Après la fin de la Guerre Froide, en novembre 1989, l’Europe continua son édification qu’elle avait entamée depuis le lendemain de la guerre, 40 années auparavant.

Partout les réformes politiques et économiques favorisèrent l’éclosion d’une économie de marché et l’instauration de démocraties parlementaires pluralistes reposant sur l’État de droit.

Voici en vitesse météorique, un rappel des dates importantes de la construction de l’Union Européenne :

09 mai 1950, Déclaration Schuman

Ainsi, en mai 1950, Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères de France, prononça une déclaration historique par laquelle il appela à la mise en commun des productions de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne, au sein d’une organisation ouverte aux autres pays d’Europe. Le but était d’assurer par cette action d’intégration économique, une paix durable en Europe, rendant impossible tout affrontement entre les deux pays.

18 avril 1951 : création de la CECA

La RFA, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signe le18/04/1951, le Traité de Paris qui crée la Communauté européenne du charbon et de l’acier ‘’CECA’’, pour une période de 50 ans.

25 mars 1957 : création de la CEE et de l’EURATOM

Le 25 mars 1957, les mêmes six pays signent à Rome le premier traité instituant la Communauté économique européenne ‘’CEE’’ d’une part et la Communauté européenne de l’énergie atomique ‘’CEEA’’ dite Euratom, d’autre part.

1er juillet 1968 : réalisation de l’Union douanière entre les Six

Les droits de douane entre les six membres de la CEE sont totalement supprimés. Un tarif douanier commun est mis en place aux frontières extérieures de la CEE.

1er janvier 1973 : de l’Europe des Six à l’Europe des Neuf

Premier élargissement de la CEE avec l’adhésion du Danemark, du Royaume-Uni et de l’Irlande.

1er janvier 1981 : Une Europe à Dix

Second élargissement : la Grèce entre dans la CEE

14 juin 1985 : signature des accords de Schengen

La France, la RFA, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg signent à Schengen des accords prévoyant la suppression progressive des frontières entre ces États et la libre circulation des personnes. Mais la convention d’application de l’accord n’est signée que le 19/06/1990 et entre en vigueur seulement le 26/03/1995.

1er janvier 1986 : l’Europe des Douze

Troisième élargissement de la CEE avec l’arrivée de l’Espagne et du Portugal.

17 et 28 février 1986 : signature de l’Acte unique européen

Les Douze signent l’Acte unique qui modifie le traité de Rome sur la CEE. Il fixe l’échéance pour la réalisation du marché intérieur unique au 31/12/ 1992. Celui-ci entre en vigueur le 1/1/1993.

7 février 1992 : création de l’Union européenne

À Maastricht, est signé à cette date le traité sur l’Union européenne.

Celui-ci s’articule autour de 3 axes :

1.                 les Communautés, la politique étrangère, la sécurité commune
2.                 la coopération en matière de justice et d’affaires intérieures
3.                 la CEE devient la Communauté européenne ou CE.

Dans ce traité les pouvoirs du parlement européen sont renforcés, et l’Union économique et monétaire (UEM) est lancée. Le traité de Maastricht entre en vigueur le 1er novembre 1993.

1er janvier 1995 : l’Europe des Quinze

Quatrième élargissement avec l’entrée de l’Autriche, la Finlande, et de la Suède dans l’UE.

2 octobre 1997 : signature du traité d’Amsterdam

Les Quinze signent un traité par lequel la Communauté européenne acquiert de nouveaux domaines de compétence (sécurité, politique étrangère, fiscalité…). Le traité entre en vigueur le 1er mai 1999.

1er janvier 1999 l’Euro devient la monnaie unique de 11 des États membres

La RFA, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal forment la « zone euro« .

1er janvier 2001 : ‘’élargissement de la zone euro’’

La Grèce intègre la zone ‘’euro’’

26 février 2001 : signature du traité de Nice

Un traité qui modifie à nouveau le traité sur l’Union européenne et celui instituant la Communauté européenne est signé à Nice entre les Quinze. Ce traité devait permettre d’assurer un bon fonctionnement des institutions européennes en prévision du prochain élargissement de l’UE aux pays d’Europe centrale et orientale.

