Je l’ai dit et écrit : je n’ai pas su fabriquer de petites filles et comme je n’ai pu non plus m’en passer, en toute logique, je me suis intéressé à celles des autres. C’est même une situation de privilège : moi, je choisis mes filles.

Et c’est ainsi que je suis maintenant insolemment riche de la tendresse de cent princesses, rencontrées çà et là, et avec lesquelles j’entretiens  un commerce aussi pur que vivifiant. Elles portent cent noms différents, elles sont de cent races, de cent cultures et de cent lieux différents.

J’en reparlerai, je le promets. Mais en attendant, pour évaluer mon  gâtisme en la matière et le bonheur qu’il me procure, vous pourriez déjà lire ’’Les petites filles’’, du 27 Février 2012, sur https://mosalyo.wordpress.com/2012/02/27/les-petites-filles/

Parmi mes princesses, Loubna, fille d’un couple ami, des plus chers. Elle est belle comme une rose et brillante comme  un diamant. A son âge elle a déjà lu ’’presque’’ tous les livres, mais ne veut pour autant fuir nulle part. Régulièrement couronnée de succès ’’indécents’’, douée comme pas permis, elle possède déjà un bagage propre à ridiculiser bien des caciques…

J’échange avec cette délicieuse enfant, impressions de lectures, analyses sociologiques et bien d’autres choses, et je dois à la vérité de dire que je ne l’ai jamais surprise totalement dépourvue.

Pour la taquiner et pour fêter dignement la rentrée scolaire, je l’ai mise au défi de confier à Mosalyo ses impressions sur sa première année de Prépa au prestigieux Lycée Saint Louis de Paris, année qu’elle a achevée en feu d’artifice …

Voici l’œuvre

mo’

« D’aucuns pensent que les cernes livides et bleuâtres qui souillent les yeux de tous les préparationnaires épargneront leurs yeux pubescents, d’autres que leurs excellents résultats passés leur garantiront une année paisible, certains encore que leur société ne s’étiolera pas au fil des mois. Tous se trompent,  « c’est la vérité, l’âpre vérité »[1], adieu amis, amours, répits, récréation. Le Labeur, votre quotidien ne se composera plus que de ce plat. »[2].

Voilà, en somme, l’une des premières tirades que tint notre professeur de philosophie hilare devant  nos têtes défigurées par une grimace semblable à celle qu’affichent les bébés qui vont fondre en larmes. Voilà aussi la représentation que l’on se fait communément des classes préparatoires françaises aux Grandes Ecoles : un univers morbide, grouillant de rongeurs inlassablement affairés à leur besogne, ci-dénommés les Rats, disposant çà et là des souricières pour piéger leurs congénères ou se prenant eux-mêmes les pattes dans les ratières placés par des bourreaux tortionnaires et véreux – caricature dans laquelle vous aurez reconnu les nobles, très nobles membres de la Nomenklatura …

Ayant moi-même survécu à une première année au sein de l’un de ces lieux parmi les plus fameux – le Lycée Saint-Louis puisqu’il faut l’appeler par son nom, je me propose de faire ici quelque lumière sur cette contrée gauloise afin d’éclairer les futures préparationnaires s’apprêtant à couper la corde qui les pend, de rassurer des parents schizophrènes, fiers mais terrifiés par le péril qui menace leur rejeton, et aussi d’informer le simple curieux dont l’opinion est souvent faussée par les discours de médias ou de politiques trompeurs. Ces discours sont émaillés de clichés à la vie dure et qui sont grosso modo au nombre de 7. Détaillons-les !


[1] Danton

[2] Je prie  Monsieur mon professeur de philosophie de bien vouloir excuser ces quelques lignes qui auront suffi à assassiner un verbe tout droit sorti du paradis des mots et si pur qu’on le prendrait pour un traité de grammaire.

Cliché 1 :

–          Chez les rats ça n’arrête pas !
–          Vrai et faux…

Il existe un nombre infime d’extraterrestres pour qui la prépa ‘’c’est presque de la rigolade’’.

Extraterrestre : surnom affectif donné à une population dont les lieux de séjour favori sont les grandes prépas parisiennes – surtout scientifiques, qui ont 2 à 3 ans de moins que leurs congénères, 4 à 5 points de moyenne de plus que les meilleurs d’entre eux en fournissant 6 à 7 fois moins d’efforts qu’eux.

