Il y a fort longtemps …

Mon arrière-grand-mère maternelle était, paraît-il, comme beaucoup de bourgeoises de son âge à cette époque, cardiaque. Les causes ? Elles sont au nombre de deux. La première est la nécessité d’offrir à Monsieur mon illustre arrière-grand-papa, son époux, des formes épanouies. La seconde est son statut qui lui interdisait ou tout au moins la dispensait de ’’faire grand-chose’’ de ses dix doigts et de ses 24 heures. Les deux causes s’associaient pour fabriquer une solide et imposante personne dont le petit cœur essayait tant bien que mal d’irriguer la masse imposante. Un jour qu’elle allait particulièrement mal, on fit venir un médecin à son chevet, lequel, après l’avoir auscultée, parla ’’sérieusement’’ et en aparté aux enfants, pour leur dire que la brave dame était mal en point et devait impérativement suivre un régime alimentaire draconien (*) qui revenait à peu près à ce que disait l’écrivain anglais Fred Metcalf :

La plupart des régimes peuvent se résumer à cette phrase :

 »Si c’est bon, crachez ! »

 Le bon docteur parlait le français, langue qu’ignorait ma noble ancêtre. Ce sont donc les petits-enfants qui traduisaient la longue liste des interdits cependant que le visage de la pauvre dame se décomposait peu à peu. C’était la première fois qu’elle avait affaire à la médecine des Nazaréens (*), car d’habitude, c’etait plutôt l’herboriste, le charlatan ou la sage-femme qu’elle consultait pour ses petits bobos… Elle trouvait bien étrange cette médecine qui prétendait guérir en privant ! Lorsque la liste des interdits fut entièrement déroulée, elle regarda l’un de ses enfants et lui confia le plus sérieusement du monde qu’elle soupçonnait le disciple d’Hippocrate (*) de vouloir attenter à ses jours. L’air interrogatif de son fils la poussa à préciser : ’’Mais je vous dis que je suis exténuée par le moindre effort et cet imbécile veut me priver de toute source d’énergie’’ ! Rouspétance parmi les présents et explications détaillées d’un des petits-enfants qui était déjà au collège et savait donc beaucoup de choses. La brave dame fit semblant d’accepter pour voir au plus vite déguerpir cet étrange étranger qui se mêlait de pénétrer dans les Voies du Seigneur, pourtant réputées impénétrables !

Un siècle plus tard  

Son arrière-petit-fils, mo’ du Bou Iblane, alla à Tanger, ville merveilleuse qu’il adorait et où il se rendait régulièrement, pour expédier par le ferry reliant Tanger à Algésiras, des produits de mer à destination de ses clients espagnols. Après avoir accompli les formalités de transit au port, il regagna le centre-ville et remonta l’avenue principale pour s’installer dans l’un des innombrables cafés de l’artère et consommer là, son 3ème ou 4ème petit-déjeuner, avant d’aller muser dans les magasins spécialisés dans les gadgets (*) électroniques à peine sortis ailleurs dans le monde et qu’on trouvait là et nulle part ailleurs. C’est par exemple là, dans une de ces célèbres boutiques tenues par les Indous, qu’il acquit sa première machine à calculer pour … 250 US $, laquelle, quelques années après, était distribuée gratuitement dans les paquets de lessive. C’est également là qu’il acquit son premier lecteur de cassettes, pour 300 US $, tout comme une collection de gadgets d’une utilité peu évidente mais qui l’amusaient follement. Du port, il avait rejoint à pied l’avenue principale à hauteur de l’Hôtel Rembrandt et monta vers le café de Paris par le trottoir de droite. L’air était frais, l’humeur guillerette et la marchandise chargée à bord du ferry. Il avait donc toutes les raisons d’être heureux et décida de profiter largement de sa journée dans la Ville du Détroit avant de regagner Casablanca, ce qui ne lui prendrait qu’un clin d’œil, estima-t-il, compte tenu des performances de son bolide allemand.

