majnun nicole

Durant la troisième année de mes études secondaires, je me suis toujours arrangé pour être assis à l’extrémité de la diagonale tirée depuis le bureau du professeur situé à gauche, jusqu’au fond de la quatrième rangée de pupitres, à droite. Comme je n’étais pas particulièrement effacé, mes interventions étant plutôt du genre tonitruant, cela me permettait de bien me faire entendre de tous… Par ailleurs, situé là, aucun de mes condisciples n’échappait à ma vue et pourtant aucun ne me voyait, lui, sans que je m’en aperçusse.

Plan de ma classe

Abonnée à la place de droite de la troisième rangée de la troisième allée, une adorable petite poupée aux immenses yeux vert-amande fraiche et aux cheveux châtains clairs m’offrit ainsi, durant toute l’année, la contemplation de son échine nerveuse et de sa silhouette en devenir, promise, j’en étais sûr, aux podiums de beauté. Nicole C. Elle avait un sourire franc et cependant malicieux, aggravé par deux fossettes très prononcées qu’elle creusait hélas avec grande parcimonie…

Je n’étais certes pas en reste et mon énorme tête, carrée aux dires de mes condisciples, était ornée d’aérofreins qui me faisaient ressembler à certain petit éléphant, dont j’avais également le regard plein de gentillesse et d’innocence.

J’aimais Nicole. Je la trouvais très belle. Je rêvais d’elle et quoi que je fisse, je l’imaginais toujours à mes côtés, me regardant et  me souriant tendrement. Mais évidemment c’était un fantasme car en réalité, même si je savais que je ne lui étais pas indifférent,  je devais me contenter de sourires, certes répétés, mais furtifs …

Durant les cours, au moins deux fois par heure, elle se retournait, me regardait et dès que nos regards se croisaient, elle esquissait un sourire avant de reprendre bien vite sa position et feindre de m’ignorer… Comme à l’époque  je n’avais pas encore ’’tout compris’’ des femmes, j’en souffrais et l’implorais par télépathie de se retourner plus souvent pour m’avouer ainsi quelque doux penchant …

Ruy Blas

Le mien était bien sûr profond et même définitif et pour moi, elle était la femme de ma vie, à l’exclusion de toute autre. Particulièrement les jours ou elle portait de ces effets de jeune fille qui la rendaient de plus, adulte. Ces jours-là, la pression d’un romantisme pubertaire ravageur me torturait au point d’accepter, avant de le regretter assez vite, je suis franc, de faire miens les mots du Ruy Blas de Victor Hugo à la reine, objet de son amour :

’’ Madame, sous vos pieds, dans l’ombre, un homme est là
Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ;
Qui souffre, ver de terre amoureux d’une étoile …’’

Eh oui ! J’aimais et je ne faisais pas semblant !

Pourtant, durant les intercours, lorsque nos regards se croisaient, j’avais certes droit à mon sourire mais ce qui me faisait souffrir c’est qu’elle ne fit jamais le moindre début de manœuvre d’approche.

A cette époque, les garçons et les filles étaient encore nettement  séparés et il était très mal vu d’essayer de l’ignorer et de sauter par-dessus les barrières de la convenance. Pour me rapprocher de Nicole, il n’y avait décidément que la classe et ces œillades, dérobées et furtives peut-être, mais néanmoins délicieuses.

lac du bourget

La chance finit par arriver lors d’un cours de français, dispensé par un doux géant qui répondait au nom de M. Guillouët – et qui, s’étant probablement aperçu de notre flirt, me demanda de lire le poème intitulé ’’Le lac de Lamartine’’, sirop romantique pur sucre. Il me demanda de le faire en pensant à ma bienaimée, qui pourrait s’appelait, par exemple, Nicole ou autre, dit-il en souriant malicieusement… La moitié de la classe éclata de rire. Moi pas ! Mais j’obéis néanmoins, bien sûr … Je lus avec beaucoup de conviction. Malgré l’âge bête et la pudeur de l’époque qui se liguèrent pour déclencher les rires et sarcasmes des autres élèves, je mis en œuvre mon immense sensibilité pour lire cette jérémiade que je sentais si fort en moi.

Je vis là une chance inespérée de dire à Nicole, par poésie interposée, mon grand amour. Je ne m’en privai pas. Je la regardai chaque fois que je levai la tête. Elle devint rouge comme une pivoine et ne douta pas qu’elle était bien celle qui formait avec moi le ’’nous’’, à laquelle appartenait ‘’la voix qui m’est chère et qui laissa tomber ces (fameux) mots’’ :

 » Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

 » Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

 » Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

 » Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons !  »

Le lac de Lamartine, dit par la mythique Maria Casarès

A la fin de ma lecture, certains eurent le mauvais goût d’applaudir et même de dire ’’bravo’’, pendant que Monsieur Guillouët affichait une moue d’appréciation très flatteuse. Nicole, quant à elle, prit dans sa minuscule poche de poitrine un mouchoir tout mignon et en tamponna ses jolis yeux tout en larmes. Dieu qu’elle était belle avec ces yeux verts humides. J’étais heureux. J’avais atteint mon principal objectif : l’émouvoir.

