Les ondes TERAHERTZ – ’’Ondes T.’’ par abréviation, sont des ondes magnétiques qui ont un fort pouvoir pénétrant et permettent potentiellement de voir à travers de nombreux matériaux non conducteurs tels que la peau, les vêtements, le papier, le bois, le carton, les plastiques. De plus, elles sont, affirme-t-on, peu nocives.

Outres les applications purement scientifiques – astronomie, météorologie, télécommunications, ces ’’Ondes T.’’ sont utilisées ou utilisables dans les domaines de la médecine et de la sécurité.

Depuis février 2010, les ’’ Ondes T.’’ sont utilisées par exemple dans des appareillages permettant d’assurer le contrôle et la sécurité dans les aéroports – en particulier dans de nombreux aéroports américains et russes. Le passager entre dans un cylindre et une partie mobile le « scanne ». Ces ondes n’étant pas bloquées par les vêtements, le dispositif permet de voir le passager nu. Il est facile d’imaginer les avantages en termes de conditions d’exploitation et de gain de temps puisqu’il n’est plus utile de se déshabiller, de se déchausser etc. On passe et les contrôleurs nous voient tels que nos mamans nous ont livrés ici-bas… tout nus. Cela va entraîner d’énormes polémiques au sujet du non-respect de l’intimité de la personne. Grosses rigolades en vue, donc !

Je laisse à chacun la liberté d’interroger son directeur de conscience pour savoir s’il sera permis ou non, après la généralisation de l’utilisation de ces technologies, de sortir de son lit ou mieux de son bain puisque l’eau, la simple flotte du Bon Dieu, elle, arrête ces ondes voyeuses et sataniques. D’ici à ce qu’on invente quelque chose pour les arrêter, il y aura peut-être suffisamment de temps pour expliquer le sens véritable de la pudeur et rehausser le débat y relatif  à un niveau digne des êtres doués de raison que nous prétendons être et le confisquer à ceux qui n’y voient que l’alibi de l’expression de leurs complexes divers et variés, au gré de lectures ’’originales’’.

Glissons maintenant discrètement vers le second aspect de notre question, celle de la pudeur de l’âme. Nous l’avions définie, grâce au concours des meilleurs lexicographes, et avions retenu qu’elle est tout à la fois réserve, délicatesse, retenue, modestie, timidité et discrétion. Aucune de ces notions ne parait nécessiter de thèse de doctorat pour livrer son sens profond et si c’est le cas, moi en tout cas, je n’en serais pas capable. Je préfère essayer d’étudier la question en creux, par l’absurde si l’on préfère et d’en évoquer les divers aspects en ayant recours aux antonymes de la pudeur, c’est-à-dire les mots de sens contraire, qui en français sont une demi-douzaine, et plutôt que d’en faire une revue systématique quelque peu ennuyeuse, d’essayer d’appréhender les concepts qu’ils recouvrent :

  1. Audace
  2. Cynisme
  3. Effronterie
  4. Immodestie
  5. Impudence
  6. Malhonnêteté

Avant de poursuivre, rappelons ce que dit la semaine passée, à savoir que la pudeur peut être un vilain défaut. Cette affirmation intentionnellement provocatrice bien sûr, relève d’une ironie exagérée :

La pudeur adoptée dans des situations où elle ne devrait pas être, où elle risquerait de ne pas être comprise, pourra effectivement être nuisible car elle empêchera un comportement ou une réaction susceptible de remédier à ces situations. Comment peut-on penser qu’une réaction de pudeur – hors du cadre de la sainteté et de son exercice, puisse être une réponse à l’audace, au cynisme et à l’effronterie ? Pour admirable qu’elle puisse être au plan moral, elle est souvent une lâcheté au plan social puisque n’arrêtant pas et n’interdisant nullement la poursuite d’attitudes condamnables.

Ceci étant dit, sortons des méandres de la morale personnelle et laissons à chacun la liberté de forger sa propre opinion et sa propre attitude.

Intéressons-nous plutôt au problème du plus grand nombre, hélas, puisque c’est un scandale planétaire  – et quel scandale ! Il semble assez bien constituer la quintessence de toutes les peu reluisantes choses énumérées ci-dessus, de l’impudeur donc : je veux parler de la crise financière internationale.

La ’’Pompe à Phynances’’  grande trouvaille d’Ubu d’Alfred Jarry a fini par devenir une réalité cohérente, servie par des « Grippe-Sous » et des « Salopins de Finance » traînant le « Voiturin à Phynances ».

Les hommes corrompus n’ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de  bassesses.

Fénelon

Que provoque donc le manque de pudeur chez l’être humain normalement constitué qui, sans prétendre à la sainteté, ne supporte pas de vivre sous les fourches caudines d’Ubu, de ses Grippe-Sous et de ses Salopins de Finance ?

