A deux reprises et depuis deux continents différents, j’ai été sévèrement rappelé à l’ordre, cette semaine, pour avoir plaisanté, sans en avertir, au sujet d’une anecdote raciste et xénophobe. Dans les deux cas, mes censeurs sont des personnes de haute estime qui n’ont certainement pas confondu les lamentables propos qui me faisaient tant rire avec mes opinions personnelles – plus que visibles. Ils m’invitaient simplement à tempérer mes moqueries, susceptibles  selon eux, d’alimenter les ardeurs de l’intolérance  que ce faisant, je prétendais fustiger.

J’ai bien noté, çà et là, la clôture d’immenses espaces de la pensée, par les barbelés d’une censure exigée ou auto-imposée, au nom de la pensée dominante de l’heure : le politiquement correct.

Comme tout être humain à peu près normal, j’ai quelques familles. Vous aurez compris, grâce à l’emploi du pluriel, que je parle de mon appartenance à divers groupements humains et non de consanguinité, même si cela n’empêche rien.

Le propre du regroupement humain étant l’échange d’informations, il n’est pas illégitime de caractériser ces divers groupements sur une base sémantique. Communiquer c’est partager une information, la recevoir ou la donner. Celui qui porte une information, dans un système théocratique est un messager. Alors le latin, mère nourricière d’une infinité de langues, a proposé la ‘’nuntiatio’’, l’annonce des ‘’augures’’,  membres d’un collège sacerdotal romain chargé de la divination officielle et de l’interprétation de la volonté des dieux. En latin, le ‘’nuntius’’  est le porteur de message, de l’annonce, de la déclaration. De là, le nonce est le messager de l’autorité religieuse chrétienne. Au 13ème siècle, le mot-idée a échappé à la sphère religieuse et s’est décliné en diverses formes verbales : Annoncer, énoncer, prononcer, dénoncer, renoncer. Ainsi, lorsqu’on communique, donc chaque fois que l’on se regroupe avec d’autres humains, on effectue forcément une de ces actions.

Une autre famille des ‘’chercheurs de vérité’’ est celle des Annonciateurs, ces humains qui pensent avoir entrevu, dans le brouillard de l’univers et l’imbroglio des choses, des traces d’intelligence. Je ne parle pas ici des prophètes des religions car par définition, leurs visions ne sont pas leurs, mais les signes d’une transcendance qui a fait de leurs êtres les hérauts de sagesses proposées ou imposées à l’homme.

‘’La terre est ma patrie et l’humanité, ma famille.’’

 Lorsque je parle d’annonciateurs, je pense plutôt à l’auteur de cette phrase magnifique, Khalil Gibran, peintre et poète libanais, l’un des inspirateurs du ’’new-age’’  qui connait un succès phénoménal depuis les années 60 et dont la mystique plonge ses racines dans le christianisme, l’islam, le soufisme, les grandes religions de l’Inde et la théosophie… Son ouvrage le plus connu s’intitule Le Prophète, un livre composé de vingt-six textes poétiques traitant des grandes préoccupations humaines. Dans la vingt-septième pièce, intitulée Epilogue,  le Prophète va prendre le bateau et l’on comprend qu’il s’agit d’un grand départ :

… Il fit un signe aux marins et sur-le-champ ils levèrent l’ancre, larguèrent les amarres, et firent route vers l’est.

Et un cri vint du peuple comme d’un seul cœur, et il s’éleva dans le crépuscule et fut porté sur la mer comme un grand appel de trompe.

Seule Almitra* gardait le silence, fixant le vaisseau jusqu’à ce qu’il s’évanouisse dans la brume.

Et quand tout le peuple fut dispersé, elle demeura seule sur la jetée, se souvenant en son cœur de ses paroles :

Encore un peu de temps, un instant de repos au gré du vent, et une autre femme m’enfantera.

* Prophétesse, voyante.

‘’Toutes les preuves, toutes les Vérités Universelles sont conservées dans l’âme humaine pour l’éternité … On embrouille les hommes avec de nombreuses théories. Le mensonge cherche toujours une nouvelle forme. Le mensonge a besoin constamment de changer d’image. Pour cette raison la structure de la société change successivement.

L’humanité essaye de découvrir dans ces changements la Vérité perdue, mais au lieu de la trouver, on s’éloigne d’elle.’’

http://www.siberian-anastasia.net/

… Dans la taïga sibérienne en Russie vit dans un coin perdu une jeune femme extraordinaire, loin de tout contact avec la société moderne.  Elle possède des connaissances de l’Univers, pourtant elle n’a ni livres, ni télé, ni radio. Tout ce qu’elle a, c’est une clairière entourée de cèdres, un petit lac et des animaux sauvages qui lui obéissent au doigt et à l’œil et prennent soin d’elle.