A part pour ceux-là, c’est plutôt vrai que les rats ne s’arrêtent jamais ! En moyenne 60 à 70 heures par semaine sont consacrées aux cours, révisions, exercices… En ce qui me concerne, je vous le jure, papa, maman, c’est vrai : réveil 5h30 révisions jusqu’à 7h, lycée de 8h à 17h, re-travail de 17h30 à 19h, dîner, re-travail de 20h à 22h et dodo.

Cela-dit, il s’agit d’un rythme optimal et il m’est bien souvent arrivé de ne pas travailler toute une journée (voire toute une semaine). Heureusement, il ne s’agit pas d’un travail abêtissant qui nous forcerait à gaver nos cerveaux tant et si bien qu’ils ne seraient plus capables que d’éructer bêtement les savoirs ingurgités la veille. La philosophie qui guide l’enseignement que je suis est un savant mélange entre les préceptes rabelaisiens de savoir universel et ceux d’intelligence du savoir promus par Montaigne. Les savoirs d’un titulaire du baccalauréat sont en effet de nos jours d’une pauvreté affligeante quand ils ne sont pas, de plus, faux. Nous sommes, de fait, invités – appréciez la litote, à acquérir un socle de connaissances suffisamment solide pour ne plus proférer des âneries susceptibles d’assurer notre postérité par une inscription au chapitre des éleveurs de perles d’inculture.

http://www.rtl.fr/actualites/insolite/article/florilege-des-plus-belles-perles-du-bac-2012-7750438616.

Ce travail n’est pas vain car il ne s’agit pas tant de faire de nous des ’’abîmes de science’’ mais plutôt des esprits ’’intelligents’’, réactifs, capables de résoudre tout autant une équation hessienne que de disserter sur l’ ’’amour de soi’’ et plus tard, d’avoir suffisamment d’esprit pour exceller, quelle que soit la difficulté rencontrée.

Mon propos est, hélas, surtout vrai pour les Prépas ECS, car l’on y enseigne aussi bien les mathématiques à un niveau avancé – près de 12 heures hebdomadaires, que les matières humanistes – géopolitique, philosophie, langues et pas d’économie, contrairement à ce que l’on pense. Il est donc tout à fait regrettable que la culture des filières scientifiques reste pour cela au niveau de celle d’un lycéen de base. Pour preuve, cette incroyable anecdote qui ne s’est déroulée nulle part ailleurs qu’au prestigieux Saint-Louis, en Prépa BCPST – qui forme les étudiants aux non moins prestigieux concours d’agro et de véto.

L’anecdote :

Un élève est en khôlle (voir infra) , avec le prof :

–          ’’Alfred de Musset revient sur ce conflit de la banane en expliquant que les enjeux du conflit de la banane pour les pays d’Amérique latine… et blablabla et blablabla … 
–          Jeune homme, vous êtes bien sûr qu’il s’agit d’Alfred de Musset ?
–          Oui.
–          Savez-vous à quelle époque ALFRED de Musset a vécu?
–          Nan…
–          Le romantisme, cela vous aide-t-il ?
–          Ben…nan, c’est pas au programme et en plus on est en khôlle de géo.
–          Il s’agit du 19ème siècle, pensez-vous qu’Alfred de Musset ait pu s’intéresser à la banane ?
–          Et pourquoi pas ? »

Sans commentaire…

Ce jeune préparationnaire confondait bien sûr Alfred et Alain qui lui, est un géographe français, normalien, spécialiste de l’Amérique latine.

Je voudrais dire un mot sur les khôlles – surtout pas ’’colles’’, çà fait archi-plouc. Les khôlles sont des interrogations orales individuelles et hebdomadaires portant sur  les matières enseignées. Ce sont, à proprement parler, des bijoux pédagogiques, pratiquement des cours particuliers qui vous forcent à être en permanence à jour d’une part, et de l’autre  où l’on vous corrige tout : de la posture  au raisonnement, en passant par le timbre de la voix et le vocabulaire douteux.

Cliché 2 :

– Les rats se livrent une concurrence exacerbée où les faibles sont impitoyablement piétinés.
– Faux !

..

