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Le 08 juin 2009, sous le titre Africaines, et à cette adresse, http://wp.me/p62Hi-wR, j’avais déliré en soliloque sur la beauté physique des femmes africaines, et j’avais passé à chacune un message quelque peu codé pour lui faire comprendre que je la comprenais et que je savais les raisons de son sourire, de sa tristesse ou de son air supérieur.

Dans un élan de modestie, j’étais même allé jusqu’à dire que mon pauvre madrigal était bien peu de chose pour rendre hommage à la majesté de toutes ces reines, mères universelles qu’une domination machiste imbécile, même si multiséculaire, n’arrivait pas à atteindre malgré des lois iniques et des pratiques déraisonnables.

Dans un commentaire, je reconnaissais :

« S’il est totalement sincère, je le trouve bien faible mon hommage. Mais je récidiverai, je le promets. Je parlerai en tout cas de celles que je connais. »

Presque 5 années après, je veux revenir vers elles, inspiré, que dis-je, aspiré même, par certaines lectures récentes que je compte bien approfondir, pour parler et donner envie d’aller à la rencontre de certaines d’entre elles qui ont fait d’immenses apports à toute ou partie de l’humanité.

Certaines sont connues – et souvent leur image a été galvaudée, utilisée plus ou moins habilement, plus ou moins judicieusement. D’autres n’ont qu’une aura locale mais leurs actions, leurs prises de position, n’en sont pas moins de magistrales leçons, bonnes pour tous et pour toujours.

Je vous invite à visiter cette galerie d’Africaines exceptionnelles, attentives et attentifs, séduits ou non, mais toujours avec respect pour ces femmes qui ont contribué à faire l’Histoire :

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La reine de Saba est un personnage qui aurait régné sur le royaume de Saba – Érythrée/Éthiopie actuelles, cité dans plusieurs récits, bibliques notamment. Tous les récits ne rapportent pas les mêmes anecdotes, pas même au sujet de sa rencontre avec le grand roi Salomon à Jérusalem. Et si certains ont vu en elle une intelligence et une sagesse exceptionnelles, d’autres l’ont accusée de manipulation et de provocation. Mais tous, sans exception, parlent de sa beauté sublime et de son fort caractère.

Pour ne citer que les textes des 3 religions abrahamiques :

La Bible hébraïque raconte au Chapitre 10 du Premier livre des Rois, la venue de cette reine dans le royaume d’Israël et sa rencontre avec le roi Salomon au cours de laquelle elle fut subjuguée par les services rendus à Dieu dans le Temple de Jérusalem. Elle loua la sagesse de Salomon et l’absolue clairvoyance de Dieu qui l’avait choisi pour régner sur Son peuple. Puis elle retourna dans son pays.

Le Nouveau Testament raconte, dans l’Évangile selon Saint Luc, que  Jésus de Nazareth la compare aux Juifs refusant de croire en lui, afin de condamner ces derniers qui ne daignent pas même l’approcher, là où la Reine de Saba avait parcouru une grande distance pour aller visiter Salomon, alors que le Christ est plus important que Salomon et mériterait donc plus d’efforts encore.

Pour le Coran, Sourate 27, versets 23 à 44, la reine n’était pas fidèle à Dieu et son peuple se prosternait devant le Soleil. C’est pour cela que Salomon l’avait invitée. Elle s’est ensuite convertie à « la foi dans le Dieu unique ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Reine_de_Saba

Cette rencontre où Salomon est présenté comme un grand roi, est la mise en scène de la relation pacifique de ce grand roi avec une reine « arabe », pour souligner qu’il assura la paix durant tout son règne. Le nom même du monarque, Shelomoh en hébreu, signifie  le « Pacifique ».

Le texte ’’original’’, c’est-à-dire le texte biblique, dit que la reine lui posa des ’’énigmes’’ qu’il résolut, mais ne dit rien de ces énigmes. Par contre, diverses exégèses ont proposé quelques ’’révélations’’ de ces énigmes. En général elles relèvent plus de la devinette profane que de la parabole divine.

Celle-ci par exemple :

Que signifie, sept cessent, neuf commencent, deux offrent à boire, un seul a bu ?

Réponse attribuée à Salomon :

Lorsque cessent les sept jours d’impureté de la femme, les neufs mois de grossesse commencent, les deux seins offrent à boire, et l’enfant boit.

En fait la Reine de Saba est venue constater par elle-même ce qu’on lui avait rapporté sur Salomon : l’image d’un homme hors du commun, à la richesse et à la sagesse incroyables, auréolé d’une lumière étrange et attirante. Celle de sa foi en un Être Suprême qui lui donne ces attributs.

Elle devine la présence de cet Être Suprême partout où elle dirige son regard. En regardant Salomon, la reine comprend l’origine de la lumière … et se met à croire à ce Dieu.

Commentaire : L’histoire de Salomon et de la Reine de Saba n’est pas, tant s’en faut, l’histoire profane qu’ont romancé poètes, musiciens et cinéastes du monde entier, mais celle de la séduction d’une partie du monde polythéiste par le premier royaume monothéiste constitué de ce même monde, Israël.

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« Cléopâtre est née à Alexandrie en 69 avant JC.

–        Âgée de 17 ans à la mort de son père Ptolémée XII,et comme le veut la tradition, elle épouse son frère Ptolémée XIV âgé de 11 ans, qui a pour tuteur Pompée.

–        En 48 avant JC, l’Egypte tombe dans la tourmente de la guerre civile qui oppose César à Pompée.