La fin du cours finit par arriver quelques explications du texte plus tard. Lorsque nous sortîmes, dans le couloir, la divine jouvencelle s’approcha de moi, haussa légèrement la tête et déposa une bise, hélas rapide et légère sur ma joue avant de faire ce commentaire : ’’Merci mo’, c’était très beau’’. C’était la première fois qu’elle me parlait directement et a fortiori m’embrassait. Je fondis et me convertis en confiture. Mes jambes flageolaient et avaient envie de courir vers ce lac béni qui m’avait valu tant de bonheur. En tenant la main de Nicole, bien sûr. J’eus beaucoup de peine à concentrer mon attention en classe, pour le reste de la matinée.

Ce jour-là, lorsque ses parents vinrent la chercher à 17heures  à la fin des cours, je remarquai qu’en les embrassant, elle me désigna à leur attention en souriant… Je fus pris entre un immense bonheur et une immense peur. Etait-elle en train de leur préciser que c’était donc moi ’’l’homme de sa vie’’ ou au contraire avait-elle dit que je l’avais agressée et lui avais volé un baiser ? Je regardais timidement dans leur direction en tremblant un peu lorsque je vis que sa maman m’invitait à les rejoindre, avec un accueillant sourire. Je les rejoignis et la dame m’embrassa en prononçant mon nom. Son papa, à peine moins chaleureux, me tendit la main avec un large sourire en me disant bonjour.

La maman me confia que sa grande fille lui avait dit que j’étais un ’’grand acteur’’ et que j’étais le camarade le plus gentil de la classe. Comment sait-elle que je suis gentil ? Mais je peux être terrible, voyons ! Sans me laisser faire le moindre commentaire – heureusement d’ailleurs – elle m’invita à venir chez eux, le dimanche suivant, pour partager le goûter de Nicole, en précisant l’adresse et en me demandant si elle devait téléphoner à mes parents. Pour ’’faire le grand’’, je crânai en répondant que c’était inutile et que j’allais demander la permission moi-même, enfin que je viendrais avec plaisir. Elle me passa la main dans les cheveux et me dit alors :

–      A dimanche 15h00, mo’. Tu es bien mignon !

Je repartis chez moi en sautillant d’un nuage d’ouate à l’autre, je pesais le poids d’une plume et mon air béat devait me faire ressembler à … ce que j’étais, un possédé… l’émule de Majnun Layla http://fr.wikipedia.org/wiki/Majnoun_et_Leila

Le soir, je confiai mon bonheur fou à mon frère aîné, qui lui, avait de l’expérience. Je lui demandai de me conseiller dans le choix du cadeau que je souhaitais faire à Nicole. Il me dit que je ne devais faire aucun cadeau, seulement porter des fleurs à la maman et non à elle. Je trouvai cette convenance bien stupide mais il me dissuada de me lancer dans un plan ’’cadeau’’, encore une fois, bien heureusement d’ailleurs… Ce qu’il ne comprenait pas, c’est que j’étais amoureux moi, Monsieur, et que si tout se déroulait normalement, je comptais bien faire de Nicole ma femme ! Alors être poli avec la belle-mère, c’est bien, mais enfin, c’est tout de même l’épouse la plus importante ! Il mit fin à mes doutes en me disant que je l’em… nuyais, il m’ordonna de quitter sa chambre et de le laisser dormir. J’ai toujours été un poète incompris…

Le grand jour, je m’habillai comme un milord et demandai à ma douce maman une généreuse aspersion de sent-bon paternel. Elle m’en demanda la raison et je lui dis sans rire que j’allai demander la main de ma femme… Elle éclata de rire et me demanda en faisant la grimace s’il s’agissait d’Aïcha la Comtesse –  http://wp.me/p62Hi-1hx . Je fis mine d’être vexé. Elle m’attira alors à elle et m’embrassa bien fort. C’était évidemment le but de ma manœuvre. J’en profitai pour introduire ma demande de quelques pécunes pour acheter un bouquet de fleurs ’’du marchand’’, mon allocation hebdomadaire n’y suffisant assurément pas. Après avoir froncé les sourcils, elle alla à la cuisine et souleva le couvercle du confiturier en forme de citron. Elle y prit un tout petit billet et me le tendit, toujours en se moquant de moi. Je l’embrassai à nouveau et sortis pour me ruer chez le fleuriste de la place, pour acquérir le bouquet le plus maladroit et le moins balzacien de ma riche carrière de séducteur. Des roses d’un rouge grenat mises en valeur par de minuscules fleurs blanches et des branches de fausse fougère… Le tout, dans un immense cornet de papier cellophane, bien sûr, ornée du timbre doré du fleuriste…

