Tremblez, Dames et Hommes du Nord de l’Afrique au sang impétueux  et bouillonnant ! Je vais dire la vérité sur un de vos secrets les plus intimes et révéler aux premières l’étrange relation qu’entretiennent leurs époux avec Aïcha la Comtesse, tout comme aux seconds la paroxystique jalousie des dites épouses vis-à-vis de cette créature démoniaque, assez belle, différente et attirante pour être devenue à elle seule un fantasme absolu.

Elle eut mille vies et par conséquent mille histoires et celle que je m’en vais vous conter est la plus probable prétendent les savants heuristiciens.

Dame de haute et lusitaine naissance, dés son âge adulte, elle fut rendue folle d’amour par un très riche commerçant de Safi en voyage dans son pays. Pour les beaux yeux de mon compatriote, elle laissa son doux Portugal, l’épousa et bien sûr, vint vivre avec lui au Maroc.

Elle était très belle et avait la peau claire et blonde des femmes de certaines contrées montagneuses, ce qui ajoutait considérablement à l’attraction que son charme exerçait sur qui la croisait, particulièrement les hommes. Elle se fit peu à peu à sa ville d’adoption dont les femmes hélas, lui firent payer de haine le fait de leur avoir ravi l’un des meilleurs partis et des plus riches parmi leurs concitoyens, d’être belle et surtout, d’être différente.

A elle, la nazaréenne, il n’était pas interdit de se promener à travers les rues en cascades descendant vers le port de la cité atlantique. Mais à l’heure de cette promenade quotidienne, toutes les femmes se mettaient à leurs postes d’observation, derrière les moucharabiehs, ces panneaux de bois léger et finement travaillé, fixés aux fenêtres et qui permettent de voir ce qui se passe à l’extérieur sans jamais être vu.

Son époux lui choisit le nom d’Aïcha en lieu et place de son nom païen. Comme elle était Comtesse et pour lui marquer tout de même une certaine déférence, il accola son titre nobiliaire, Comtesse, Condessa en portugais et Qandisha après la traversée probablement houleuse du Détroit de Djebel Tarik.

C’était une personne de grande fortune et de plus, son mari n’était guère avare. Elle portait donc toujours de somptueuses toilettes de son pays et à l’occasion de ses promenades, elle en donnait souvent à voir de nouvelles, généralement de très élégants fourreaux de toile fine rehaussée de broderies de Viana do Castelo. Elle ne sortait jamais sans chapeau et pour pouvoir déambuler dans les rues quelquefois négligées de ce port de pêche, elle était chaussée de brodequins.

Tout en se promenant, elle n’hésitait jamais à rendre leur salut aux gens qu’elle croisait, à sourire aux enfants et à s’arrêter pour assister à une scène pittoresque. Tous les hommes de la ville l’avaient déjà aperçue et la majorité en restait bouche-bée : une femme au beau visage dissimulé par une simple voilette, représentait alors un songe édénique et même une image osée.

Comme tous les gens heureux et sages, elle vécut sans histoire, respectant tout le monde et respectée de tous. Les livres anciens ne disent guère comment elle déroula l’écheveau de ses jours, ni même si elle eut des enfants et si elle finit sa vie terrestre dans l’Empire Fortuné ou alors retourna vivre sur les rives du Tage, dans la Serra da Estrella parmi ses compatriotes, là ou l’air vif et sain rend toutes les femmes belles.

Par contre, Aïcha la Comtesse portugaise n’a toujours pas fini de défrayer la chronique simplement par ce qu’elle fut, par ce qu’elle fit de sa vie, par amour pour un Marocain, par les hasards de la vie. Bien plus, peu de femmes ont eu, en ce bas monde, une telle importance puisque de son vivant elle commença bien malgré elle, certes, à filer une quenouille sans fin : de jeune noble romantique, elle est devenue peu à peu symbole de dépravation, de tentation, de perdition, d’abomination, bref, le mal absolu et enfin, une ’’jenniya’’ (féminin de djinn), une démone. Il ne semble pas cependant qu’elle ait en vérité et le moins du monde souffert concrètement de cette haine ou de cette jalousie des citoyens de la capitale mondiale de la sardine. Mais après son temps sur terre, alors que son histoire était matériellement effacée, combien ne fut-elle malmenée, vilipendée, vouée aux gémonies sans avoir commis aucun autre crime que celui d’être belle, gentille, et surtout différente !

