’’Être aveugle signifie pour les uns ignorer la réalité des choses, nier l’évidence et donc, être fou, lunatique, irresponsable. Pour d’autres, l’aveugle est celui qui ignore les apparences trompeuses du monde, grâce à quoi il a le privilège de connaître sa réalité secrète, profonde, interdite au commun des mortels. Il participe du divin, c’est l’inspiré, le poète, le thaumaturge, le Voyant

 

… Peut-être la vision intérieure a-t-elle pour sanction ou pour condition, le renoncement à la vue des choses extérieures et fugitives. Des ascètes hindous croient parvenir à l’illumination spirituelle en fixant des yeux un soleil éblouissant et ardent jusqu’à en perdre la vue. L’aveugle évoque l’image de celui qui voit autre chose, avec d’autres yeux, d’un autre monde : il est moins senti comme un infirme que comme un étranger.’’ (In, Dictionnaire des Symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Bouquins, Robert Laffont, Jupiter, 1987)

 

La cécité dans la mythologie grecque

Je me rappelle cette phrase apprise en grammaire latine comme exemple de proposition infinitive, forme qui pallie le manque de conjonction en latin, cette langue morte après avoir engendré une grande part des langues européennes. Littéralement elle signifie :

 

Dicunt = Ils disent

Homerum caecum = Homère aveugle

Fuisse = avoir été.

 

’’On dit qu’Homère était aveugle’’.

 

On ne sait pas, jusqu’à présent, la vérité sur la cécité d’Homère, pour la simple raison que même son existence n’a jamais été établie avec certitude. Les études les plus sérieuses tendent à prouver que le premier et le plus grand poète de l’Occident a en fait été un personnage créé de toutes pièces par le Peuple et par le Temps.

 

Mais alors pourquoi la rumeur, la légende, le Peuple et le Temps ont-ils éprouvé le besoin de le présenter comme aveugle ?

Dans la mythologie grecque, Tirésias, aveugle,  est un grand devin. Les 3 versions de la perte de sa vue valent leur pesant d’or en terme de symbolique :

 

Selon la version de Phérécyde, Tirésias, adolescent, surprit la Déesse Athéna se baignant nue. Déesse à la chasteté irréprochable, ’’Athéna lui mit alors les mains sur les yeux et le rendit aveugle’’ Suite aux supplications de sa mère,  la déesse consentit à alléger sa sentence : ‘’Elle lui purifia les oreilles, et cela lui permit de comprendre parfaitement le langage des oiseaux ; puis elle lui donna un bâton de cornouiller, grâce auquel il marchait comme les gens qui voient’’ 

 

La deuxième version nous vient d’Ovide. Alors que Tirésias se promenait en forêt, il troubla de son bâton l’accouplement de deux serpents. Aussitôt, il fut transformé en femme. Tirésias resta sous cette apparence pendant sept ans. La huitième année, il revit les mêmes serpents s’accoupler. ‘’’Si quand on vous blesse, dit-il, votre pouvoir est assez grand pour changer la nature de votre ennemi, je vais vous frapper une seconde fois’’. Et, ainsi, Tirésias redevint un homme. 

 

Quand Jupiter prétendit que la femme prenait plus de plaisir que l’homme à l’acte sexuel et que son épouse Junon prétendit le contraire, les dieux demandèrent l’avis de Tirésias qui avait l’expérience des deux sexes. Tirésias se rangea de l’avis de Jupiter. Et Junon, ’’plus offensée qu’il ne convenait de l’être pour un sujet aussi léger, condamna les yeux de son juge à des ténèbres éternelles’’. Jupiter ne pouvait aller à l’encontre de la décision de … sa bourgeoise, alors, pour compenser sa cécité, il offrit à Tirésias le don de divination et une vie longue de sept générations.

