Edgar Morin, penseur et sociologue, dit dans un lumineux essai intitulé Le Cinéma ou l’homme imaginaire, publié en 1960, que ’’tout rêve est une réalisation irréelle qui aspire à la réalisation pratique. C’est pourquoi les utopies sociales préfigurent les sociétés futures…’’

Alors, pour bien agir, puisqu’il s’agit aujourd’hui de ’’refaire notre société’’, commençons par rêver, car dans le rêve, nous nous délestons de tous nos impedimenta et nous nous libérons de toutes les contingences et limites entravant la  création pure.

Un malicieux journaliste a posté à mon adresse, il y a quelques jours à peine, une dépêche fulgurante qui, si elle ne m’a rien appris au plan de la connaissance, m’a stupéfait au plan pratique par son évidence et son intelligence. Cette dépêche m’informe qu’actuellement, un autre pays pense à changer sa constitution : l’Islande. Mais alors que nous, nous devons tout d’abord faire valider la ’’pureté’’ de nos intentions, ce pays, lui, au dessus de tout soupçon, a innové de façon étrange en donnant une leçon magistrale de ‘’Démocratie Participative’’.

Dans le fameux classement IDH du PNUD, nous Marocains, probablement enivrés de soleil, occupons sans gloire la 113ème place, tandis qu’eux, les Islandais habitants de la Terre de Glace (Island = ice land) – moyenne annuelle de température : 5°C et nombre de jours de pluie : 150, étaient en 2006 au 2ème rang mondial, avant de reculer à la 17ème place à cause de la crise mondiale de 2008 … Je veux dire que la démocratie, au sens athénien du terme, ils savent ce que c’est !

Ces citoyens modèles, inquiétés par leur recul au tableau de la vertu, ont décidé de procéder, en hommes sages, à une révision – mise à niveau profonde de leur Loi Fondamentale, ou constitution, en vigueur depuis 1944, date de l’indépendance avec le Danemark.

L’étonnant dans cette opération, c’est que ’’le processus de révision se veut collaboratif : les projets d’articles sont publiés sur le site du gouvernement afin d’être commentés, critiqués, amendés par les internautes via les réseaux sociaux. Tous peuvent ainsi visualiser l’actuelle Constitution ou consulter le dernier brouillon et directement réagir sur la page Facebook, le compte Twitter ou la chaîne YouTube du « Conseil ». Chacune des réunions est par ailleurs retransmise en direct et ouverte au public.

« Je crois que c’est la première fois qu’une Constitution est en cours de rédaction essentiellement sur Internet, commente Thorvaldur Gylfason, membre du Conseil constitutionnel islandais. Le public voit la Constitution prendre forme sous ses yeux. C’est très différent de l’ancienne époque où les constituants pensaient qu’il était parfois préférable de se trouver hors de portée des remarques. »

Le processus devrait se terminer le mois prochain. Cette nouvelle Constitution sera ensuite soumise à référendum afin de savoir si la majorité des Islandais l’accepte. Et, surtout, le Parlement islandais n’aura pas le droit de lui apporter la moindre modification.’’

Qui dit mieux ? Le tout, sans vociférations, sans rodomontades, sans importation de ’’leçons désintéressées des pays amis’’ équipés de leurs sciences approximatives et de leurs bombardiers supersoniques destinés à disséminer la bonne parole ! Rien ! De simples citoyens, chacun face à sa conscience, sachant parfaitement qu’en fabriquant ce texte, ils scellent l’avenir de leurs enfants !

Petite précision, qui n’est en aucune manière un bémol :

Il est salutaire que chacun aille faire un tour sur ces 4 sites pour apprendre – je pèse mes mots, ce qu’est la véritable démocratie de nos jours :

C’est fort, c’est beau et cela mérite une sincère admiration pour ce Peuple car il honore la communauté humaine et la civilisation.