Azulejo ou zellige portugais

Elle portait comme dit des brodequins, chaussures couvrant le pied et la partie inférieure de la jambe, donc profondément différentes des chaussures maghrébines qui laissent voir une partie du pied et même la cheville. Alors on soupçonna ces drôles de chaussures d’être des pieds de chèvre …

Sans doute souleva-t-elle plus d’une fois ses jupes et jupons pour ne pas les traîner par terre et les salir, comme le faisaient toutes les européennes. Ce fut suffisant pour que certains gredins jurent avoir aperçu jusqu’à son intimité, disgracieusement poilue ce qui confirmait par la même occasion son identité caprine ! A moins que la rumeur ne s’appuyât sur les révélations d’une soubrette surprise qu’il pût exister des femmes utilisant différemment les mixtures épilatoires…

Compte tenu de sa grande beauté et de la jalousie de ses congénères, les mères, les grands-mères, les nourrices, les épouses et les amantes recommandaient sans cesse à leurs mâles de tous âges, de s’abstenir de la regarder sous peine de perdre la raison et la faculté de discernement, avant de sombrer dans la possession démoniaque. Non, il ne fallait pas croire ce que l’on voyait lorsqu’on la regardait, car en réalité, elle était hideuse et perdait rapidement sa fausse beauté pour révéler son horreur…  De plus, avertissaient-elles, en zyeutant cette agréable personne à l’atour émoustillant, on risquait tout simplement de s’aliéner à elle.

En certaines contrées, on imagina et décida de l’utiliser comme antidote d’un amour douloureux : on dit que la jeune-fille infidèle ou qui a cessé d’aimer, se révèle être tôt ou tard la comtesse lusitanienne qui emprunte ses traits et doit être évitée plus encore que la peste.

Mais en vérité, tous les hommes étaient sensibles à ses charmes et en rêvaient en secret. Ils ne devaient probablement guère le cacher dans les réunions masculines. Il se créa tout un folklore parlé, écrit ou chanté qui a hélas quasiment disparu et ne persiste plus que dans les mémoires chevrotantes … de grands-mères plus que centenaires.

Les hommes recourent à sa complicité en d’innombrables occasions pour justifier une fugue, créer un alibi, faire diversion ou fournir un prétexte à une fuite quelconque, expliquer les griffures suspectes d’une amante impétueuse… Comprenons-les, les pauvres : alors qu’ils réintégraient bien sagement leurs pénates, ils ont été interceptés par Aïcha Qandisha ! Elle les a ensorcelés et menés bien loin de leurs domiciles avant de les abandonner en rase campagne, hébétés et déboussolés. Ils en seront quittes pour faire une ânerie ou deux, du genre qui consiste à planter un couteau dans le sol ou boire une mixture épouvantable sensée les désenvouter. La sanction véritable du recours à cet alibi est que généralement ils sont menés chez le désenvouteur de leur quartier qui, pas bête le frelon, les somme de lui refiler l’adresse de la tigresse lubrique (qu’ils ont baptisé du nom de Aïcha la Condessa) sous la menace de se venger par son étrange médecine …

Mais c’est à n’en pas douter au plan sensuel qu’Aïcha Qandisha a le mieux assumé sa mission fantasmatique. Il faudrait pour le comprendre, imaginer honnêtement l’ennui des pratiques libidinales dans la petite bourgeoisie d’une société pudibonde et, s’étant remémoré le manque de fantaisie de ces pratiques, comprendre que la Comtesse, en tant que beauté étrange et étrangère, avec son intimité particulière et son gros courage amoureux – elle a abandonné son pays par amour pour un homme – laisse supposer de gros besoins de ‘’tendresse’’. Par ailleurs, son statut d’étrangère par rapport aux dames locales, en fait la détentrice supposée de savoir-faire inconnus localement.

Rien de réel bien évidemment, mais en la matière, on pare toujours l’étrangère de vertus mirifiques, d’expertise dans l’art d’amour. Même s’il est vrai que l’orientale est très bien lotie dans ce palmarès de l’extase,  l’occidentale, de par sa liberté morale supposée, apporte toujours dans les fantasmes une promesse d’audace dans la lascivité.

Aïcha Qandisha est évidemment un sujet en or pour toute la production artistique  qu’influence l’onirisme et je rêve quant à moi, d’en voir tirée une chorégraphie moderne …

Pourquoi pas le Jazz pour accompagner la présentation d’un florilège de textes consacrés à la Comtesse Aïcha ? ’’D’origine franco-mauritanienne, la compositrice et pianiste Leïla Olivesi vient de sortir un nouvel album : « l’étrange fleur » (Nocturne 2007) qui mêle jazz et poésie autour du personnage poétique de la sorcière du désert Aïcha Kandicha…’’

http://www.youtube.com/watch?v=L0fM3zXoueU

Actuellement encore, cette sulfureuse histoire continue de persister du Nord au Sud du Maroc, et bien au-delà…

http://www.alhoceima.fr/Conte01_rif.php.htm

Aisha Qandisha or Aisha Qadisha or Ghediseh is one of the most popular and fearsome Jinniya (female one) in Moroccan folklore
http://aichaqandisha.blogspot.com/2007/11/who-is-aicha-qandisha.html