Pendant qu’il remontait l’avenue, il dévorait les vitrines, se suppliant de s’avouer un quelconque désir à satisfaire sur le champ. Il passa ainsi devant une agence de voyages dont deux murs intérieurs étaient constitués d’immenses miroirs ou les passants se voyaient, arrivant, puis de profil et en se retournant, poursuivant leur chemin. Il fut ’’pris en charge’’ par ces optiques et arrangea quelque peu sa mise, avant que son image de face ne cédât la place à celle de son profil et là, il s’arrêta net, littéralement horrifié ! Il avança, recula, avança à nouveau puis recula et chercha à comprendre par quel jeu de miroirs, le Monsieur supposé être lui avait un popotin (*) aussi important et proéminent. Il ne se connaissait absolument pas cette disgrâce, pour la simple raison qu’il n’en avait jamais été affublé. Il tâta, il pivota, il s’approcha puis il recula. Rien n’y faisait, le miroir n’était pas déformant, et ’’la chose’’ était bien à lui, sans aucun doute ni trucage, bien accrochée à son pont arrière comme une malle sur un porte-bagages. Il en eut le vertige et s’appuya contre le mur de la devanture, en se tenant la tête et se demandant comment et pourquoi… Certes la moindre idée de régulation ou de précaution ne l’avait jamais effleuré, certes son activité professionnelle l’obligeait à déjeuner ’’hors-foyer’’ quasiment tous les jours, certes, il ignorait la tempérance, mais enfin … de là à ce que cette protubérance graisseuse osât s’installer à mi-hauteur de son profil d’athlète grec et la gâchât à ce point, l’anéantit purement et simplement. Quoi ? Il n’allait plus provoquer l’admiration et l’envie ? Quoi, il allait entrer dans le cercle vicieux et infernal de la banalité ? Quoi ? On le chasserait des podiums de beauté et le renverrait aux pesanteurs de la drague ordinaire ? Que nenni ! L’on n’avait pas le droit ! Il irait en clinique, au tribunal, n’importe où mais il n’en serait jamais question… Il rebroussa chemin et ne prit guère son énième petit déjeuner. Pour s’auto-punir, il annula son magasinage, prit son véhicule et, les lèvres pendant de bouderie, il piqua l’accélérateur pour ne le relâcher que devant son domicile dans la banlieue de Casablanca. Il habitait alors une magnifique et incroyable villa surplombant Dar Bouazza, très précisément là où est érigé maintenant le Golden Tulip – Hôtel des Arts. Il descendit de son bolide et alla de suite se mettre en short et tricot de sport, sans prendre même la peine de saluer la servante et le gardien, ce qui ne lui ressemblait guère. Il chaussa des espadrilles et descendit sur la plage d’où il ne remonta qu’à la nuit tombée, hurlant pratiquement de faim et exténué. Il se doucha, en profita pour vérifier la désastreuse vision tangéroise et s’invectivant comme un charretier, il s’offrit un litre d’eau minérale en guise de dîner avant de se glisser dans les draps et dormir en maugréant et en continuant de se promettre de se faire regretter ’’l’abomination’’.

Pour s’endormir, point de comptage de moutons, mais un travail de sape psychologique, alternant la flatterie et la moquerie : ’’N’as-tu pas honte de ton laisser-aller ? Te voilà comparable à ces débiles mentaux qui exigent de leurs épouses les pires sacrifices pour leur complaire mais ne leur offrent à elles qu’une apparence piteuse de laisser-aller et souvent d’hygiène douteuse, agrémentée d’un fumet de graisse rance. Je te préviens en tout cas que moi, ton sur-mo’, ta conscience, je ne vais plus te laisser fermer l’œil avant que tu n’aies rétabli les choses !’’

