Confession 3

Cette Lecture a apporté réponse à mes plus fondamentales interrogations depuis que je l’ai entamée et ne cesse de m’offrir, depuis, de temps à autre, en récompense de ma persévérance et de mon assiduité, un nouveau rai de lumière qui vient s’ajouter aux autres…

Ce n’est qu’à la faveur de la présente Confession – de cette confidence personnelle, que je me suis contraint à mettre un peu d’ordre dans cette réserve de fagots de lumière, autrement dit, à dresser méthodiquement le bilan des apports …

Ma façon de lire le Livre n’a jamais varié depuis des décennies. C’est une lecture logique et simple, puisque je commence par le 1er chapitre et termine par le 124ème. Et ce n’est qu’à la fin de la lecture complète que m’apparaissent quelques lueurs que je peux approfondir simultanément ou plus tard.

A la fin de mon premier ’’cycle’’, j’étais impressionné, confondu, hésitant et – bien trop timide pour être sûr de rien – en fait, mal dans ma peau. J’ai même vécu alors une expérience étrange qui me bouleversa et qui m’amena à établir ma première certitude : 

1° – Le néant n’existe pas

Sourate Ennour

La lumière

Le Coran. Sourate Ennour- La lumière. N°24. Verset N°35

Voici le récit de cette expérience : J’avais vingt ans et terminais, tout fier, quoiqu’intranquille, la première lecture complète. Dans mon malaise, mon intranquillité comme dit Fernando Pessõa, j’eus un premier frisson, je fis un rêve semi-éveillé qui me marqua à jamais : je vis très précisément un point lumineux se déplaçant dans la nuit d’un noir intégral, allant et venant, comme une étoile à la course incompréhensible, comme un de ces jeux de lumière des écrans de veille de certains de nos ordinateurs… Le point lumineux se réduisait jusqu’à disparaître mais réapparaissant immédiatement ailleurs…

Dans le noir

Dans la nuit noire, … de la lumière… Dans rien, … quelque chose, qui allait … qui venait … qui se cachait, puis revenait … J’en restai effaré, mal à l’aise, comme si je venais d’apprendre un secret trop lourd…

C’est ainsi que j’ai ressenti et imaginé la manifestation d’une Présence et de sa pérennité, autrement dit que j’ai ressenti une Volonté parcourant l’univers, l’arpentant, y veillant … y Etant

Il est hors de doute que cela ne fut possible que grâce à la Lecture.

2° Les religions abrahamiques sont une !

Il ne m’est jamais passé par la tête que les 3 religions révélées pouvaient être différentes. Judaïsme, Christianisme et Islam procèdent de la même pensée, et leurs différences proviennent de différences d’auditoires, de différences sociologiques et temporelles et quelquefois même, de différences créées a posteriori. Je n’eus plus le moindre doute à ce sujet après la lecture de ces chapitres confirmatoires…

Sourate El Imrane

Sourante Imran fr

Le Coran. Sourate Imran. N°6. Verset 64 & 65

Cette Unicité me fut d’ailleurs confirmée à plusieurs reprises dans le Coran et sans doute plus explicitement dans ce passage :

Sourate An Nahl

Le Coran Sourate En-Nahl – Les Abeilles –Verset 36

3° La Tolérance est consubstantielle de l’Islam

Autre découverte qui m’interloqua et enterra à jamais en moi le plus infime doute à propos de la tolérance en Islam, c’est la force, la clarté et l’univocité de ce verset, lequel est devenu pour moi la meilleure preuve de la consubstantialité de la Tolérance et de l’Islam :

Sourate EL Imrane 2

Le Coran. Sourate Imran –3. Verset 84

4° Savoir & Science sont des impératifs catégoriques dans le Texte

Tout au long de mes lectures, de la première à la plus récente, je me vois appelé à la réflexion, mis en garde contre l’ignorance, invité à la recherche de la vérité, sollicité pour procéder à la vérification.

Sans besoin de rappeler que le premier mot révélé au Prophète de l’Islam fut l’ordre de ’’lire’’, il n’est certainement pas inutile de donner quelques précisions sur les occurrences des mots dérivés de la racine «علم» – savoir, connaître, distinguer, être instruit, informé, avoir conscience de… Elles sont au nombre de 855. Celles des mots dérivés de la racine «فكر » – penser, cogiter, réfléchir, songer à, aviser, méditer, etc. sont au nombre de 18. Celles des mots dérivés de la racine «عقل» – faire preuve d’intelligence, comprendre, connaître, concevoir, discerner etc., sont au nombre de 49. Les occurrences des mots dérivés de la racine « ﺣﻜﻢ» – sagesse, science etc. sont au nombre de 210 et enfin celles des mots dérivés de la racine «ﺣﻗﻖ » – vérité, droit, sont au nombre de 287.

