Avant que de vous livrer aux bras accueillants de mes fauteuils-club, permettez-moi, Madame, de vous débarrasser de votre pelisse et de votre manchon, et vous Monsieur, de votre cape, de votre claque et de votre canne à pommeau. Comme annoncé la semaine dernière, quelques personnalités de notre environnement social vont donner ici leur point de vue sur le déferlement d’Internet dans nos vies, tant sociales que personnelles.

Anne, la gitAnne ? Mais bien sûr que vous la connaissez. Anne, le littérateur inspiré, l’impertinente chipie qui m’appelle affectueusement 3ammi mo’, la danseuse de salsa et de flamenco qui fait claquer sus tacones sur les tablaos d’Espagne et de Navarre, sur les schistes du Machu Pichu et sur l’ardoise de Mongolie… Elle y fut chercher matière au livre qu’elle a promis d’écrire avant de s’insérer dans la ‘’vie adulte’’ puisque l’enfant n’est âgée que de 20 et 5 printemps. Elle a un don assez peu commun pour l’écriture et c’est, naufragée volontaire dans les moues dubitatives de mes appréciations qu’elle trépigne d’effacer et de transformer en béatitudes, que nous devisons sur l’avenir de l’homme et … de la femme. Voici un échantillon de son style décalé sur le sujet imposé : le commentaire du dessin ci-dessus.  

’’Aujourdh’hui une jeune fille a plaqué son mec parce qu’au bout de trois mois de relation,  Kader Belhamissi refusait de «modifier sa situation amoureuse» pour «être maintenant en couple avec Angèle Sapin». Vladimir «aime PSG» et Vladimir aime beaucoup Lola… Mais Lola «aime l’OM».

Arthur, jeune chef de produit chez Meslé rêve secrètement de devenir un grand web-designer. Il y a trois semaines il a «answer to the twit» du géant Mozilla qui buzzait à la recherche d’un jeune développeur pour la toute nouvelle version de son navigateur. Arthur est en ce moment près de San Francisco au coeur de la silicon Valley. Il rentrera après-demain avec un chèque de 15 000 USD.

Octavio, musicien passioné depuis des années, peut faire écouter ses compositions au monde entier sur ww.myspace.com/octaviocompo. Il a 11625 «space-amis» mais continue d’entendre son éco lorsqu’il joue dans des salles de cent personnes à moitié remplies.

Rose, grande baroudeuse du bout du monde, voudrait appeler maman, mamie, mémé et tatie pour leur raconter tout son périple en détail et surtout bien les rassurer mais elle est fauchée comme les blés. Heureusement, sur son blog elle peut le faire gratuitement, à volonté et en images!

Féfé Pinot a mangé un Balisto fruit des bois à 15h43 et a crotté rose après ça. (En plus tout le monde sait que Féfé s’appelle Félix et qu’il croit que «Féfé ça fait plus stylé»)

Eux? Ce sont mes meilleurs amis ou de simple connaissances, et plus besoin de les appeler ou de les voir je connais déjà toute leur vie.

Moi? Je voudrais publier un livre. Et si big Brother est plutôt lunatique, Oncle Mo’ est quand même vachement sympathique !

Conclusion : http://www.youtube.com/watch?v=Z6OMBo0_yvs

Ouverture : voici le Twit d’un Facebook Quote (!) : /«Mettez l’accent sur les relations importantes à vos yeux.» – Traduction : Facebook connaîtra ton 1er cercle d’amis, ta famille et pourra ainsi générer des algorithmes optimisant son ciblage. Chaque data est importante dans un système d’information/’’