–        Chassée d’Alexandrie par son époux qui craint une prise du pouvoir, Cléopâtre entreprend de reconquérir le trône, seule et sans appui… Son rêve s’arrête aux portes de la capitale quand elle tombe aux mains des Romains.

–        Cléopâtre a 20 ans quand elle rencontre César de plus de 30 ans son aîné.

–        Du couple le plus puissant du monde naîtra un fils, Ptolémée-Césarion.

–        Ayant maté la rébellion et exclu du pouvoir Ptolémée XIV, César donne à Cléopâtre tout ce qu’elle espérait…

–        La reine d’Egypte se trouve à Rome lorsque César est assassiné en 44 avant JC.

–        Elle regagne immédiatement son pays.

–        C’est Marc-Antoine, que César a lui-même désigné comme son successeur, qui est chargé en tant que triumvir, des affaires de l’Orient.

–        Comme César, Marc-Antoine succombe aux charmes de la souveraine. Leur idylle sulfureuse durera près de 10 ans et verra la naissance de trois enfants : Alexandre-Hélios, Cléopâtre-Sélène et Ptolémée-Philadelphe.

–        Bien que l’Egypte ne remette pas en cause la suprématie romaine, Octave part en guerre contre Marc-Antoine.

–        A la célèbre bataille navale d’Actium, Cléopâtre et Marc-Antoine sauvent leurs vies en s’enfuyant… L’Histoire retiendra leur lâcheté.

–        Malgré une ultime tentative pour rassembler un semblant d’armée, Marc-Antoine se retrouve seul, abandonné de tous et, croyant Cléopâtre morte, il se suicide.

–        Octave fait une entrée triomphale dans la capitale égyptienne, le 28 Août de l’An 30 avant JC.

–        Il promet à Cléopâtre de la maintenir sur le trône…et de reconnaître Césarion comme son héritier légitime.

–        La reine n’y croit pas et plutôt que d’être exhibée à Rome en souveraine déchue, elle choisit de mourir.

–        La morsure de l »uraeus, aspic des sables, serpent symbole du Pharaon, mettra fin à ses jours…

D’après les témoignages de l’époque, à travers divers auteurs, on sait que Cléopâtre n’était pas d’une grande beauté mais dégageait l’indéniable  magnétisme…d’une grande intelligence, d’une culture raffinée. Elle était férue de sciences et de littérature et maîtrisait parfaitement plusieurs langues : l’égyptien, l’arabe, l’hébreu et le grec entre autres !

Curieuse et de tempérament enjoué, elle plaisait aussi par son humour… »

D’après http://www.egyptologie.com/cleopatre.htm

Commentaire : Telle est l’histoire véritable de cette reine d’Egypte qui a suscité toutes sortes de fantasmes et dont on a souvent voulu faire une espèce de courtisane, cédant un peu trop facilement aux envahisseurs de son pays. En fait, son plus cher désir fut de redonner à son royaume la prospérité et l’éclat de sa gloire passée et sachant fort bien que l’Egypte n’avait pas les moyens d’y parvenir seule, elle intégra dans sa politique et son action la recherche d’aide et de la protection d’un allié qui était alors le maître du monde méditerranéen, Rome, même si elle usa, pour ce faire de toutes les armes féminines.

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Dans cette galerie des Africaines Glorieuses, Dyhia Tadmut, la ’’Belle Gazelle’’ en Tamazight – langue berbère,  alias La Kahina, détient assurément le record de revendications et d’essais de récupération.

–        Berbères bien sûr, et plus que légitimement,
–        Chrétiens,
–        Juifs,
–        Féministes,
–        Romanciers,
–        Anti-arabes,
–        Antimusulmans,
–        Etc.

Je choisis de la présenter telle que l’a ’’portraitisée’’ de façon impartiale et honnête, me semble-t-il, un jeune universitaire tunisien qui enseigne la littérature française à l’Université de Sousse, en Tunisie, Noureddine Sabri : Il a publié un livre où il rend compte de sa recherche sur la Kahina, à travers les littératures française, maghrébine et judéo-maghrébine… Il en rend compte ici en répondant aux questions du magazine L’Express en octobre 2012.

« –     La Kahina a-t-elle vraiment existé ? Que sait-on exactement du personnage historique ?

–        Nous ne savons que très peu de choses. Les premiers textes dans lesquels elle apparaît ont été écrits quatre siècles après la période où elle aurait accompli son destin héroïque. Encore ne s’agit-il, le plus souvent, que de quelques lignes dans des ouvrages consacrés à la conquête arabe du Maghreb. Plus tard, au XIXème siècle, des récits oraux ont été recueillis par des historiens auprès de tribus maghrébines, et ces témoignages-là sont sans doute plus fiables. Mais nous n’avons que très peu d’éléments qui soient vraiment incontestables.

–        Est-on sûr qu’elle a existé ? Et quand ?

–        Oui, elle a existé, ce point-là n’a jamais été sérieusement contesté. Si l’on ne sait pas exactement quand, on sait que l’épisode se situe pendant le haut Moyen Age maghrébin, probablement à la fin du VIIe siècle, au moment des premières invasions du Maghreb par les armées envoyées par le calife afin d’étendre l’Islam.

–        Quel était son vrai nom ?

–        Dihya, Dahya, Damiya ou encore Damya, il y a plusieurs variantes…

–        Était-elle vraiment une reine guerrière ?

