136 milliards de $

Vous êtes-vous déjà demandé comment les milliers de journaux quotidiens, hebdomadaires ou autres se procurent l’information qu’ils diffusent et peut concerner l’un quelconque des endroits de la planète ? C’est simple, principalement auprès d’agences de presse dont c’est le métier et aux services desquelles ils sont abonnés. Ces agences de presse, selon leur importance sont présentes dans des milliers de lieux à travers le monde. Certes, les journaux importants ont leur propre réseau mais l’écrasante majorité d’entre eux, sont simplement clients de ces agences de presse.

Logos agences de presse

Associated Press (AP) est une de ces agences de presse. Elle est mondiale et généraliste et a son siège aux États-Unis. Elle a 145 bureaux aux États-Unis et 95 dans 72 autres pays. Elle compte plus de 4 000 employés dont 3 000 journalistes. Ses reportages sont publiés en cinq langues  et elle possède le réseau de photos numériques le plus avancé de l’industrie. Elle fournit un service de nouvelles continues 24 heures sur 24. Journaux, radios, télévisions, grandes entreprises et qui le souhaite, s’y abonnent et reçoivent ainsi ce flot continu de nouvelles du monde entier, en choisissant parmi les thématiques proposées, les plus utiles pour eux : politique, économie, sports, faits divers, arts et sous la forme choisie : texte, radio, télévision etc.

Après ce nécessaire préambule, bienvenue dans le monde fantastique de la très haute finance.

Il était une fois …

… mardi 23 avril 2013 à  13 h 07 …

fac simile tweet AP

« … près de 1,9 million d’abonnés d’Associated Press, recevaient un tweet apparaissant comme envoyé depuis son principal compte Twitter @AP. Le message : une explosion avait eu lieu à la Maison Blanche et Barack Obama était blessé.

Quasi instantanément, un vent de panique envahissait les marchés new-yorkais. Entre 13 h 08 et 13 h 10, le Dow Jones, principal indice de Wall Street, perdait 145 points – l’équivalent de 136 milliards de dollars de capitalisation. Des entreprises comme Microsoft, Apple, Mobil, perdaient plus de 1 %. L’agence annonçait alors dans un nouveau tweet que le précédent était « un faux » : elle avait été victime d’un piratage. Tout rentrait dans l’ordre. Le Dow Jones finira même en hausse.

C’est une grande première à Wall Street. Non qu’un bug inopiné ne puisse venir perturber des marchés qui, désormais, fonctionnent à la milliseconde. Le jeudi 6 mai 2010, à 14h47, à la bourse de New York, le Dow Jones avait déjà perdu 750 points – à l’époque 862 milliards de dollars, en vingt minutes suite à une « erreur de manipulation«  informatique d’un trader de Citigroup – il avait placé un ordre pour 16 milliards au lieu de 16 millions

L’onde de choc, quasi instantanée, avait entraîné une chute abyssale des cours, supérieure en trois quarts d’heure à la pire journée de la crise financière, en octobre 2008. Un chaos sans précédent rentré dans l’ordre en moins d’une heure.

Cette fois, trois minutes ont suffi. Mais pour la première fois les cours de Wall Street ont été manipulés par un « hacker », un pirate informatique. D’où une vague d’interrogations des acteurs de la place. Et un mutisme tout aussi remarquable des responsables des marchés : signe de désarroi, les porte-paroles du Stock Exchange new-yorkais – NYSE, comme du Chicago Mercantile ExchangeCME, se sont refusé à tout commentaire. »

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/24/demain-une-cyberguerre-sur-les-marches_3165087_3234.html

Mais comment et pourquoi, une simple blague de potaches, même déguisée en acte de sabotage perpétrée par une fumeuse « Armée électronique syrienne » a-t-elle pu déclencher ce début d’apocalypse financière ?