Un autobus plus tard, je sonnai fermement à la porte du jardinet de la maison de Nicole. C’est le papa qui vint m’ouvrir en souriant, tenant par la main mon adorée, belle comme un cœur et à laquelle, si je ne me trompe, on avait permis un soupçon de rose transparent sur les lèvres dont on aurait dit des pétales de tendres roses … Elle souriait et arborait ses deux puits d’amour, ses fossettes d’ange. Elle était tellement belle que j’en rougis. Je répondis maladroitement à son père, tant il m’était difficile de détacher d’elle mon regard… Nous nous fîmes la bise, ce qui fut à nouveau une intrusion au paradis. Elle sentait un parfum citronné qui me fit chavirer. Comme on me l’avait expliqué, dès que je vis la grand-mère, encore alerte et souriante, c’est à elle que je remis mon énorme bouquet après l’avoir embrassée et remerciée pour son invitation, alors que je ne l’avais jamais vue. Elle exagéra ses remerciements pendant que la maman, elle, se tordait les mains en souriant devant mon aplomb de séducteur en herbe.

Nicole, fille unique de gens aisés, petite fille unique et sur-choyée, avait certainement reçu une éducation parfaite car elle se mit en retrait et souriait tranquillement en attendant la fin des salamalecs.

caniche

Son papa lui demanda alors où elle souhaitait s’installer avec mo’. Elle désigna le jardin et précisa que c’était pour pouvoir me présenter sa ménagerie. Ainsi fut fait. Son chien était un de ces chiens dont on ne sait s’ils arrivent ou s’ils partent, étant constitués de deux pelotes de poils identiques, celle de la tête et celle de l’arrière-train. Elle me le présenta. Elle l’avait baptisé Boogie  et m’éblouit en lui donnant des ordres qu’il exécutait à la perfection et même lorsqu’il essaya en jappant de sauter dans ses bras, elle le rabroua. Il repartit penaud, ne comprenant probablement pas son humeur inhabituelle. La pauvre bête pouvait-elle comprendre que mo’ en personne était là et que sa Nicole avait bien mieux à faire que de flatter l’échine de son chienchien ? Que c’est bon le rêve et l’illusion lorsqu’ils ne sont pas démentis !…

inséparables

Nicole me prit la main et me conduisit à l’arrière de la maison, dans une espèce de petit jardin d’hiver aux couleurs vives ou il y avait une volière : des perruches jacassantes y tenaient une discussion aussi passionnante qu’un débat parlementaire. Un gros perroquet gris du Gabon y contemplait d’un œil rond et impavide le monde, pendant que faisait bande à part un adorable couple d’inséparables, ces oiseaux bizarres qui vivent en couples extrêmement liés. Par exemple, selon les croyances, si l’un des oiseaux meurt, l’autre se laisse mourir, mais en fait il survit très bien à condition de se remettre en couple avec un autre partenaire. L’origine du nom scientifique (Agapornis) dérive de termes grecs signifiant ’’oiseau amoureux’’. Je brûlai évidemment de faire un parallèle avec notre ’’couple’’ mais m’en abstins… Je souriais simplement et cela l’encourageait à me parler, à me donner des détails, des précisions, des appréciations… Elle avait une jolie voix de fontaine d’eau vive, ma Nicole. Elle était belle et je ne me lassais pas de la regarder, de  l’écouter et de l’aimer… Elle rajusta ses cheveux, reprit ma main dans la sienne et me conduisit à nouveau dans le jardin pour me présenter ’’Tante Ursule’’, cachée  tout au fond du jardin, sous un bouquet d’herbes hautes qui entourait la margelle du puits. Ainsi se nommait … une énorme tortue de jardin, centenaire, parait-il. Je présentai mes hommages à la vénérable aïeule avant d’être entrainé par ma belle hôtesse vers la maison.

tortue de jardin

Sa maman nous prit alors en charge et ’’autorisa’’ Nicole à me faire visiter sa chambre. La demoiselle me demanda si je le voulais et je faillis m’indigner qu’elle me posât une question pareille. Mais tout de toi m’intéresse, bel amour, tout, ne lui dis-je point. Montre-moi tout, je veux tout savoir…

Sa chambre était à son image : parfaite. Lumineuse, riante, soignée, sans l’ombre du moindre désordre… Je reconnus nos livres de classe  rangés comme des livres de bibliothèque, parfaitement couverts et étiquetés … pas comme ceux de certaine personne de ma connaissance…

Sur la petite table de salon il y avait, figurez-vous … un électrophone. La demoiselle avait un électrophone dans sa chambre, comme elle possédait ses propres disques, phénomène ahurissant alors à notre âge ! Elle tint à m’en montrer quelques-uns. J’étais carrément béat d’admiration. Elle écoutait de la musique classique, du piano surtout, et de la musique de qualité … Elle était fabuleuse et je l’aimais décidément chaque seconde davantage.

