CDD

 

  • Aimer et chérir, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité et ce jusqu’à ce que la mort sépare
  • … Aimer et chérir, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité et ce jusqu’à la fin du présent contrat …
  • … Aimer et chérir, dans la richesse comme la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité et ce jusqu’à ce que l’un des deux rompe unilatéralement la promesse…
  • … Aimer et chérir, dans la richesse comme la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité et ce jusqu’à ce que l’un ou l’autre rencontre et s’attache à quelque autre…

Mais dans quel cadre s’inscrivent ces serments ? On admet généralement qu’il existe 4 cadres possibles :

« 1- La relation traditionnelle

… C’est une relation avec engagement réciproque de fidélité, qui sous-entend, exclusivité, et … disponibilité… Ce type de relation est celle qui garantit le plus de force à la relation puisqu’elle est basée sur l’exclusivité. Elle … est à envisager lorsqu’on souhaite se poser ou qu’on est sûre de la personne avec qui on démarre la relation. L’infidélité dans une relation traditionnelle est – généralement – considérée comme une trahison est par conséquent une cause de rupture.

2- La relation ouverte

La relation ouverte est une relation amoureuse dans laquelle il n’y a pas engagement de fidélité. Chacun est libre d’aller voir ailleurs… L’infidélité … est … tolérée et n’est pas perçue comme une cause de rupture… (Mais)… En général, les relations libres sont rarement symétriques

3- Le plan coquin régulier

La copine coquine est une relation dans laquelle il n’y a pas d’amour et pas d’engagement de fidélité réciproque. Contrairement à la relation libre, ce n’est pas une relation officielle, et est plus exclusivement basée sur le … plaisir, mais on ne se promet rien…

4- Le plan coquin d’un soir

On ne peut pas savoir à l’avance … si ce sera le début d’une relation ou non. Lorsqu’il n’y a pas de suite… on dit qu’il y a plan d’un soir… Le fait que ça ne dure pas est le plus souvent lié au fait qu’on s’apprécie sur le moment, mais qu’on ne souhaite pas de relation… Le cadre de la relation est souvent fixé par le contexte de la rencontre. »

http://www.snipeground.com/blog/relations-homme-femme/relations-homme-femmes/

Ce qui précède est la formulation contemporaine des diverses formes de liaisons privées hétérosexuelles dans une infime frange privilégiée d’une civilisation à bout de souffle. Mais que l’on ne s’y trompe pas, elle ne saurait le moins du monde constituer un catalogue exhaustif de toutes les formes que peut prendre ladite relation, tant s’en faut, pas plus qu’elle n’a de valeur d’exemple au plan anthropologique…

La liaison entre représentants des deux sexes est en fait polymorphe, étrange, curieuse, indécente selon les critères des uns et coincée selon les critères d’autres, mais elle est toujours significative d’une situation sociale et économique bien précise.

monogamie

La monogamie est : le régime juridique où un homme, une femme ne peut avoir plusieurs conjoints en même temps.

La polygamie est : le régime juridique ou un homme, une femme peut avoir plusieurs conjoints en même temps.

Polygynie

La polygynie est : le régime sociojuridique où un homme peut avoir plusieurs épouses en même temps.

Polyandrie

La polyandrie est le régime sociojuridique où une femme peut avoir plusieurs époux en même temps.

Le mariage par groupes est le régime social où un groupe d’hommes contracte mariage avec un groupe de femmes, et au sein duquel il n’y a aucune différenciation personnelle entre les membres des deux groupes.

Murdock

Une étude de l’ethnologue américain Georges Peter Murdock -, 1897-1985, a établi à partir d’un échantillon de 558 sociétés considérées comme représentatives que contrairement à ce que croit l’écrasante majorité des gens, on ne trouve la monogamie, au plan mondial, que dans 24% des sociétés.

Cette même étude indique également que la polygynie est la règle dans 75% des cas.

Enfin, ladite étude affirme qu’il y a tout de même 1% des sociétés où c’est la polyandrie qui l’emporte.

Un mot de ces règles, véritables marqueurs de l’évolution des sociétés :

Morgan et Schmidt

Alors que, pour Lewis Henry Morgan, anthropologue américain, 1818-1881 et les évolutionnistes, la monogamie est le dernier moment d’une longue évolution, qui a commencé dans la promiscuité primitive, et caractérise les « civilisés », en opposition aux « sauvages » et aux « barbares », pour Wilhelm Schmidt, prêtre et anthropologue, 1868-1954 et les tenants de l’école d’ethnographie historique, c’est la monogamie qui définit l’humanité primitive.

Il semblerait fort que ce soit l’ecclésiastique fribourgeois, second nommé, qui ait eu raison : A l’occasion d’un débat télévisé intitulé ’’La famille en débat’’ et organisé dans le cadre de l’émission ’’Ce soir ou jamais’’ qui a été diffusée le 03 octobre courant, trois philosophes, deux écrivains, un ethnologue, un responsable associatif et un homme politique ont fait le point sur les évolutions récentes du concept de la famille.

Ce qu’on a pu y entendre ne manque pas d’étonner : Il faut, nous y a-t-on dit, se préparer à accepter le vol en éclats de tous nos concepts traditionnels et à accepter le mariage adultérin en plus du mariage pour tous, tout comme le mariage de groupes.