16 avril 2003 : vers une Europe à 25

Un traité d’adhésion à l’UE de dix nouveaux États est signé à Athènes. Il s’agit de Chypre, de l’Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de Malte, de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Slovénie.

1er mai 2004 : une Europe à Vingt-cinq

Entrée en vigueur du traité signé à Athènes le 16 avril 2003.

1er janvier 2007 : une Europe à Vingt-sept

Entrée en vigueur du traité d’adhésion signé le 25 avril 2005. La Roumanie et la Bulgarie deviennent membres de l’Union européenne. Par ailleurs intègre la zone euro.Chypre

13 décembre 2007 : signature du traité de Lisbonne

Le projet de constitution européenne ayant été abandonné après son refus par la France et les Pays Bas, les 27 chefs d’Etats et de gouvernements ratifient un nouvel accord sur un « traité modificatif ». Le traité entre en vigueur le 1er décembre 2009.

1er janvier 2008 : ‘’élargissement de la zone euro’’

Malte intègre ‘’la zone euro’’

1er janvier 2009 : ‘’élargissement de la zone euro’’

La Slovaquie intègre la ‘’zone euro’’

2700 ans ont donc été nécessaires pour construire

L’Union Européenne

Certes, la place de la Grèce a entretemps considérablement changé dans cet espace. Mais certaines constantes du caractère grec se retrouvent à toutes les époques, tout au long de l’histoire :

L’un des traits les plus frappants de la personnalité grecque est un attachement viscéral et inébranlable à la logique. Ce n’est vraiment pas un hasard si c’est là-bas qu’est née cette discipline de la philosophie. Un Grec dit ‘’non’’ fermement et catégoriquement lorsqu’il pense qu’il doit le dire.

Deux exemples récents permettront de mieux comprendre l’âme grecque :

1° Il existe deux fêtes nationales en Grèce.

a)               Le 25 mars, qui commémore le début de l’insurrection grecque contre les Ottomans en 1821. Germain, métropolite de Patras fit hisser l’étendard grec au sommet de l’église de Sainte Laure. Ce fut le point de départ du mouvement de révolte qui mena à la liberté.

b)               Le 28 octobre, qui commémore le rejet de l’ultimatum italien en 1940 par le dictateur grec Ioánnis Metaxás. Cet ultimatum imposait à la Grèce de permettre à l’armée italienne de pénétrer sur son territoire et d’occuper certaines places stratégiques, ou bien la guerre serait déclarée. La réponse de Metaxás fut simplement : « Non ! ». En réponse à ce refus, des troupes italiennes attaquèrent la Grèce déclenchant le sanglant conflit qui opposa les deux pays.

2° Durant cette même deuxième guerre mondiale, la Grèce joua un rôle primordial, notamment en acceptant d’être le verrou stratégique contre l’invasion de la Russie par les troupes nazies : Les Italiens – chargés par le groupe de l’Axe du ‘’sautage de ce verrou’’, en furent incapables devant tant de résistance et firent appel à ces troupes allemandes. Celles-ci rencontrèrent la même résistance farouche des Grecs, ce qui leur fit perdre un temps précieux et les bloqua là, jusqu’à l’arrivée de l’hiver russe, réputé infranchissable. La bravoure des Grecs fut saluée unanimement.

Quelques témoignages :

–                     Winston Churchill les encensa et se fendit pour eux d’une de ses phrases les plus célèbres : « Nous ne dirons pas que les Grecs combattent tels des héros, mais que les héros combattent tels des Grecs. »

–                     Le président américain Franklin Roosevelt dit que « tous les peuples libres sont très impressionnés par le courage et la ténacité de la nation grecque…

–                     Joseph Staline déclara que « le peuple russe sera éternellement reconnaissant envers les Grecs pour avoir retardé l’armée allemande assez longtemps pour que l’hiver s’installe, nous donnant de ce fait le temps précieux dont nous avions besoin pour nous préparer. Nous n’oublierons jamais. »

–                     Enfin, incroyable mais vrai, Adolf Hitler lui-même déclara dans un discours au Reichstag : « Il doit être dit, pour le respect de la vérité historique, que parmi tous nos opposants, seuls les Grecs se sont battus avec autant de courage et de défiance envers la mort. »

Alors comment ce Peuple merveilleux qui engendra la pensée occidentale, la démocratie, Aristarque de Samos, Socrate, Platon et Périclès, apporta tant à la race humaine et n’hésita jamais à donner de sa chair pour le bien commun a-t-il bien pu, Hélas, 3 fois hélas, corrompre son âme à ce point ?