 

La dernière version raconte que Tirésias naquit de sexe féminin. Toute jeune fille, elle suscita le désir d’Apollon, et le dieu, en échange de ses faveurs, lui enseigna la musique. Cependant, devenue adulte, Tirésias se refusa à Apollon. Celui-ci la métamorphosa alors en homme pour qu’à son tour elle ressente l’emprise de l’amour !

 

A partir de cette première métamorphose et après avoir été l’arbitre de la querelle opposant Zeus à Junon sur la question du plaisir dans l’acte sexuel, Tirésias ne subit pas moins de six passages d’un sexe à l’autre. C’est probablement pour cela qu’il-elle est devenu-e l’emblème de communautés homosexuelles, particulièrement ‘’gaie’’.   

 

La cécité dans la légende

 

A l’autre frontière de la vision, nous trouvons la sanction de la scoptophilie, du voyeurisme si vous préférez, en application de la loi suivante : Tu es condamné à perdre la vue car tu as utilisé ce sens dans un but de dépravation.

L’exemple le plus parfait est celui de Lady Godiva, belle épouse du Seigneur de Coventry, en Angleterre en l’an 1000. Les habitants de la contrée étaient écrasés par les impôts accablants de leur seigneur toujours en guerre. La bonne épouse tenta à mainte reprise de l’apitoyer mais il resta inflexible. Un jour, voulant mettre fin à la énième requête de son épouse et pour en avoir la paix, il lui annonça tout de go qu’il satisferait sa demande si elle traversait nue à cheval la ville… ô délices psychanalytiques… Dame Godiva le prit au mot, et traversa la ville, vêtue seulement de ses longs cheveux. Son mari tint parole et allégea considérablement les impôts.

Ce qui est intéressant, c’est qu’on logea, dans ce conte pour adultes, une leçon de morale, de philosophie et de patriotisme. Voici comment. Lady Godiva satisfit aux caprices graveleux de son comtal époux et c’est le peuple, l’ensemble des habitants, qui sauva la morale chrétienne en décidant de baisser les yeux, au passage de la belle créature habillée en Eve. Elle faisait cette traversée pour leur bien, il était normal qu’ils la remerciassent par une attitude digne et détachée, donc en baissant les yeux. Tous. Sauf Peeping Tom, ’’Tom le Voyeur’’, qui se reput du spectacle et pour cela, perdit la vue… ou la vie, selon les versions !

La cécité et les lettres

Taha Hussein, issu d’un milieu modeste égyptien, perdit la vue à l’âge de trois ans. La cécité isole l’enfant, et approfondit sa sensibilité: désormais il connaîtra les êtres et les choses par l’ouïe et le toucher. Le cœur du garçon est grand, et dans le jeune infirme se développent une intelligence précoce et une tenace volonté: il ne se limitera pas à réciter le Coran qu’il connaît par cœur dès l’âge de treize ans ; il suit les cours de la célèbre université théologique d’al-Azhar. Déçu par le conservatisme de cet enseignement, il demande et obtient une bourse pour la France (1914). En moins de trois ans, il apprend le français, le grec et le latin, soutient en Sorbonne une thèse sur la philosophie d’ Ibn Khaldoun. Rentré en Égypte, il est nommé professeur à l’université du Caire puis devient ministre de l’Éducation nationale, ce qui lui permet de faire voter la gratuité de l’enseignement primaire.

 

Esprit libre, Taha Hussein soutient qu’il n’existe pas – ou ne devrait pas exister – de fossé entre Orient et Occident, lesquels, au contraire, se complètent.

 

André Gide fera de lui ’’l’exemple d’une réussite, d’un triomphe de la volonté, d’une patiente victoire de la lumière spirituelle sur les ténèbres’’.