Imaginez un instant que chez nous, l’on accepte simplement de reconnaître que les leaders d’opinion ne sont en aucune manière nos partis politiques vidés de toute substance, ni nos ténors médiatiques usés, ni nos intellectuels démonétisés mais plutôt ces chevaliers protégés par un bouclier cybernétique.

C’est à Abdelatif Laabi, poète, homme de lettres d’importance historique dans notre pays, que nous devons la vigoureuse adresse qui suit. Après une amère diatribe stigmatisant les espoirs déçus de la dernière décennie, exactement 20 jours avant le 21 février 2011, dans le magazine français Marianne, le fondateur du mythique Souffles publie une tribune qu’il conclut en ces termes :

…’’Si, comme je le crois, la majorité des Marocains aspirent ardemment à une transition pacifique, mais irréversible, vers la démocratie, le moment est … venu d’un sursaut citoyen impliquant toutes les forces politiques, sociales et intellectuelles qui partagent la même aspiration. L’heure est au bilan critique et autocritique, au réarmement de la pensée, à la libération des initiatives, à l’affirmation claire des solidarités, au débat de fond et à la synergie entre toutes ces forces.

Le moment est venu pour nos gouvernants de donner des gages concrets de leur volonté à satisfaire une telle aspiration, le gage le plus urgent consistant à prendre des mesures radicales pour répondre à la détresse économique et sociale qui a atteint un seuil critique. Cela impliquerait, disons-le sans ambages, la remise en question des choix économiques et du modèle de croissance mis en œuvre jusqu’à nos jours et qui a creusé irrémédiablement les inégalités et les injustices. L’autre gage qui permettra à l’ensemble de la communauté nationale de renouer avec le goût de l’avenir serait un acte fondateur, négocié avec l’ensemble des acteurs de la scène politique et de la société civile, en vue d’imprimer à la Constitution du pays les principes d’un Etat de droit, instaurant la séparation des pouvoirs, l’égalité devant la loi, la protection des libertés, mais aussi d’un Etat de type nouveau prenant acte de l’identité culturelle et autres spécificités de certaines régions pour accorder à leurs populations l’autonomie à laquelle elles ont droit.

Une nouvelle croisée des chemins est en vue pour le Maroc. Le rendez-vous que l’Histoire nous y a fixé ne souffre aucune attente. Puissent la raison et les intérêts supérieurs du pays nous y conduire à temps et nous faire choisir la voie la plus sûre du progrès, de la dignité et de la justice, celle du décollage démocratique.’’

Pour autant que j’aie pu le vérifier, c’est là ce que pense la majorité des Marocains. Si j’en partage bien évidemment les finalités et si je suis parfaitement conscient qu’une amélioration de la situation économique favorise grandement la construction du progrès, je pense que cette amélioration n’interviendra pas avant la satisfaction de prérequis autres qu’économiques. Les soubassements nécessaires à toute construction solide ne peuvent en aucune manière être une litanie de souhaits ou revendications. Pas davantage la somme des ’’cahiers de doléances’’ de tous les groupes de passions, de pression et d’expression ! La construction de la démocratie n’est pas la réponse la moins mauvaise à toutes les attentes formulées par les différentes composantes d’un pays. Cette vision est triste et vouée à terme à l’échec car les attentes changent et la façon d’y répondre également et encore plus rapidement.

Un peu de théorie nous permettra de mieux définir nos attentes et de ne pas nous laisser enfermer dans le cercle vicieux de la démagogie, du vide, de l’arriération et du retard. Nous allons voir, grâce au rappel de ces principes de base, que dans l’épaisseur de notre nature, en nous, existent déjà quasiment tous ces principes que l’histoire et ses vicissitudes ont moqués, détournés, détruits et récupérés à des fins politiques et de domination.