–        Elle était le chef d’une grande tribu, et elle a joué un rôle politique important au moment de la conquête arabe. Elle régnait sur la tribu des Djéraoua. Après la mort de Kouceïla, le chef de la tribu des Aouraba, c’est autour d’elle que la résistance berbère s’est organisée. Mais on ne sait pas quel âge elle avait à ce moment-là.

–           A-t-elle eu des enfants ?

–           Elle a eu des fils, mais nous n’avons rien de très précis à leur sujet.

–           Vous dites que ce sont les colonisateurs français qui en ont fait, les premiers, un personnage mythique. Pourquoi ? Leur démarche était-elle politique ?

–           Du fait même du flou et de la part de mystère qui l’entourait, le destin de la Kahina, tel qu’il était décrit par l’historiographie arabe, relevait déjà du mythe. Mais c’est en effet la colonisation française qui a fait du personnage un mythe au sens littéraire du terme. La Kahina aura, à partir de la seconde moitié du XIXème siècle, c’est-à-dire à partir du moment où les auteurs français s’y intéressent, une double carrière, historique et littéraire. La démarche comprenait bien sûr une part d’idéologie. La colonisation a exacerbé l’opposition entre Berbères et Arabes. En Algérie, la « politique kabyle » avait pour principal but l’assimilation des Berbères. Héroïne berbère résistant à l’invasion des Arabes, souvent comparée à Jeanne d’Arc, la Kahina est cooptée, assimilée en quelque sorte à la civilisation occidentale. Son engagement pour la liberté, qui la rapproche des valeurs de l’Occident, est souligné. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’une partie de cette production littéraire ait été commanditée pour des raisons idéologiques. On est frappé en effet par le grand nombre d’ouvrages qui apparaissent à la fin des années 1950, dont beaucoup sont écrits par des auteurs qui ne sont pas connus en tant qu’écrivains.

–        Elle était berbère. Certains affirment aussi qu’elle était juive. Comment est née cette partie du mythe?

–        La genèse du peuple berbère, aujourd’hui encore, reste obscure. Selon certaines théories, une partie au moins des tribus berbères serait à l’origine des tribus juives venues de Cyrénaïque (dans l’actuelle Libye) au IIe siècle.

–        C’est avéré, historiquement ?

–        Non, il n’existe aucune preuve. Et quand bien même cela serait, rien ne prouve que ces tribus professaient encore cette religion au moment de l’arrivée des Arabes. Le mythe de la judéité de la Kahina est surtout présent dans la littérature judéo-maghrébine d’expression française. Il s’agissait sans doute pour ces écrivains d’incarner à travers la geste de la reine berbère, le passé, forcément décrit comme glorieux, des tribus juives. Souvent les auteurs sont des femmes et le mythe prend alors une coloration féministe. La Kahina devient un modèle…

–        Après la cause coloniale et la cause des femmes, la Kahina n’a-t-elle pas surtout été mise, ces dernières années, au service de la cause berbère ?

–        Oui, un autre chapitre. Après l’indépendance, les Etats ont souhaité projeter l’image de nations arabes et musulmanes. Ils ont donc conduit une politique d’assimilation. Celle-ci s’est heurtée à l’opposition des mouvements berbères qui revendiquent désormais une reconnaissance des spécificités linguistiques et historiques de leur communauté. La Kahina, en effet, est devenue l’emblème de leur cause. Grâce à elle, il s’agit de rappeler que l’histoire du Maghreb n’a pas commencé avec la conquête arabe et que l’Afrique du Nord a été berbère avant d’être arabe.

http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-destin-de-la-kahena-releve-du-mythe_1176972.html#UegfVfdd4YOi8omc.99

Commentaire : Peut me chaut que la Kahina ait réellement existé ou qu’elle ne soit qu’une héroïne de légende. L’essentiel est qu’elle remplisse son rôle de symbole de la résistance berbère à l’invasion arabe. Et ce, non pas pour déterrer des haches de guerre rouillées par les siècles, mais pour mieux comprendre notre âme, mieux accepter toutes ses composantes et nous enrichir, au contraire, de tous les fils qui ont tissé cette âme.

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Débarquant des caravelles de l’amiral Diego Cao en Angola en 1484, les Portugais furent surpris d’y découvrir un véritable eldorado de huit provinces insolemment fertiles, arrosées de nombreux cours d’eau et dotées d’une agriculture vivrière autosuffisante et d’élevages de bovins… Au XVIe siècle, un visiteur européen écrivait que l’endroit «offrait au voyageur le spectacle le plus brillant et le plus enchanteur. Des vignobles immenses, des champs qui tous les ans se couvrent d’une double moisson, de riches pâturages. La nature semble prendre plaisir à rassembler ici tous les avantages que les mains bienfaisantes n’accordent que séparément dans les autres contrées et, quoique noirs, les habitants du royaume d’Angola sont en général fort adroits et très ingénieux ».

Les Portugais y trouvèrent en effet une population industrieuse occupée à des activités … variées … mais ce qui attira surtout leur attention, ce furent les diamants charriés par le fleuve Cuanza. Sans attendre, ils décidèrent de prendre officiellement possession de ce lieu béni au nom de Sa Très Chrétienne Majesté le roi du Portugal, afin d’en faire une escale d’approvisionnement en esclaves pour la mise en valeur de leur territoire du Brésil. Ainsi, en déportant massivement les populations locales, ils se rendraient plus facilement maîtres des richesses du pays.

