Sur le ’’bureau’’ de ma lucarne familière, l’austère figurine ci-dessous est le sésame qui me permet d’accéder en toute discrétion, rapidement et aussi souvent que je le désire à mes  services secrets. Cette officine travaille nuit et jour et dans un silence sépulcral à la collecte et à la mise à jour des chiffres les plus divers concernant le club dont j’essaie d’être un membre pas trop lamentable : l’humanité.

http://www.worldometers.info/fr/

On m’y prépare des tableaux synthétiques m’informant de l’état du Monde, de la planète Terre, des Hommes. Certes, les chiffres et les statistiques ne sont que des signes et ils peuvent à ce titre écrire tout ce que l’on veut leur faire dire, mais tout de même … Et même si je sais fort bien que comme le rappelait Mark Twain ’’Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques’’, je ne peux m’empêcher tour à tour d’enrager face à l’inconscience des hommes avant de me rappeler que je suis co-responsable, conjoint et forcément solidaire, et d’avoir honte. Une rapide réflexion me menant au nihilisme et à l’anarchisme comme option philosophique, je me raisonne et finis par me forcer à espérer. Espérer que le grand mélange ou melting-pot d’humains, de techniques et de cultures qu’est la mondialisation, soit l’occasion de l’adoption d’un ’’Déclaration Universelle des Devoirs de l’Homme’’…

… L’essai d’unification des êtres humains ne date pas d’hier.

Les organisations territoriales, politiques et religieuses, s’y emploient depuis des millénaires. Des tribus se sont regroupées pour devenir des  cités, des cités regroupées ont formé des pays, et des pays regroupés forment aujourd’hui des communautés principalement continentales.

Le spirituel a lui aussi œuvré dans ce sens. Les croyances tribales  se sont fondues en un polythéisme unique et les monothéismes ont réuni les divers polythéismes au sein de grandes unités  que sont le Judaïsme, l’Hindouisme, le Christianisme, le Bouddhisme et l’Islam.

Si l’on poursuit cette logique les diverses communautés de nations fusionneront naturellement dans un système universel dont on perçoit déjà les prémices à travers l’ONU par exemple.

De la même façon, l’ensemble des croyances finiront par former une spiritualité universelle.

Parallèlement, on observe actuellement un important travail de la mondialisation autour de la technique, de l’objet et de la culture de masse.

L’intérêt de cette unification matérielle, n’est évidemment pas d’offrir à l’ensemble humain la possibilité de consommer à outrance ou de sombrer dans le gaspillage suicidaire.

Nous ne disposons pas, hélas, d’un manuel d’instruction pour avancer sans risque dans le progrès mais par contre nos capacités d’anticipation s’améliorent : nous savons mieux analyser les conséquences futures de nos actes présents, et les excès de la mondialisation ne sont que l’exaltation, la précipitation et l’imprudence provoquées par la nouveauté.

D’après  http://mecaniqueuniverselle.net/humanite/mondialisation/avantages.php

’’Nous avons longtemps cru que la science pouvait résoudre les grands problèmes du monde. Si elle a suscité des applications bénéfiques, elle a également produit les armes de destruction massive et des possibilités de manipulation des gènes aux effets incertains. La technique a, elle, permis d’asservir les énergies naturelles, mais aussi les humains. L’économie a produit des richesses, mais aussi des misères inouïes. Son manque de régulation permet le déchaînement des côtés les plus sombres de l’individualisme. À cela se combine l’aggravation de diverses crises enchevêtrées, manichéismes aveugles, hystéries de guerre. Nous avons quitté la foi dans le progrès. Notre confiance en l’avenir a laissé la place à une incertitude immense et à un vide existentiel qui nous font recourir aux psys, aux sagesses traditionnelles, à tous les marabouts qui pourraient apaiser nos esprits désemparés. Plus que jamais, l’état du monde nous renvoie à la question fondamentale d’améliorer les relations humaines.’’