Un espace géographique est constitué d’un ensemble d’espaces de niveaux divers, secondaires, tertiaires etc. Il ne se développe qu’à travers les rapports sociaux que nouent entre eux les divers groupements de personnes qui l’occupent et y vivent. Pour cela, le troc le cède peu à peu à des formes d’échange plus systématiques, à la concertation, et forcément au partenariat. Ainsi, dés le départ, on voit bien que naturellement, dans le système de gouvernance, il est impossible, mais assurément malsain et aberrant d’ignorer quiconque puisque les processus sont déclenchés par les décisions de la base et de ses ’’particules élémentaires’’, la rue, le quartier, le village avant d’être agrégés dans un processus régional, national et même, plus intelligemment,  supranational. Ces saines pratiques de base offrent aux groupes constitutifs l’occasion d’un développement harmonieux car elles positionnent dans un processus cohérent et synergétique, les diverses disciplines qui doivent être mises en œuvre : l’économie, la politique et la sociologie.

Il est hors de doute que pour construire et obtenir une vie de qualité  sur un territoire donné, il faut d’abord y récupérer le pouvoir de décision. Le mécanisme par lequel on opte pour une forme ou une autre de ce pouvoir de décision doit permettre de former des réseaux conçus pour s’élargir selon les besoins sans que jamais leur taille n’oblitère la responsabilité de chacun vis-à-vis des autres.

On oublie trop souvent – particulièrement dans nos pays – que l’associatif est un pôle déterminent de l’économie, mais contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas forcément dû une volonté politique tendant à s’assurer le contrôle de l’action des citoyens. Trois exemples très différents :

  1. L’Espagne de Franco a été l’enfance de l’Espagne d’aujourd’hui, ce pays à l’IDH de 0,955 caracolant à la 15ème place du classement du PNUD alors qu’il y a 60 ans, nous le qualifiions nous, Marocains, de … cour des miracles… Ce saut ’’miraculeux’’ est dû en bonne partie aux réseaux d’associations (les fameux ’’gremios’’) qui avaient, de par la loi, un rôle administratif important allant jusqu’à la répartition de l’imposition fiscale à l‘intérieur d’une corporation. Cela a pour résultat d’obliger le citoyen à voter et voter pour le sérieux, la compétence et l’honnêteté, et non le verbiage, la démagogie ou le corrupteur.
  1. L’Amérique telle qu’étudiée par Alexis de Tocqueville, http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_de_Tocqueville,   auteur de  l’ouvrage ’’De la démocratie en Amérique’’,  serait devenue un exemple de démocratie grâce à sa capacité à générer le réflexe d’association entre ses citoyens face à quelque problème que ce fût. Il explique notamment que : ’’Parmi les lois qui régissent les sociétés humaines, il y a en a une qui semble plus précise et plus claire que toutes les autres. Pour que les hommes restent civilisés ou le deviennent, il faut que parmi eux, l’art de s’associer se développe et se perfectionne dans le même rapport que l’égalité des conditions s’accroît.’’
  1. Le Maroc est la patrie de cette noble tribu baptisée les ’’Aït-Débrouille’’ par notre Fatima Mernissi, laquelle essaie d’expliquer notre passion pour les associations ou ONG (au nombre de 30.000 en 1999 et de 85.000 10 années après). La sociologue se pose la question de savoir s’il se peut que certaines de ’’ces associations offrent aux groupes sociaux menacés de chômage, des atouts que l’Etat et le secteur privé se révèlent incapables de garantir, en tête desquels la solidarité et la dignité’’.

Tout le monde conviendra ainsi que la progression de la démocratie est un effet direct du développement local, puis régional, puis national, processus naturel qui crève le cercle vicieux de l’appauvrissement et de l’exode rural.

En guise de conclusion du bref rappel de ces principes de base, je voudrais vous présenter un concept d’un siècle d’âge mais non encore totalement assimilé. Il a trait au ’’processus de civilisation’’ dont le premier formulateur a été  Norbert Elias, 1897-1990, un sociologue allemand d’origine polonaise qui, dans un ouvrage intitulé ’’La Société de Cour’’, Collection Champs, Flammarion, réédité en 1985, a caractérisé le dit processus en en situant l’origine dans la montée de l’autocontrainte dans les comportements individuels.