 

La cécité en poésie

 

 
Le ’’Poète Aveugle’’ perd la vue à l’âge de quatre ans. Il compense la privation du soleil par les lumières de la connaissance. Après avoir imité ses aînés, le refus de l’écrit de circonstance, la passion de la liberté créatrice domineront son œuvre ce qui explique peut-être qu’il ne soit à l’aise ni à Bagdad ni même chez lui, dans son village! « Content de peu, ascète et végétarien, assidu du jeûne, enfermé malgré lui dans sa cécité et volontairement dans sa retraite syrienne, ‘doublement prisonnier’ comme il le dit lui-même, il se complaît dans une philosophie pessimiste et solitaire que compensent un peu les hommages reçus. (d’après Encyclopaedia Universalis 1998)

 

Quatre siècles avant Dante, sept siècles avant Blaise Pascal comme le souligne Fayez NAHABIEH, Abû Alâ’ Al Ma’arrî’, le poète philosophe a été laïque, féministe, démocrate, socialiste, il y a dix siècles, en pleine splendeur arabo-musulmane.  

 

A titre d’exemple, voici un poème d’une audace folle, impensable aujourd’hui encore, plus de … 1000 ans après

http://penser.over-blog.org/article-24018188.html

 

Dans ses deux sonnets sur sa cécité, Milton, Poète Biblique exprime avec la noblesse d’un Job le sens que peut avoir l’épreuve pour le poète voué à une grande tâche et qui avait perdu la vue à 44 ans. Le sonnet sur le récent massacre des Vaudois du Piémont  est un cri de révolte contre « Babylone et ses malheurs », c’est-à-dire l’Église. Son œuvre épique débute par le discours de Satan au soleil. Au seuil du livre III du Paradis perdu, il évoquera la ‘’céleste lumière’’ qu’il sait ne pouvoir plus revoir, non plus que ’’les éclosions d’avril’’. (d’après Encyclopaedia Universalis1998).

 
Sur sa cécité
 
À mesurer que ma lumière s’est épuisée
Avant le midi de mes jours, dans l’obscurité du vaste monde,
Et que mon précieux talent, voué à la mort s’il demeure enfoui,
Est vainement niché en moi, alors que mon âme penche encore plus
..
À s’en servir pour mon créateur et lui présenter
Le compte qui est mien, de peur qu’il ne me tance à son retour :
« Dieu exige-t-il le labeur quotidien, quand la lumière est refusée ?
Questionné-je sottement. Mais Patience, pour prévenir
.
Ma fâcheuse récrimination, aussitôt répond : « Dieu n’a nul besoin
De la tâche de l’homme ou de ses offrandes. Qui mieux
Supportent son aimable joug, mieux le servent. Son état
.
Est souverain ; des milliers sont-ils qui à son appel se lancent
Et se hâtent par la terre et les océans sans répit.
Ils le servent aussi qui debout savent attendre.

  

Les Aveugles

 

Contemple-les, mon âme; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins; vaguement ridicules;
Terribles, singuliers comme les somnambules;
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.
 
Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,
Comme s’ils regardaient au loin, restent levés
Au ciel;  on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.
 
Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. O cité,
Pendant qu’autour de nous tu chantes, ris et beugles,
 
Eprise du plaisir jusqu’à l’atrocité,
Vois! Je me traîne aussi ! Mais, plus qu’eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

 

Baudelaire, Les Fleurs du mal 

 

La cécité et la musique

 

Francesco Landino, 1330 1397, surnommé ’’l’Aveugle’’, fils de peintre et s’intéressant lui-même à la peinture, fut atteint de cécité à la suite de la variole. Il s’orienta alors vers la musique et la facture d’orgue. Il pratiqua avec la même passion et le même génie, le chant, le luth, la guitare, la flûte et l’orgue. Il est toujours représenté, tenant un orgue portable.