Edgar Morin, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS et président de l’Association pour la pensée complexe (APC), dont le but est de promouvoir la transdisciplinarité.

http://www.psychologies.com/Planete/Societe/Articles-et-Dossiers/5-raisons-de-croire-en-l-avenir/Edgar-Morin-Les-crises-generent-des-forces-creatrices

Les humains

Population mondiale actuelle 7 000 000 000
Naissances cette année

100 000 000

Décès cette année

46 000 000

Croissance démographique………………………………………………..

61 000 000

Les dépenses

Dépenses soins médicaux $/an

3 800 000 000

CA annuel mondial de la drogue……………………………….

320 000 000 000

Dépenses éducation $ /an

3 400 000 000

Dépenses militaires $/an

      1 800 000 000      

L’alimentation

Humains sous-alimentés

910 000 000

Humains obèses

520 000 000

Dépenses liées à l’obésité 1 570 000 000
Décès annuels par obésité…………………………………………………

4 200 000

L’eau

Litres d’eau habitant/jour    (Tous usages confondus)                   ..

15 500          

 

Décès par pollution des eaux/an

1 450 000

Humains sans accès eau potable

807 000 000

La terre

Hectares de forêt détruits/an…………………………………………….

4 200 000

Tonnes CO2 émises /an   27 000 000 000
Effluents industriels / T/an

7 800 000

Hectares désertifiés /an    

5 600 000

L’énergie

Energies employées en MWh………………………………………..

146 000 000

Energies fossiles MWh

118 000 000

Energies renouvelables MWh

28 000 000

Energie solaire reçue par la terre 1 100 000 000 000
Réserves pétro. monde (barils) 1 262 000 000 000
Épuisement prévu dans      (jours)

15 021

(années)

41

Réserves actuelles gaz / monde 1 150 000 000 000
Épuisement prévu dans      (jours)

60 447

(années)

165

Réserves actuelles charbon 4 400 000 000 000
Épuisement prévu dans      (jours)

151 617

(années)

415

La santé

Avortements /an…………………………………………………………………. 33 700 000
Mortalité infantile /an

6 100 000

Décès maladies contagieuses/an 10 400 000
Décès par cancer/an

6 600 000

Décès par sida/an

1 350 000

Décès dus au tabac/an

4 100 000

Décès dus à l’alcool/an

2 000 000

Décès dus au paludisme/an

850 000

Décès dus au suicide/an

900 000

Décès accidents route/an

1 100 000

Menace de la faim dans le monde

Afghans

3 000 000

Américains 17 000 000
Burkinabés

2 850 000

Ethiopiens

3 200 000

Maliens

5 000 000

Mauritaniens……………………………………………………………………….

700 000

Mexicains

220 000

Nigériens

5 500 000

Sénégalais

850 000

Somaliens

1 000 000

Tchadiens

1 600 000

Total 40 920 000

Internet

Internautes dans le monde

2 500 000 000

Nombre de mails envoyés/jour 152 000 000 000
Recherches sur Internet/jour…………………………………………..

1 500 000 000

Mais existe-t-il un référentiel qui nous permette de juger valablement ces données ? Répondre par l’affirmative serait mentir, nous devons donc nous contenter de notre raison, vous savez cette faculté par laquelle nous connaissons et justement jugeons ! Quant aux chiffres eux-mêmes, chaque penseur et chaque groupe possède les siens. Mais c’est sans aucune malice que je vous présente celui-ci, emprunté à l’excellent magazine Nature.

Le schéma montre à quel stade se trouve l’humanité au regard de chacune des neuf « frontières planétaires ». Au centre, la zone verte définit l’espace dans lequel l’humanité peut fonctionner sans danger. Si l’humanité réussit à se maintenir dans cet espace de fonctionnement sécurisé, il y a très peu de chances pour que l’activité humaine pousse la Terre hors de l’état d’Holocène. Cependant, comme l’indique clairement l’expression « Anthropocène », nous sommes déjà sortis de l’espace de fonctionnement sécurisé dans au moins trois domaines : le changement climatique, le cycle de l’azote et la perte de biodiversité.