J’en extrais cette belle phrase qui parle des limites de l’action individuelle, quelles que soient sa qualité et son importance : ’’Comme au jeu d’échecs, toute action accomplie dans une relative indépendance représente un coup sur l’échiquier social, qui déclenche infailliblement un contrecoup d’un autre individu (sur l’échiquier social, il s’agit en réalité de beaucoup de contrecoups exécutés par beaucoup d’individus) limitant la liberté d’action du premier joueur’’ !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Norbert_Elias

Revenons au Maroc : Le discours royal du 09 mars 2011, sa promptitude et son audace ont pris de court tout le monde car il a répondu à une demande informelle par une proposition de réflexion et pour ne pas que celle-ci  parte dans tous les sens, il l’a circonscrite aux travaux d’un aréopage qualifié et au dessus de tout soupçon. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les CV des membres de cette assemblée.

Cet aréopage a rencontré 1000 citoyens, organisations, groupes, partis etc. Il les a consultés, leur a parlé, quelque peu gêné aux entournures, il est vrai,  par tant de liberté nouvelle, s’autocensurant probablement, mais à l’heure de la synthèse, en toute liberté, a cherché à livrer une copie ‘’acceptable’’.

Elle est apparue à une écrasante majorité des citoyens comme correcte et convenable et à l’étranger, même les ’’contras’’ systématiques comme par exemple ‘’rue 89’’,(2)

http://www.rue89.com/2011/06/22/maroc-les-limites-de-la-constitution-soumise-a-referendum-210455, nullement tendre à l’accoutumée, l’ont jugée sans aménité certes, mais tout en reconnaissant qu’elle apporte des avancées réelles en matière d’énonciation des droits de l’Homme, entre autre.

Un autre exemple, le commentaire d’un quotidien français, de toujours bien plus compréhensif vis-à-vis du Maroc : Le Figaroou le  très contesté Alexandre Adler tresse une couronne de lauriers :

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2011/06/24/10001-20110624ARTFIG00622-la-revolution-marocaine-un-modele-

Pour résumer ce qui s’est passé en 4 mois au Maroc, on peut dire que le tempo de l’ensemble fut très vif:

  • émission de la demande,
  • appel d’expertise,
  • réflexion et production,
  • réception de l’offre

Cette vitesse ne suggère-t-elle pas qu’en fait la réflexion était antérieure ?

J’ai retrouvé dans mes ‘’notes de lecture’’ un article du journal L’Economiste, datant de plus de … 5 années ; puisque publié dans la livraison du 21 avril 2006 (sic !) . Il est intitulé :

Le Maroc dans vingt ans et parle de Développement social : Stratégie de ruptures aussi

J’en donne quelques extraits car je ne sais si l’on peut le trouver facilement :

…’’

· Si on ne change pas de cap: Grosse crise sociale en 2025

· Allumer des foyers de débats

 ’’ … l’Institut CDG a reçu Tawfik Mouline, http://www.crd.co.ma/mouline.asp … pour présenter «la dimension prospective dans le rapport du cinquantenaire sur le développement humain» et en débattre. Soit, la méthode et le fond du sujet : Maroc 2025, ce qui est possible, ce qui est souhaitable.

 La question n’est plus seulement pourquoi, mais comment? Comment faire pour provoquer des ruptures? Qu’est-ce qui permet de créer une synergie  pour construire ce Maroc de 2025? L’acte n’est pas naïf quand les experts qui font la prospective du Maroc 2025 dessinent un pays au bord de la crise sociale, si les tendances actuelles se prolongent. Evidemment, les paramètres sont des postulats. Les experts ont la rigueur de la démarche scientifique: les anticipations ne sont que des scénarios, et qui prennent en compte les éléments sur lesquels on peut agir et les possibilités. «Ce rapport n’est pas un recueil de recettes, il est là pour créer les débats», martèle l’architecte de l’organisation qui a permis la réalisation de ce rapport de 5.000 pages, Abdelaziz Meziane Belfqih.(3)

Dans un ton et une réflexion libres, les rédacteurs du rapport transversal sur les perspectives du Maroc le disent: malgré les avancées enregistrées, «le scénario tendanciel n’est pas viable», et le développement humain reste faible. «Dans de telles conditions et si les goulets d’étranglement ne sont pas levés, une crise sociale pourrait survenir et compromettre le processus démocratique», projette le rapport.