 

Voici une de ses compositions :  L’alma mia piange (Mon âme pleure)

 
http://www.google.com/imgres?imgurl=http://www.instrumentsmedievaux.org/PartMed/Trecento/landini.jpg&imgrefurl=http://www.instrumentsmedievaux.org/PartMed/Trecento/trecento.html&usg=__hTk-fwujTt93zMaW7EFU61DJAeA=&h=390&w=330&sz=10&hl=fr&start=1&sig2=KRP3qM7GK1rje-EeeHvZNA&zoom=1&itbs=1&tbnid=G9buDiwhfk2mtM:&tbnh=123&tbnw=104&prev=/images%3Fq%3Dfrancesco%2Blandini%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26gbv%3D2%26ndsp%3D20%26tbs%3Disch:1&ei=lkiLTM6DN8vLswaKmNXiAQ

 

 

(Extrait de  http://emmflor.perso.neuf.fr/jazz/pages/root4.html ) ‘’Pour corroborer la thèse d’une parenté entre les formes profanes et sacrées de la musique populaire noire américaine, la lignée des chanteurs noirs, aveugles et solitaires semble s’être ingéniée à lancer de talentueuses passerelles entre les deux mondes : Blind Willie McTell, Blind Boy Fuller, Blind Blake, Blind Willie Davis, Blind Gary Davis, Blind Lemon Jefferson… classés suivant les époques et les historiens comme de purs bluesmen, ou des Gospel Singers itinérants.

 

On remarquera en commun une manière de triturer la voix ou la guitare … qui sait donner aux cordes pincées les inflexions expressives de la voix humaine et de singulières similitudes de forme et d’inspiration qui concourent à troubler les limites plus ou moins artificielles entre les genres.

 

Le très émouvant Let your light shine on me de Blind Willie Johnson, accompagné à la guitare dans la grande tradition du blues rural, bâti sur une structure de gospel (avec son épouse qui jouait parfois en sourdine les répons du chœur) et les modulations de timbre de la voix du chanteur qui suggèrent l’excitation progressive d’une exécution collective, en offre un exemple parfait.’’

 

http://www.youtube.com/watch?v=BNj2BXW852g&a=GxdCwVVULXdu9-XIWfg2atdhD8-2U-cM&list=ML&playnext=1

Devenu aveugle à trois ans, suite à une épidémie de diphtérie, Joaquín Rodrigo commence ses études musicales en Espagne puis se rend ensuite à Paris où il suit les cours à la Schola Cantorum. Il fréquente alors le milieu musical parisien, rencontre Ravel et de Falla et compose le Concierto de Aranjuez pour guitare et orchestre. Il revient en Espagne en 1939 après la guerre civile, où l’année suivante est créé son fameux concerto à Barcelone, en hommage à la ville d’Aranjuez, proche de Madrid en Castille, qui possède un palais dans lequel ont résidé les Bourbons d’Espagne. Désormais célèbre, il ne cessera de composer. Rodrigo fut enfin directeur du département musical de Radio Nacional de España et occupa la chaire de musique Manuel de Falla créée pour lui à l’Université de Madrid. En 1991 il fut anobli par le Roi Juan Carlos I avec le titre de marquis de ’’Los Jardines de Aranjuez’’.

 

El Concierto de Aranjuez
 
http://www.google.com/imgres?imgurl=http://www.yanous.com/tribus/aveugles/actu/img/Rodrigo1.jpg&imgrefurl=http://www.echolalie.org/wiki/index.php%3FListedAveugles&usg=__tC_zwtqXbdLHapqGNCxngy_ug0g=&h=428&w=280&sz=9&hl=fr&start=63&sig2=IH9Mr9d4YSULsBoHLVwIbw&zoom=1&um=1&itbs=1&tbnid=UShbODzvcJBHbM:&tbnh=126&tbnw=82&prev=/images%3Fq%3Djohn%2Bmilton%2Baveugle%26start%3D60%26um%3D1%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26ndsp%3D20%26tbs%3Disch:1&ei=xWGLTPvwNMfMswbqs4nVAQ

 