Voyons voir l’affaire de plus près :

‘’La corruption est l’abus d’une charge publique à des fins d’enrichissement personnel.’’ La corruption sape la concurrence loyale et provoque des déperditions significatives de ressources destinées en principe au développement.

L’IPC (Indice de Perception de la Corruption, de Transparency International) classe les pays en fonction du degré de corruption perçu dans les administrations publiques et la classe politique : 0 = haut degré de corruption perçu et 10 = faible degré de corruption perçu. La moyenne mondiale est à 5, – à titre de renseignement, le Maroc a obtenu en 2010, la note de 3,4/10, encore plus mauvaise que celle de la Grèce et se retrouve 85ème au classement mondial…

Mais voici d’abord  les 10 pays membres de l’UE les plus corrompus: Grèce, Bulgarie et Roumanie (3,8/10) ; Italie (4,3/10) ; Lettonie et Slovaquie (4,5/10) ; Lituanie et République tchèque (4,9/10) ; Pologne (5/10), soit la moyenne mondiale.’’

Dans ce peu glorieux palmarès, HELLAS, le peuple ‘’inventeur de la démocratie’’ n’a pas de quoi pavaner. Alors essayons de comprendre pourquoi, d’une part les Grecs sacrifient-ils leur vie sans hésitation pour leur pays et parallèlement, le tuent-ils par un incivisme monstrueux. Il faut tout d’abord savoir que là-bas, les terrasses des cafés sont toujours aussi pleines et si ‘’la crise’’ est LE sujet de discussion, on peut être amusé par l’humour violent utilisé pour en parler.

–          Que Bruxelles cherche les vrais coupables et les fasse payer !
–          A moi, personne n’a jamais rien prêté ni encore moins donné !
–          Ils n’ont qu’à demander leur argent à qui ils l’ont prêté !
–          Les armes et la mort plutôt que d’être pris en otages !
–          Ces histoires ne nous concernent pas !

En fait, les Grecs comme les autres ‘’Gentils Membres’’ du ‘’Club Med’’ et avant eux d’autres pays, asiatiques et surtout africains, se voient proposer, aujourd’hui, d’hypothéquer leur avenir, d’abandonner leur souveraineté nationale et de s’appauvrir pour que les usuriers de l’ordre mondial actuel puissent ponctionner le sang de leurs veines pour se rembourser de ces prêts qu’ils ont accordés en quantité ahurissante, pour tout et pour n’importe quoi !

Ces dettes proviennent des emprunts sollicités et obtenus par les autorités monétaires du pays pour assurer le financement des budgets successifs. Ainsi font tous les pays du monde, les censeurs européens de la GrèceAllemagne et France en tête, comme tous les autres. C’est admis, c’est ‘’orthodoxe’’, c’est ainsi ! Ces dettes se montent actuellement pour Athènes à 350 milliards d’€uros, soit, 31.000 €uros d’endettement pour chacun des 11 millions de Grecs !

Entrons sur le bout des pieds dans ce sinistre marécage ! Rassurez-vous, pas de démonstrations, j’en serais bien incapable, mais quelques mots et quelques photos sont tout aussi efficaces !

Quant à l’étalon incontesté de l’économie capitaliste, pour quelques temps encore, les USA … quelques chiffres et un dessin très ‘’éloquents’’ : chacun des 310 millions d’Américains est endetté … plusieurs centaines de fois plus qu’un Grec…

Un sommet du G20 s’est tenu pour traiter de la crise grecque et de la menace qu’elle fait peser sur la zone €uro.

Le G20 est un groupe de 19 pays plus l’Union européenne dont les ministres, les chefs des banques centrales et les chefs d’États se réunissent régulièrement aux fins de concertation. Ce groupe représente 85 % du commerce mondial, les deux tiers de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut qui est la somme des PIB de tous les pays du monde.