Les ruptures sont vitales et possibles, disent les experts. Elles sont clairement identifiées pour les auteurs du rapport. «Face à la dégradation de la qualité de l’enseignement et au rythme lent de la lutte contre l’analphabétisme, le Maroc n’a d’autres choix que de privilégier le savoir et d’opérer une véritable rupture dans ce domaine», dit ledit document.

Pour le conseiller du Souverain, il y a un mécanisme indispensable pour rompre une tendance non souhaitable, mais réelle: «La parole» dira-t-il, sourire et regard on ne peut plus profond. «La rupture se provoque par la parole». Il ne le dira pas assez et milite pour que d’abord «l’on puisse parler entre nous», acte nouveau s’il en faut, du moins avec la méthode…

 … Pour dénouer les pelotes: Il y a les bons et les mauvais fils

 « Débloquer les nœuds du futur, c’est comme essayer de démêler une pelote. Si on ne tire pas sur les bons fils, on risque de resserrer la pelote». En ces termes, Tawfik Mouline a expliqué ce sur quoi nous devons agir, du moins de l’avis du groupe «perspectives». Ce sont des interdépendances qui entrent dans la dimension du développement humain. Il y en a quatre qui font effet levier:

– Le déficit en gouvernance …
– Le déficit en savoir …
– L’insuffisance de la création d’emplois
– Le déficit de développement local…

 … Ruptures dans les politiques publiques

 Il faut de «véritables ruptures dans certaines politiques publiques», estime le rapport:

– Education et lutte contre l’analphabétisme: Rythme trop lent et dégradation de la qualité de l’enseignement

– Gestion des affaires publiques: «Pour plus d’efficacité, les politiques publiques gagneraient à être territorialisées, mieux coordonnées et intégrées dans une vision à long terme du développement humain»

– Politique agricole: «Les campagnes pourraient s’appauvrir malgré les efforts de leur équipement en infrastructures et services de base face aux enjeux de l’ouverture économique». Il faut faire évoluer l’agriculture «d’une activité vivrière vers une activité intégrée dans l’économie de marché et à haute valeur ajoutée, tout en préservant la sécurité alimentaire»

– Gouvernance: Gestion des ressources humaines par la compétence, «la justice pour une indépendance et une impartialité totales», un système d’information plus transparent, objectif et communication pour tout le monde

– Croissance économique: Le financement de l’économie pour répondre aux besoins des TPE et PME est impérieux.

Une rupture, c’est quoi?

La définition relayée dans le rapport sur les perspectives de 2025 n’est pas très audacieuse pour expliquer un terme qui signifie le changement. Ledit changement (rupture) peut être soit possible, pensé ou encore brutal et incontrôlable. Une rupture est «une situation ou un évènement de toute nature (politique, économique, sociale, culturelle, technologique, organisationnelle…), d’ordre interne … et/ou externe. Quelque chose de nouveau. Elle est considérée comme plausible/vraisemblable mais imprévisible…, aux impacts potentiels (positifs/négatifs) importants». La rupture peut résulter de bouleversements brusques, ou bien «être déjà potentiellement en germe».

L’Economiste du 21 Avril 2006 … ( !)

…’’

Ce matin, lundi 27 juin 2011, sur une télévision étrangère, un jeune homme, présenté comme un des ‘’leaders’’ du mouvement du 21 Février a déclaré que les causes de la colère au Maroc étaient essentiellement économiques. Il a 20 ans et on ne peut certainement pas lui reprocher une approche aussi partielle. De plus, il ne fait que rejoindre l’écrasante majorité des commentateurs et des observateurs, dont certains sont ses professeurs, qui analysent la situation par le petit bout de la lorgnette. Les maux dont souffre le Maroc sont bien plus profonds et dépassent de loin le cadre économique.