Il y a bien longtemps que les fameux banquiers  « traders » des salles de bourse ne sont plus ces enfants payés à prix d’or pout leurs heureux réflexes ultra-rapides du type de ces as des jeux de console vidéo car les opérations, les calculs et les décisions d’achats ou de vente ne sont plus raisonnés du tout, mais sont décidés par des programmes informatiques à la capacité de calcul en temps réel proprement inouïe – puisqu’on y parle de temps de réaction exprimé maintenant en …  nanosecondes !

trading haute frequence

« … Des équipements informatiques hors-réalité

Ces écarts de cours relancent forcément le débat sur les systèmes informatiques de trading à haute fréquence … qui consiste à effectuer des opérations automatiquement à la vitesse de la lumière !

Ainsi, telle que la planète finance se présente, ces ordres passés à vitesse grand V représentent 60 à 70% de la totalité des transactions dans le monde. Les traders utilisent une stratégie qui consiste à tirer parti des différences dans la vitesse de cotation des cours sur les marchés.

«Les traders ont le droit de faire ça, la régulation ne leur interdit pas. Le problème qu’il y a eu hier n’est pas étonnant. Ce qui est consternant, c’est l’absence de contrôle qui existe dans la finance», s’est insurgé Marc Fiorentino (1) … vendredi matin.

Pourtant, depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, la question de la régulation financière semble être au cœur des préoccupations des politiques. Sans réelle concrétisation jusque-là. »

http://www.lefigaro.fr/bourse/2010/05/07/04013-20100507ARTFIG00377-le-trader-qui-a-fait-paniquer-wall-street.php

(1)spécialiste des marchés financiers, banquier d’affaires, et essayiste

Peut-être est-il temps de refermer les portes de ces lieux nauséabonds et d’aller faire quelques pas à travers à travers champs, promeneurs solitaires ruminant la vanité du monde.

Cela empêchera-t-il d’enrager à l’idée de notre résignation devant ces monstruosités et qui ont fait qu’un vieux sage, tant de fois cité ici et récemment disparu, Stéphane Hessel, est devenu l’instigateur de l’indignation pacifique certes, mais non moins déterminée de tous les humains, lui qui disait dans son pamphlet « Indignez-vous » :

Stephane Hessel

« Il est grand temps que le souci d’éthique, de justice, d’équilibre durable deviennent prévalent. Car les risques les plus graves nous menacent. Ils peuvent mettre un terme à l’aventure humaine sur une planète qu’elle peut rendre inhabitable pour l’homme. »

Que faire ? Hurler ou rire lorsqu’on réalise que cette somme qui représente la perte occasionnée par un simple canular – lequel peut être répété quotidiennement, pourrait libérer les douze pays suivants du poids écrasant de leur dette extérieure ?

345 millions

Alors, tout en marchant, on se prend à chantonner les appels des naufrageuses sirènes des idéologies alternes. Puis heureusement, l’on se ressaisit … non à la violence, non également aux systèmes qui sont des formes corrompues et grimées de ce capitalisme vil et sauvage :

Un exemple qui en dit long sur la sincérité des idéologies qui n’ont – au mieux – d’autre objectif que de confisquer le pouvoir :  

Changeons de continent et allons en Chine ou un certain Mao Tsé Toung, à coups de grandes marches et de révolutions de tous genres, affirmait avoir fait rendre gorge à l’argent :

Kong Dongmei

Kong Dongmei, une citoyenne quadragénaire, figurent au 242e rang d’une liste de riches personnalités établie par un magazine financier chinois, New Fortune. Ses avoirs sont estimés 620 millions d’euros. L’information pouvait bien passer inaperçue sauf que la personne en question n’est pas ordinaire, il s’agit de la petite fille de ce même Mao Tsé-toung, celui qui a instauré les valeurs du socialisme et du désintéressement des fortunes…

L’argent, ah! maudite engeance, fléau des humain !

Sophocle, (Antigone) 5 siècles avant Jésus-Christ …

mo’

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