Anastasia – ainsi s’appelle cette ermite sibérienne, ne gèle pas à une température de moins trente degrés. Elle est une énigme pour plusieurs savants. Anastasia parle facilement toutes les langues du monde, ainsi elle connaît l’histoire de différents peuples et cultures, possède des connaissances étonnantes étroitement liées au cosmos et à la nature.

En 1994 elle croise le chemin de Vladimir Megré, un jeune homme ordinaire, entrepreneur dans le domaine du commerce fluvial en Sibérie. Cette rencontre bouleverse la vie de Vladimir et sous l’inspiration et l’encouragement de Anastasia il décrit dans huit livres leur rencontre, leur vécu ensemble, leurs discussions et les évènements survenus après les premières publications.

Ces publications connaissent un succès immédiat et fulgurant d’abord en Russie, ensuite dans les pays de l’Europe de l’Est, en Europe occidentale, aux États-Unis et au Canada. Son message va droit au cœur, éclaire l’esprit et illumine l’âme…

(Largement inspiré du site ci-dessus-cité)

Mon troisième annonciateur est une annonciatrice, Rhonda Byrne, dont j’ai déjà parlé ici  http://wp.me/p62Hi-8K  &  http://wp.me/p62Hi-96 . Cette réalisatrice de télévision a écrit un livre, The Secret, qui a connu un succès planétaire, où elle expose les principes d’une Loi d’Attraction selon laquelle l’univers répond à notre état intérieur et aux vibrations que nous y émettons et non à nos désirs ou à notre volonté.

L’engouement considérable pour la Loi d’Attraction se justifie par le fait qu’elle prétend que pour la première fois, l’homme se voit révéler que son bonheur est entre ses mains. C’est l’essence même de la ‘’Pensée Positive’’ qui existait bien avant et les ouvrages en ressortissant se comptaient par centaines, bien avant celui-ci !

En conclusion de ces quelques lignes sur les Annonciateurs, on peut dire que la frontière entre la vision de la poésie et l’élucubration de la fausse science devrait donc être mieux gardée pour ne pas induire en erreur les chercheurs de vérité.

Une autre famille de chercheurs de vérité est celle des Dénonciateurs, ces gens merveilleux qui dénoncent la dictature de la crispation, la condamnation de l’humour et le déguisement de la tristesse en profondeur. Cette discipline de la dénonciation se subdivise en une infinité de nuances allant de la logique froide et pure, qui détruit tout et se garde bien de proposer quoi que ce soit en remplacement, jusqu’à l’hédonisme qui lui, propose tout simplement que dans l’essai de comprendre le monde, dans la ‘’recherche de vérité’’, l’homme perd son temps, qu’il n’y a rien à comprendre et que le plus sage est encore de se conformer à la fameuse maxime de Chamfort :

‘’Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, c’est là, je crois, toute la morale’’.

Là aussi, je voudrais donner deux exemples :

Un personnage majeur de la pensée occidentale qui, au cours de sa brève existence  ‘’fixa la langue que parlèrent Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort … cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal’’, a pu dire de lui Chateaubriand. Il fut également un scientifique de la même eau, étant le précurseur du calcul des probabilités et l’inventeur d’une machine à calculer.

Cet ‘’effrayant génie’’ était profondément chrétien et ses écrits sur la pensée humaine furent regroupés à sa mort sous le titre des ‘’Pensées’’.

Dans le chapitre relatif à la ‘’quête de vérité, ‘’… [’’ La première difficulté consiste à fixer le but et à déterminer notre place : ‘’Mais dans la vérité et la morale qui l’assignera ?’’. Tout nous oblige à conclure à l’éternelle mouvance de toutes les choses humaines : ‘’on ne voit rien de juste ou d’injuste qui ne change de qualité en changeant de climat’’, ‘’tout branle avec le temps’’ et ‘’il n’y a point de vérité ou constante ou satisfaisante’’. Rien n’est donc universel, sauf l’essence et non l’apparence, comme le montre l’illusion de la représentation picturale. Atteindre l’essence, la vérité, le ‘souverain bien’’, c’est se défaire des ‘’puissances trompeuses’’, des passions et de la concupiscence, c’est entretenir ‘’la conversation intérieure’’ et renoncer à l’agitation : ‘’Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pouvoir demeurer en repos dans une chambre’’, car ‘’le bonheur n’est en effet que dans le repos et non pas dans le tumulte’’. Mais l’homme ne doit pas se décourager : ‘’Nous avons une idée du bonheur et nous pouvons y arriver’’ même si cette tâche se révèle impossible même si cette tâche se révèle impossible]

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9es

Michel ONFRAY a enseigné dans les classes terminales de lycées avant de claquer la porte de l’université officielle et de créer l’ ‘’Université Populaire’’ à Caen, puis une Université Populaire du goût à Argentan.

