l'humour

Du fin-fond de ma désastreuse mémoire qui s’étiole et s’atomise, se désintègre, se pulvérise et se sublime – au sens physique, bien évidemment, à mesure que s’estompent les faits et que s’en dégagent les leçons apprises, revient un souvenir qu’une datation au carbone 14  me fait situer aux alentours des années yéyé, celles de ma sage jeunesse : Nous fréquentions les salles de cinéma et y puisions une bonne part de notre culture générale. Le paysage de l’image était alors limpide et s’il y avait bien évidemment tout un nuancier de qualité des films, la liste était expurgée et les navets étaient relégués dans les salles de seconde zone que nous n’aurions su fréquenter. Films d’auteurs, films populaires, romans adaptés, films de genre, films musicaux, films d’épouvante, films à grand spectacle nous étaient proposés … Même dans la provinciale ville de mon enfance, il y avait des salles considérées comme des salles spécialisées dans les films d’un certain niveau intellectuel, de tous les pays du monde, de toutes les cultures …

Les séances de cinéma – hebdomadaires dans les petites classes et bihebdomadaires dans les grandes, se composaient d’un court-métrage, d’un rapport hebdomadaire des Actualités, d’un entracte et enfin du film central… Nous en avions pour notre argent.

Pour revenir à mon souvenir du jour, j’enrage d’avoir oublié l’essentiel de ce petit bijou de court-métrage qui relatait l’histoire un peu folle d’un chercheur qui consacra sa vie à la recherche du secret du RIRE. Le film s’achève sur une scène que n’auraient démentie ni Isidore Ducasse, ni André Breton,  ni Max Ernst : le chercheur en question éclate d’un fou-rire dantesque et hurle à tue-tête qu’il a découvert le secret du RIRE avant de  … mourir de RIRE ! …

bergson

Philosophe en herbe – ben ouais, quoi, j’étais issu du monde paysan et j’étais en classe de philosophie… que savais-je du rire ? J’avais lu, cette année-là précisément, Le Rire d’Henri Bergson que vous pouvez lire en suivant ce lien : http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Rire._Essai_sur_la_signification_du_comique

Pour les lecteurs assidus des ’’QUATRIEMES DE COUVERTURES’’, en voici le ’’pitch’’ :

« Que signifie le rire ? Qu’y a-t-il au fond du risible ? Que trouverait-on de commun entre une grimace de pitre, un jeu de mots, un quiproquo de vaudeville, une scène de fine comédie ? Quelle distillation nous donnera l’essence, toujours la même, à laquelle tant de produits divers empruntent ou leur indiscrète odeur ou leur parfum délicat ? Les plus grands penseurs, depuis Aristote, se sont attaqués à ce petit problème, qui toujours se dérobe sous l’effort, glisse, s’échappe, se redresse, impertinent défi jeté à la spéculation philosophique.

Notre excuse, pour aborder le problème à notre tour, est que nous ne viserons pas à enfermer la fantaisie comique dans une définition. Nous voyons en elle, avant tout, quelque chose de vivant. Nous la traiterons, si légère soit-elle, avec le respect qu’on doit à la vie… »

Et là, honteux racketteur, charlatan de certain Souk-Tnine ou Marché du Lundi, au lieu de vous engager avec moi dans les analyses immensément subtiles du Professeur au Collège de France, je vous propose une approche d’une trivialité dont je devrais rougir : … Un survol des fabricants du rire, humoristes, chansonniers, et autres clowns. Ceux d’avant et ceux de maintenant …

Les anciens

Marcel Pagnol : Marius/ La partie de cartes

Etes-vous raciste  – Les Frères ennemis –

Francis Blanche Et Pierre Dac  – Le sar Rabindrana duval

Pierre-Jean Vaillard – L’aventure amoureuse 

Pierre Repp – Les fables de la Fontaine 

Raymond Devos – Oyez, Oyez

Catherine Maillan – L’imparfait du subjonctif 

Juliette Greco & Henri Salvador – Déshabillez-moi

les modernes

Je suis devenu auteur parce que c’est moins dangereux que de vendre de la drogue. Jamel Debbouze

Jamel Debbouze : Mon Père !

Fais-moi rire, c’est mon point G à moi. Gad Elmaleh

Gad Elmaleh – La chèvre de Monsieur Seguin

Définir le rôle des amuseurs : celui de la goutte de citron sur l’huître. Guy Bedos

Michel Lebb – La mouche 

Si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire. Jules renard

Anne Roumanoff – Taxi raciste

L’art du clown va bien au-delà de ce qu’on pense. Il n’est ni tragique, ni comique ; il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie.

André Suarès

Florence Foresti – J’aime pas les filles

Une bonne imitation est une nouvelle invention.  Xavier de Maistre

Nicolas Canteloup – Sarkozy revient du Maroc

L’imitation, après tout, est une manière de se défaire d’un objet d’adoration ou de peur, ou les deux. Jean-Jacques Schuhl

Laurent Gerra – Qui veut passer pour un con

Il existe des conceptions vulgaires tout à fait suffisantes pour la vie pratique ; elles doivent même être la nourriture des hommes. Elles ne suffisent cependant pas à l’intelligence.  Averroès

Jean Marie Bigard – Coup de gueule 

L’exilé, ce n’est pas celui qui part, puisque celui qui part va toujours découvrir un autre monde qu’il ne connaît pas et qui pourrait apporter un certain excitant à sa vie ; l’exilé, c’est celui qui reste.
Dany Laferrière

Fellag – Le visa

L’humour noir, c’est la politesse du désespoir. Achille Chavée

Claudia Tagbo – Rire ensemble … 

« J’ajoute qu’en même temps que j’ai voulu déterminer les procédés de fabrication du risible, j’ai cherché quelle est l’intention de la société quand elle rit. Car il est très étonnant qu’on rit, et la méthode d’explication dont je parlais plus haut n’éclaircit pas ce petit mystère. Je ne vois pas, par exemple, pourquoi la « désharmonie », en tant que désharmonie, provoquerait de la part des témoins une manifestation spécifique telle que le rire, alors que tant d’autres propriétés, qualités ou défauts, laissent impassibles chez le spectateur les muscles du visage. Il reste donc à chercher quelle est la cause spéciale de désharmonie qui donne l’effet comique ; et on ne l’aura réellement trouvée que si l’on peut expliquer par elle pourquoi, en pareil cas, la société se sent tenue de manifester. Il faut bien qu’il y ait dans la cause du comique quelque chose de légèrement attentatoire (et de spécifiquement attentatoire) à la vie sociale, puisque la société y répond par un geste qui a tout l’air d’une réaction défensive, par un geste qui fait légèrement peur. C’est de tout cela que j’ai voulu rendre compte. »

Henri BergsonLe Rire. Essai sur la signification du comique

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