Toutefois, même si les visiteurs européens se croyaient autorisés à s’approprier tout ce qui s’offrait à leurs yeux, cette contrée faisait partie intégrante du royaume du Matamba-Ndongo. Se rendant compte de leurs intentions, en 1575 le souverain de l’époque lança ses soldats contre une colonne d’exploration, attirant sur son pays les foudres des conquistadores.

Ces derniers s’élanceront à la conquête du royaume récalcitrant et pendant près d’un siècle, les mousquets cracheront leur feu contre des guerriers armés de lances et de leur seul courage. Les provinces côtières tomberont les premières. L’annexion du Ndongo amputera le Matamba de sa façade maritime et permettra aux Portugais d’établir la prospérité de la ville de Luanda sur l’exportation de l’or, du diamant et d’esclaves à destination des plantations américaines.

Bien que sa superficie ne cessât de se réduire, le Matamba se voulait un symbole de résistance. Sur cette terre régnait depuis plusieurs générations la famille de la reine Zingha. En 1617, à la mort du père qui fut le huitième roi du Matamba-Ndongo, le fils aîné s’empara du pouvoir après avoir fait assassiner le successeur désigné par le défunt.

Pressé de repousser l’avancée portugaise postée à une cinquantaine de kilomètres de Cabasso, sa capitale, Mani Ngola leva trente mille guerriers… Mais après plusieurs mois d’une campagne meurtrière où plus de la moitié de son armée fut décimée, le roi dut accepter de rediscuter d’un nouveau tracé des frontières.

C’est sa sœur, la princesse Zingha qu’il détestait pourtant, qui fut chargée d’aller négocier le traité à Luanda. De son vrai nom Ngola Mbandi Nzinga Bandi Kia Ngola, « la reine dont la flèche trouve toujours le but », c’était une habile tacticienne au tempérament de fer et au charisme incontesté. Initiée dès le plus jeune âge par son père qu’elle suivait comme une ombre, elle avait appris à réagir en « homme » d’Etat…

… Le vice-roi suggéra que le Matamba se mette sous la protection du roi du Portugal. Ce qui supposait en réalité le paiement d’un impôt de vassalité consistant en la livraison de douze à treize mille esclaves par an à l’administration coloniale ! Mais c’était mal connaître son interlocutrice. « Sachez, Monsieur, objecta-t-elle, que si les Portugais ont l’avantage de posséder une civilisation et des savoirs inconnus des Africains, les hommes du Matamba, eux, ont le privilège d’être dans leur patrie, au milieu de richesses que malgré tout son pouvoir, le roi du Portugal ne pourra jamais donner à ses sujets. Vous exigez tribut d’un peuple que vous avez poussé à la dernière extrémité. Or vous le savez bien, nous paierons ce tribut la première année et l’année suivante nous vous referons la guerre pour nous en affranchir. Contentez-vous de demander maintenant, et une fois pour toutes, ce que nous pouvons vous accorder ».

Et c’est ainsi qu’en cette année 1622, Zingha fit une entrée remarquée dans l’histoire tourmentée des relations entre le Portugal et l’Angola. Car la paix ne dura pas. Succédant à son frère en 1624, cette femme d’exception résista aux armées occidentales pendant trente ans de guerres quasi ininterrompues, sans jamais capituler !

Ralliant à sa cause plusieurs Etats voisins, elle prit le flambeau de la résistance, réorganisant son armée en carrés disciplinés ; aguerrissant ses soldats par des exercices d’endurance comme elle l’avait vu faire chez les Européens, incitant les régiments africains bien équipés enrôlés dans l’armée d’occupation, à rejoindre ses troupes en échange de terres et de fortes récompenses ; lançant sa police secrète sur le port de Luanda pour espionner les débarquements de troupes fraîches en provenance de Lisbonne ou du Brésil; utilisant la nature à son profit en choisissant les saisons porteuses de malaria pour harceler les forces adverses épuisées par des fièvres auxquelles elles n’étaient pas habituées.

Les vice-rois qui se succédaient n’en pouvaient plus d’essuyer des échecs face à ce roc indestructible. A soixante-treize ans Anne Zingha continuait de conduire ses troupes entre montagnes, forêts et savanes afin que pas une once de son royaume ne s’émiette. Puis vint le temps de l’apaisement. Sans doute plus clairvoyant que ses prédécesseurs, le nouveau gouverneur Salvador Corréia avait compris qu’une guerre interminable ne serait profitable à aucune des deux parties. Les Portugais renoncèrent finalement à leurs prétentions sur le Matamba et un dernier traité fut ratifié le 24 novembre 1657 par Lisbonne.

La paix revenue, Anne Zingha se remit aux occupations quotidiennes de sa charge, releva l’agriculture et réorganisa la société en confiant de nouvelles responsabilités aux femmes du royaume. Elle mourra le 17 décembre 1664, à l’âge de quatre–vingt-deux ans, en murmurant : « Mon seul regret est de ne pas laisser un fils qui puisse me succéder sur le trône du Matamba. » Était-elle en train de revivre, alors que la mort venait à sa rencontre, ce jour maudit où son fils unique, un bébé de quelques mois qui tétait encore le sein, fut assassiné par les sbires de son frère tant haï, ce tyran qui lui vouait une jalousie féroce ?

http://pourelle.grioo.com/print72.html

Commentaire : j’ai une tendresse particulière pour cette femme d’action au sens politique aigu et à la parole d’or. J’encourage fortement à lire le récit la concernant, à l’adresse ci-dessus, car dans le cadre du présent écrit, je n’ai retenu que les grands traits, ignorant le comportement personnel d’une noble Africaine des XVIème et  XVIIème siècles.