Une des émotions artistiques les plus fortes de ma vie.  Lors de mon ’’pèlerinage’’ à Aranjuez, en un certain mois de mai joli, j’ai longé les murailles du Palais qui serpentent paresseusement le long des courbes de ‘’La Ria’’. J’ai tellement identifié les lieux au Concierto que, n’en pouvant plus d’émotion, j’ai arrêté mon véhicule et me suis mis à pleurer un long moment comme en hommage à la sensibilité de Don Joaquim qui en fait une description plus aigüe que s’il avait eu 100 paires d’yeux. Il est tout simplement prodigieux qu’un ‘’non voyant’’ ait pu  »voir » aussi bien … De braves gens s’arrêtèrent pour me calmer et me confièrent que je n’étais vraiment pas le premier à ’’craquer’’ ainsi en ces lieux…

 

’’Il naît dans une famille de tailleurs de pierre et se trouve frappé de cécité à l’âge de deux ans. Il entre à l’Institut National des Jeunes Aveugles en 1917, où il étudie l’orgue. En 1927, il est admis au Conservatoire de Paris, où il devient l’élève de Marcel Dupré pour l’orgue. Dans la classe de composition de Dukas, il est le condisciple d’Olivier Messiaen. Il travaille simultanément l’improvisation avec Charles Tournemire. C’est sur l’orgue de Sainte-Clotilde, construit pour César Franck, que se déroulera l’essentiel de sa carrière, (Paris, 1945-1988). Il enseigne à l’Institut National Des Jeunes Aveugles (1930-1968) et à la Schola Cantorum (1961-1976). (d’après Encyclopaedia Universalis, 1998). 

 

Fantaisie de Bach 2ème Partie
 
http://www.youtube.com/watch?v=0NRgLEzfxJo&feature=related

 

Il perd la vue à l’âge de seize ans à la suite d’une vaccination antivariolique défectueuse. Il développe une importante carrière musicale internationale. Son nom reste indissociable de l’œuvre de Jean-Sébastien Bach, dont il a enregistré à deux reprises l’intégrale de la musique d’orgue ainsi que les grands cycles pour clavecin.

 

Walcha a toujours expliqué que la cécité lui avait permis de découvrir l’univers intérieur de la musique. Il opte pour la limpidité, il opère un retour artisanal au texte, cherchant lentement ses registrations — qu’il se refusera toujours à publier — et envisageant la polyphonie comme la « liberté dans les liens »: chaque voix doit connaître sa propre impulsion sans perdre ses attaches par rapport au reste de l’édifice. (d’après Encyclopaedia Universalis, 1998) 

 

Toccata et Fugue en Ré mineur BWV 565
 
http://www.youtube.com/watch?v=uRRwZZM08L8&feature=related
 

Ray Charles était un chanteur et pianiste américain de jazz, country, de rhythm and blues et d’un style qu’il créa : la soul music. Famille très pauvre, enfance difficile, il assiste impuissant à la noyade de son jeune frère, puis il contracte un glaucome à l’âge de quatre ans. À sept ans, sa cécité est complète et il doit être placé dans un établissement spécialisé ou il va apprendre la composition, la pratique de plusieurs instruments dont le piano et le saxophone alto.

Âgé de quinze ans, il perd sa mère et décide de quitter l’institution. Il se fait héberger par une amie de sa mère à Jacksonville, où il commence à travailler comme musicien. Dés ses premiers succès dans le chant du jazz, il décide de confirmer son option en direction du marché pop, au scandale des admirateurs de ses débuts et c’est dans ce genre qu’il atteint les sommets de la gloire. «Georgia On My Mind», consacrée hymne officiel de l’État de Géorgie (USA) en 1979,  «Hit the Road Jack» et «I Can’t Stop Loving You» vont se succéder à la première place des hit-parades. Ray Charles réussit ce dont beaucoup d’artistes soul rêvent : toucher à la fois le public blanc et le public noir.
 
 

 Stevland Hardaway Judkins Morris, Stevie Wonder, ‘’Stevie le merveilleux’’, est aveugle de naissance. A 12 ans, il joue en virtuose de plusieurs instruments. Puis, là où tant d’enfants prodiges s’usent après quelques années passées à jouer les phénomènes de foire, Stevie ne cesse de se bonifier avec les ans, acquérant une technique, un feeling et une présence qui vont en faire un des artistes les plus emblématiques de la soul du 20ème siècle. 

