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Le COUGUAR, ou PUMA, de son nom scientifique Puma concolor, est un félin connu dans certaines régions sous le nom de lion des montagnes ou parfois même, abusivement, panthère à laquelle il ressemble, effectivement. Son territoire est le continent américain, nord et sud.

crème anti age

Signe des temps : Une publicité pour une crème anti-âge

Le mot COUGAR – sans ’’u’’-  est quant à lui un anglicisme issu de l’argot télévisuel américain entériné en 2011 par les dictionnaires français. C’est un terme abondamment employé pour qualifier les femmes ayant des relations avec des hommes plus jeunes qu’elles.  Certains puristes autoproclamés précisent que « la définition la plus simple est celle d’une femme de 35 ans ou plus qui sort ou cherche à sortir avec des partenaires ayant au moins huit ans de moins qu’elle. » Ces jeunes hommes sont alors appelés « toy boys« , mot également issu d’une référence cinématographique. Ces jeunes ’’garçons-jouets’’ étaient  appelés également, jusque récemment, des ’’minets’’ qui recherchent :

  • Soit une femme qui conjugue la dimension maternelle et la dimension sexuelle, et l’on parlera alors de « mère sexuelle » ;
  • Soit une initiatrice, qui va leur apprendre et la vie et le sexe.

anita, sophia ...

J’avais encore des moustaches blanches dessinées par le lait maternel et déjà l’intime conviction que les femmes seraient essentielles dans ma vie. A quoi rêvait donc le nigaud que j’étais et qui s’enfermait déjà dans ce genre d’oiseuses certitudes ? Aux mignonnes petites voisines bien proprettes parfumées à la lavande, portant socquettes blanches et souliers vernis ? Que nenni ! mo’ rêvait de femmes adultes, bien en chair, au giron large et accueillant, épanouies, des mamans, quoi !…

les félins

Puis un malicieux hasard fit que je pus voir un film avec Lola Albright, actrice et chanteuse américaine, un thriller où l’on vit, oh scandale, un sein dénudé, et la pauvre dame pleurant à se fendre les yeux en réclamant son jeune amant qu’elle nommait ’’Mon bébé’’.  Et elle pleurait et elle disait sans discontinuer ’’Je veux mon bébé, je veux mon bébé !’’ , en dehors de toute norme, de toute logique et bien sûr de toute morale. Souvenir exact ? Souvenir édulcoré par le temps et la subjective nostalgie ? Je n’en sais rien mais en l’occurrence, dans mon laboratoire secret de tripatouillage psycho-affectif, le bébé de la dame, ben c’était moi, bien sûr… et Dieu que la jeunesse est fragile, j’étais prêt à signer sur le champ un contrat emphytéotique par lequel je me serais forcé à passer le reste de ma vie avec elle.

Lola Albright

How high is the moon

Revenu sur terre, je m’inquiétai quelque peu de mon inconséquence et m’en fus questionner mes camarades sur cet épineux problème de la relation à la femme adulte, déniant bien sûr toute connotation œdipienne à mon affaire. Je fus rassuré d’apprendre que tous, sans exception, avaient comme fantasme absolu, bien caché dans les replis maudits de leur âme la plus secrète, le partage de l’intimité d’une femme et non d’une jeunette de leur âge. Certains se fendirent carrément de la confidence  de penchants très prononcés pour une tante ou une amie de leur maman.

emmanuelle

Puis arriva l’âge des lectures licencieuses, particulièrement ce roman ou Mademoiselle Marayat Bibidh nous révéla que les dames mûres ne dédaignaient nullement désirer, solliciter et consommer physiquement les jeunes gens…

Bouchaïb El Bidaoui

Certes nous savions que tout un pan du théâtre comique était en fait une variation infinie sur le thème vaudevillesque du vieux barbon qui sollicite les faveurs ou la main d’une jeune jouvencelle. Mais la situation inverse n’a jamais été trop abordée dans un cadre tant soit peu sérieux. On peut néanmoins citer le comique marocain des années 50-60, Bouchaïb El Bidaoui qui fit dire à une vielle dame – ayant perdu un peu la boule il est vrai, qu’elle cherchait un mari de 80 ans, son âge, ou à défaut, concédait-elle avec humour, deux de 40 …