A l’issue de ce sommet du G20, Nicolas Sarkozy, le président en exercice du Groupe, et ses collègues, malgré l’aide ‘’angélique’’ de Barak Obama, malgré leurs traits tirés et le nombre incalculable d’heures de veille qu’ils ont accumulées, n’ont bien évidemment et strictement rien pu faire que de constater leur impuissance. Ils ont eu la décence de ne rien conclure d’autre que ‘’VE VICTIS’’, (malheur aux vaincus) montrant ainsi cette impuissance.

Ce qui adviendra ? Ce n’est pas difficile à deviner : récession, chômage, crise économique, faillites et surtout, fin de la monnaie unique, tout au mois sous sa forme actuelle. La rage néo libérale en économie a vécu !

Sa ‘’prime’’ de résultat, Nicolas Sarkozy l’a bien eue sous forme d’une soit disant erreur de l’Agence de notation financière Standard & Poors qui a annoncé que la France avait perdu à son tour son excellente note de AAA, autrement dit, prenait le chemin du ‘’Club Med’’ …

Les agences de notation financière sont des organismes chargés d’évaluer financièrement divers acteurs économiques. Elles sont rémunérées par le demandeur de notation. Pour ces évaluations, les seuls critères d’évaluation pris en compte sont des critères financiers. Elles évaluent donc les risques purement financiers, et non des risques plus globaux. Les notations de ces agences sont étudiées attentivement par les marchés financiers, qui s’en inspirent pour évaluer la santé, la solidité et la crédibilité de leurs emprunteurs. Leur rôle est éminent car les taux d’intérêts dépendent de ces conclusions.

Actuellement par exemple, l’Allemagne peut emprunter moyennant un taux d’intérêt de 1,5 %. Pour la France, le taux exigé est d’au moins 3%. Pour l’Espagne, c’est entre 6 et 7%. Pour l’Italie, c’est 7%. Pour le Portugal, cela dépasse les 10% et pour la Grèce, c’est actuellement … 15%, ce qui proprement monstrueux !

Qui est le pauvre nautonier qui a conduit la Grèce dans cette tempête ? Georges Papandréou ! Né aux États-Unis, cet économiste et sociologue formé à la prestigieuse London School of Economics et à Harvard, revient en Grèce à l’âge de 22 ans, et débute une brillante carrière de grand commis de l’Etat, avant de devenir président du Mouvement socialiste panhellénique PASOK, et même de l’Internationale socialiste depuis 2006. C’est lui qui a occupé le poste de Premier ministre de 2009 à 2011.

D’une grande rectitude intellectuelle, dés sa prise de fonction en tant que chef du gouvernement, il dévoila ce que les instances de l’UE savaient en fait déjà, à savoir que les comptes de l’Etat Grec étaient affreusement truqués. La Commission européenne enquêta et confirma cette falsification des données quelques semaines plus tard. Car oui, figurez-vous que les données sur lesquelles travaille la CE sont celles communiquées par les États, sans aucun contrôle externe. Cette disposition aberrante est défendue mordicus par un certain nombre de pays, dont la France, car considérée comme une mesure de souveraineté nationale !

Georges Papandreou s’aperçut avec horreur qu’il devait renoncer à toutes les promesses qu’il avait faites pendant sa campagne électorale. Il le dit honnêtement et pire, il se mit alors à mener une politique d’austérité :  Il tenta de faire adopter la création de nouveaux impôts, l’augmentation de la TVA, une diminution des investissements publics, une baisse des primes des fonctionnaires et des pensions des retraités et un recul de cinq ans de l’âge légal de départ à la retraite.

Pour ce courage, il obtint un temps le soutien de la troïka FMI-BCE-CE. Mais ce train de mesures déchaîna la colère des Grecs qui manifestèrent et crièrent qu’ils n’étaient pas d’accord et ne voulaient pas entendre parler de rigueur. Le temps passa et la situation continua de se dégrader. Les exigences des créanciers se firent évidemment plus grandes. G. Papandreou les négocia, les discuta et les mit noir sur blanc avant d’accomplir un geste courageux de vrai démocrate. Sans consulter personne, il annonça qu’il allait soumettre à l’appréciation des citoyens le contenu des accords passés avec la troïka par voie de référendum. Les loups de l’intérieur comme ceux de l’étranger se mirent à hurler à la trahison ou … à moquer carrément cet acte de logique démocratique.