Aisha Qandisha was a Berber woman with an exceptional beauty…She created the first guerrillas in the history, which had more value and honour than what we can see nowadays. She was a chief of an amazigh guerrilla around Mazagan; fighting against the Portuguese occupant…She used to conduct with success her attacks against the interests and positions of the Portuguese… She also used to seduce them before killing them during the night

http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=433575

“Aisha Kandisha”, un ser de ultratumba, y a la que raro era el niño que no la había apercibido con aspecto de una mujer, muy entrada en años, pelo raído, largo y sucio; facciones arrugadas, pronunciada joroba, mirada cruel y relampagueante y boca abierta y desdentada.

http://alcazarquivir2009.multiply.com/journal/item/4878

Aïcha Qandisha, dérive du mot: Aïcha la COMTESSE, c’est le nom sous lequel, elle est connue des Portugais…..Elle était d’une beauté éblouissante, tellement que les plûmes ne peuvent la décrire….Elle apparaissait la nuit sous des habits blancs, son objectif est d’attirer les hommes Portugais dans des pièges, par sa beauté et d’y finir avec les traites marocains qui les aidaient….….Au lever du soleil, on les trouve égorgés…

http://www.bladi.net/forum/176935-souvient-bou3ou-aicha-kandicha/index3.html

Aïcha Kandisha vient d’Andalousie ou elle faisait partie de la ‘’résistance’’ contre Alfonso VIII de Castille…. D’une beauté inégalée, elle attire les gradés de l’armée adverse vers sa tente, là ou ils sont tués. L’histoire n’a fait que traverser le Détroit, dans les bagages des Musulmans fuyant l’Andalousie !

http://www.bladi.net/forum/176935-souvient-bou3ou-aicha-kandicha/index3.html

Hay quien dice que « Aicha Kandicha es un djenim femenino que posee cuerpo de mujer y pies de carnero. Como las sirenas que atrajeron a Ulises, ella es particularmente seductora. Es uno de los genios más populares de Marruecos, junto con el Gould (especie de ogro), y se puede recurrir a ella para aterrorizar a los niños. Estos demonios son criaturas cuya existencia se remonta a los tiempos de la Arabia preislámica y forma parte de uno de los principales argumentos de la mitología popular del Magreb. »

http://alcazarquivir2009.multiply.com/journal/item/4878

Para otros « Aicha Kandicha, a la que los portugueses llamaban Aicha la Condesa, fue una brava mujer que en el siglo XVI se enfrentó a los portugueses que habían invadido la ciudad de Mazagan. Ellos diezmaron a su familia y poer eso se dice que, por venganza, se aparece a los hombres para hacerles perder la cabeza.»

http://alcazarquivir2009.multiply.com/journal/item/4878

« Cuando (el conde don Julián) alentó a Tarik (Bnou Ziad) para que atravesara el estrecho e invadiera Hispania, éste, desconfiado, le obligó a que dejara en rehén a su hija. Y, cuentan que ésta solía bañarse desnuda en las noches de luna llena en la playa de Ksar Seguer. Los nativos que la vieron surgir de las aguas; cuerpo esbelto, brillando a la luz de la luna, largos cabellos mojados cubriéndola hasta el pecho, la consideraron un genio renaciendo desde el océano y, como no era normal que una mujer se ofreciera de aquella guisa, le atribuyeron poderes mágicos para hacer perder el juicio a los hombres que la contemplaron. »

http://alcazarquivir2009.multiply.com/journal/item/4878

Image Internet

Séductrice inlassable , Aïcha Quandicha, Kendisha, Qondicha, Aïcha Soudanya ou Gnaouia est à la fois fascinante et terrifiante. Vêtue de somptueuses toilettes on l’affuble pour le non visible, de seins tombants, d’une pilosité animale, de pieds de chèvre, de chamelle ou de mule. Ses maléfices détournent quantité d’hommes qui ne peuvent ainsi plus se marier, ou, s’ils le sont déjà, voient leur vie conjugale détruite alors qu’eux-mêmes sont frappés de maladie, de stérilité, et surtout d’impuissance.

Aïcha Qandisha regroupe en elle plusieurs aspects de l’âme féminine : Elle est la maîtresse idéale, la rivale invisible, la mère castratrice et abusive, la sorcière, la beauté fatale, celle qui attire les hommes vers leur perte tout autant que celle qui terrorise les femmes jalouses. Elle est donc bien l’incarnation du fantasme masculin absolu !

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