Le lendemain matin, lui qu’on éveillait d’habitude avec l’arôme d’un café arabica encadrant les arômes de viennoiseries toutes chaudes, se leva d’un saut, remit sa tenue de sport et après avoir avalé un grand verre d’eau, retourna courir sur la plage… Une fois épuisé et en nage, il remonta, fit sa toilette, avala un petit déjeuner réduit à sa plus simple expression et alla à son travail, le ventre noué par la rage et la mauvaise humeur, ressassant à voix haute le serment de ne pas fléchir le moins du monde. Il se sollicita comme il sait si bien le faire pour transformer cet objectif en impératif moral. ’’A-t-on le droit, lorsque la nature vous a doté d’un corps splendide de toréador ou de danseur de flamenco, de se laisser aller jusqu’à ressembler à un infâme boudin ?’’

A midi, il se rendit chez sa sœur bienaimée, excellente cuisinière qui lui préparait d’habitude de bons petits plats… Il lui conta par le menu ses misères et elle le moqua d’abondance, lui disant qu’il exagérait. Puis il lui confia que subrepticement, il avait pris 15 kilos et qu’il comptait bien les perdre, là, tout de suite, maintenant ! Tout en riant et en le rassurant sur ses attraits, elle l’invita à passer à table. A sa grande surprise, il ne déclina pas l’offre. En fait, comme on verra plus bas, il avait parfaitement muri et décidé son plan, déterminé à ne pas le remettre en question quoi qu’il lui en coutât et quoi qu’il arrivât. Sa sœur le connaissait bien et le laissa agir à sa guise…

Ses pauvres collaborateurs furent à plaindre pendant cette période de régime, car ils durent supporter son humeur massacrante et ses hurlements pour un oui ou pour un non… Sur son bureau, il aligna une série de bouteilles d’eau minérale dont il se mit à boire une gorgée à chacun des innombrables tiraillements de la faim… Il s’interdit le thé et le café dans la foulée.

Les 3 premiers jours furent un véritable calvaire… Il les abrégea autant que faire se put et regagnait sa maison au bord de la mer, tous les jours tôt dans l’après-midi. Il revêtait alors sa tenue de sport avant d’aller sur la plage exterminer les calories coupables d’avoir rendu disgracieux, gras et laid, son corps de bailaor envidiado. Il courait à perdre haleine et lorsque le vertige commençait à lui faire de salaces avances, il remontait chez lui, faisait sa toilette et se mettait à boire des litres d’eau, à lire et à travailler avant de plonger entre ses draps… Il incendia la pauvre servante, non avertie, qui osa venir lui proposer une ’’soupe légère et quelques fruits’’ et la menaça, pour la première fois depuis qu’elle était à son service, de se séparer d’elle si elle se mêlait à nouveau de ce qui ne la regardait pas… Il ne voulait pas manger, et qu’on le laissât en paix. Point !

En fait, il avait décidé de faire deux repas par jour. Il prendrait un petit déjeuner fait d’un fruit, d’une tasse de café, de 2 tranches fines de pain de son grillé et de miel. Et à midi, comme déjà expliqué, il se rendrait chez sa sœur et à cette table d’exception, il goûterait à tout, sans exception. Il mit lui-même au point ce régime qui est une véritable philosophie de vie : Goûter à tout et arrêter de manger dès que la crampe de la faim est passée. Au besoin en se levant de table et en buvant un grand verre d’eau. Et rien ni personne ne pourrait le convaincre d’y déroger. Et bien si incroyable que cela puisse paraître, il tint bon et jamais ne fit la moindre entorse à sa spartiate (*) discipline.