De toutes les Prépas parisiennes où étudient mes accointances, Louis-Le Grand, Henry IV, Fénelon, Stanislas, Janson de Sailly, Condorcet, Sainte-Geneviève… seules deux – privées soit-dit en passant, sont réputées pour leur mauvaise ambiance. L’une s’est d’ailleurs vu décerner cette année le prix de la plus belle rixe suite à un épisode assez cocasse :

Au début du mois de février la rumeur enflait à Paris que les élèves de cette dite prépa s’était massivement inscrits aux concours en tant que dyslexiques, ’’dyscalculiques’’,  ’’dysorthographiques’’ ’’dys tout’’ … afin de bénéficier d’un  »tiers-temps » aux épreuves. Ladite rumeur alla si bon train que, lors d’une réunion officielle, plusieurs professeurs demandèrent des explications aux directeurs des Grandes Ecoles chargés de ces concours. Le directeur de la Prépa en question étant présent, il informa lui-même ses collègues médusés que seuls deux élèves, qui étaient par ailleurs jumeaux, s’étaient inscrits en tant que dyslexiques – le comble, chacun accusant d’ailleurs l’autre de félonie et de fraude- et que sa classe avait été la première à pâtir de ce cancan.

En réalité, la compétition tient de la chimère et du fantasme. Combien de fois ne nous a-t-on seriné la nécessité de travailler ensemble ?

–          Ce n’est pas l’élève qui intègre, c’est la classe, 
–          vous êtes 45, il y a 1000 places aux trois premières écoles parisiennes
.

Les excellents résultats du Lycée Saint-Louis s’expliquent d’ailleurs en grande partie par cet esprit de groupe. Plutôt que de compétition, c’est d’émulation qu’il faudrait parler.

Fausse aussi est  la croyance voulant que les professeurs soient de sadiques tortionnaires. Ce sont au contraire d’excellents pédagogues réellement soucieux des progrès des élèves et bien moins iniques que la plupart des profs de lycée.  Quant aux sales notes prétendument récoltées, sachez simplement que les meilleurs de la classe obtiennent comme partout ailleurs des 20/20, que les derniers de la classe intègrent souventefois les meilleures écoles, et que le chiffre en lui-même importe beaucoup moins que le sentiment d’amélioration constante.

Cliché 3 :

–          La prépa brime les rats, les empêche de s’épanouir.
–          Globalement Faux !

Même s’il se passe des semaines sans que l’on voie le jour, nos professeurs nous forcent à forger notre personnalité, à développer nos goûts, à exciter notre appétit pour tel ou tel art. Aussi, les rares moments de liberté que nous nous octroyons sont-ils généralement dédiés à cela … Si bien que je vous prie de me croire lorsque je vous dis que je m’intéresse à l’opéra ou au Kung Fu et que sur ces sujets, je pourrai certainement disserter avec autant d’enthousiasme et plus de subtilité que nombre des jeunes de mon âge qui ont, a priori, le ’’temps de s’épanouir’’ mais se targuent de n’avoir jamais lu un livre de toute leur vie ou de n’aimer que le foot et la formule 1, même si j’avoue que là, ils sont super-calés. Les livres ? Moi j’en lis comme je respire, naturellement et continument, depuis l’âge de 10 ans, l’un après l’autre… Chacun ses vices…

Il me faut parler du Stress ! Ce serait mentir que de prétendre que je suis épargnée par cette horrible sensation de poumons cuisant à petit feu au sein de ma poitrine. Mais la Prépa a cela de particulier qu’elle est tout à la fois le poison et le remède – culture et connaissance de soi. Une bonne petite fine de Napoléon me persuade que ’’l’impossible n’est que le fantôme des timides et le refuge des poltrons’’, pendant qu’un rayon du Roi-lumineux me rappelle que ’’le travail n’épouvante que les âmes faibles’’.

Pour répondre au stress, on s’astreint automatiquement à une introspection d’une effroyable lucidité. L’on s’apprend à soi-même qu’on peut compter sur son sens de l’improvisation mais pas trop non plus,  qu’un footing donne suffisamment d’oxygène pour assurer la difficile opération de fusion entre son arrière-train et une chaise de bureau, que la musique classique favorise la concentration … et d’autres trivialités de ce genre, toutes humaines, trop humaines.

Bien ! Mais ne négligeons pas le contingent, ce qui peut arriver ou non, mais qui, selon l’une des lois de Peter, arrive, en fait, toujours.

Cliché N°4 :

–          Les rats n’ont pas de vie sociale.
–          Faux !

