhari (810 – 870) est un célèbre érudit musulman qui a rassemblé et examiné près de 600 000 Hadiths et en aurait mémorisé 200 000. Il a procédé à une œuvre d’authentification et n’en a retenu comme véridiques qu’un peu plus d’un pour cent : 7275, qu’il consigna dans la somme qui garde, à nos jours une autorité incontestée en la matière : al-jami’u s-sahih. (la somme veridique).

Tout le contenu en a été transmis par la double voie de l’écriture et de l’oralité. Il semble que l’on puisse ajouter une foi totale à son travail car il resta incorruptible toute sa vie durant, et aucun de ses innombrables détracteurs n’a jamais réussi à prouver la moindre des accusations portées contre lui.

Connaissant bien le pouvoir des Hadiths, le pouvoir temporel, en l’occurrence les autorités de sa ville de résidence, lui transmirent une invitation à venir à la cour animer des séances d’exégèse. Le savant répondit … en toute inconscience … cette superbe phrase :  

’’Je ne veux pas rabaisser la science en la traînant à la porte des sultans. Si le gouverneur y tient, qu’il vienne à la mosquée ou chez moi, mais si cela lui déplaît, qu’il m’interdise de professer ; j’aurai ainsi une excuse devant Dieu, le jour du Jugement Dernier! « 

Tous les exégètes n’eurent pas, hélas, ces scrupules.

Fatima Mernissi, sociologue, professeur à l’université de Rabat, membre du Conseil d’université des Nations unies a eu le courage de se pencher sur cet épineux problème et a commencé par récolter de ce courage injures, quolibets et même menaces. Elle a répété et prouvé ce que chacun sait, à savoir la volonté délibérée de beaucoup d’auteurs de faux Hadiths de tirer certains avantages personnels ou des parts de pouvoir, de la fabrication et du contrôle de ces ’’moules à penser’’ .

Un exemple frappant, touchant un point capital de la civilisation arabo-islamique :

Abou Bakra, un notable de la ville de Bassora en Irak, ancien esclave libéré par le Prophète, fut impliqué, 25 ans après la mort de celui-ci, dans une situation confuse entre le Khalife Ali et Aïcha, l’épouse, situation qui engendra une véritable guerre civile. Pour justifier son refus de se rallier à l’épouse, il se souvint opportunément avoir entendu le Prophète déclarer : ’’Lameyaflahou qawmoun in kana amirahoum imra’a’’, soit : ’’Un peuple dirigé par une femme ne saurait connaître le succès’’…   Cette ’’simple triche’’ eut les répercussions que l’on sait, et exclut de la vie politique plus de la moitié des citoyens : les femmes !…

D’après http://www.yabiladi.com/forum/faux-hadiths-fatima-mernissi-80-3175144.html

La nouvelle pensée musulmane

1- Fazlur Rahman (1919-1988)

Le penseur pakistanais … s’est intéressé à la question de la … prophétie en tant que problématique se situant au cœur de la pensée religieuse. (Il) a recours à la critique historique afin de proposer une nouvelle théologie de la révélation. Celle-ci devant constituer le socle d’une vision pédagogique islamique conçue dans le cadre de la modernité.

2- Abdelkrim Soroush (1945)

Surnommé quelques fois le “Martin Luther de l’Islam”, cet universitaire iranien ’’refuse’’ la thèse officielle d’une lecture idéologique et unique du texte coranique, (et) considère que tout ce qui se dégage du Texte est tributaire d’une interprétation personnelle. La compréhension des textes révélés dépend donc du niveau de lecture qu’on en fait. Ainsi peuvent exister plusieurs niveaux d’interprétation, ce qui remet en question le discours unique et son caractère contraignant. De toute évidence, cette démarche conduit à la négation de toute autorité ou privilège clérical. Il y a là l’ébauche certaine d’une construction laïque fondée sur une libéralisation à la fois intellectuelle et politique.