 

http://www.gitanne.blogspot.com/  

Kicks est une éminente sociologue douée de sagesse et folle de liberté ! Lui imposer quoi que ce soit ? N’y songez même pas, malheureux, nul n’y est jamais parvenu ! Alors lorsqu’il s’agit de défendre une congénère brimée, fermez les fenêtres, çà va déménager ! N’admettant que bien difficilement que le monde ne soit pas logique et bien réglé, cette capiteuse beauté organise ses réactions comme on compose une dissertation philosophique : thèse, antithèse et synthèse. Ses charges sociales, toutes volontaires et brillamment assumées ne l’ont pas éteinte, tant s’en faut, au contraire même. L’écriture n’est pas absente de son carquois dont les flèches sont aussi connues que redoutées. Soyez un ‘’type bien’’, sinon, elle vous broiera. Ici, je lui ai imposé le commentaire de ce peu sympathique dessin de frustration et de ’’liberté malgré tout’’. Allait-elle se fourvoyer dans les pièges de la dialectique ? Que nenni, elle vit de suite que le bon choix était de parler comme dans un ‘’comics’’ mais pas comique du tout.

Lui

–         A quoi penses-tu donc, suppôt de Satan ?

Elle :

–         Toi, pauvre mec, ne fais pas semblant de penser, tu en es incapable ! Tu n’es capable que de brouiller la réception des  télés qui osent dire ce que tu n’aimes pas entendre ! Mais grâce à Internet j’ai sous les yeux les meilleurs programmes et ce que tu ne digères pas c’est que ce soit moi qui zappe !

–         Tu peux m’interdire l’accès à la culture en me confisquant des livres que je suis obligée de cacher comme un enfant, tu peux essayer de me maintenir dans tes ténèbres lugubres, je sais Lire et je comprends assez pour Savoir !

–         Réveille-toi mon pauvret, sais-tu seulement qu’un journal comme le New York Times diffuse en une semaine plus d’infos que celles reçues par une personne du XVIIIème siècle durant toute sa vie ?

–         Durant le temps passé à te gratter la barbe, des millions de messages ont traversé le Monde par capillarité à la vitesse de l’électricité et ont déjà été lus par des millions d’autres personnes 

LUI :

–         Et tout çà te pousse à l’insoumission et à la révolte ?

ELLE    

–         Écoute-moi bien : j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi  

–         La bonne, c’est que même si Isabelle Adjani a fait de la Jupe un « manifeste et une anti burqa pour refuser l’assujettissement des femmes’’, moi je trouve ça pratique, la burqa… Elle permet au moins de s’isoler !

–         La mauvaise, c’est que le plus libre de nous deux n’est pas celui que tu penses : toi, tu es prisonnier  de ton obscurantisme, de tes doutes, de ta jalousie, alors que mon esprit, lui, parcourt à longueur de temps l’azur, juché sur un oiseau bleu qui se moque de tes chaînes et de tes entraves !

–         Sache au moins que les Femmes Libres, devant leur ordinateur, en burqa, en robe de chambre ou en mini-jupe et décolleté, cherchent toutes les mêmes choses ! La paix, la simple paix !

–         Ah oui ! Sais-tu qu’en 2006, les époux d’un mariage sur 8 se sont connus par Internet et que cette proportion augmente chaque jour ? Ou en es-tu toi, mon pauvre ?

–         Il vaut mieux pour toi, pour nous, que tu comprennes vite que mon esprit et mon cœur, tu ne pourras jamais les emprisonner ! Jamais !

 

Qu’Internet puisse avoir des détracteurs n’est nullement étonnant puisqu’une thèse n’est valable que si une antithèse en éclaire les angles, avant qu’une synthèse ne restitue à l’ensemble la cohérence de toute chose. Mais bien franchement, ne pas peser l’énormité du poids d’Internet dans les mécanismes de la connaissance aujourd’hui, c’est se voiler l’intelligence pour nier l’évidence.

L’époque charnière durant laquelle j’ai cheminé dans la vie m’a permis de tâter de la fréquentation des bibliothèques publiques et également de la pratique de cette fabuleuse bibliothèque qu’est Internet.