Nous voyons ainsi que dans le Texte du Coran, il y a 1419 occurrences de mots des champs sémantiques de la connaissance, de la vérité, de la réflexion et de la sagesse

En outre, à mesure que je répétai mes lectures, je restai souvent bouche bée devant l’audace du Texte concernant la nouveauté. On y fustige le savoir sclérosé comme ici par exemple :

Sourate Al Anfal

Le Coran. Sourate Al Anfal– Le Butin.8. Verset 38.

… ou encore là :

Sourate An Nahl

Le Coran. Sourate An-Nahl – Les Abeilles.16. Verset 101

5° Le concept de prédestination est à reconsidérer totalement

D’un point de vue philosophique, j’étais à l’origine mal à l’aise avec l’idée de prédestination. Si l’homme ne dispose d’aucun libre-arbitre, quel est le sens de la vie, alors ? Et s’il n’a aucune liberté, comment comprendre qu’on le juge et l’invite à pratiquer le bien et éviter le mal ? Je me rappelle même avoir eu, à la Faculté, à apporter la contradiction à des condisciples auxquels avait échu le devoir-faire un exposé sur le jansénisme. L’acception de l’idée de ’’grâce’’ m’y paraissait par trop incompréhensible.

« Martin Luther considère que seule la Foi – donnée librement ou pas par Dieu – permet d’être réceptif à la grâce divine, et Jean Calvin va encore plus loin en liant grâce et salut : celui qui n’a pas reçu la grâce ne peut être sauvé. Le libre arbitre de l’homme est donc totalement nié. Toutefois, ce jugement n’est pas partagé par tous. Pour Louis Cognet si les réformateurs mettent en avant la prédestination de l’homme, ils ne lient pas explicitement grâce et libre arbitre. »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jans%C3%A9nisme#Le_jans.C3.A9nisme_hors_de_France

Je me rappelle qu’alors – qu’il soit pardonné à ma fougueuse jeunesse- je m’étais attaqué violemment à Spinoza. J’ai d’ailleurs repris récemment cet avis ici le 07 juillet 2008 :

« Mon esprit se remémorait Démocrite et égrenait la longue théorie des penseurs qui ont eu la même idée de cette représentation atomique de l’univers, pour arriver à Einstein, après une généreuse halte chez Holbach, un génie méconnu, et une escapade chez Spinoza qui me fait toujours plier de rire avec son chantage à l’immortalité. »

https://mosalyo.wordpress.com/2008/07/07/linegalite-des-sexes/

Aujourd’hui, j’avoue que je suis impressionné par la profondeur de cette assertion de ce philosophe hollandais : « tout ce qui est dans la nature, considéré dans son essence et dans sa perfection, enveloppe et exprime le concept de Dieu »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Baruch_Spinoza

Sourate El Fourqane

Le Coran. Sourate Al Furqane. Le Discernement. Verset 2

Dans le Coran, Dieu a créé l’être humain libre de croire ou de ne pas croire :

Sourate El Kahf

Le Coran. Sourate El Kahf – La Caverne. Verset 29

Mais il est clairement dit également que le libre choix de l’être humain est borné dans l’espace de liberté défini par les attributs de Dieu. Ceci fait que la faculté de vouloir de l’homme ne peut être que postérieure à la volonté divine. Voici le Verset qui l’énonce :

Sourate Takweer

Le Coran. Sourate Takweer.86.  Le Reploiement. Verset 29.

Je n’ai vu dans le Texte, quant à moi, nulle prédestination privative de liberté comme le croient d’innombrables personnes. Je ne vois que des normes naturelles explicatives au contraire de l’étendue de la liberté humaine.

Me restent encore probablement quelques lectures à effectuer pour apurer mes interrogations sur le sens profond de ce Livre Mère, gardé par devers Dieu

Sourate Zukhruf

Le Coran. Sourate Az-Zukhruf. 43. Les Enjolivures. Versets 1.2.3.4.

Me restent également d’innombrables lectures à faire – ce qui, à mon rythme de sénateur prendra de nombreuses années- pour aller plus avant dans la compréhension et les découvertes, conscient qu’ainsi je pourrai répondre, comme répondit Saint John Perse à la question de savoir pourquoi il écrivait :

  • Pour mieux vivre…

FIN

mo’

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