Il procéda à l’achat d’un pèse-personne chez ’’le’’ spécialiste de la chose bien évidemment, dans une petite rue parallèle au boulevard principal de la Ville, à hauteur du célèbre Marché Central. Il demeura là plus de deux heures, durant lesquelles il apprit tout de la technologie des balances personnelles qui étaient équipées d’un mécanisme à ressort, raison pour laquelle elles étaient très imprécises. Il fallait leur préférer les balances digitales. Il refusa de monter sur l’engin infernal en public pour ’’essayer’’, fit son emplette et regagna ses pénates. Entièrement nu, comme il convient de se mettre pour un pesage exact, il monta enfin sur l’étroite plage de l’appareil qui … à son désespoir, lui jura qu’aucun changement, mais alors aucun, ne permettait de réviser son poids honteux. Quoi ? Trois jours de souffrances atroces pour … rien ? Il songea à se rhabiller et aller ’’fiche la balance sur la gueule du marchand’’, ne doutant pas un instant que ce ne pouvait être qu’une erreur !… Et bien sûr, ce n’en était pas une ! mo’ l’intrépide pensait probablement que la vitesse de perte de poids est fonction de l’intensité de la privation, et hélas pour lui, ce n’est pas exact…

Au 4ème jour, l’humeur s’améliora quelque peu car les crampes de la faim se firent plus légères. Il se sentit faible, comme Obélix lorsqu’il n’a pas consommé son sanglier quotidien. Mais, sadique dans l’âme, il s’interpela pour se dire que ces feintes de péripatéticienne (*) ne la lui faisaient pas, qu’il voyait très bien que le diable était en train de lui fournir des excuses pour succomber à la tentation et s’avertit que, de toute façon, quelle qu’en pût être le risque, il maintenait sa décision de régime draconien et ne l’assouplirait même pas. En début de soirée, il ’’se’’ prétendit qu’il était vraiment fatigué … Il n’avait pas encore formulé l’éventualité d’envisager peut-être la dégustation d’un quignon de pain sec agrémenté d’une lamelle de fromage dur, que l’autre ’’lui’’, intervint et en adjudant intraitable, lui ordonna d’aller se mettre en tenue pour une course à pieds nus dans le sable, avec interdiction de remonter avant le crépuscule, se précisa-t-il … Au retour, toilette et pesée… Il n’accorda aucune attention à l’hésitation de la roulette indicatrice puisqu’elle se stabilisa sur … le poids de la veille. C’est donc très énervé à nouveau qu’il s’en fut lire dans son lit, en boudant et se récitant le noir poème de Gérard de Nerval, El Desdichado :

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé…

Le réveil au cinquième jour fut bien calme. Au point que l’ami en fut tout étonné. Peut-être suis-je malade se dit-il ? Peut-être suis-je en train de m’engourdir ? En fait peut-être m’éteins-je doucement ? Mais devant l’insensibilité du sur-mo’, il se leva sans piper mot, avala son petit déjeuner et se rendit à son travail… Il finit son travail à midi. Chez sa sœur, il y avait une réception avec une série de plats somptueux. Selon son principe il goûta absolument à tous les plats. Oh, de modestes bouchées, mais de tout.  Il prélevait des ’’cuillères apéritives’’ et en réglait le volume en fonction de l’ensemble. Cuillères à soupe, cuillères à dessert, cuillères à café, voire cuillères à moka ! A la fin du repas, il eut l’impression d’avoir ’’trop mangé’’ et s’empressa de s’éclipser pour regagner sa plage et sa tenue de sport. Nouvelle course à travers dunes, sudation, eau, toilette et pesée… Debout sur la plage étroite, il eut l’air de dire à sa balance qu’il savait bien qu’il avait exagéré mais que ça commençait à bien faire. Mais évidemment, par esprit de contradiction, elle lui annonça qu’il avait perdu, depuis la précédente pesée, plus d’un kilogramme, voire un et demie ! Il s’accroupit pour s’assurer qu’il ne rêvait pas, varia sa pression pour déceler une tendance comme on tapote sur le verre d’un baromètre pour y lire la prévision et là, il put constater que la tendance était bien à la baisse. Tout heureux, il gifla violemment le diable qui vint lui susurrer qu’il avait gagné le droit à une entorse au régime, et s’en fut boire de l’eau et … travailler.

