l'olympe du jazz

– Tu dois établir un quadriumvirat de l’Olympe du Jazz !

– Rien que ça ?…

J’ai …

… Et j’en suis malade. Complètement malade. Ulcéré. Triste. Honteux. Révolté même d’avoir été contraint de faire cela, suite à un pari stupide.

Mais … DURA LEX, SED LEX …

Il fallait un quadriumvirat, pas une assemblée, fut-elle un cénacle.

Comment puis-je me pardonner d’avoir fait passer à la trappe les géniaux Miles Davis, Count Basie, Charlie Mingus, Ben Webster ?

Comment supporter d’avoir disqualifié les fabuleux Fletcher Henderson, Thelonious Monk, Wess Montgomery, Dizzy Gillespie ?

Croyez-vous que je puisse être absous d’avoir précipité du haut de la falaise sacrée ces géants que sont Coleman Hawkins, Art Blakey, Sidney Bechet , Cannonball et Nat Adderley, Albert Ayler, Baden Powell, Chet Baker, Charlie Barnet, Lionel Hampton, Erroll Garner, Stan Getz, Bix Beiderbecke, Dave Brubeck ?

Quelle mouche m’a piqué et rendu assez hardi pour écarter les talentueux Paul Desmond, Barney Bigard, Stéphane  Grappelli, Milton Buckner, Byrd Charlie, Cab Calloway, Benny Carter, Paul Chambers, Kenny Clarke, Cozy Cole, Johnny Dodds, Billy Eckstine, Roy Eldridge, Bill Evans, Gil Evans, Benny Goodman, Dexter  Gordon, Norman Granz, Herbie Hancock, Woody Herman, Earl Hines, Johnny Hodges, Freddie Hubbard, Milt Jackson, Ahmad Jamal, Thad Jones, Scott Joplin, Lee Konitz, Gene Krupa, Herbie Mann, Wynton Marsalis, John Mclaughlin, Jackie Mclean, Memphis Slim , Mezz Mezzrow,  Major Holley, Lee Morgan, Jelly Roll Morton, Gerry Mulligan, Fats Navarro, King Oliver, Kid Ory, Les Paul, Art Pepper, Oscar Peterson, Michel Petrucciani, Oscar Pettiford, Bud Powell, Django Reinhardt, Max Roach , Sonny Rollins , Artie Shaw, Archie Shepp, Horace Silver, Zutty Singleton, Jimmy Smith, Art Tatum , Cecil Taylor, Thigpen Ed , T-Bone Walker, Fats Waller, Lester Young, Yussuf Lateef et tant d’autres encore … tous ces musiciens dont les galettes garnissent ma discothèque et m’aident depuis des décennies à donner du gout à ma vie ?

Ô oui Monsieur Louis Bergson, vous aviez raison, vous qui dîtes : ’’Choisir, donc exclure’’ !

Oui également, Monsieur André Gide, vous aussi aviez raison d’affirmer que ’’Choisir c’est se priver du reste’’ !

Mais à qui est totalement honnête, s’impose cette boutade de l’inénarrable Mark Twain, que je fais mienne, une larme à l’œil : ’’Je n’aime pas l’idée d’avoir à choisir entre le Ciel et l’Enfer : j’ai des amis dans les deux’’…

Mesdames et Messieurs les Jazz-Lovers et autres jazz-addicts, voici, selon bien des experts autrement plus connaisseurs que moi, le Panthéon du Jazz. J’y ai établi un ordre. C’est donc, plus exactement mon panthéon. Je vous le révèle donc, bien obligé, juste après avoir précisé que ne concourraient pas dans cette élection les femmes : Pour départager Bessie, Billie, Mahalia, Ella, Nina, Peggy, Lavern, Aretha, Myriam, Sarah, Dina, Shirley et les mille autres, nous mènerons une autre enquête, plus ou moins commencée d’ailleurs, il y a quelques temps.

J’expliquerai pourquoi cette séparation des genres…

Place au résultat concernant les messieurs : …

1° THE BIRD

L’oiseau … du paradis

Charlie Parker

’’Harmony+Melody+Rythm… I say Harmony+Melody+Rythm and Bass…’’ (1)

Charlie Parker

Alors qu’il regardait la télévision chez une amie avant d’aller honorer un contrat, Charlie Parker éclata de rire. Son fou-rire se transforma en quinte de toux. Il se mit à vomir du sang et mourut, terrassé par l’alcool, le tabac et l’héroïne. Il avait 35 ans, il était un génie. Il devint une légende du jazz, l’une des plus grandes gloires de cet art. ’’ ’’Dans d’innombrables disques, lors d’innombrables apparitions, d’innombrables artistes jouent soudain une phrase qui vous amène immédiatement à l’esprit l’image de Charlie Parker’’, affirmait Duke Ellington. Et Lennie Tristano pianiste – d’ajouter, quelques mois avant la disparition de Parker : ’’S’il voulait invoquer les lois sur le plagiat, il pourrait poursuivre presque tous ceux qui ont enregistré un disque au cours des dix dernières années.’’ En trente-cinq ans de vie terrestre, Charlie Parker a fondamentalement infléchi le cours de l’histoire du jazz, et l’on ne voit guère que Louis Armstrong ou John Coltrane dont l’influence puisse se mesurer à celle de ce géant de la musique. Le plus parfait soliste au saxophone alto, incontestablement le plus grand improvisateur qu’ait connu le jazz, l’un de ses plus grands créateurs aussi, tel est Charlie Parker. Aura-t-on jamais fini d’explorer les nouveaux horizons harmoniques et rythmiques qu’il a découverts pour que vive le jazz ?…