A l’inverse de Blaise Pascal, il est partisan d’une philosophie matérialiste athée et d’une sagesse pratique qui accorde le ‘’primat du corps sur l’esprit’’. Il réactive une tradition philosophique qui va des Cyniques à Nietzsche et démythifie totalement la nature transcendante de l’âme en faisant sienne cette injonction  ‘’Sois le maître et le sculpteur de toi-même’’.

Il a publié une cinquantaine d’ouvrages dans lesquels il propose une théorie de l’hédonisme : que peut le corps ? En quoi est-il l’objet philosophique de prédilection ?… Selon quels principes sont fabriquées les mythologies philosophiques ? … De quelle façon non institutionnelle incarner et transmettre ses idées ?

Dans son dernier ouvrage qui date de quelques jours, ‘’Abrégé hédoniste’’, il prône un retour au plaisir du corps et des sens. Selon lui, la réflexion philosophique occidentale est une réflexion qui a tenu le corporel et le sexuel à distance.

‘’La philosophie hédoniste est une proposition psychologique, éthique, érotique, esthétique, bioéthique, politique… Elle propose un discours sur la nature des choses afin que tout un chacun puisse trouver sa place dans une nature, un monde, un cosmos dans la perspective d’une vie réussie, la vie réussie se définissant comme celle qu’on aimerait revivre s’il nous était possible d’en vivre une à nouveau.’’

Nous arrivons à la troisième famille de chercheurs de vérité, celle de ces penseurs quelque peu désabusés que l’on pourrait nommer les Renonciateurs. Non pas seulement les cyniques, en fait tous les philosophes matérialistes et plus généralement tous ceux qui réfutent toutes les explications de l’univers autres que matérialistes. Je les appelle Renonciateurs car alors que le but de toute philosophie a été de tout temps, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, l’étude des principes et des causes, la définition d’une conception du monde, de la vie, supposant fermeté intellectuelle et élévation d’esprit, sagesse, détachement, eux, les Renonciateurs  ont eu à cœur d’appréhender la recherche de la vérité sous le seul angle de la physique, de la mécanique pratiquement, en renonçant pour cela à considérer la pensée elle-même comme autre chose que de la matière.

Pour le philosophe matérialiste Démocrite (4ème-5ème siècle A.C.), il n’y a dans la nature que des atomes et du vide, les qualités sensibles n’étant que des conventions. Les règles régissant les mouvements de ces atomes sont le hasard et la nécessité et tout le visible et tout le perceptible par les sens, est constitué d’atomes.

Par cette vision du monde, Démocrite fait figure de père de la science moderne.

Se considérant lui-même comme le sage au savoir le plus étendu, ayant dépensé toute sa fortune en voyages d’études à travers le monde, considérant tous ses contemporains avec un dédain et un mépris à peine voilés, il avait la fâcheuse habitude de rire sans cesse. Il est d’ailleurs toujours représenté riant et même l’immense Rembrandt osa son ‘’Autoportrait en Démocrite’’.

Dans ‘’Histoire critique de la philosophie’’, Volume 2 – André François Deslandes racontait en 1756 cette anecdote devenue célèbre sous le titre de ‘’rire de Démocrite’’.

« Un rire perpétuel secouait Démocrite«  
Juvénal, poète latin 1-2ème

Démocrite tomba malade et l’on fit venir à son chevet le grand médecin Hippocrate qui le trouva noyé dans des livres. Discutant avec lui, il nota que le philosophe ne cessait de rire. Agacé, le médecin lui demanda ce qui l’amusait tant dans son discours, ce à quoi le philosophe répondit par un ‘’discours merveilleux sur les bizarreries et les disparités du genre humain. Il fit voir que rien n’est plus comique ni plus risible que toute la vie; qu’elle s’emploie à chercher des biens imaginaires, à former des projets qui demanderaient plusieurs vies ajoutées l’une à l’autre; qu’elle échappe au moment même où l’on ose le plus compter sur ses forces, où l’on s’appuie davantage sur la durée, qu’elle n’est enfin qu’une illusion perpétuelle qui séduit d’autant plus vite, qui séduit d’autant plus aisément, qu’on porte avec soi-même le principe de la séduction.’’