Il faut tout d’abord reconnaître qu’il est vrai que l’on ne garde que la crème de ses amis et que ces derniers sont bien moins exigeants qu’auparavant, trop contents de continuer à jouir de notre société, car le plus gros de notre entregent est systématiquement  bouté hors de notre emploi du temps par la phrase qui tue aussi sûrement que le kiaï des karatékas : ’’Pas l’temps, ch’uis en prépa’’, ce qui est à peu près synonyme de : ’’Lâche-moi les baskets !’’, ou encore ’’Casse-toi pauv’ con!’’

Futurs préparationnaires, ne sous-estimez pas cet argument, il reste le meilleur pour vous délester de tout engagement non désiré. Conséquemment, il fera qu’à chaque utilisation, l’on s’empressera de satisfaire le moindre de vos caprices avec une grimace attendrie et coupable du bénéficiaire de votre grand coeur. Usez-en donc sans scrupules ! Si les gens veulent croire que vous êtes à la géhenne, pourquoi les détrompez ? Votre clémence n’en sera que plus auguste !

Cliche N°5 :

–          Les parents prennent conscience de votre âge
–          Alors là, archi-faux !

Je confirme, futurs préparationnaires, usez et abusez de la jérémiade, Et d’abord avec vos parents ! Là, le terreau étant fertile, le bénéfice est immédiat lorsqu’il n’est pas servi d’avance ! Ils vous dorloteront, vous gâteront, vous chériront plus que lorsque vous étiez au 1er âge ! N’êtes-vous point en Prépa, que diable ? Profitez-en sans vergogne, et si jamais cela vous pose quelque cas de conscience, n’oubliez pas que vous les payez grassement en retour ! Rappelez-vous seulement leurs yeux brillants de fierté à chaque fois que vous citez Spinoza pour régler leurs problèmes de couple ! Rappelez-vous le sourire béat qu’ils affichent lorsqu’il vous arrive de discuter en leur présence avec leurs amis, d’économie ou de politique, chiffres et arguments à l’appui – tous les moyens étant bons pour réviser la géopolitique ! Au passage, profitez de toutes ces discussions pour vous préparer aux épreuves orales. Les antiques n’y verront que du feu, trop heureux de pouvoir enfin capter l’attention d’une jeune personne alors que leurs discussions avec leurs propres enfants se bornent au  montant ou à la date du dernier virement effectué ! OK, OK, je caricature et je mords, mais c’est la règle du jeu … Ces enfants-là ne se privent pas de se fichent bien grassement de nous, non ?

Cliché N°6

–          Les rats n’ont pas de problème d’argent !
–          Tu parles !

On est bien gênés de le faire mais nécessité fait loi. On discute beaucoup ’’argent’’ avec nos parents, surtout quand on est au bord du découvert, que l’antipathique directeur de la banque, binoclard quadra  à la cravate  »cheap » et au regard déshabilleur,  a déjà appelé votre géniteur comme ce dernier le lui a demandé en douce, et que l’Instance Suprême vous demande d’expliquer l’état lamentable de votre compte :

–          Mais papa ! J’l’avais dit à maman, on a dû acheter plein de livres ce mois-ci !

Comprend-il alors, l’adorable papa, qu’en fait, il y avait des ventes privées et que vous avez dépensé vos derniers deniers pour une robe de soirée ? Ah non, c’est vrai qu’il croit qu’on ne sort jamais lorsqu’on est en Prépa ! Et lorsqu’ils s’amusent à vous appeler, lui et la maman, pour contrôle, vers un minuit quelconque pendant que vous vous déhanchez jusqu’à la douleur sur la piste timbre-poste du Matignon, que pour leur répondre, vous allez aux toilettes et que vous  déclenchez la chasse pour qu’ils n’entendent pas la musique, qu’il vous faut prendre une voix pâteuse et nasillarde pour qu’ils s’en veuillent d’avoir dérangé votre sommeil de petit ange innocent ?

Mais d’autres occurrences peuvent être vécues pour expliquer le piteux état de votre compte :

–          Papa, on nous a demandé d’aller à l’Opéra et tu sais, si tu veux y voir autre chose que la partie supérieure de la baguette du chef d’orchestre, il faut débourser 40 euros minimum. Ce n’est pas ma faute si on nous apprend à ’’cultiver l’excellence’’. Tu veux que je ne réponde plus à ces demandes ? Le pauvre aura les larmes aux yeux en se reprochant d’exiger de vous tant d’abnégation…