Notre civilisation sous sa forme actuelle, a été embourbée dans des voies sans issue par divers naufrageurs :

  • Elle s’accommode de l’analphabétisme, et peut-être plus grave, de l’illettrisme.
  • Elle s’accommode d’un développement matériel obtenu au prix de hurlantes et révoltantes inégalités.
  • Elle s’accommode d’un désœuvrement suicidaire en encourageant, l’exil et l’exode.
  • Elle s’accommode de la démission civique et de l’exclusion d’un grand nombre des citoyens.
  • Elle s’accommode d’une haïssable centralisation du pouvoir, abstraite, et incompréhensible.

Une constitution est œuvre humaine, sujette à perfectibilité et même les vérités absolues et indiscutables sont dangereuses lorsqu’énoncées avant l’heure.

Les Etats-Unis d’Amérique ont promulgué la leur il y a 224 ans et elle comporte à ce jour 27 amendements, soit un rythme d’un changement tous les 8 ans et … ils n’ont pas l’air de trop en souffrir !… http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_des_%C3%89tats-Unis

La Grande Bretagne … exemple de démocratie pour le monde entier, n’a pas de constitution à proprement parler. Les textes qui en régissent le fonctionnement et la gestion sont issus de la ‘’Magna Carta’’, document à lire absolument, même s’il date de … 1215… http://fr.wikipedia.org/wiki/Magna_Carta

En Espagne,  La Constitution … est la loi fondamentale qui régit de manière organisée et hiérarchisée l’ensemble des institutions …, ainsi que les droits et les devoirs des citoyens depuis (seulement) 1978.  Le texte fut développé par la voie du consensus et ce, pour la première fois dans l’histoire espagnole et fut approuvé par référendum pendant le processus de la Transition démocratique espagnole, après la dissolution des institutions organiques du régime franquiste. http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_espagnole_de_1978

En Belgique, la constitution actuelle est dite « Constitution du 7 février 1831 » ou « Constitution du 17 février 1994 » car elle a été votée le 7 février 1831 par le Congrès national mais elle a été coordonnée le 17 février 1994. Elle instaure un système monarchique constitutionnel, parlementaire et fédéral…  La dernière modification date de 2008. http://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_Belgique

Au Japon, officiellement, la constitution est la ’’loi fondamentale’’ adoptée en mai 1947. Elle ne peut être prise en exemple car elle a été imposée à ce pays par les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, principalement les USA. http://mjp.univ-perp.fr/constit/jp1946.htm

On peut, en cas d’intérêt, consulter ce site, à des fins de benchmarking : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Constitution_par_pays

______

Tout là-haut, au début de l’article, l’adorable petite fille juchée sur les épaules de son papa semble interroger l’horizon pour connaître son avenir… On perçoit nettement une vague appréhension, malgré la qualité de son siège…

Comment la rassurer ? Que lui dire ? Personnellement je lui dirais qu’elle a raison d’arborer fièrement l’étoile verte sur sa joue et dans son cœur. Ce Maroc que nous tous voudrions parfait, est à elle et que nous faisons de notre mieux pour le lui céder encore plus beau. Qu’elle ne s’inquiète ni ne s’impatiente, nous y travaillons. Et si de tristes corbeaux ont mille et cent fois pollué l’air de leurs croassements disgracieux, nous, simples citoyens libres, nous croyons à notre sagesse, à notre patience, à notre pondération et à notre désir de lui offrir le meilleur des mondes. Pour cela, nous pensons que Mark Twain parlait de nous lorsqu’il a dit :

’’Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait’’


mo’

(1)   Photographie emprunté à Internet.Je n’ai pu en identifier l’auteur bien qu’elle soit reprise assez souvent. Qu’il soit remercié…

(2)   Rue89 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue89

(3)   Abdelaziz Meziane Belfquih : Né en 1944 et mort en … mai 2010

Publicités