Les hommes, lassés des effets stupides, condamnables et condamnés de ce système de profit mis en place par un petit nombre au détriment de tous les autres, ont assisté dans un passé récent à la décrépitude de leurs systèmes de pensée, de l’organisation de leurs sociétés, de leurs valeurs sociales, de leurs morales et de tout ce qui leur donnait la certitude d’être au faite de la création. Ils ont surtout assisté, ébahis et affolés, à la prise de conscience des peuples de leur statut de piétaille.

Stéphane Frédéric Hessel, né en 1917 à Berlin est un  écrivain et militant politique naturalisé français à l’âge de 20 ans. Il est connu du grand public pour ses prises de position concernant les droits de l’homme, le problème des ‘’sans-papiers’’ et le conflit israélo-palestinien ainsi que pour son manifeste Indignez-vous ! paru en 2010 et qui a connu un succès international.

Le 15 Mai 2011, il y a donc moins d’un an et demi, sur la Puerta del Sol, au centre de Madrid des dizaines de milliers de manifestants espagnols révoltés scandaient’’Nous sommes plus qu’hier mais moins que demain !’’ en écho à leurs camarades Grecs d’Athènes qui, sur la Place Syntagma criaient quant à eux ’’La plus grande violence est la pauvreté’’, rapidement suivis par les manifestants Lisboètes dénonçant pour leur part sur la Place de Rossio en plein centre de Lisbonne ’’À bas la dictature financière !’’ 

Pour rester dans le cadre purement sociétal et ne pas mêler ces mouvements avec les revendications d’ordre avant tout politique d’autres peuples, ces révoltés de toutes parts ont suivi l’injonction de Stéphane Hessel : ils se sont indigné, trouvant ainsi la réponse a minima au manque de pudeur des héritiers d’Ubu.

La littérature en la matière est abondante et variée et chacun pourra y trouver facilement les réponses à ses questionnements.

Empruntons quant à nous, un chemin de traverse, de ces sentiers ou l’on doit avancer à rebrousse-poil si l’on veut découvrir le fond des choses.

Myret Zaki, née en 1973 au Caire, est une journaliste économique suisse romande, rédactrice en chef adjoint du magazine économique Bilan. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages liés à l’actualité financière, principalement suisse et américaine.

En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, ’’UBS, les dessous d’un scandale’’, livre sur la banque UBS, mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d’évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes.

En février 2010, elle publie ’’Le Secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale’’ et en 2011, La Fin du dollar qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de sa grande extra-territorialité.

En décembre 2011, elle fait une intervention mémorable lors de la conférence ’’L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique’’ avec Étienne Chouard, intervention visible sur ce post :

http://wp.me/s62Hi-echap .

Tout le monde s’accorde à dire qu’elle a le don de parler de manière simple, claire et intelligible de toutes les finasseries de la finance lorsque quasiment tous les autres commentateurs nous disent carrément que c’est bien trop compliqué pour le commun des mortels. Sa façon même de poser les questions est un appel à l’écoute et elle y invite toujours à délaisser la théorie pour coller à l’évènementiel et ne s’intéresser qu’aux solutions pratiques.

Le 03 octobre dernier, au début de ce mois, donc, elle a publié un éditorial au titre alléchant de

’’Qui doit payer l’austérité ?’’

’’Les tensions viennent d’un sentiment de détournement des richesses: les populations paient à la place des spéculateurs’’

http://www.bilan.ch/editoriaux/mz/qui-doit-payer-l%E2%80%99austerite

’’Ces dernières semaines, nous avons vu les populations se soulever contre les méfaits de l’austérité, que ce soit en Grèce, en Espagne ou au Portugal, sur fond de montée de l’europhobie. Dans l’esprit de tout-un-chacun, le coupable est «l’austérité». Mais le vrai problème, ce n’est pas l’austérité. C’est qui paie la facture de cette austérité. Les sacrifiés, ce sont la masse des petits et moyens salariés de la zone euro, ceux qui forment le tissu de l’économie réelle. Or il y a tragique méprise: ceux qui passent à la caisse ne sont pas les principaux responsables de la crise. Jamais auparavant les peuples n’avaient dû s’appauvrir alors que le monde était si riche, et que leur propre prodigalité avait si peu à voir avec la crise. C’est à ce titre que cette austérité est illégitime. D’où le profond malaise.