3- Mohammad Aziz Lahbâbî (1923-1993)

(M.A. Lahbabi, professeur marocain de philosophie à Rabat,) précise dans son œuvre édifiante sur le “personnalisme musulman” la nécessité d’élaborer une nouvelle conception philosophique des dogmes de l’Islam. Loin du discours défensif et exclusif de la théologie traditionnelle, un traitement moderne du principe de l’Unicité de Dieu lui paraît inévitable. D’autre part, ce qui caractérise la vie religieuse du croyant c’est essentiellement son expérience spirituelle. Pour lui, les formules figées du discours dogmatique sont inefficaces et ne peuvent créer aucun lien authentique entre l’homme et Dieu ni entre l’homme et le monde. En s’alignant sur la théorie de Kant qui nie toute relation entre la raison et le domaine métaphysique, Lahbabi soutient qu’il est insensé de chercher dans les sciences la confirmation de la foi ou de l’existence de Dieu.

4 – Mohamed Talbi (1921)

En œuvrant pour une sorte de reforme au sens luthérien, (le tunisien) Talbi  appelle à une nouvelle interprétation du texte coranique qui s’attache surtout aux “finalités de la Révélation”. C’est en dépassant la signification conjoncturelle des versets coraniques que le musulman réussit à donner à la Révélation son caractère fondateur qui est le propre d’une Parole Vivante. C’est justement ce caractère qui a été occulté par le littéralisme de la théologie traditionnelle. Cette démarche qui recherche l’évolution du sens ne peut se concrétiser, selon Talbi, qu’autour de la valeur de “la liberté”, valeur centrale de toute la pensée religieuse en islam. Elle exige du musulman l’appropriation des connaissances scientifiques modernes, notamment en sociologie, en histoire et en psychologie.

5- Hassan Hanafi (1938)

En présentant une nouvelle lecture des conflits des écoles théologiques musulmanes, Hanafi (Professeur de Philosophie égyptien) ouvre un chemin qu’il appelle “la nouvelle théologie”. Pour lui, dans un monde où le sacré était dominant, les différends du passé n’avaient pas un caractère purement théorique. Ils exprimaient une lutte sociale qui ne pouvait se manifester que sous l’égide de la théologie. Ainsi la pensée religieuse traditionnelle n’est qu’une métaphore qui s’accorde à son époque et qui nous incite aujourd’hui à une nouvelle interprétation de la révélation. C’est ce que Hanafi appelle la théologie libératrice ou horizontale

6- Mahmud Taha (1908-1985)

Leader et théoricien du mouvement soudanais des “Frères Républicains”, refusant de façon catégorique l’application de la Chari’ a, Taha considère celle-ci comme un système juridique incompatible avec le XXème siècle. Pour lui, la valeur de la Chari’ a ne se réalise qu’à partir de l’évolution permanente qu’on lui impose. Cela exige un dépassement des applications conjoncturelles mentionnées par la révélation et que Taha nomme “le premier message du Coran”. Quant à la sève du Texte ou son deuxième message, il n’a été que brièvement exposé et exige de notre part une interprétation continuelle. Ainsi, on ne peut vénérer Dieu qu’en épousant l’évolution des connaissances humaines et en respectant l’autre.’’

Hmida Ennaifer, in Vers une nouvelle théologie musulmane

7.     Muhammad Sharour

Ce professeur syrien d’architecture soutient qu’il s’agit d’ « enseigner aux gens à lire le Livre de leur Seigneur avec leurs propres yeux, eux qui sont habitués à le lire avec des yeux empruntés depuis des centaines d’années », il émet sur une longueur d’onde commune aux deux mouvances intellectuelles : le retour au texte sans médiation du registre du tafsîr (commentaire), ni celui du ta’wîl (l’interprétation) accumulés depuis les origines.

8.    Tariq Ramadan

Professeur égypto-suisse propose un légalisme minimum acceptable pour des jeunes musulmans bien plus soucieux d’orthopraxie (façon correcte d’agir) que d’orthodoxie (façon correcte d’agir par rapport à une doctrine).