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La reine Aminatu de Zaria est surnommée “la reine guerrière”. Elle avait pour but non seulement d’étendre son territoire jusqu’au nord-est de l’actuel Nigeria, mais aussi de développer les villes conquises. Pendant plus de trente ans, ses conquêtes firent de son royaume la plaque tournante du commerce transsaharien.

http://www.courrierinternational.com/article/2014/03/19/de-l-antiquite-au-xixe-siecle-ces-femmes-qui-ont-fait-l-afrique

Selon la légende, Aminatu de Zaria refusa de se marier, pas même pour s’assurer une descendance. Par contre, chaque fois qu’elle prenait possession d’une nouvelle contrée, elle y choisissait un homme avec lequel elle passait la nuit. Mais au petit matin, elle le trucidait…  pour que jamais aucun homme ne pût se vanter d’avoir eu une relation intime avec elle. Oui, comme au XIVème siècle en France ou Marguerite et Blanche de Bourgogne étaient réputées faire jeter dans la Seine leurs amants d’un soir, enfermés dans un sac.  Comme Catherine II de Russie, connue pour son insatiable appétit érotique et qui, selon certaines légendes, avait à peu près le même défaut que les gentes bourguignonnes …

Commentaire : Alors Aminatu de Zaria ? Reine guerrière porteuse d’un projet de fédération d’une région d’Afrique ou simple ’’soudarde’’ aux mœurs dépravées ? Là encore, quoi qu’il en soit, autre chose que femme du genre à se laisser voler sa sexualité par des mâles complexés …

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Kimpa Vita est une prophétesse congolaise. Elle grandit dans un climat de guerre entre les différentes tribus du royaume Kongo. Dès son enfance, elle est reconnue comme nganga marinda – autrement dit, une intermédiaire entre le monde des hommes et celui des esprits.

Celle que l’on surnomma “la Jeanne d’Arc du Kongo acquit au fil des années une puissance qui menaça celle du roi et des missionnaires. Dona Vitadevint une figure mystique, vénérée par les gens qui l’écoutaient. En 1706, deux ans après son arrivée à Mbanza-Kongo, c’est un spectacle horrible qui se déroule sur la place de la capitale : un bûcher a été préparé pour la prêtresse et sa famille. Un peu moins de trois siècles après Jeanne d’Arc, Kimpa Vita meurt … en murmurant le nom de Jésus, rapportent certains témoins.

Commentaire : Admirable, cette dame qui n’avait ni armes, ni armée, ni soldats, ni rien d’autre que son ’’don’’, ce magnétisme qui aimantait les gens autour d’elle et faisait tant d’ombre aux églises constituées et officielles. Mais l’honneur est sauf : elle serait morte en état de repentance !…

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Née au début du XVIIIe siècle, Abla Pokou était la nièce du roi fondateur de la Confédération Ashanti du Ghana. À la mort de ce dernier, … dans la capitale du royaume, Koumassi, une lutte fratricide s’engagea sans merci, au cours de laquelle … Abla Pokou comprit le terrible sort qui l’attendait, si elle restait. Elle devait … s’enfuir vers le nord-ouest avec sa famille, ses serviteurs, ses soldats fidèles et tous ceux du peuple qui se reconnaissaient en elle.

Sous sa conduite, les fugitifs marchèrent des jours et des nuits, fuyant la meute de poursuivants lancés à leurs trousses.

Ils arrivèrent finalement, exténués, devant le fleuve mugissant de la Comoé, une frontière naturelle entre le Ghana et leur prochaine terre d’accueil, la Côte d’Ivoire. Mais les pluies hivernales ont gorgé le fleuve, le rendant pratiquement infranchissable. Et les poursuivants étaient tout proches. Il fallait donc faire très vite pour trouver le moyen de gagner l’autre rive : il y va de la sécurité, sinon du salut de toute la tribu.

Bellah, … frère de la reine Abla Pokou, l’avait devancée avec quelques guerriers et une partie de la tribu, en éclaireur dans leur fuite. Bellah laissait des traces pour que le reste de la tribu puisse les suivre. Mais devant le fleuve de la Comoé, il dut utiliser sa queue de bœuf mystique pour se frayer un passage.

Il frappa trois fois le fleuve, qui se scinda en deux, laissant paraître le chemin de la liberté. Bellah traversa, suivi de ses guerriers et d’une partie du peuple qui l’avait suivie, puis la Comoé se referma.

Le reste du peuple suivait le chemin tracé par Bellah et ses hommes jusqu’à la Comoé.

Les ennemis étant à seulement quelques kilomètres d’eux, il fallait vite trouver une solution. On consulta alors les mannes. En désespoir de cause, la reine Abla Pokou leva les bras au ciel et se tourna vers son devin : « Dis-nous ce que demande le génie de ce fleuve pour nous laisser passer ! » Et le vieil homme lui répondit tristement : « Reine, le fleuve est irrité, et il ne s’apaisera que lorsque nous lui aurons donné en offrande ce que nous avons de plus cher. »

Aussitôt, les femmes tendirent leurs parures d’or et d’ivoire ; les hommes avancèrent qui leurs taureaux, qui leurs béliers. Mais le devin repoussa toutes ces offres et dit, encore plus triste : « Ce que nous avons de plus cher, ce sont nos fils ! »

Mais personne ne voulait offrir son enfant en sacrifice. Dès lors, Abla Pokou comprit qu’aucune offrande venant de ces hommes et femmes ne serait acceptée par le génie des eaux, fût-elle l’offrande ultime pour eux. Plus grave, la reine elle-même n’avait hélas pas d’enfant pour accomplir ce tragique devoir. Survint alors sa sœur, qui proposa de donner son unique fille, la nièce d’Abla Pokou. On l’habilla de parures dorées, puis la reine prit sa nièce et avança vers le fleuve agité.