george sand

Sinon, sans remonter aux heures aussi scabreuses que ténébreuses de l’Antiquité, pour comprendre le phénomène des cougars à l’Ere Contemporaine, on peut dire que leur ancêtre fut Aurore Dupin, baronne Dudevant, plus connue sous le nom de George Sand. Elle eut à ses pieds rien moins qu’Alfred de Musset et Frédéric Chopin, parmi bien d’autres. Le poète et le pianiste compositeur étaient tous deux, plus jeunes qu’elle. Précisons que l’illustre écrivain devait avoir quelques refoulements puisqu’elle s’habillait en homme, fumait la pipe et portait un prénom masculin… Constatons également que les deux damoiseaux paraissaient bien fragiles et demandeurs de protection maternelle …

Marguerite Duras

Nous ne dirons mot de Marguerite Duras, au titre du respect qui lui est dû, et supposerons que son faible pour la chair fraîche devait avoir de très hautes raisons philosophiques.

Piaf et Sarapo

Nous ne jugerons pas davantage Édith Piaf qui épousa à 47 ans, en dernières noces Théo Sarapo, chanteur et acteur d’origine grecque, qui en avait 26 et supposerons que la motivation était toute vouée au mystère de la création artistique. Preuve en est qu’ils enregistrèrent ensemble  ’’À quoi ça sert l’amour ?’’ qui est une initiation à l’amour … fort sympathique…

A quoi ça sert l’amour?

Edith Piaf & Théo Sarapo 

pilule

Et enfin, la pilule contraceptive arriva et sépara nettement et définitivement l’acte sexuel de la procréation. Les femmes se lancèrent alors à corps perdu, par mille artifices, dans la course à la jeunesse éternelle et ravirent aux hommes, entre autres avantages ancestraux, l’exclusivité de la recherche systématique de partenaires plus jeunes. L’image de la grosse meringue habillée de rose vautrée sur le siège arrière d’une Cadillac également rose bonbon conduite par un bellâtre qu’elle vient d’épouser, assis près d’un caniche tout aussi rose, a vécu.

Le monde a changé et il nous faut réviser nos référentiels sociaux et moraux ! Le nouveau visage de la femme-cougar est tout ce qu’il y a d’urbain, décomplexé, et même ’’tendance’’. Quelques exemples significatifs…

demi moore

Demi Moore actrice, musicienne, chanteuse, avait rompu ses fiançailles le jour où elle avait rencontré Bruce Willis, en 1987. Ils se marièrent et eurent 3 filles avant de divorcer en 2000.

Elle défraya alors la chronique ’’people’’ avec son idylle avec Ashton Kutcher, de quinze ans son cadet. En  2011 ils divorcent après 6 ans de mariage, car le damoiseau osa aller goûter ailleurs  chair plus fraîche.

claire chazal

Claire Chazal, présentatrice-vedette de la télévision française et Arnaud Lemaire, acteur de cinéma, de presque 20 ans son cadet, sont restés en couple pendant 5 ans et ont pris la décision de ne plus habiter ensemble car lui ne supportait plus de passer pour le minet de la dame, mais le temps a fait son œuvre et le couple s’est disloqué.

Cayetana

Malgré la réprobation quasi-unanime de la famille de la mariée, Cayetana d’Albe, 86 printemps, a épousé Alfonso Diez Carabantes, un beau caballero de 62 années à peine, fonctionnaire de carrière converti dans la critique cinématographique.

marjorie

Et pour clore la galerie, voici mon  »coup de cœur » :  une merveilleuse romance entre Marjorie, une Australienne de 106 ans et Gavin, un jeune-homme de … 73 ans ! 33 ans de différence d’âge les séparent, mais en les voyant si complices et tendres, je ne puis me résoudre à douter de leur amour !… Leur amour est né dans un décor de rêve : une … maison de retraite …

Phèdre et Hyppolite

Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;
Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.

Histoires humaines, trop humaines … Certes, Phèdre ne date pas d’hier effectivement, et même si l’œuvre de Jean Racine passe souvent pour la perfection absolue en matière de littérature française, rappelons tout de même que le ’’scénario’’, lui, date de quelques 6 siècles avant Jésus-Christ

Le phénomène est pérenne et planétaire, mais il s’est banalisé au point d’envahir aujourd’hui toute la presse occidentale. Peut-être est-il apparu au grand jour à la faveur de l’adoption universelle et définitive  du principe d’égalité hommes-femmes. Alors comme dit plus haut, après les sempiternelles situations vaudevillesques mettant en scène de vieux barbons demandant la main de quelque pucelle, place aux femmes en quête de chair fraîche.