Je remarquai qu’elle se regardait dans le grand miroir de son armoire chaque fois qu’elle passait devant. Tout d’un coup elle me demanda à brûle-pourpoint, me décontenançant totalement :

–      Est-ce que tu aimes la façon dont je suis habillée ?

–      Mais … Nicole … tu ressembles  à … je ne sais pas, je dirais une fleur. Oui, tu es très bien habillée … dis-je gauchement. D’ailleurs tu es toujours habillée avec goût et distinction !

–      Tu me dis la vérité, n’est-ce pas ?

–      Oui, je t’assure, tu es très mignonne ainsi. J’aime les couleurs que tu portes et aussi tes vêtements, c’est vrai, tu ressembles toujours à une rose…

premier baiser

Lequel d’entre nous avait prémédité ses dires ? Elle avec sa question ? Moi avec ma réponse ? Toujours est-il que ce fut magique. Elle me prit la main gauche, puis la droite, approcha de moi, se colla à peine contre moi avant de fermer les yeux et de déposer sur mes lèvres le souffle d’un baiser. J’étais tétanisé et ne bougeais pas d’un millimètre, durant les quelques secondes que dura cette éternité de bonheur… Elle finit hélas par se détacher de moi et me rendre la liberté de mes mains. J’étais cramoisi. J’avais chaud, j’étais heureux. Je finis par reprendre le dessus et lui souriant doucement, bien en face d’elle, je soupirai à son adresse :

’’Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !’’

Merveilleux puisqu’elle comprit le message et se rapprocha à nouveau de moi pour me donner le second baiser d’amour que je reçus dans ma vie.

Nous redescendîmes alors et retrouvâmes sa grand-mère et ses parents assis autour d’un guéridon surchargé d’argenterie et de délices diverses : un goûter de rois. Nicole ne me quittait pas des yeux…  et dès que je la regardais, elle souriait mais là, elle ne tournait plus la tête comme en classe.

Sa grand-mère me posa mille questions, son papa deux mille et sa maman trois mille. Puis l’on me demanda ce que je voulais boire pour le goûter : café au lait ou chocolat chaud… Ma prestation auprès de mes ’’futurs beaux-parents’’ ne fut point mauvaise, ce me semble. Je dirai même qu’elle fut remarquable puisque remarquée et qu’elle me fit adopter par ces gens de qualité qui plaçaient le bonheur de leur fille au sommet de leurs préoccupations.

Ma fontaine de beauté et de bonheur, leur fille Nicole, intervint enfin pour me demander de dire le poème ’’Les pauvres gens’’ de Victor Hugo car lorsqu’on me le fit déclamer en classe, elle l’avait dit à sa grand-mère et lui avait confié que ce faisant, je l’avais émue aux larmes… Je me fis un peu prier jusqu’à l’intervention du père qui se joignit à la demande de sa fille. Soit, me dis-je, si le salaire en est un baiser de Nicole, je suis prêt à dire la Légende des Siècles en entier !

Je me redressai et après m’être raclé la gorge, me lançai :  » Il est nuit, la cabane est pauvre mais bien close… » Je déclamai de mémoire le poème demandé. Les larmes ne tardèrent pas à couler sur les joues de Nicole. Quelques secondes plus tard, sa mère la rejoignit. La grand-mère, elle, souriait aux anges et le père s’amusait des effets dévastateurs de ma déclamation.

Lorsque je finis, sans un mot, la mère-grand m’attira vers elle, m’embrassa et tout en me félicitant, affirma que c’était très beau. La maman aussi me donna un baiser et invita du regard sa fille à en faire autant. Elle le fit, ce qui me rendit ivre de bonheur… Le papa, lui, m’affirma que c’était très bien et que j’avais de l’avenir dans la comédie…

Quelques instants plus tard, je pris congé et remerciai avec insistance la mémé, la maman, le papa. L’on demanda à Nicole de me raccompagner à la porte du jardin. Nous ne sortîmes pas du champ de vision des parents et je ne pus donc avoir mon troisième vrai baiser d’amour, mais j’eus mieux encore : Après avoir refermé le portillon, l’adorable beauté aux yeux verts me dit – et elle fut la première à le faire dans mon existence :

–      mo’, je t’aime…

mo’

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