La mère de la fillette était en sanglots. Abla Pokou dit ces mots : « Pardonne-moi, mais j’ai compris qu’il faut que je te sacrifie pour la survie de notre tribu. Plus qu’une femme ou une mère, une reine est avant tout une reine ! » Puis, sous le regard douloureux de ses soldats et serviteurs, et malgré les sanglots déchirants de sa sœur, Abla Pokou éleva l’enfant au-dessus d’elle, le contempla une dernière fois et, en se détournant, le précipita dans les flots grondants… Aucune larme ne jaillit de ses yeux pourtant rougis, aucun tremblement ne secoua son corps pourtant éprouvé ! Sitôt après ce geste irréversible de la reine, les eaux troublées de la Comoé se calmèrent et se retirèrent jusqu’au genou, comme par magie, et toute la tribu franchit le fleuve sans encombre.

Après la traversée, la reine se retourna et dit : « Bâ wouli », ce qui signifie littéralement : « L’enfant est mort. » Cette phrase aurait donné par la suite le nom du peuple Baoulé….

Après … un long règne dont la splendeur fut sans égale dans toute la contrée, la reine Abla Pokou s’éteignit vers 1760… Cette reine est la mère de tous les Baoulés en Côte d’Ivoire.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abla_Pokou

Commentaire : magnifique conte, ou légende, ou récit, comme les aiment les Africains, plein de rebondissements, de tragédie, de grandeur et de malheur. Au centre, une femme condamnée par le Destin au rôle de reine à laquelle l’on confia la douloureuse mission de porter en cette partie du monde une version locale du Sacrifice d’Abraham ou des innombrables sacrifices aztèques dans la civilisation précolombienne.

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En 1892, la France décide d’envahir le Dahomey en évoquant des prétextes humanitaires – décidément le truc ne date pas d’hier, tels que le cannibalisme, les sacrifices humains ou la polygamie. Il s’agit en réalité d’agrandir sa domination sur cette partie de l’Afrique. Le Colonnel Dodds est à la tête de cette armée qui s’apprête à attaquer le Dahomey. Sa troupe est composée de plus de 3000 hommes mais les populations locales qui doivent faire face à une armée inattendue ne vont pourtant pas se laisser faire.

La date du 26 octobre 1892 restera à jamais marquée dans la tête du Colonel Dodds, il s’agira pour lui, selon ses propres dires, de la journée la plus meurtrière  de cette guerre. En fait, les soldats français se retrouvèrent nez à nez avec une armée féroce et armée jusqu’aux dents composée uniquement de … femmes !…

C’étaient les Amazones du Roi Béhanzin, des femmes guerrières connues pour se battre avec une bravoure rare. Elles n’avaient absolument pas peur de la mort, et tuer ne leur posait aucun problème. Elles combattaient en général en première ligne car sans pitié et très résistantes au combat. Dodds avait lui-même entendu parler de leur ’’reine’’, Seh-Dong-Hong-Beh, une femme au courage exceptionnel qui … dirigeait cette armée, laquelle atteignit jusqu’à 6000 guerrières.

Les Amazones du Dahomey étaient minutieusement sélectionnées à l’adolescence, et suivaient une formation pénible autant qu’elles étaient conditionnées psychologiquement et religieusement à l’obéissance et à la vénération du Roi. Elles étaient vierges et devaient éliminer toute possibilité de fonder une famille …

Normalement, ce corps d’élite ne participait au combat que lorsqu’il s’agissait de défendre le Roi ou la nation en danger.

Les Amazones  utilisaient une technique dans laquelle elles excellaient: le corps à corps. Les Français furent ahuris par leur pugnacité et elles n’hésitaient pas à brandir des têtes de leurs ennemis qu’elles avaient décapités pour déstabiliser les autres combattants.

Hélas, et malgré une résistance terrible, les Amazones ne purent plus faire face aux Français qui utilisaient des équipements bien plus sophistiqués. Elles périrent en grand nombre, et alors qu’elles étaient 1200 directement engagées dans cette bataille, elles n’étaient plus qu’une centaine à la fin.

Ce fut peu de temps après la chute du Royaume du Dahomey et la fin du corps d’armée des Amazones.

D’après : http://michelduchaine.com/2013/11/13/plein-feu-sur-ces-femmes-qui-devinrent-des-reines-guerrieres/

Commentaire : S’il est un domaine réservé par excellence aux hommes, c’est bien celui de la guerre. Et bien là également d’innombrables Africaines sont devenues des ’’reines guerrières’’. Seh-Dong-Hong-Beh est l’une d’elles, noble héritière des Amazones d’Afrique dont parlait déjà le chroniqueur et historien Diodore de Sicile (Ier siècle Av. JC) et qu’il décrivait ainsi :