D’après : http://blogs.afp.com/geopolitique/?post/2012/06/12/Les-%C2%AB-fronti%C3%A8res-plan%C3%A9taires-%C2%BB%2C-cl%C3%A9-du-d%C3%A9veloppement-durable

De manière plus générale, et pas seulement au niveau de l’écologie, les problèmes qui se posent à notre planète aujourd’hui sont de tous types :

  1. les pollutions de l’atmosphère et de l’eau
  2. le gaspillage des richesses non renouvelables,
  3. l’explosion démographique,
  4. l’abondance insolente d’une minorité,
  5. la misère du plus grand nombre
  6. le chômage
  7. le désordre monétaire,
  8. la multiplication des violences,
  9. les phénomènes d’effondrement de sociétés

Hélas, ils dépassent la compétence des Etats et c’est même pour cela qu’au lendemain du dernier cauchemar mondial, la guerre de 39-45, avait été créée l’Organisation des Nations Unies, ou ONU. Hélas, après des débuts prometteurs et pleins de ’’bons sentiments’’, l’organisation n’a pas tardé à devenir un club regroupant bien plus des égoïsmes lobbyistes et même pire, que des défenseurs de l’intérêt universel. Ses décisions restent la plupart du temps lettres mortes et personne ne semble accepter la perte de la moindre parcelle de sa souveraineté nationale, ce qui est bien sur antinomique de l’intérêt général. Juges et parties, les représentants des états ne sont certes pas les mieux placés pour défendre l’intérêt de l’ensemble de l’humanité.

Et pourtant, il faudrait, avant qu’il ne soit trop tard et que  les égoïsmes  n’aggravent davantage la situation et ne précipitent le chaos, se résoudre à la coopération véritable, pour une exploitation commune et égalitaire de l’espace planétaire.

 D’après http://citmonde.free.fr/tous.htm

D’innombrables clubs de réflexion essaient de déterminer les angles d’attaque de ces problèmes et quasiment tous ont enfin abattu les frontières pour les problèmes sociétaux et les problèmes individuels, entre les problèmes internationaux et les problèmes locaux, les problèmes géophysiques et les problèmes relevant d’autres sciences.  A titre d’exemple et parce qu’elle semble assez complète, voici la liste des propositions émanant d’un club de philosophie :

 1.   Le rêve

Retrouver un grand rêve commun, une « nouvelle frontière » à atteindre car il est temps de recommencer à rêver le futur.

2.   L’exploration sérieuse de toutes nos consciences

L’étude scientifique de la télépathie, l’enregistrement des pensées, des émotions et des rêves, l’intuition, l’extase, les appartenances à des mondes virtuels, nous réserverait sans doute possible d’étonnantes et riches surprises.

3.   La science et la conscience

Les progrès fulgurants de la science doivent s’accompagner d’une évolution équivalente des mentalités, de la sagesse et du niveau de conscience de l’humanité car dans ce décalage réside la racine d’un grand nombre de nos problèmes.

4.   La relativité et le binaire

Ecouter la physique moderne qui démontre l’inanité du binarisme de la pensée : noir et blanc, bien et mal, 1 et 0, et passer à un mode de pensée relativiste qui permet une meilleure perception de la complexité des situations.

 5.   L’information

L’accès illimité à l’information devrait entraîner une révolution des modes de pensée.

6.   La conquête de nouveaux territoires

Habiter la mer, se nourrir de la mer, se soigner de la mer, telles options assureraient certainement d’immenses possibilités de mieux-être.

7.   Le végétarisme

Mettre fin à l’effroyable gâchis qu’est la consommation de viande, pour le plus grand bien de notre santé, de notre biotope et de l’équilibre de la planète.

8.   La technologie et les communications

Elles permettront le retour au seul mode de vie satisfaisant aux plans écologiques, politiques et moraux, le nomadisme.

9.   La technologie au service du plaisir et du jeu

Changer la couleur de nos vêtements selon notre humeur, faire du spectacle un champ de création sensorielle polymorphe, diverse et variable et rejoindre ainsi la grande idée d’Aldous Huxley dans ’’Le meilleur des mondes’’.

