L’expression ’’musique latino’’ désigne un style de musique qui englobe différents rythmes et musiques d’Amérique du sud et des Antilles, mais en fait il n’existe pas un genre de musique particulier à l’ensemble des pays qui se situent au sud des Etats-Unis. L’expression ne devrait pas davantage inclure la musique espagnole et encore moins, comme on l’entend parfois, italienne. L’évantail que cette expression couvre, englobe également des musiques andines ou tropicales qui n’ont donc rien de latin, les premières étant antérieures à l’arrivée des Espagnols et les secondes étant nettement d’origine africaine. La ’’musique latino’’ est bien un ensemble confus et disparate.

Le présent article est un innocent caprice placé sous le signe de l’étrange ocarina andin ci-dessus, et ayant pour but de rappeler que les 7 ‘’tubes’’ qui sont évoqués ci-dessous sont tous d’origine ’’latino’’, comme d’innombrables autres grands succès mondiaux. La révélation m’en a été faite par un ambassadeur du Chili dans une capitale quelconque qui aimait pousser la chansonnette et gratter la guitare. Sensible à mon addiction pour ‘’une certaine idée de l’hispanité’’, il me fit un soir le somptueux présent d’un concert privé qui dura une bonne partie de la nuit, et illustra un prodigieux cours magistral sur …  »la musique latino »…  

La Cumparsita fut composée en 1915 par le musicien uruguayen G.H. Matos Rodriguez mais ne connut le succès planétaire que lorsque la pièce fut enregistrée en 1927 par Carlos Gardel, el zorzal criolo, ou grive créole comme on appelait affectueusement ce maître incontesté du Tango, lui-même, selon les sources,  d’origine uruguayenne ou … française.

On appelle souvent la Cumparsita, de façon plus consensuelle et pacifique, l’hymne du Rio de la Plata, fleuve qui arrose en son estuaire les deux capitales protagonistes de la paternité : Buenos Aires et Montevideo.

Tango de Carlos Gardel

http://www.youtube.com/watch?v=1BB7XdyU-Z0&feature=related

A Garota de Ipanema, écrite en 1962 par Antônio Carlos Jobim pour la musique et par Vinícius de Moraes pour les paroles brésiliennes originales, plus connue sous son titre anglais The Girl from Ipanema » est probablement la chanson la plus connue de la musique brésilienne. Jusqu’à aujourd’hui, le titre a été repris par plus de 300 interprètes et constitue l’un des plus grands succès discographiques du XXe siècle. Le premier enregistrement commercial date de 1962.

Bossa Nova de Joao Gilberto – Tom Jobim

http://www.youtube.com/watch?v=DSJ5xZci9mI&feature=related

Protest song des seventies, notamment contre l’horrible dictature de Pinochet au Chili, Gracias a la vida a été écrite par Joan Baez et Violeta Parra. C’est une merveilleuse chanson reprise par des voix de femmes exceptionnelles dont je vous suggère une écoute attentive ci-dessous. Je vous propose aussi la version de Placido Domingo. La plus célèbre version est celle de Mercédès Sosa qui déclencha à chacun de ses concerts des océans de larmes partout à travers le monde.

Folk-song de Violeta Parra

http://www.youtube.com/watch?v=UW3IgDs-NnA&feature=related

Maria Dolores Pradera

http://www.youtube.com/watch?v=Y16q5KCCAdk

Mercedes Sosa

http://www.youtube.com/watch?v=cIrGQD84F1g&feature=related

Joan Baez

http://www.youtube.com/watch?v=Pz_7h2Ytq1k&feature=related

Placido Domingo

http://www.youtube.com/watch?v=OWJHayBAh-E&feature=related

Guantanamera, fille de Guantánamo au sud-est de Cuba, est un chant campagnard cubain, probablement importé d’Andalousie, qui fait partie des chansons les plus reprises dans le monde. Il a souvent été altéré et même utilisé à des fins politiques au point d’être maintenant  un symbole national dans son pays, Cuba.

