Les Stratégies Amoureuses

le baiser rodin

Jusqu’à un passé récent, les hommes et leur science considéraient que le plaisir charnel était une exclusivité humaine. Il n’en est évidemment rien et l’étude des chimpanzés nains ou bonobos – pan paniscus, a révélé que ces charmants cousins sont capables des mêmes turpitudes que nous, et sont même très inventifs et imaginatifs, ayant sur nous un immense avantage : l’absence de toute morale et même de toute pudeur.

’’Chez les bonobos, les relations sexuelles, feintes ou réelles, sont plus souvent utilisées comme mode de résolution des conflits, à côté des mécanismes de domination. Les études suggèrent que les trois quart des rapports sexuels entre bonobos n’ont pas des fins reproductives, mais plutôt sociales, et que presque tous les bonobos sont bisexuels. Des scientifiques ont appelé cette méthode d’accouplement le « sexe convivial »’’  http://fr.wikipedia.org/wiki/Bonobo. Décidément, les bonobos ont leurs pareils chez les hommes.

bonobos

Toujours dans le règne animal, l’éthologie nous enseigne que toutes les espèces, de la baleine au moustique, ont un code de l’amour, avec ses langages, ses rites et ses spécificités.

ours

Qui l’eut cru ? Sur la terre ferme, l’un des meilleurs amants est … l’ours ! Certes, dans la vie, il est solitaire et assez peu commode d’approche. Mais lorsqu’en automne arrive la période du rut, il cherche une partenaire et lui fait une cour assidue. Lorsqu’elle accepte ses avances, il lui propose de former un couple, c’est-à-dire de s’accoupler. Ce couple reste formé quelques jours, multipliant les ’’copulations’’ et rien d’autre n’existe au monde pour les amants candidats à la paternité et à la maternité. Après cette période de passion torride, le couple se sépare pour reprendre des forces en se nourrissant sans arrêt. Il est vrai qu’alors, la femelle peut prendre un nouveau partenaire, sans doute pour s’assurer que l’ovule qu’elle propose est bien fécondé, car celui-ci ne s’implante pas dans l’utérus tout de suite après la copulation mais … quelques mois plus tard. Cette incroyable mesure prudentielle de Dame Nature s’explique par le souci de faire naître les oursons ’’sous abri’’, en hiver, ce qui fera qu’ils ne sortiront qu’au printemps, avec des températures clémentes…

Loup et louve

Les loups nous ressemblent en amour … Leur stratégie en la matière est en fait consensuelle. Elle commence par un rapprochement entre mâles et femelles. Ces rapprochements sont de plus en plus explicites à mesure que la saison du rut approche, et lorsqu’une louve est enfin en  chaleur, elle le fait savoir en libérant des phéromones, substances chimiques chargées de messages, indiquant aux mâles son état. Elle se met alors à harceler les autres louves de la meute et devient de plus en plus agressive au fur et à mesure que ses chaleurs augmentent, veillant à ce qu’aucune autre louve n’approche le mâle dominant qu’elle convoite…

lions

Les lions nous ressemblent aussi … Ils n’ont pas une saison particulière pour s’aimer… Tout dépend de la disposition de la femelle. Mais lorsqu’elle est en rut, c’est elle qui dirige les opérations.

Elle se met à tourner en rond tout en grognant doucement autour du lion, la queue en l’air. Elle se roule devant lui pour lui indiquer qu’elle est prête à s’accoupler. S’il répond positivement, le couple va se mettre à l’écart.

Comme chez l’ours, cet isolement va durer une petite semaine, même si les accouplements à proprement dit, eux, ne durent que quelques secondes. Par contre, tous les quarts d’heure, la lionne sollicitera à nouveau le lion pour être sûre d’être fécondée.  Il arrive que ce soit le mâle qui sollicite la femelle. Et dans ces cas-là, lorsqu’il essuie un refus, il peut devenir très agressif.

baleine

Chez les baleines, les mâles courtisent les femelles en chantant ! Les ondes sonores  attirent celles qui sont en quête d’un partenaire. S’il faut choisir entre plusieurs mâles, la baleine femelle prend tout son temps et laisse ses prétendants lui démontrer leurs attraits constitués de bravoure dans les affrontements les plus sauvages ou par des chants et des chorégraphies aquatiques et aériennes.  Et oui, les baleines mâles ’’s’envoient en l’air’’ pour … séduire …

dauphins

Les ’’gentils dauphins’’ comme nous les appelons ont des mœurs pour le moins étranges et inconvenantes ! Pour séduire une femelle, les mâles s’affrontent souvent dans des combats féroces. Mais le plus étrange est qu’ils peuvent également préférer se mettre d’accord à trois ou quatre pour imposer à la pauvrette, tous, leurs ardeurs ! En termes humains et vulgaires, cela s’appelle une tournante … pour ne pas utiliser un terme encore plus sale.

