www.chidi.com/african-mask.htm  

Parmi les centaines de millions d’œuvres d’art tentant de symboliser l’Afrique, pouvais-je choisir une autre que celle-ci, représentant une femme plantureuse, belle, généreuse, riche et chamarrée mais grave et le visage voilé d’une infinie tristesse ? Elle me semble dire mieux que toute autre  que l’histoire de l’Afrique est celle ’’d’un héritage perdu’’ …  que je prends un plaisir immense à vous présenter brièvement, mais avec passion, espérant vous insuffler l’amour de cette région du monde qui est le berceau de tous les possibles.

Chapitre 1

http://il.youtube.com/watch?v=XzvKDIEupUA

’’Pour un peuple, le pire des dénis de justice est atteint quand il n’est pas seulement écrasé, mais quasi effacé de la mémoire universelle par une propagande hégémonique qui le voue aux poubelles de l’histoire.’’ (Début de la préface de François-Xavier Verschave au livre de Virginie Mouanda Kibinde, Au soleil noir du Cabinda, Ed. Transbordeurs, 2004) Alors que dire, lorsqu’il s’agit de tout un continent ? Sans essayer de définir un pays ou un continent, considérons l’Afrique comme un seul et même espace géographique et les Africains, comme les habitants de l’île qui doit son nom soit à l’africus – vent pluvieux, soit à aprica – la terre ensoleillée, soit aux Ifren – une tribu berbère de l’Atlas (Ifrane…), ou encore aux Afridi – carthaginois…

L’Afrique, terre ou l’homme a rampé pour la première fois hors de l’eau, l’Afrique, berceau de l’humanité, a la malchance d’être insolemment riche, d’avoir les enfants les plus beaux et les plus forts de la planète, de ressentir d’instinct la cadence qui témoigne de la vie, et de savoir le langage du ciel, de l’eau, de la terre et du rêve.

Nul peuple, nulle civilisation n’a ignoré l’Afrique, mais hélas, nul ne l’a respectée. Bien au contraire, chacun y a fait ses ’’petites affaires’’, en en pillant les ressources, en en réduisant les enfants à l’animalité, en en confisquant tout ou parties des corps et des âmes à des fins ludiques ou de malsaine curiosité.

Hors contexte spatial et temporel, il est toujours facile de s’ériger en juge ou moralisateur, je le sais, mais néanmoins, voici trois exemples qui  révélent l’abjection d’institutions internationales face aux enfants d’Afrique : le pouvoir religieux, le pouvoir politique et  le pouvoir scientifique. Il ne s’agit pas de théories sujettes à interprétation opportunes,  mais de faits hélas palpables :

  1. L’épilogue de la Controverse de Valladolid qui fit encourager et même bénir par le Pape le sac de l’Afrique,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Controverse_de_Valladolid   

     2.     L’exigence du Général de Gaulle, le ’’géant’’ de l’histoire, adulé par les  Français qui l’ont plébiscité comme étant le plus grand d’entre eux, souhaitant que la Libération de Paris en 1944 fût présentée comme le fait de soldats français 100% blancs, ce qui est un mensonge éhonté puisqu’à l’époque deux tiers des troupes françaises étaient composées de soldats originaires d’Afrique de l’Ouest ! Mais si ces soldats étaient assez bons pour mourir pour la France, ils ne l’étaient pas assez aux yeux du ‘’chêne malraucien’’  pour défiler à Paris le jour de la victoire,

http://www.africamaat.com/Liberation-de-Paris-les-Allies-ont?artsuite=1

     3.    L’immonde et graveleuse aventure de la Vénus Hottentote, un exemple de voyeurisme abject, déguisé en recherche scientifique, 

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Saartjie_Baartman. 

Dans les millions d’actes ignobles perpétrés en toute bonne conscience contre l’Afrique, je ne puis que confirmer qu’effectivement, comme l’affirme l’ouvrage cité infra, il s’agit d’illustrations du paradigme occidental de la déshumanisation de l’autre à des fins égoïstes et même sordides ! On lira avec profit ce texte édifiant qui a le mérite de rappeler le point de vue bien peu reluisant des plus beaux esprits de la culture occidentale sur les Africains …  