Si à l’époque où je préparais mes humanités l’on m’avait dit qu’en quelques pressions de la dernière phalange de mon index je pouvais atteindre instantanément le ’’Benoît & Goelzer’’ et le ’’Gaffiot’’ pour m’aider à percer le mystère du sens de telle ou telle phrase de Tacite ou Sénèque, je ne l’aurais nullement cru.

Moi qui ai dû quelquefois traverser la ville pour me rendre dans une bibliothèque publique pour vérifier le sens d’un mot, consulter un ouvrage ou approfondir un aspect ou l’autre d’une question, je n’en reviens toujours pas d’autant de facilité. L’autre jour, j’ai communiqué à mes amis le ’’lien’’ qui permet de pénétrer dans la prestigieuse BNF, Bibliothèque Nationale de France, http://www.bnf.fr/fr/acc/x.accueil.html un des temples de la culture humaine. Idem pour la Library of Congress, http://www.loc.gov/index.html du Congrès américain, et la BL, British Library http://www.bl.uk/ Bibliothèque Nationale Britannique et ses 150 millions de titres …

Et tous ces livres ! Lorsque dans ma jeunesse nous devions être sages pour mériter le nouveau ’’Petit Larousse’’ ! Avec Internet, Emile Littré, le Grand Larousse, Le Robert, le Quillet, et tous les autres sont là, au garde-à-vous, à mes ordres et préparent l’entrée dans l’Encyclopaedia Universalis, la Britannica, les encyclopédies thématiques et toutes leurs variantes … Tout cela pour des sommes dérisoires, si ce n’est gratuitement… juste là, au bout des doigts, si vous le voulez bien, nuit et jour, sans horaires, sans limites, sans restriction !

Et toutes ces nouvelles sources associatives de savoir et d’information comme Wikipedia ! C’est vertigineux et cela fait penser que l’homme, certains hommes en tout cas, sont en train de créer un monde nouveau en démontrant qu’ils ont compris que l’entraide est la seule solution possible pour un futur humain viable et durable !

Internet n’est pas que source de savoir et d’information. Il est aussi lieu de commerce, de travail, de rencontre, de recherche, de jeu, de délassement, de divertissement et … de vie ! En avons-nous seulement entrevu toutes les possibilités ? Certainement pas, car bien au-delà d’être tout ce qui précède et davantage, il peut être ce que nous déciderons d’en faire, une langue d’Esope, la meilleure et la pire des choses. C’est un outil prodigieux certes, mais sachons raison garder et n’oublions jamais que c’est un outil. Une technique.     

Or, comme dit Dominique Wolton, Directeur de l’Institut des Sciences de la Communication au CNRS, à Paris ’’La technique est moins importante que les hommes ou que la société, l’important, c’est le projet humain qui est derrière’’.

 

Yoyo, est un économiste distingué, un petit tendron que rêvent de mettre dans leur gibecière toutes les jeunes filles en fleurs.  Ce beau et ténébreux jeune homme vit en fait dans tous les squats d’Internet, de Facebook à Myspace, en passant par tous ceux que vous connaissez, sans oublier tous ceux que je ne connais pas. C’est un plaisir que d’être en sa compagnie car cela permet d’admirer l’étrange strabisme sportif qui lui permet de tenir votre conversation tout à fait honorablement, pendant qu’il envoie un texto, en lit un autre et répond à une Zoulou qui veut un container de sucres d’orge et un Pygmée qui demande des sucrettes à la framboise. Ici, il vous explique tout.

’’Mon père, grand visionnaire, m’a toujours incité à étudier les langues étrangères et l’informatique. Si j’ai vite témoigné d’un appétit cocasse pour la soupe de langues, seule l’acquisition d’internet a confirmé mon intérêt pour l’informatique.

Mes premières expériences furent acquises auprès d’un pirate du web qui m’a montré alors que j’avais 15 ans, qu’on pouvait générer des comptes bancaires fictifs et  profiter des failles du géant américain des ventes en lignes Amazon, du fond de son fauteuil en payant ‘’fictivement’’ des cadeaux qui arrivaient réellement au domicile familial !