 

A partir de 1973, année de sortie de ‘’You Are The Sunshine Of My Life’’  Stevie accumule les plus prestigieux trophées de musique.

Il est donc non-voyant mais non dénué d’humour, et accepte d’écrire et de chanter pour des grandes causes civiles comme la lutte contre la conduite en état d’ivresse.

 

il est aussi connu pour ses engagements divers, notamment son lobbying intensif pour faire du 15 janvier, le jour de l’anniversaire du pasteur Martin Luther King, une fête nationale. C’est pour cette cause qu’il composa en 1980, la splendide chanson ‘’Happy Birthday’’. Stevie participe également avec 45 autres artistes majeurs de la soul et du rock au morceau caritatif le plus emblématique du 20ème siècle, ‘’We Are The World’’.

 

 http://www.youtube.com/watch?v=EGxLVj-8BRI&feature=related

 

Andrea Bocelli est un ténor italien d’inspiration lyrique. Il chante, à la fois, la musique pop et classique et a également joué dans de nombreux opéras.

 

Il est né avec une forme héréditaire de glaucome et devient complètement aveugle à l’âge de 12 ans.

 

Très rapidement, il connut un succès planétaire, jamais démenti depuis et qui lui vaut gloire, fortune et admiration.

 

http://www.dailymotion.com/video/x48004_ave-maria-de-shubert-andrea-bocelli_music

Amadou est né à Bamako en 1954, et se prend de passion pour la musique dès son plus jeune âge. A l’adolescence, il devient fan de Hendrix, Led Zeppelin ou encore John Lee Hooker et se met à la guitare tout en s’intéressant de près aux musiques traditionnelles maliennes. Dans les années 1960, il fait partie de nombreux orchestre et dans les années 1970, le guitariste se joint aux « Ambassadeurs », que rejoint quelques temps plus tard le célèbre musicien Salif Keita.

 

Souffrant de graves problèmes de vue à partir de l’adolescence, Amadou rejoint l’Institut des jeunes aveugles de Bamako en 1975, et c’est là où il rencontre sa dulcinée, Mariam, née en 1958 à Bamako qui se destine depuis toute petite au chant. Ayant perdu la vue à l’âge de 5 ans, c’est en 1973 qu’elle rejoint l’Institut où elle donne des cours de chant et de danse tout en y apprenant le braille. En 1980, Ils se marient et décident d’unir aussi leur carrière musicale qui depuis n’a connu aucun temps mort et fait moisson de succès, de récompenses et de distinctions.

 

http://www.youtube.com/watch?v=iju1_DhH2Qs

‘’L’image du « barde aveugle » est un lieu commun de la littérature grecque. Un personnage d’un discours de Dion Chrysostome remarque ainsi que « tous ces poètes sont aveugles, et croient qu’il serait impossible de devenir un poète autrement » ; Dion répond que les poètes se transmettent cette particularité comme une sorte de maladie des yeux. De fait, le poète lyrique Xénocrite de Locres est réputé être aveugle de naissance; Achaïos d’Érétrie devient aveugle pour avoir été piqué par des abeilles, symbole des Muses; Stésichore perd la vue parce qu’il a dit du mal d’Hélène de Sparte et Démocrite s’ôte la vue pour mieux voir’’

 

Le cas de ce philosophe, Démocrite, est particulièrement intéressant car cet homme au savoir encyclopédique, surnommé partout ’’La Science’’, selon la légende, choisit –de se crever les yeux pour mieux ’’voir’’, mais ce qui est intéressant, c’est son raisonnement sur la question : Il pensait que la vue pouvait le distraire de ses pensées profondes ! 

 

La vue serait-elle le sens du mal et / ou de la superficialité ?

 

mo’

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