Peut-être suffit-il d’invoquer le droit à la différence cultuelle et culturelle pour faire accepter le lévirat- qui oblige la veuve à épouser le frère de son mari défunt, et le sororat- qui oblige un homme à épouser les sœurs cadettes de sa femme, qu’elle soit en vie ou morte.

Les nouveaux ’’évolutionnistes’’ n’acceptent plus la moindre interdiction d’une alliance librement consentie entre adultes, quelle qu’elle puisse être, ce qui fait hurler de rage toutes les ligues de vertu et toutes les associations religieuses.

On lira avec intérêt l’article ’’Polygamie’’ signé de Roger Bastide sur l’Encyclopaedia Universalis, qui donne véritablement le tournis mais replace dans une perspective anthropologique et sociologique toutes ces bizarreries et les explique. http://www.universalis.fr/encyclopedie/polygamie/

Cléopâtre

A ceux qui ne cesseront pour autant de s’offusquer de ces pratiques si éloignées de nos mœurs et seraient tentés de les qualifier de barbares, rappelons que dans l’une des civilisations humaines les plus brillantes, celle qui a été capable de produire les Pyramides, le mariage incestueux était une règle. Par exemple, la divine Cléopâtre VII, au long nez historique et à l’intelligence si grande, pas dégénérée du tout, est la fille de sa maman, Cléopâtre VI et du frère aîné de cette dernière, Ptolémée XIII.

Longue et laborieuse introduction à mon propos du jour qui, s’il concerne bien le mariage, a choisi de s’intéresser à l’une de ses formes les plus originales : le mariage de confort… que j’ai intitulé par provocation CMDD ou mariage à durée déterminée.

En préambule, il faut signaler que cette étrange forme d’épousailles n’a à l’origine, aucune connotation religieuse puisque, circonscrite à l’actuelle sphère géographique du Chiisme, c’est-à-dire principalement en Perse, elle est antérieure à l’Islam

mariage libre

’’Le mariage temporaire (est contracté) … pour une durée déterminée convenue entre les époux. Il n’a pas besoin d’être officialisé : il suffit d’un accord oral, qui peut être privé, et par lequel l’homme et la femme se donnent en mariage l’un à l’autre. Le mariage peut être tout de suite consommé. Comme dans le mariage permanent, une dot est généralement donnée par le mari à sa femme, mais elle peut être symbolique. Ainsi il est possible de se marier de manière temporaire sans jamais présenter son conjoint à sa famille ou ses amis. Il est toutefois recommandable d’officialiser le mariage – que ce soit par un contrat de mariage écrit ou bien devant un tribunal islamique – afin que l’épouse puisse prouver l’existence d’un tel mariage en cas de grossesse. En effet, les enfants nés d’un mariage temporaire ont les mêmes droits que les enfants nés d’un mariage permanent : ils sont reconnus par la loi, doivent être entretenus par leur père et ils héritent des deux parents.

Le mariage s’achève tout seul, sans annulation, divorce, ou décès, au bout de la durée convenue entre l’homme et la femme. S’ils désirent rester ensemble à la fin de cette période, il leur suffit de renouveler le contrat, pour une autre durée limitée. De cette manière, le mariage temporaire peut permettre à un homme et une femme d’apprendre à se connaître et de vivre ensemble avant de s’engager dans un mariage permanent… Les imams recommandent souvent de le transformer en mariage permanent. ’’

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mariage_temporaire_dans_la_tradition_musulmane

Gloser sur cette coutume, en faire un sujet d’étonnement, voire de dérision serait hâtif et forcément léger. Elle fut sans doute conçue à l’origine pour répondre aux besoins naturels des humains sans pour autant s’écarter de la morale et surtout sans léser la femme dont la vie était si souvent détruite par les conséquences d’un moment d’abandon, voulu ou imposé d’ailleurs !

Ce cas de mariage temporaire ou probatoire bien circonscrit géographiquement et cultuellement est-il le seul à travers notre monde ?

fiançailles modernes

L’hypocrisie des fiançailles dont les limites de ’’consommation’’ sont franchies allègrement est-elle plus morale ? Les fiançailles, dites ’’espagnoles’’ qui peuvent – pouvaient ?- durer de nombreuses années sont-elles plus humaines et supportables en tout bien tout honneur ?

Fiancés d'Imilchil

Bien plus près de nous, il y a l’histoire légendaire du moussem – fête annuelle – des Fiancés d’Imilchil, inspirée d’évènements historiques authentiques : Les tribus berbères Aït Ibrahim et Aït Yaaza étaient les deux fractions de la tribu des Aït Hadiddou, en guerre l’une contre l’autre. Selon la légende, une jeune fille Aït Yaaza aimait un jeune homme Aït Ibrahim. Tout comme Roméo et Juliette sous d’autres cieux, ils connurent la même destinée tragique : mourir sans pouvoir ni s’aimer, ni se marier. La déception des deux amoureux leur avait fait déverser des torrents de larmes, larmes qui donnèrent naissance aux lacs Isli, le fiancé, et Tislit, la fiancée). Depuis cette époque, durant le moussem, les jeunes femmes choisissent parmi les hommes célibataires celui qui deviendra leur époux pour la vie ou pour une année en cas de mésentente.

Alors ? Légèreté de mœurs ou sagesse évidente ?

 

mo’

 

 

 

 

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