Rapidement court-circuité par le FBI que j’avais pour mère, j’ai été mis dès mes premières commandes reçues à la maison par DHL en e-liberté conditionnelle et j’ai donc jeté mon dévolu vers des activités plus pacifiques, celles des groupes sociaux …

Je dois m’enorgueillir d’avoir  géré et modéré le premier salon virtuel de ‘’chateurs’’ marocains, il s’agit de « Mirc, Dalnet » l’un des ancêtres des forums de discussions modernes. Le principe était de se créer un « surnom » de rejoindre des salons de discussions à thèmes afin de découvrir et d’échanger avec d’autres personnes cachées sous d’autres surnoms… J’étais ‘’L’@pache’’, et je comptais parmi mes fréquentations  de jolies ‘’Lolitas’’, des ‘’Deepblueyes’’, des ‘’Magiciennes’’ et d’autres ensorceleuses qui avaient en réalité, hélas, bien souvent l’air de sorcières… Soit dit en passant je vous rappelle que cette génération n’affichait aucunement de photo de profil et le seul moyen de savoir à qui l’on avait à faire était d’organiser des soirées de regroupement des membres de la communauté ou encore d’inviter l’interlocutrice mystérieuse à prendre un café …

Ne vous y trompez pas, la drague – la tchatche comme aime à dire les vieux jeunes-  n’était qu’un bonus sur lequel il était peu raisonnable de compter. Mirc permettait néanmoins de rompre avec toute timidité et paresse intellectuelle car ni l’âge ni la distance, ni aucune barrière sociale ne pouvait résister à cet outil démocratique ! Même l’orthographe le plus hype était phonétique et c’est d’ailleurs là qu’est né, selon moi, le style sms «  koi 2 9 bb, tu vi1 kan Ucf ? », style peu orthodoxe qui consiste à aller à l’essentiel quoi qu’en pense Mr Bescherelle J … 

La relève est aux nouvelles générations de réseaux sociaux … Aujourd’hui si vous taper « fa » sur Google, les premiers résultats tombent automatiquement sur Facebook disons qu’il s’agit de la génération 2.0 des groupes sociaux qui regroupent aisément Twitter, Linkedin, Viadeo…

A la différence du Mirc, l’activité première de Facebook est de répertorier « ses amis » qui en fait ne sont souvent  que de vagues connaissances ou contacts … S’agissant d’un outil moderne on y dispose d’ une panoplie d’outils annexes comme l’ accès aux photos personnelles et vidéos souvent de mauvaise qualité  permettant de voir et de  paraitre et donc ainsi d’être !

En terme de drague, disons-le, c est très primaire et la séduction par le mot laisse place à celle par l’image … Tu montres tes photos, elle exhibe les siennes en prenant soin de camoufler le camouflable, et si tu es toujours connecté, OK, vous vous  rajoutez dans vos cercles d’amis en prenant soin d’en dire  le moins possible pour garder l’envie de partager un café … Le problème dans ce système, c’est que le fait d’avoir accès à vos contacts, aux contacts de vos contacts, l’audace laisse rapidement place à  l’oisiveté et au voyeurisme. .. La nana a 700 contacts et 699 sont évidemment insignifiants ou nullissimes … Alors tu essaies d’identifier le sept-centième qui lui est ton rival…

Facebook est tout sauf interactif, à mon sens, mais il permet de contacter quelqu’un sans se soucier de savoir si oui ou non tu as son tel ou son adresse mail, car à de rares exceptions près, tout le monde consulte son compte Facebook une fois par jour minimum…

Dans le fatras des réseaux sociaux, il faut faire un tri et si je recommande à tous de les utiliser, je mets aussi en garde contre le grand risque d’asservissement.’’

Publicités