–          En plus, Papa, je ne voulais pas te le dire mais maintenant que c’est passé, je le peux : je suis tombée malade et j’ai dû aller chez le médecin. Tu sais ce que ça coûte ici ! Alors là, l’auteur de vos jours mitraille la coauteure de vos jours d’un regard rancunier pour le lui avoir caché et lui dit dans leur langage secret : Ma chère, vous devrez m’en rendre compte, je vous le promets ! En fait le prof d’histoire-géo, le jeune sympa et cool, vous a parlé du snack du Meurice et vous y êtes allée avec ’’une copine’’. Mais avec tout ce que vous avez mangé, votre estomac, s’il avait eu quelques années de plus, aurait sûrement explosé … Là, ce n’est que le porte-monnaie qui a explosé ! Pas grave …

Cliché N°7

–          En Prépa, toutes les liaisons sentimentales sont potentiellement dangereuses, celles qui présentent un intérêt, comme celles qui en sont totalement dénuées.
–          Et bien là aussi, le statut de préparationnaire présente d’indéniables avantages  

–          Pour éconduire un casse-pied auquel vous avez imprudemment daigné accorder trois secondes d’intérêt entre minuit et l’aube chez des amis pourtant bien sous tous rapports, et qui depuis, se croit tout permis au point d’oser vous reprocher de ne pas l’avoir appelé, sortez l’argument–massue : ’’Chuis en Prépa !’’ Dépité et détruit, il détalera comme un lièvre, sans demander son reste.

–          Un cran au-dessus, si votre chouchou commence à perdre de son intérêt à vos yeux, ne l’appelez plus durant quelques jours. Et lorsqu’il viendra à vous, rouge de colère, retournez la situation avec un ’’ Tu sais, j’te rappelle que ce n’est pas ma faute, ch’uis en prépa’’ et sans lui laisser le temps de réagir, poursuivez ’’De toute façon, ça n’aurait jamais pu marcher entre nous puisque tu manques à ce point de compréhension’’,  Adieu !

–          Enfin, sachez que le statut de préparationnaire améliore sérieusement le sex-appeal. On raconte dans les bahuts qu’on a même vu des coureurs (de dot  puisque le jupon est entré au musée du costume) faire leur miel de physiques ingrats, lunettés, boutonneux, pustuleux et même pire lorsqu’intérêt !

–          Deux petites remarques génériques :

  • Les jeunes messieurs qui apprécient les filles ’’intelligentes’’ (je rappelle à tout thésard que c’est d’l’humour …) ne sont pas légion, çà, on le sait depuis belle lurette. Une amie, élève de Ginette, la meilleure Prépa scientifique de France, m’a raconté que par honnêteté, en guise d’opération d’ice-breaking, elle informa un courtisan très honnêtement de ses études. Ce grand dadais se redressa d’un bond, un peu désemparé, ajusta sa mise en tirant sur ses manches pour se donner une contenance, et lui présenta immédiatement ses excuses en bégayant pour sa défense qu’il avait été abusé par la blondeur de sa chevelure et la généreuse garniture de son balconnet…
  • Me concernant plus directement, j’ai vécu situation encore plus ahurissante puisqu’un olibrius de triste topique me demanda le plus sérieusement du monde, croyant me faire plaisir, de lui enseigner l’art de séduire les  »femmes intelligentes ». Je ne suis pas sûre qu’il n’ait pas ajouté … ’’même si elles sont pas très belles’’…  Bref, vous voyez le genre d’irrésistible Roméo vers lequel vous pousse une terrible envie … de donner des claques.

Allez, concluons courageusement ces prolégomènes résolument partisans et orientés, avant que d’aller bien vite essorer l’éponge du ring…

Ma Prépa, je la vis comme le service militaire que m’impose une société humaniste. Ni aveuglée par un stupide orgueil, ni faux-derche non plus, j’y vois l’un des derniers lieux où l’on apprend encore l’art de penser, où l’on cultive l’excellence du raisonnement, où  les trompettes, fifres et canons guerriers sont remplacés par les voix de professeurs brillants et de penseurs émérites, où une plume – d’oie,   »sergent-major » ou numérique – sert de baïonnette au beau milieu d’un champ de feuilles et de lignes. Au terme de cette bataille, le babil enfantin le cèdera en principe à la voix résolue d’un adulte assuré, prêt et décidé à cueillir la vie …

Bon, Messire Mo’, mon pensum étant achevé, je retourne finir la lecture d’un opus pas piqué des hannetons,  je vous le certifie …

Je vous tire ma révérence …

Vôtre, 

Loubna

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  Les illustrations proviennent des blogs suivants :
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