deux pigeons roucoulant

Pour la plupart des espèces d’oiseaux, le mâle chante pour attirer la femelle et pour avertir ses concurrents de sa présence. Le pigeon mâle tourne sur lui-même en gonflant ses plumes et en balayant le sol de sa queue ouverte tout en émettant de brefs gloussements. Certaines espèces érigent de véritables ouvrages d’architecture et de vannerie en construisant des nids complexes (avec des tonnelles, des objets brillants, etc.) afin d’y attirer les femelles.

corps à corps torride

Les plus délirants des ’’amants’’ animaux  sont sans doute les modestes escargots qui sont hermaphrodites. Les sujets désirant s’accoupler reniflent le fond de l’air. Une fois repéré un partenaire valable, et après une cour en règle qui durent une éternité – de deux à douze heures ! – s’il y a accord, la première partie de l’accouplement peut avoir lieu. Les deux mâles se font alors face et s’injectent à travers un orifice prévu à cette effet un liquide séminal pour féconder les ovules de l’autre, qui deviendront des œufs. Compris ? Les deux sexes dans chacun des animaux, ainsi, comme l’autofécondation est impossible les escargots inséminent et sont inséminés en même temps et la justice et l’égalité sont totales dans cette espèce !

Et avant de présenter le huitième et dernier animal, une petite galerie de photos, touchantes, émouvantes … humaines …

galerie photos

Marie-Claude Bomsel, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et vétérinaire à la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris, explique qu’il est en fait bien difficile ’’d’élaborer une véritable systématique’’ des comportements amoureux des animaux. ’’On ne peut que se limiter à certaines analogies esthétiques ou comportementales. Demeurent cependant les grandes typologies : pendant les saisons des amours, râles, cris, chants, danses et offrandes sont les instruments favoris des mâles pour conquérir la femelle convoitée. Puis vient l’acte lui-même, souvent beaucoup plus court que la parade. Ensuite commence une autre vie. Monogame, polygame ou à nouveau solitaire. D’une manière générale, la monogamie est surtout l’apanage des animaux qui ont un temps de couvaison, comme les oiseaux. Mais on la trouve aussi chez les éléphants, les baleines et les autres grands mammifères, dont les petits nécessitent un long apprentissage de la vie. »

 « A bien des égards, poursuit-elle, et plus particulièrement chez les mammifères, chaque animal a probablement une part de liberté individuelle, assure Marie-Claude Bomsel. Même si celle-ci n’est pas intentionnelle et qu’il n’en a sans doute pas conscience. L’animal peut évoluer de manière différente en fonction de sa naissance, du milieu, etc. Il n’est pas prédestiné et a une vie propre. Et peut tout à fait l’exprimer dans sa sexualité, ses pratiques de séduction et son comportement d’apprentissage avec sa progéniture. »

http://www.lefigaro.fr/sciences-technologies/2010/07/31/01030-20100731ARTFIG00009-les-codes-de-l-amour-chez-les-animaux.php

Et nous arrivons enfin à notre huitième et dernier animal, l’Homme !

De l’amour

Si l’on s’avoue sans inutiles circonlocutions que l’amour entre deux individus étrangers l’un à l’autre se fonde sur l’instinct sexuel, on peut identifier les douze marches qui y mènent :

  1. Au commencement est l’attraction
  2. Laquelle engendre une envie
  3. Laquelle se mue en désir
  4. Lequel se mue en intention
  5. Laquelle génère une impulsion
  6. Laquelle engendre une stratégie
  7. Laquelle se mue en audace
  8. Laquelle se mue en conquête
  9. Laquelle engendre la copulation
  10. Laquelle engendre le plaisir
  11. Lequel provoque l’envie de durée
  12. Laquelle peut devenir de l’amour.

Tango

On voit donc que l’amour est issu d’un processus assez long et structuré dont chaque stade peut durer plus ou moins longtemps ou n’être qu’une composante d’un tout, subit et subi comme dans le cas du coup de foudre.

Mais ne nous cachons pas la vérité, la simple vérité : tout comme nos ’’frères inférieurs’’, les animaux, la véritable motivation dans le besoin d’amour est, sans fioritures et quels que soient les grimages empruntés pour y parvenir, que les stratégies de conquête et de séduction n’ont qu’un but: transmettre d’instinct nos gènes à la plus grande descendance possible.

mo’

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