Guajira de Joseito Fernandez

http://www.deezer.com/fr/music/various-artists/guantanamera-other-cuban-favorites-237585#music/joseito-fernandez/guantanamera-483029

La Bamba est un air traditionnel mexicain, (plus précisément un chant de mariage) originaire de l’État de Veracruz, à l’Est du Mexique.

Le mot bamba pourrait venir du verbe espagnol ‘’bambalear’’  – se dandiner, se balancer, à moins que ce ne soit l’inverse. Une autre hypothèse est que le mot dérive de bambarria – action inutile car elle arrive trop tard.

Enfin, bien plus convaincant selon moi, ne serait-ce que parce que tout ce qui a trait à l’expression corporelle vient d’Afrique, « Bamba » vient du nom de la capitale d’un duché de l’Empire Kongo (République démocratique du Congo). Là-bas, une danse locale porterait ce nom et aurait été importé au Mexique par les esclaves. Pour preuve, ce chant de piroguiers sénégalais intitulé Bamba Li Bamba dont on peut écouter un extrait ici :

 http://doumdoumdoum.free.fr/index.php?page=chant&id=69

Bamba de Los Machucambos 

http://www.youtube.com/watch?v=VltCsp_aw7w&feature=related

El cóndor pasa est une œuvre théâtrale musicale du genre opérette – zarzuela. En 2004, elle fut déclarée partie intégrante du Patrimoine Culturel de la Nation au Pérou.

‘’Le condor est le symbole du pouvoir créateur, il est l’incarnation de la philosophie éternelle; son vol majestueux indique le processus lui-même de la vie, de l’éternité créatrice, dont les œuvres toujours vives sont faites de naissances et de morts’’. Les Incas vénèrent le condor qui est pour eux un animal mythique, à qui ils vouaient respect et admiration.

Folk-song de Los Incas

http://www.youtube.com/watch?v=i8eGnOM7YCg&feature=related

La diversité musicale que l’on trouve au Venezuela peut être considérée comme caractéristique de la  »musique latino », résultante d’un mélange d’art africain et d’art indigène avec des influences européennes, spécialement espagnoles, sous des formes caraïbes, aussi bien de Trinidad que de Cuba.

Orquidea de Hugo Blanco

http://www.youtube.com/watch?v=bPSsx0EvWl0

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’’De la musique avant toute chose ! » Il y a bien longtemps que l’humanité scande le credo de Verlaine. Les plus anciennes traces d’instruments remontent à 45 000 ans, et toutes les sociétés connues, à de très rares exceptions près, ont valorisé le « matériau musical » dans la sphère privée, publique ou religieuse.’’ http://www2.cnrs.fr/presse/journal/3449.htm

Parce que ’’musique’’, ’’pouvoir’’ et ’’territoire’’ ont des rapports indissolubles, les plus grands philosophes de tous temps et de tous lieux ont compris qu’en étudiant la musique, on pouvait comprendre le pouvoir et le territoire et accéder ainsi à la connaissance des peuples. Il est prodigieux que deux des piliers de la pensée universelle aient prononcé pratiquement la même phrase, dans 2 univers différents, à deux époques différentes.

Dans la République, par un dialogue didactique, Platon donne toute la mesure de sa pensée : un essai d’explication des  mondes sensible et intelligible, et un exposé sur la critique du poète et la théorie du philosophe-roi. Le texte est ardu mais fondamental et inévitable pour qui cherche à comprendre la pensée occidentale.

’’L’homme tend à imiter ce qu’il admire. Aux yeux de Confucius, le peuple n’a pas besoin de comprendre : il n’a qu’à imiter. C’est aux classes dirigeantes, et plus particulièrement au souverain, qu’il appartient de donner le bon exemple. Cet exemple sera nécessairement suivi. Si le prince dirige le peuple par sa vertu et fait régner l’union par les rites, le peuple a honte de mal faire et il atteint au bien. Les rites, la musique et l’exemple suffisent à gouverner le peuple. C’est par l’habitude, l’émotion collective et l’imitation que Confucius entend diriger la foule des hommes.’’

 http://daoyin.canalblog.com/tag/confucius

 mo’

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