« Vers les extrémités de la terre et à l’occident de l’Afrique habite une nation gouvernée par des femmes, dont la manière de vivre est toute différente de la nôtre, car la coutume est là que les femmes aillent à la guerre, et elles doivent servir un certain espace de temps en conservant leur virginité. Quand ce temps est passé elles épousent des hommes pour en avoir des enfants, mais elles exercent les magistratures et les charges publiques. Les hommes passent toute leur vie dans la maison, comme font ici nos femmes et ils ne travaillent qu’aux affaires domestiques, car on a soin de les éloigner de toutes les fonctions qui pourraient relever leur courage. Dès que ces Amazones sont accouchées, elles remettent l’enfant qui vient de naître entre les mains des hommes qui le nourrissent de lait et d’autres aliments convenables à son âge. Si cet enfant est une fille, on lui brûle les mamelles de peur que dans la suite du temps, elles ne viennent à s’élever, ce qu’elles regardent comme une incommodité dans les combats et c’est là la raison du nom d’Amazones que les Grecs leur ont donné ».

http://www.aly-abbara.com/histoire/Mythologie/Grece/Hercule/images/Amazone.html

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Nous sommes au XVIIIème siècle, dans  cette partie de l’Afrique nommée « Zululand », située dans l’Afrique du Sud actuelle. Tout commence lorsque le prince des Zulus rencontre Nandi Bhebhe,  fille du défunt chef de la tribu des Elengani. Ce n’est pas sans insistance que le chef tentera de séduire la jeune orpheline le jour de leur rencontre. La jeune femme est en effet connue pour avoir une extrême estime d’elle-même, et pour cause, Nandi est,de loin, l’une des plus jolies jeunes femmes de la région.

Élancée, la démarche féline et le port de tête majestueux, ses formes généreuses et bien proportionnées ne laissent aucun jeune homme indifférent à son passage. C’est donc un défi de taille que le prince des Zulus se décide à relever quand il rencontre enfin celle dont tout le monde parle. La jeune femme qui vient puiser de l’eau dans la rivière, feint ne pas avoir aperçu ni même entendu ce chef à l’allure guerrière, à la stature impressionnante et au visage à faire fondre n’importe quelle femme de la région.

Après que ce dernier ait à maintes reprises prononcé son prénom, Nandi daigna enfin relever la tête et jeter vers ce chef audacieux un regard interrogateur. Elle savait qui il était, bien sûr, mais elle obligea ce dernier à se présenter. Il se présenta comme le prince des Zulus, et lui fit comprendre son attirance. Mais Nandi lui fit répondit qu’elle n’était nullement impressionnée par son rang et qu’elle n’avait pas de temps pour un plaisir éphémère. Le prince lui promit alors une relation sérieuse qui aboutirait à une union conjugale. Pour cette raison, Nandi se laissa séduire.

Nandi tomba rapidement enceinte ! Les anciens et les conseillers du prince expliquèrent à celui-ci la gravité de la situation. Il eut beau montrer tous les signes d’un homme épris, il était hors de question qu’il pensât à la prendre comme troisième épouse ! Même si les deux premières épouses ne lui avaient pas encore donné d’enfants, l’enfant qui se trouvait à présent dans le sein de Nandi avait été conçu en dehors des liens du mariage. Pour un prince, épouser une femme enceinte est non seulement  inadmissible mais il s’agit d’une infraction grave aux coutumes.

Obligé de se soumettre aux traditions de sa tribu, et encouragé par la nouvelle de la grossesse de l’une de ses femmes au même moment, le prince coupa tout lien avec Nandi, l’abandonnant ainsi seule face à sa grossesse. Dans la tribu des Elengani, elle devient un sujet de moquerie et de mépris.

C’est une prêtresse qui  recueillera Nandi et lui fera comprendre que sa grossesse n’avait rien d’une calamité, mais que l’enfant qu’elle portait est celui d’une grande prophétie annoncée depuis les temps anciens. Une prophétie selon laquelle un grand chef naîtra de la tribu des Zulus et révolutionnera toute la partie sud du continent africain… La prêtresse lui fera comprendre que l’orgueil qui lui est reprochée est finalement légitime car elle deviendra une grande reine, et le fils qu’elle porte, un grand roi. Nandi s’accrochera à ces paroles  prophétiques dès cet instant et pour le restant de sa vie.

Le prince, fatigué des rumeurs circulant à son égard au sujet d’un fils illégitime et d’une femme abandonnée, change finalement d’avis et décide d’épouser Nandi. Il décide de l’accueillir, elle et son fils Chaka dans son kraal.  Nandi accepte d’épouser le chef et de devenir sa troisième épouse, mais chose encore jamais faite auparavant, lors des cérémonies du mariage, c’est la future épouse elle-même qui négocie devant l’époux le montant de la dot et le prix du rachat de l’enfant illégitime.

Toute la tribu Zulu est surprise de constater l’audace et le courage de celle qui savait déjà qui elle était et qui était son fils. Le prince, quelque part humilié devant tout son clan par cette femme effrontée et fière d’elle-même, celle qui quelques mois avant  il avait séduite à la rivière, cédera en tenant fièrement l’enfant dans ses bras.

La place de Nandi en tant que troisième épouse du chef ne lui sera pas de tout repos. Elle enfantera un deuxième enfant, une fille. Mais le prince n’aura jamais oublié l’humiliation que lui avait causée Nandi lors de la cérémonie du mariage. Il manifestera ce ressentiment par des actes d’humiliation envers Nandi devant toute la tribu lors de grandes cérémonies, au grand plaisir des autres épouses qui la haïssaient. Il humilie Nandi notamment lors de la cérémonie du mariage de sa quatrième épouse. Il lui demandera de l’eau et l’obligera à porter la calebasse à ses lèvres pour ensuite la repousser au loin pour qu’elle tombe au sol. Chaka, son fils, qui n’avait alors que 6 ans, affronta son père en le menaçant  de le tuer s’il osait encore s’en prendre à sa mère. Le prince dira de Chaka qu’il est aussi orgueilleux que sa mère et n’aura jamais d’affection particulière pour l’enfant.