http://www.deshumanisation.com/origines/autopsie-du-paradigme-occidental   

Dans les registres de ce pandémonium du racisme ou l’on retrouve, ahuris,   Voltaire, Hume, Kant, Cuvier, Montesquieu, Bossuet, Renan, Jefferson, Lincoln, Kipling, Ferry, Gobineau, sans parler de ceux qu’il est difficile de considérer comme ‘’esprits’’, on tombe sur G.W.Friedrich Hegel, l’un des philosophes-sources de la pensée occidentale contemporaine, accusé çà et là, lui aussi, de racisme. Un seul penseur a pris sa défense, outre ceux qui firent de son raisonnement compris à demie, l’alibi de leurs nauséabondes pensées : Un Africain, Amady Aly Dieng, ’’le Doyen’’ de la Faculté Cheikh Anta Diop de Dakar, dans son ouvrage remarquable ’’Hegel et l’Afrique Noire’’.

http://www.avomm.com/NOTE-DE-LECTURE-HEGEL-ET-L-AFRIQUE-NOIRE-HEGEL-ETAIT-IL-RACISTE_a726.html .

En voici la teneur, brièvement exposée par le journaliste René Massiga DIOUF :

’’Les Africains sont, pour le philosophe allemand, des barbares. Seulement ’’barbarie’’ n’était pas un terme péjoratif. En effet, barbarie au sens grec du terme, veut dire simplement non-Grec… Par conséquent, tous les peuples non-grecs … sont des peuples barbares. Et donc la barbarie n’était pas exclusivement africaine. (Note de Mo’ : c’est bien cette vérité qui a forgé le mot ’’Berbère’’ βάρϐαρος)

 Hegel considère l’enfance aussi comme un état de barbarie … appelé à se ’’maturiser’’ et à laisser la place à un autre. En effet, il entendait par là que l’enfance est un état d’innocence dont tous les enfants étaient appelés à se départir. Donc un passage obligé pour tout être humain. C’est pourquoi, pour lui, les Africains étaient à son époque des enfants. Une considération qui n’atteint aucunement leur dignité.

Hegel prétend enfin que l’Afrique non plus n’aurait pas d’histoire. ’’Et pour cause : la conscience y est à l’état d’inconscience. Il n’y a pas de place pour l’Esprit chez l’Africain et donc, point d’Histoire. Ce qui amènera les cerbères du temple intellectuel africain à considérer que Hegel était raciste. ’’C’est que la critique par Hegel de l’esprit africain n’est nullement raciste, mais vise à montrer les limites d’une expérience spirituelle’’.

Victor Hugo avant Hegel avait prétendu que l’Afrique n’a pas d’histoire : ’’Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire qui date du commencement dans la mémoire humaine : L’Afrique n’a pas d’histoire’’ V.Hugo (Discours, mai 1879)

L’histoire de l’Afrique est en fait infiniment plus subtile que l’histoire matérialiste du reste du monde. C’est là, tout prêt du berceau de Lucy et des Kemits, en cette partie orientale de l’Afrique, que s’est allumée la flamme de la pensée humaine, qui, par la suite, a doucement couru, le long des berges du Nil, avant de déferler dans la Méditerranée, confisqué par ‘’les races claires’’ à leur seule gloire et baptisée Mare Nostrum, soit, Notre Mer.

Mais l’Afrique est bien clairement la scène privilégiée de l’aventure humaine sur terre, tant parce que notre race y est née et y a balbutié que parce qu’elle semble être également la scène de notre futur, comme l’affirment déjà les tee-shirts des enfants du monde entier :

 ***

 Chapitre 2

Ceci est un conte : je vais vous raconter l’Afrique et lorsque le conte aura parlé et que mon poème sera fini, je vais le replacer sous l’arbre ou je l’ai trouvé. 

 Il était une fois …

http://www.univ-rennes1.fr/themes/actualites/uneActualite/?contentId=54086

 

… ’’Le 1er juillet 2010, la couverture de la prestigieuse revue Nature présentait une découverte extraordinaire. À l’origine, plus de 250 fossiles en parfait état de conservation, d’une taille allant de 7 mm à près de 12 cm. Ils ont été mis au jour de manière inattendue au Gabon, dans une carrière située non loin de Franceville, par Abderrazak El-Albani, géologue à l’Université de Poitiers.

 

Une avancée capitale : jusqu’à présent, la communauté scientifique considérait que les premières formes de vie complexe – dotée de plusieurs cellules – remontaient à 600 millions d’années environ. De formes et de dimensions diverses, ces nouveaux fossiles supposent donc une origine de la vie organisée et complexe beaucoup plus précoce que celle admise jusqu’à aujourd’hui. Ils révisent ainsi de façon radicale nos connaissances actuelles sur l’apparition de la vie.’’