A titre d’illustration voici  ce que Rudi Thomaes, patron des patrons belges, a osé avouer avec un cynisme à glacer le sang, dans le journal belge Le Soir du 03 Novembre, à propos de ce référendum : « Je trouve cette idée de référendum aussi intelligente que celle qui consisterait à organiser une consultation auprès des dindes, pour leur demander s’il est judicieux d’organiser la fête de Noël. »

A bien y réfléchir, G. Papandreou ‘’avait le choix entre deux options :

  • Se résigner et se tourner vers la troïka FMI, BCE, CE en passant sous ses fourches caudines
  • Refuser les diktats des marchés et de la troïka en suspendant le paiement et en lançant un audit afin de répudier la part illégitime de la dette’’  http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article312

G. Papandreou est de haute moralité, alors, il s’en va dignement, après avoir pris une mesure prudentielle qui, à défaut de guérir le mal, le limitera tout au moins : la constitution d’un gouvernement d’union nationale, afin que nul n’ignore ou ne puisse se plaindre de n’avoir pas su, et se dérober à ses obligations, en cette passe douloureuse que traverse son pays. Mieux, sans rancune, il ne fait rien contre le fait que vont siéger dans ce gouvernement d’union nationale, ceux-là mêmes qui ont provoqué ce chaos, les membres du parti Nouvelle Démocratie de Constantin Caramanlis, son prédécesseur à la primature.

Le Journal français Le Monde, dans sa livraison du 07.11.2011, lui consacre un éditorial sobre, élégant et vrai. On y lit notamment que personne, ni à l’intérieur du pays, ni à l’extérieur n’a fait la moindre analyse sérieuse des thèses pourtant évidentes et honnêtes de Georges Papandreou, l’homme qui a osé, en bon Grec qu’il était, dire Non à la meute des créanciers, sous le regard goguenard de la richissime Eglise Orthodoxe et du légendaire Groupe des Armateurs Grecs, ‘’entités’’ qui elles, ne paient pas, par tradition et/ou par triche, le moindre impôt ! Pourtant, le fait de les faire payer n’eût-il pas été la chose la plus normale du monde ?

Parallèlement à toutes ces raisons ‘’objectives’’ et ces sésames ‘’abracadabrants’’, il ne faut pas sous-estimer le poids du préjugé dans le comportement des spéculateurs. La Grèce se trouve dans ce que les gens ‘’sérieux’’ du Nord et du Froid appellent le “Club Med”, les pays du Sud, par moquerie, par dérision, ce qui leur permet de disculper l’Irlande qui est géographiquement loin, même si elle était dans la même situation que la Grèce il n’y a guère longtemps. Oui, le racisme géopolitique existe et il est aussi virulent qu’entre humains d’origines différentes …

Je n’ai personnellement qu’une minuscule expérience commerciale avec la Grèce, suffisante toutefois pour me permettre d’affirmer  qu’avant l’intégration dans l’UE, les lois et règlements y étaient si compliqués, si contraignants, si draconiens qu’il était tout simplement impossible de les appliquer. Tout le monde trichait, c’est simple ! Sans malice ni incivisme, ce n’est pas vrai ! Mais parce qu’il était impossible de ne pas le faire.

Quant à mon témoignage personnel de l’entrée d’un pays dans l’UE, il est particulièrement significatif et concerne un autre pays membre du décrié ‘Club Med’’ : le Portugal,  puisque j’y ai vécu. J’y suis arrivé quelques trois ou quatre années après l’adhésion à l’UE et je fus le témoin ‘’impliqué’’ d’un énorme ‘’prêt’’ accordé à un projet ubuesque. Lors de la cérémonie de signature dudit prêt, le représentant de l’UE me confia, désabusé et cynique : ‘’Bof, je sais parfaitement que ce projet est une connerie totale mais la demande est bien ficelée, aucune raison de la rejeter’’… Des paroles dignes d’un banquier de quartier, mais … c’est ainsi !…

Au plan psychosociologique, une jeune intellectuelle portugaise me dit un jour qu’elle ne se sentait aucun atome crochu avec les ‘’Européens du Nord des Pyrénées’’ et que l’entrée de son pays dans l’Union Européenne était pour elle une catastrophe. Elle ajouta, peut-être pour me faire plaisir que l’intégration du Portugal au concert des nations devait débuter par le Sud et non le Nord…