Dans la société patriarcale Zulu, Nandi fut d’abord rejetée parce que mère non mariée. Elle se concentra sur l’éducation de son fils dont elle fit un chef de guerre. Le temps passa et le prince mourut. Elle réussit malgré les obstacles à faire monter son fils sur le trône. Elle s’attela à restaurer la place des femmes dans cette société autrefois matriarcale. Elle affronta surtout les commerçants esclavagistes éduqua son fils à être guerrier. Quand il devint roi, Chaka Zulu créa au sein de son armée, un corps d’élite composé strictement de femmes qui souvent se battaient en première ligne.

D’après http://michelduchaine.com/2013/11/13/plein-feu-sur-ces-femmes-qui-devinrent-des-reines-guerrieres/

Commentaire : là encore, une Africaine, au XVIIème siècle osa assumer sans rougir sa maternité hors mariage, puis donner une éducation virile à son fils qui n’insulta cependant en rien les femmes… Comme essaient de le faire timidement le reste du monde au … XXIème siècle. 

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Yaa Asantewa , née aux alentours de 1840 et morte le 17 octobre 1921, avait reçu de son frère, le chef de l’état, le titre de Reine Mère de la Communauté Asante du Ghana

Elle a marqué l’histoire pour avoir conduit une forte rébellion contre les Britanniques, une guerre anticolonialiste connue sous le nom de « Guerre du Tabouret d’Or« .

Quand son frère mourra en 1894, elle usera de ses droits en tant que Reine Mère du Ghana pour nommer à sa place son petit-fils. Et lorsque finalement ce dernier sera exilé par les Anglais aux Seychelles en 1896, tout comme le roi, Yaa Asantewaa devint régente du district. C’est alors que le général  britannique Frederick Hodgson exigera qu’on lui remette le « Tabouret Doré », symbole de la nation Asante.

Cette demande irrespectueuse poussa les membres du gouvernement d’Asante à se réunir pour discuter du retour du roi. Cependant, lors de la réunion, il ne se dégagea pas de majorité pour agir et Yaa Asantewaa, présente à cette assemblée majoritairement masculine se leva et s’adressa à l’assemblée en ces termes restés célèbres :

« Je constate que certains parmi vous craignent d’aller au front et de combattre pour notre Roi. Si nous étions aux temps des grands chefs, ils ne seraient jamais restés assis à regarder leur Roi être emporté ainsi sans même tirer un seul coup de feu. Serait-il donc vrai que la bravoure n’existe plus à Asante ? Je peux à peine le croire. Les choses ne peuvent pas se passer ainsi ! Je me vois obligée de vous dire que si vous, hommes d’Asante ne vous levez pas, nous, nous le ferons. Oui, nous, les femmes, nous irons. J’appellerai les femmes, et ensemble nous combattrons les hommes blancs. Nous nous battrons jusqu’à ce que la dernière d’entre nous tombe sur le champ de bataille. »

Et effectivement, en mars 1900, Yaa Asantewa prit la tête de la rébellion d’Asante, avec l’assistance de certains nobles du royaume. La rébellion vit le jour au fort de Kumasi, là où les Britanniques se réfugièrent. Ce fort existe encore aujourd’hui, devenu un Musée Militaire. Les Britanniques demandèrent et obtinrent de grands renforts qui leur permirent d’en finir avec ladite rébellion. Yaa Asantewa et quinze de ses plus proches conseillers seront capturés et également exilés aux Seychelles.

Le 1er Janvier 1902, les Britanniques purent finalement faire de l’Empire Asante un protectorat de la couronne britannique, au terme d’un siècle de guerres menées par l’armée d’Asante.

Yaa Asantewa mourra en exil, et trois années après sa mort, en décembre 1927, le roi et d’autres exilés de la cour d’Asante eurent le droit de retourner sur leur territoire.

Le rêve de la Reine Mère ne s’accomplira qu’en mars 1957, quand le protectorat d’Asante obtiendra son indépendance et intégrera le Ghana, première nation africaine à recouvrer son indépendance.

Yaa Asantewa est une figure majeure de l’histoire d’Asante et de celle du Ghana. Elle représente le symbole du courage contre l’injustice du colonialisme.

D’après http://reinesheroinesdafrique.doomby.com/pages/recits-des-reines-heroines/yaa-asantewa.html

Commentaire : C’est en Afrique qu’une femme a reçu le respectueux titre de ’’mère de la nation’’.  C’est en Afrique qu’une femme s’est levée pour vilipender ses concitoyens et les menacer de substituer les hommes par les femmes pour faire face à un danger historique. Et c’est en Afrique que la menace a été mise à exécution. Au XXème siècle !…

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Est-il vraiment nécessaire d’ajouter mot à tout cela ? Je ressens, malgré la longueur inhabituelle du présent post, comme une profonde injustice, vis-à-vis de chacune des Africaines dont je n’ai pas parlé et qui méritent tout autant l’hommage public.

Une douce mélodie va voler à mon secours et me permettre d’offrir à toutes le témoignage de ma plus profonde admiration et de mon plus sincère respect :

Miriam MAKEBA

mo’

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