 

http://www.hominides.com/html/theories/manque-fossile-lignee-espece.php

Le cœlacanthe était un poisson dont on avait retrouvé des fossiles datés entre 350 millions et 70 millions d’années. Depuis cette date, plus aucune trace dans les strates géologiques… On croyait tout simplement que celui-ci avait disparu et s’était éteint, comme beaucoup d’espèces.

L’histoire aurait simplement pu s’arrêter là, sauf qu’en 1938 on a péché par hasard aux Comores un exemplaire bien actuel de cœlacanthe et qui n’avait rien d’un fossile ! Cette découverte a été confirmée en 1998 en Indonésie avec la découverte d’un autre membre de l’espèce.

Vivant dans de profondes grottes sous-marines le poisson a traversé le temps sans laisser de traces fossiles pendant … 70 millions d’années !

C’est en Afrique que la vie a explosé, c’est en Afrique qu’elle s’est le mieux exprimée et c’est bien en Afrique qu’elle a produit son utilité et décliné sa beauté.

Et c’est dans ce décor élémental qu’explosa une vie animale à la richesse unique sur la Planète Terre…

Les Gbaya’bodoé sont une ethnie centrafricaine

http://lacito.vjf.cnrs.fr/expos/milieunaturel/images/monde_animal_gb.jpg

Et c’est également dans ce décor qu’arriva Lucy ‘’la merveilleuse’’ :

Elle est parfois également surnommée, Dinkenesh, 
« Tu es merveilleuse » en amharique (éthiopien)

Lucy a été révélée dans l’Afar, en Ethiopie, ou bout encore ce chaudron d’acide et de soufre …

’’C’est en Afrique de l’est qu’on a trouvé les traces les plus anciennes de l’homme jusqu’à maintenant. Il y a deux ou trois millions d’années vivaient déjà là des chasseurs, qui se tenaient debout, comme nous, mangeaient la viande du gibier qu’ils chassaient,  construisaient des cabanes rondes et vivaient par groupes de 20 ou 30 personnes.

Suite à une découverte d’ossements, on a pu reconstituer le squelette d’une jeune femme,  qui mesurait 1,10 mètre et pesait 30 kilogrammes. Les archéologues l’ont appelée Lucy. Elle se tenait debout et marchait sur ses deux jambes, comme nous. Cependant, elle n’avait pas encore toutes les caractéristiques de l’espèce humaine.’’

http ://tnhistoireportraits.tableau-noir.net/pages13/galerieprehistoire.html 

Nota : Pourquoi a-t-on appelé notre ancêtre Lucy ? Simplement parce que lorsque les archéologues en découvrirent les ossements, ils écoutaient la chanson éponyme des Beatles : Lucy… Mais bien sincèrement, je préfère … DINKENESH …

http://www.youtube.com/watch?v=gNTHY1bNUzc&feature=related

L’Afar est à ce jour, comme par hasard, le biotope des plus belles femmes du monde

Quant aux hommes Africains…

Avant de replier et ranger mon lutrin, de remettre en bandoulière mon guembri, je voudrais vous offrir mes présents, délicatesses indispensables dans les mœurs africaines :

–         Une vidéo qui vous aidera à comprendre que l’affirmation des potentialités énormes de l’Afrique n’est pas du lyrisme ethnocentriste, mais une aveuglante vérité. Il s’agit d’une allocution de 15 minutes du financier béninois Lionel Zinsou prononcée à Normale Sup dont il est ancien élève, en février 2010. Ce cadre de la Banque Rothschild se définit joliment comme «afroptimiste», à peine plus pondéré que moi, mais tout aussi ‘’habité’’ par la certitude que l’Afrique est en gestation de l’avenir !

http://www.liberation.fr/monde/06011925-lionel-zinsou-l-afrique-en-voie-de-developpement

–         Un extrait de ’’Pitié pour nos vainqueurs’’ du poète de l’universelle fraternité,  l’immense Aimé Césaire à la pensée lumineuse et au courage exemplaire, jouant de l’ironie pour diffuser ses messages :

Ecoutez le monde blanc
horriblement las de son effort immense
ses articulations rebelles craquer sous les étoiles dures
ses raideurs d’acier bleu transperçant la chair mystique
écoute ses victoires proditoires trompeter ses défaites
écoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement
Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !

mo’

 

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