Je partageais mon ahurissement avec deux amis et collègues économistes, un Turc et un Français, face à cette débauche d’argent que déversa, à ce moment là, l’UE sur le Portugal. Le pays devint rapidement un vaste chantier, du Nord au Sud. Chaque administration, chaque ville, chaque région présentait pour financement des projets quelquefois sérieux, mais bien souvent pharaoniques ou carrément burlesques. Si au Portugal il y eut corruption, c’est surtout au travers des ‘’appareils’’ démocratiques et des partis politiques et de leurs ‘’sponsors’’ évidemment. Toutes nos ratiocinations se concluaient par cette question lancinante :

–          Mais Dieu du Ciel, comment vont-ils faire pour rembourser tout cela, même si ce n’est que dans 30 ans ?

Ajoutons à cela que les banques, pour de sombres histoires de respect de la réglementation, portaient à leurs actifs des biens fonciers acquis depuis la Révolution des Œillets ou récupérés auprès de débiteurs, biens évalués par elles-mêmes, souvent à 10 fois leur valeur véritable. Le pays reçut un déluge d’argent, le crédit était à 20% et plus et personne ne s’en plaignait car la fausse richesse permettait de supporter ces taux situés au-delà de l’usure ! Le Portugal, pays réputé assez pauvre, se permit à ce moment-là, sur injonction de Bruxelles, de rétribuer – et grassement !- la mise en jachère des terres agricoles ! Pour manger, on importait tout de l’Espagne voisine, du Brésil, de France et d’ailleurs !

Pour financer cette gabegie, les prêteurs n’ont pas été chiches. Ils ont prêté à chaque Portugais 2.188 €uros, comme ils ont prêté à chaque Grec 2.260 €uros en moyenne, ce qui donne les chiffres vertigineux que l’on découvre aujourd’hui, aggravés par le cancer des intérêts !

Mais un mauvais investissement ne génère pas les profits suffisants pour nourrir ses promoteurs et pour payer ses financiers !…. C’est aussi simple que cela.

Et bien voilà, aujourd’hui, 20 à 30 ans après, nous savons comment les Portugais rembourseront leurs dettes : Je répète en mon âme et conscience qu’ils sont excessivement sérieux et frugaux, mais à l’impossible, nul ne peut être tenu. Ils vont passer, plus ou moins discrètement l’addition à … leurs enfants et doivent assister, impuissants, à la fin de tous leurs rêves de développement et de progrès, ou s’expatrier, ou … tricher !

Revenons un instant à la symbolique exprimée par la mythologie : Lorsque ce séducteur impénitent de Zeus enleva la belle Europe pour la cacher en Crête, il s’unit à elle sous un platane, symbole de la régénération – tout un programme… et ce platane, depuis lors, est toujours resté vert … – confirmation du programme …

Lorsqu’il fut lassé ou que les circonstances le rappelèrent à ses importantes responsabilités, en guise de cadeau … d’adieu, en gentleman, Zeus offrit à sa ‘’maîtresse’’ trois présents, annonçant eux aussi, de façon divinatoire les temps futurs :

– Une Lance qui ne manquait jamais sa cible;
– Un chien féroce, Laelaps, qui ne laissait jamais échapper sa proie;
– Un homme de bronze, Talos, qui faisait chaque jour le tour de la Crête et tuait tous les étrangers qui tentaient d’y débarquer.

Véritable prémonition ou je me trompe ?

mo’

Sources :

http://www.bibleetnombres.online.fr/dette_US.htm
http://www.touteleurope.eu/
Comprendre la crise de la dette américaine – LeMonde.fr
Dette, taux , croissance : les « maillons faibles » de la zone euro sous pression –  
Les pays les plus endettés du monde
Montant des dettes publiques européennes – NON A LA DETTE !!
Le Figaro – L'Europe face aux faillites d'État
L'Allemagne, champion d'Europe de la dette devant l'Italie et la France en 2010 selon les statistiques d'Eurostat
Cette crise qui défait les gouvernements de la zone euro |
http://www.cadtm.org/Dans-l-oeil-du-cyclone-la-crise-de#nb3-13
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/07/les-desarrois-du-bon-professeur-papandreou_1599893_3232.html#ens_id=1508090
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