Cette crise a pour origine les dégâts colossaux de la spéculation financière sur l’économie réelle et sur les budgets des Etats. Ces derniers ont dû encaisser les chocs récessionnistes et fiscaux majeurs de la bulle boursière et immobilière venue des Etats-Unis, qui avait entraîné, par voie de mimétisme monétaire, des bulles de même nature en Espagne, en Angleterre et en Irlande. Les mêmes techniques spéculatives importées ont permis à Goldman Sachs de s’enrichir en vendant à la Grèce une solution pour masquer son endettement. Les tensions actuelles viennent d’un sentiment de détournement des richesses, les populations ayant d’abord supporté les sauvetages bancaires, et devant, avec l’austérité, supporter le sauvetage des Etats… qui avaient sauvé la finance privée. Quand les Portugais marchent contre le «vol des salaires et des pensions», ils se doutent bien qu’il y a tromperie.

A raison. Ainsi, les mêmes 5 milliards d’euros que Lisbonne demande aux Portugais d’économiser en 2013 sont ceux que les fonds spéculatifs ont raflés en 2011 en dégradant la dette du Portugal et de ses voisins. Depuis 2010 en effet, le détournement de richesses s’opère à travers les gains privés réalisés sur la mise à terre des dettes européennes. En 2011, les fonds spéculatifs ont généré leurs meilleurs profits sur la chute provoquée des obligations de la zone euro. Selon CNBC, les fonds britanniques Brevan Howard, Caxton Associates et GLG Partners en ont tiré, sur les seuls mois d’août et septembre 2011, 3 milliards de dollars, soit la moitié de l’austérité que devra consentir le Portugal en 2013. Et là, on parle de 3 fonds et de quelques semaines. Il faudrait encore ajouter tout ce qu’ont gagné, en pariant contre l’Europe, les fonds de Paul Tudor Jones, Soros Fund Management, Brigade Capital, Greenlight Capital et SAC Capital Management, mais aussi John Paulson, ainsi que les principales banques intermédiaires sur ces stratégies que sont Goldman Sachs, Bank of America et Barclays.

D’immenses fortunes se sont créées. Ces gains proviennent de la chute de valeur des obligations grecques et des pays voisins, causée par des ventes à découvert (short selling) massives. L’argent tiré de ces paris vendeurs est le même qui est soustrait aux gouvernements par la flambée des taux d’intérêt ainsi créée, induisant leur strangulation financière. Avec l’austérité, Athènes, Lisbonne et Madrid demandent aux salariés européens de renflouer les pertes colossales que ces gouvernements ont essuyées suite au transfert d’une partie de leurs richesses vers la finance spéculative. Cette dernière a donc permis de détourner des fonds publics vers des traders milliardaires.

Des fortunes colossales

Les gains individuels que peut générer le short selling dépassent l’entendement. L’Americain John Paulson avait empoché, à lui seul, 3 milliards de dollars en 2007 en pariant contre l’immobilier américain. Avant lui, George Soros s’était personnellement enrichi de 2 milliards en 1992 en coulant la livre sterling.

Les hedge funds gagnent davantage que des pays entiers. En 2006, 25 spéculateurs (dont Jim Simons et Kenneth Griffin) avaient personnellement empoché l’équivalent du PIB de l’Islande (15 milliards de dollars). D’aucuns refusent par principe d’établir un quelconque lien entre les fortunes amassées par les hedge funds sur les difficultés de l’Europe et l’austérité en cours: c’est manquer là de notions financières de base.

De toute évidence, les gains prélevés par les acteurs financiers équivalent à l’austérité aujourd’hui payée par la population. Ceux qui devraient renflouer les Etats ne sont autres que ceux qui les ont ruinés. Au minimum devraient-ils contribuer au prorata des pertes économiques et de l’endettement qu’ils ont occasionnés. Mais comment l’Europe pourra-t-elle jamais récupérer cet argent, elle qui a tenté en vain de réglementer la spéculation?’’

Myret ZAKI possède un blog très riche et intéressant à l’adresse suivante : http://www.facebook.com/pages/Myret-Zaki/140958272683400. On y trouvera ses écrits ou les adresses auxquelles y parvenir. Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que si personne ne lui fait de publicité, personne n’ose trop la critiquer de peur de recevoir en retour une salve de canon fort bien documentée.

Ce n’est là qu’un exemple de ce que peut être un véritable outrage à la pudeur humaine. Il est facile d’en découvrir d’autres, hélas à tous les plans et dans tous les domaines, de la politique aux relations internationales, des relations personnelles aux relations sociales.

Un simple mot de conclusion : pour étudier la pudeur, de grâce, laissons en paix nos pauvres corps et essayons de résoudre de manière un peu plus sérieuse et responsable les tourments qu’ils nous causent, c’est affaire de chacun ! Ensemble, intéressons-nous plutôt à ce qui affecte notre ’’Grand Corps Social Malade’’.

mo’

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