Les COUGARS, félins chasseurs solitaires sont des croqueuses de jeunots. En vérité, elles ont plus de 35 ans et commencent leurs prédations généralement à la veille de la ménopause, comme pour arrêter le temps, qu’il soit indiqué par le calendrier légal ou l’horloge biologique. Elles refusent les cheveux blancs, les ptoses, les rides, le corset social et osent ! Les scrupules et la honte de Phèdre sont bus depuis belle lurette. Elles osent maintenant et prennent des amants qui pourraient être leurs fils, l’assument et s’en glorifient même !

En fait, elles ne font que reproduire les travers de l’homme de leur âge, ce ’’salace chasseur de jeunettes’’ ce ’’séducteur de midinettes’’, et s’étonnent qu’on s’en étonne ! Quoi de plus normal, pensent-elles  ?

Harold et maude

Dans ce désir ’’naturel’’ de jeunesse, de beauté et de vigueur, il y tout un nuancier de sensibilités diverses qui commencent à la riche désœuvrée qui estime que puisqu’elle paie, autant exiger un service parfait, et s’achèvent à l’héroïne, pour le moins cocasse, d’Harold & Maude… film et pièce de théâtre sortis en 1971 ou un jeune homme suicidaire de 20 ans, issu de la haute bourgeoisie, va apprendre la vie, la joie, le bonheur et même l’amour par Maude, une très vieille dame, qui lui enseigne tout ce qu’il n’a pas appris auprès d’une mère froide et stricte.

Une amie, femme intelligente, COUGAR déclarée et totalement décomplexée, m’a juré pour sa part, me gondolant de rire, que les hommes de son âge la dégoûtaient purement et simplement… ajoutant, preuves à l’appui, que pour elle, il ne s’agissait nullement de consommer de la chair fraîche, mais de vivre de belles histoires d’amour – qu’elle n’avait peut-être pas vécues dans sa jeunesse ? , ou alors pour ’’posséder’’ le fils qu’elle n’avait pas eu ?

J’ai bien connu l’un de ses mignons, et j’affirme que, sans jamais avoir ’’perdu la tête’’, il était heureux comme un poisson dans l’eau avec elle et assumait pleinement la vie commune avec cette dame, son aînée de 17 années. Oh, il se plaignait bien de la féroce et sincère jalousie de la dame mais dans l’ensemble, cette réciprocité de bien-être lui convenait parfaitement. C’est d’ailleurs là, l’une des conclusions des sociologues qui ont enquêté sur le phénomène.

Maintenant, attention ! Toutes les COUGARS ne sont pas plus fières d’elles que ne le sont des drogués de leur vice ! La majorité d’entre elles vivent leur penchant certes, mais savent très bien qu’elles doivent ce luxe à leur aisance financière, à leur statut social particulier, au bistouri de leur plasticien et au relâchement des mœurs de l’heure ! Elles ne sont pas n’importe qui et le savent !

Autre mise en garde : toutes n’en arrivent pas, tant s’en faut, à passer à l’acte. Il y a la gêne de celles qui ont des garçons, il y a celles qui sont tout simplement parfaitement heureuses sans recours au fantasme du viol ou de l’inceste – subi ou perpétré …

Il y a enfin celles qui ont tout de même assez de jugeote pour bien comprendre que leur petit penchant, est un tout prosaïque refus de vieillir, une recherche aussi désespérée qu’inutile, aussi éculée que fondamentalement sans espoir d’arrêter le temps. La tentative de réparation des irréparables outrages du temps… Une angoisse, en fait…

Encore moins drôle, l’Institut allemand Max Planck, dont l’humour n’est pas tout à fait l’objet ni la spécialité, a clairement établi, dans le cadre d’une recherche démographique tout ce qu’il y a de sérieux, que cette angoisse permanente à laquelle sont soumises les femmes-COUGARS, provoque en elles une tension tellement forte que le risque de mort subite est, chez elle, de 20% supérieur à la norme …

Une autre preuve ? Regardez l’immense tristesse désabusée de ce regard …

regard cougar

mo’

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