9.    Mohamed Arkoun  

Philosophe et historien algéro-français, a fondé l’ ’’islamologie appliquée’’  qui s’occupe d’étudier les problèmes politiques tels qu’ils apparurent après la décolonisation, c’est-à-dire au moment où les pays arabo-musulmans gagnent leur indépendance. Mohamed Arkoun fait remarquer que les hommes politiques refusaient alors la prise en compte de l’histoire de l’Islam et de la culture arabe, ainsi que les particularités culturelles, sociales et anthropologiques des pays du Maghreb. Cette discipline analyse les contradictions d’une histoire ainsi que les différences entre le monde musulman et le monde occidental et les différents discours qui les expriment.

10.    Chandra Muzzafar

Intellectuel et militant des droits humains Malaisien qui mène campagne  sur les questions des droits de l’homme et le dialogue des civilisations. Il sillonne le monde pour présenter ses deux thèmes de prédilection dont il a fait les sujets de ses principaux ouvrages. 

A ces dix noms tendant à présenter l’internationalisme du renouveau de l’Islam, on pourrait aisément en ajouter des dizaines d’autres et notamment ceux de Nasr Hamid Abû Zayd (Égypte), Abdelmadjid Charfi (Tunisie), Farad Esack (Afrique du Sud), Ebrahim Moosa (Afrique du Sud), Asghar Ali Mohandas (Inde), Abdullah An- Naïm (Soudan), Rifat Hassan (États-Unis), Mohammad Abd al-Jabiry (Maroc), Malek Chebel (Algérie), Abdennour Bidar (France), Abdou Filali-Ansari (Maroc), Rachid Benzine (Maroc), Youssef Seddik (Tunisie) …

’’Ces penseurs et intellectuels ont plusieurs points en commun. Le premier est leur attachement au Coran et leur foi indéniable dans leur religion. Ensuite, ils ne supportent pas la suffisance de l’Occident qui prétend imposer partout ses valeurs …

…’’ (Ils) mettent en évidence, « que ce sont les musulmans qui parlent en Islam, comme le proclamait Ali Ibn Abû Talib, cousin et genre du Prophète, quatrième calife : ’’Le Coran est dans le Livre Saint. Il ne parle pas de lui-même : ce sont les êtres humains qui l’expriment.’’ …

… Pour les nouveaux penseurs, le monde musulman a besoin d’une rénovation du discours religieux et pas d’ ’’innovation’’…
Pour (eux), ’’seule une nouvelle lecture des textes fondamentaux pourra permettre d’harmoniser les valeurs cardinales de l’islam avec les exigences de la modernité. Seule cette réformation-là permettra l’ouverture de la jurisprudence, l’adhésion véritable de la pensée politique de l’islam à la démocratie et aux droits de l’homme, la réalisation de l’égalité entre les hommes et les femmes, l’émancipation des sociétés musulmanes.’’

(Rachid Benzine, in Les nouveaux penseurs de l’islam, Paris, Albin Michel, 2004)

Youssef Seddik, philosophe et anthropologue tunisien, explique dans son remarquable essai au titre sensationnel de ’’Nous n’avons pas encore lu le Coran’’ : ’’L’Islam est apparu avec un énorme potentiel de modernité qu’il nous reste à féconder’’. Il explique, en citant à plusieurs reprises des versets du Livre qui prônent la liberté de penser et d’agir dans l’Islam :’’Nulle contrainte en religion. Voici la raison contre la déraison.’’ Cette simple phrase, ce rappel honnête et innocent renvoie à leurs lutrins tous ceux qui s’arrogent le droit de penser pour les autres. Il affirme qu’il est « légitime pour tout musulman de relire et d’interpréter le Coran de son point de vue personnel », recommandant de le lire « en dehors de toute source traditionnelle et avec un regard neuf ».

(D’après http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-02-18/50018.html

&  http://fr.wikipedia.org/wiki/Youssef_Seddik#cite_note-ja-0 )

mo’

Publicités