postface a la mer

On dirait que j’ai de la peine à m’arracher à mon récit … Ce n’est qu’une impression, je suis simplement ému et flatté par vos innombrables visites et par ailleurs je pense qu’une césure est nécessaire avant de poursuivre, quel que puisse être le nouveau sujet. Une limite entre mer et terre. Un « limes », une frontière.

La plage déserte

conque

« Mon oreille est un coquillage

Qui aime la mer »

Jean Cocteau

Alors je marche sur la plage. Je ramasse une conque et la porte à mon oreille. Elle me raconte la planète bleue et me propose de mémoire une vertigineuse discothèque marine, parsemée d’idées sages ou saugrenues :

   

La mémoire et la mer

Léo Ferré

Dans mon récit, tout au long du mois passé, j’ai évoqué les femmes de la mer croisées dans ma vie. Certaines ont lu et  m’ont remercié. Pour moi, toutes se nomment Annabel Lee

Annabel Lee

Edgar Poe

Joan Baez

Traduction déjà donnée ici : http://wp.me/p62Hi-2fR

Je ne me sens pas capable de tristesse ni coupable de nostalgie, même si après la fête, il faut mettre de l’ordre, ranger, balayer, mais surtout jamais, jamais oublier …

Les feuilles mortes

Jacques Prévert

Yves Montand

Rappelez-vous, écœuré jusqu’à la nausée par le caquetage et la spéculation stériles, j’ai choisi d’être marchand de poissons. Je le fus modestement, mais non sans talent, aussi longtemps que cela m’amusa.

Marchand de poissons

Sydney Bechet

Travailleur de la mer étais devenu, mais jamais bourru. Simplement un homme à part, différent, ayant choisi « une autre route qu’eux » comme dit le compère Brassens. Tout en marchant, les mains au fond de mes poches, je frappe du pied les galets que je renvoie à l’eau, comme pour les convaincre de retourner à la mer… la mer est plus vraie.

Belle Ile en Mer

Laurent Voulzy

Mon esprit, lui, largue ses voiles et tel certain bateau, erre à travers mers et océans, ivre de rêves de conquête et d’aventures … Par quelle magie, une bluette innocente, intitulée « La mer » est-elle devenue une des chansons les plus connues de la terre ? Elle a été écrite en 10 minutes à bord du train Paris-Narbonne en 1943 sur … du papier hygiénique. Il en existe 400 interprétations. Mais l’interprétation originale, celle de son auteur, a un côté innocent et badin de comptine enfantine qui la grandit et fait mériter à son auteur, une fois de plus, son surnom de « fou chantant ».

La mer

Charles Trenet

Une curieuse interprétation jazzy et italienne de ce blockbuster

Il mare

« La mer » de Charles Trenet en italien

Sergio Cammariere

Du Venezuela, mot signifiant  »Petite Venise », cette étrange version de « La mer », très « seventies », très rythmée, en langue espagnole.

El mar

Mirna Rios

« La mer » de Charles Trenet en espagnol

The Voice”, “Ol’ Blue Eyes”, “The Chairman of the Board” soi-même, en a chanté la version anglaise.

 

Beyond the sea

Frank Sinatra

« La mer » de Charles Trenet en anglais

Beyond the sea… Au-delà de la mer… Alem do mar au Portugal … Ce poème, d’une force inouïe, traduit la mort dans l’âme tellement le texte original est beau, et qui m’a fait sangloter d’émotion lorsque je l’ai découvert :

(Mar Portuguez)

Mer du Portugal

O mer salée, combien de ton sel
Est fait des larmes du Portugal !
Parce que nous t’avons franchie,
que de mères ont pleuré !
Que d’enfants ont en vain prié !
Que de fiancées ne se sont pas mariées,
Pour que tu sois nôtre, ô mer !

Cela en valait-il la peine ? Tout vaut la peine
Si l’âme n’est pas mesquine.
Qui veut dépasser le Cap Bojador
Doit dépasser la douleur.
Dieu a donné à la mer l’abîme et le péril
Mais c’est sur elle qu’Il a reflété le ciel.

Fernando Pessoa

http://wp.me/p62Hi-yt

Mar portuguez

Fernando Pessoa

Une petite chanteuse espagnole aux yeux bleu-marine, surnommée “rayon de lumière” demande de sa voix grave malgré sa blondeur …

 

Hablame del mar, marinero

Marisol

Raconter la mer aux autres … Tâche malaisée, assurément, surtout lorsqu’on a pris le parti de dire la vérité. Faut-il dire aux Terriens que la mer est malade ? Faut-il, comme le laisse penser cette empreinte qui ressemble étrangement aux étoiles-souvenirs des acteurs consacrés apposées sur le « Walk of Fame » d’Hollywood ? Là en l’occurrence, nommons cette promenade le « Walk of Shame« … Regardez cette vidéo et mesurez l’étendue du désastre ! Faites-vous une idée de ce que nos pauvres corps peuvent contenir  comme corps étrangers, oh, moins visibles sans doute, moins spectaculaires assurément, mais par cela-même bien plus dangereux !

L’homme assassine la mer et se prive par la même occasion d’une immense alternative pour son avenir !

tombe d'un bébé albatros

L’homme assassine la mer

Tombe d’un bébé albatros

(oui, oui, l’oiseau cher à Charles Baudelaire)

http://vimeo.com/midway/midwayfilm

La pollution n’est hélas pas le seul crime commis contre la mer. On peut mettre en bonne place les armes nucléaires que la folie humaine considère comme un outil de puissance.

L’homme empoisonne la mer par le nucléaire. Ici, une explosion atomique sous-marine qui polluera les eaux pour plus de 1000 ans

Ma promenade sur la grève-frontière va s’achever car déjà les rochers affleurent sur la plage. Il est temps de gagner la terre, comme ce cœlacanthe qui le premier eut l’idée de se hisser hors de l’eau, par reptation, il est temps de prendre congé. De conclure, mais comment si ce n’est par de nouvelles questions ?

– Serons-nous assez stupides et fous pour nous priver des incommensurables possibilités de la mer ?

– Serons-nous assez stupides et fous pour continuer à polluer l’espace de nos joujoux poussifs alors qu’à moins de 1000 mètres sous nos pieds, au fond de la mer, il y a notre énergie, nos minerais, notre nourriture et nos médicaments de demain ?

– Jusqu’à quand continuerons-nous d’ignorer « JIAOLONG », le dragon des mers, symbole de richesse et de bien-être dans la culture mandarinale ?

– Comment peut-on encore douter que mille raisons condamnent l’humanité à la disparition, à moins qu’elle ne tisse de nouveaux liens avec ce qui couvre les 7/10èmes de la Planète Terre, la Mer ?

Le moment venu, il faudra simplement songer à changer notre nom de « Terriens » par celui, beaucoup plus modeste, plus juste et plus … humoristique de …  « Mériens »…

mo’

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