10.  Le pouvoir aux femmes

Accepter réellement le pouvoir des femmes et libérer leurs facultés créatrices et leur perception du monde connue pour être plus paisible, plus pragmatique, moins dominée par la violence, les idéologies, ou l’intolérance, c’est multiplier les chances de l’humanité par 2.

11.  Le brassage mondial des idées

Grâce à la technologie, apprendre à connaître l’autre, ce qui devrait faire de notre monde un ’’village global’’ et de ses habitants des ’’citoyens du monde’’

12.  Le retour au jeu

Renouer avec l’esprit ludique de l’enfance permettrait certainement de trouver des modes de vie pus vivants et plus équilibrés, sans aucun recours à la fausse médecine et à l’handicapante pharmacie.

 D’après : http://www.arbredespossibles.com/PossiblesCulture.html

En 1970 dans Le Choc du Futur, le sociologue Alvin Toffler écrit : ’’Le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps.’’ Ces changements qui nous dépassent sont de trois types :

Premièrement, la brièveté. La brièveté des choses : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissance et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l’information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s’accroissent de façon rapide et permanente ;

Deuxièmement, la nouveauté. La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l’espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent ;

Troisièmement, la diversité. La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s’individualiser au sein d’une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.

D’après http://fr.wikipedia.org/wiki/Alvin_Toffler

Je laisserai la conclusion de cette saute d’humeur, de cette indignation, à Stéphane Hessel, ce prodigieux jeune-homme de 95 ans, Juif, résistant de la Seconde Guerre Mondiale, déporté dans un camp de concentration, rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, diplomate, philosophe et écrivain, ami et complice d’Edgar Morin plus haut cité. Il est l’auteur d’un essai de quelques pages devenu grâce à sa simplicité et à sa précision un phénomène de librairie traduit en d’innombrables langues et devenu le levain de la révolte citoyenne un peu partout dans le monde : Indignez-vous ! Que dit ce nouveau Mahatma Gandhi ? Le magazine L’Express  propose ce choix de 5 citations pour comprendre cet appel à l’Indignation :

’’1 – Trouver un motif d’indignation

Selon Stéphane Hessel, ancien résistant qui prône les valeurs véhiculées pendant cette période de l’Histoire de France, les raisons de s’indigner existent. Il suffit de les chercher. « Les raisons de s’indigner peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. … Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence, dire ‘’Je n’y peux rien, je me débrouille’’. »

2 – Changer de système économique

L’actuelle dictature internationale des marchés financiers … menace la paix et la démocratie … L’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi important: et la course à l’argent, la compétition, autant encouragée… L’intérêt général doit primer sur ‘intérêt particulier et le juste partage des richesses créées par le monde du travail sur le pouvoir de l’argent.

3 – Mettre fin au conflit israélo-palestinien

Défendre la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Que des Juifs puissent perpétrer eux-mêmes des crimes de guerre, c’est insupportable. Hélas, l’Histoire donne peu d’exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire.

4 – Choisir la non-violence

L’avenir appartient à la non-violence, mais en refusant d’excuser les terroristes qui jettent des bombes, on peut les comprendre. On peut se dire que le terrorisme est une forme d’exaspération. Et que cette exaspération est un terme négatif. Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait es-pérer. L’exaspération est un déni de l’espoir. Elle est compréhensible, mais pour autant elle n’est pas acceptable.

5 – Endiguer le déclin de notre société

D’importants progrès ont été faits depuis 1948 : La décolonisation, la fin de l’apartheid, la chute du mur de Berlin… Mais cette tendance tend, selon lui, à s’inverser depuis les années 2000. Nous sommes à un seuil, entre les horreurs de la première décennie et les possibilités des décennies suivantes. Mais il faut espérer, il faut toujours espérer. ’’

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-5-preceptes-d-indignez-vous-de-stephane-hessel_948929.html

Alors, après la rage et la honte, faisons place à l’Espérance.

mo’

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