Puis il continua :

‘’Je voudrais … que l’Univers entier se dévoilât tout d’un coup à nos yeux. Qu’y verrions-nous, que des hommes faibles, légers, inquiets, passionnés pour des bagatelles, pour des grains de sable ; que des inclinations basses et ridicules, qu’on masque du nom de vertu; que de petits intérêts, des démêlés de famille, des négociations pleines de tromperie, dont on se félicite en secret et qu’on n’oserait produire au grand jour; que des liaisons formées par hasard, des ressemblances de goût qui passent pour une suite de réflexions; que des choses que notre faiblesse, notre extrême ignorance nous portent à regarder comme belles, héroïques, éclatantes, quoiqu’au fond elle ne soient dignes que de mépris ! Et après cela, nous cesserions de rire des hommes, de nous moquer de leur prétendue sagesse et de tout ce qu’ils vantent si fort.’’

« Démocrite avait trouvé la manière la plus philosophique de jouir de la nature et des hommes; savoir, d’étudier l’une et de rire des autres. »
Jean le Rond d’Alembert, philosophe 18ème

Je vais peut-être vous paraître d’une prétention sans nom, mais je jure que c’est vrai : j’ai parfaitement compris et assimilé le concept de la relativité et la théorie qui en est née, et cela, grâce à Einstein lui-même. Il m’a dit :

‘’Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute.

C’est ça la relativité.’’

Albert Einstein

Animé du meilleur esprit scientifique, j’ai vérifié : J’ai approché la main d’un poêle brulant et j’affirme que le temps m’a paru très long alors que je n’ai fait qu’effleurer la source. Je me suis ensuite assis près d’Aisha Aishwarya pendant une heure et cela m’a semblé avoir duré une minute.

En toute conséquence, l’éminent physicien, sage entre les sages, excellent musicien, était pétri d’humour et de dérision vis-à-vis de tout, en ce bas-monde.

‘’La seule chose absolue dans un monde comme le nôtre,

c’est l’humour.’’

Albert Einstein

La philosophie n’est pas l’un de ses domaines de prédilection, mais Albert Einstein marque son intérêt pour la vision de l’humanité que propose Friedrich Nietzsche, et certaines idées présentes dans les réflexions de Spinoza. Néanmoins, il apporte une nouvelle vision du monde moderne par ses travaux scientifiques comme par ses ouvrages non scientifiques.

La demi-douzaine de citations proposées dans ce paragraphe définit parfaitement le facétieux personnage.

 ‘’Rien n’est plus proche du vrai que le faux.’’

Albert Einstein

‘’Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.’’

Albert Einstein

‘’Quiconque prétend s’ériger en juge de la vérité et du savoir s’expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n’en connaissons que la représentation que nous en faisons.’’

Albert Einstein

Après avoir lu les fragments de Démocrite, Einstein écrivit … que “parmi ses aphorismes moraux, il y en a un certain nombre qui sont réellement beaux” et termine sa lettre par un éloge de la confiance de Démocrite en la Causalité universelle : “digne d’admiration est la ferme croyance en la Causalité physique, une Causalité qui ne s’arrête pas devant la volonté de l’Homo sapiens. Autant que je sache, c’est seulement Spinoza qui a encore été si radical et si conséquent”.

A la veille de l’élection d’Hitler, Einstein s’est peut-être souvenu de la maxime de Démocrite lorsque dans un élan antinationaliste, il écrivit à une petite fille : “Toute la Terre sera ta patrie”.

http://www.willeime.com/liens.htm#Einstein

Je m’aperçois avec horreur que dans tout cela, je ne cite qu’une  femme, Rhonda Byrne et en termes peu élogieux ! Alors en voici une , autrement plus opportune dans ce texte puisqu’elle parle de l’humour de Dieu !

‘’Dans les histoires du Talmud, Dieu lui-même rit. Lors de la fête de Pourim*, rire et parodier sont des commandements ! Il est habituel à cette occasion de parodier tout le monde, et dans les yéchivot*, cela inclut également le rabbin. Un « Rabbin de Pourim » est désigné spécialement pour cela. Cet enseignement de l’autodérision est comme une barrière destinée à nous empêcher de nous prendre trop au sérieux.’’

Rabbi Floriane Chinsky

*Pourim : fête juive au cours de laquelle sont organisées des manifestations extravagantes.

*Yéchiva : centre d’étude de la Torah et du Talmud dans le judaïsme.

L’humour et la dérision permettent de contenir l’angoisse et de soulager ce qui est douloureux ou pénible.  ‘’L’humour est la politesse du désespoir’’, a prétendu Oscar Wilde, alors que pour  Freud, ils constituent ‘’la plus haute réalisation de défense de l’homme’’.

mo’  

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