Le moral était complètement revenu au beau fixe et durant les dix jours qui suivirent, mise à part une gorgée de soda prise par mégarde à une réception ou il fut convié, il ne fit aucun, mais alors AUCUN écart à son régime, inventé par lui-même, pour lui-même ! La forme revint rapidement et de nouvelles et saines habitudes chassèrent les anciennes, et furent votées par le mo’ et le sur-mo’ !

Voici la courbe de son poids durant les deux semaines que dura le régime :

Pour conclure et en guise de ’’conseil’’ :

Tant que vous n’avez pas pris la résolution de maigrir, ne tentez rien car vous n’arriverez à rien ! Le jour où vous estimerez que vous êtes décidé (e) et vraiment prêt (e), alors lancez-vous et sachez que vous allez souffrir, très exactement comme je le dis. Vous ferez ce que vous voudrez, bien sûr et rien ne vous empêche de vous entourer de médecins, de diététiciens, de nutritionnistes, de bonimenteurs, de coaches (*), de bouquins aux recettes miracles, d’abonnements à des clubs de ’’surveillants de poids’’ et autres inepties en tous genres, qui au mieux transformeront votre pauvre corps en laboratoire d’expériences chimiques, et je vous le certifie, ne feront jamais maigrir que votre portefeuille. Mais le jour où vous voudrez réellement maigrir, après avoir rejeté sornettes, mensonges et billevesées (*), arnaques et boniments, alors, inspirez-vous de mon expérience et comprenez, en personne de simple bon sens, que si vous mangez moins, vous perdrez du poids   etc.  Moi, pendant ce régime, j’ai goûté à tout, sans exception, mais oui, j’ai eu la volonté d’arrêter de manger dès que la crampe de la faim était calmée. J’ai bu énormément d’eau, et pour compléter ces deux principes de bon sens élémentaire, j’ai couru avec mes petits petons à moi tout seul, donnés par le Bon Dieu, ma Maman et mon Papa, sans recourir à ’’ces usines à gaz’’ que je vois partout et qui me font mourir de rire, sans recourir à la science infuse ou confuse de qui que ce soit et même, ô luxe suprême, en inventant et adoptant définitivement une discipline qui est restée mienne depuis, et fait que jusqu’à ce jour encore, tant d’années après, j’en suis désolé pour  les batoz (*), tabbouz (*), poussahs (*), gros, adipeux, boules de suif et autres disgracieux, mon amplitude pondérale (*) est inférieure à 3 kilogrammes !

mo’

Glossaire :

  • Amplitude pondérale : variation maximale entre le poids le plus haut et le poids le plus bas.
  • Batoz : ’’gros lard’’ en … arabe marocain…
  • Billevesée : Idée chimérique, occupation vaine. Propos frivole.
  • Coach : Entraîneur…
  • Draconien : D’une sévérité excessive. (du législateur romain Dracon)
  • Frugal : Se dit d’un repas ou l’on mange des produits simples et peu abondants.
  • Gadget : Petit objet amusant mais de qualité médiocre ou procédé nouveau mais peu efficace.
  • Hippocrate : Père de la médecine dans la Grèce antique.
  • Maugréer : Marquer son mécontentement en pestant.
  • Nazaréen : de Nazareth. Nom que donnaient les Juifs aux premiers Chrétiens, par référence à Jésus de Nazareth. Nom donné par les Arabes aux Chrétiens, et plus généralement les Occidentaux, hormis les Juifs.
  • Péripatéticienne : Prostituée.
  • Popotin : Derrière, fesses.
  • Spartiate : de Sparte, en Grèce. Au sens figuré, austère, rigoureux.
  • Tabboz : ’’gros tas’’ en arabe marocain (la racine du mot est néanmoins classique et signifie ’’gros rocher’’)
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