Summertime – Charlie Parker

Charlie Parker peut être qualifié de révolutionnaire… Il ne fait pas table rase du passé et il ne se lance pas dans l’inconnu, mais donne une extension inouïe à une somme culturelle traditionnelle. Tout d’abord il confère au jazz un univers tonal très élargi, et cultive les glissements mélodico-harmoniques par goût des accords inédits, la pratique d’un chromatisme exacerbé, et l’utilisation permanente d’accords de passage. La dissonance, sans être favorisée, n’est pas évitée. La rythmique de Parker se fonde essentiellement sur la décomposition du temps. Les valeurs brèves prennent chez lui une importance considérable. Si sa technique lui permet des tempos ultra-rapides, le trait volubile qu’il affectionne tant n’est pas pour lui simple fantaisie décorative ni remplissage gratuit. Il s’agit d’une véritable esthétique du tumulte, Parker se lançant parfois dans un débit haché et cahoté … d’une glorification du mouvement, de l’envolée lyrique…

Improvisation – Charlie Parker & Coleman Hawkins 1950

… Tous ces éléments libertaires ne s’assemblent pas de manière anarchique mais s’imbriquent dans une construction d’une rare rigueur, dans un swing renouvelé certes, mais irrésistible …. Cet improvisateur génial est aussi un grand interprète de blues et de ballades. Son modernisme ne le coupe jamais de ses racines. Il y obtient – au simple prix d’un changement de registre – une respiration prenante et un relief étonnant…

Hot House – Charlie Parker & Dizzy Gillespie – 1951

…Mais les limites de l’analyse apparaissent ici très vite. Cette imagination hors du commun ne se laisse pas réduire aisément en ses éléments constitutifs. Le génie résiste à l’autopsie… Cet artiste maudit est devenu pour tous les musiciens le symbole de la liberté la plus pure. La colombe est bien celle de la paix.’’ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charlie-parker/

  1. Bass : signifie ici le tempo c’est-à-dire l’allure – la rapidité relative, la vitesse ou encore le mouvement d’exécution de l’œuvre musicale.

2° SATCHMO

Le géant à la ’’bouche en sacoche’’

Louis Armstrong

« I never tried to prove nothing, just wanted to give a good show.
My life has always been my music, it’s always come first, but
the music ain’t worth nothing if you can’t lay it on the public.
The main thing is to live for that audience, ’cause what
you’re there for is to please the people. »

Louis Armstrong

’’Louis Armstrong tient un rôle capital dans l’histoire de la musique. C’est lui qui invente et popularise le jazz tel que nous le connaissons aujourd’hui.’’ http://www.francemusique.fr/personne/louis-armstrong

Louis Armstrong – Le concert de Berlin-Est  Mars 1965 (complet)

’’Si l’on excepte les années d’enfance et d’adolescence (1901-1918), la vie de Louis Armstrong – engagements, disques, tournées – se soumet presque entièrement à sa carrière, à son itinéraire musical. Il est donc licite de recenser les données principales de sa musique avant même de suivre sa biographie.   Instrumentiste – d’abord au cornet à pistons, puis, à partir de la fin des années vingt, à la trompette – Louis Armstrong apparaît, dans l’histoire du jazz, comme le premier soliste véritable : avant lui, en effet, les formations se vouaient essentiellement à une polyphonie improvisée. Si, dans les groupes auxquels il appartient, la musique se recentre autour de lui, c’est qu’il en impose, tout d’abord, par une virtuosité sans précédent – tout au moins jusqu’en 1934, époque où ses lèvres blessées le contraindront à un jeu plus décanté.   Mais c’est qu’Armstrong, aussi, affirme très rapidement un langage personnel, plus complet et plus complexe que celui des jazzmen de son temps, et que sert, en outre, une sonorité demeurée, aujourd’hui encore, absolument unique, sonorité ample, éclatante et majestueuse, dont le grain serré n’est jamais rompu par les inflexions incisives et l’expressivité fervente qui la mettent en œuvre : Armstrong, par exemple, n’utilisera jamais de procédés extérieurs, comme la sourdine wa wa dont certains trompettistes qui lui sont contemporains – « Bubber » Miley, entre autres – devaient user de manière si savoureuse.   Ainsi Louis Armstrong fait-il rapidement éclater les données du jeu Nouvelle-Orléans dont il procède cependant : la puissance de son tempérament lyrique lui permet d’user, avec une liberté toute nouvelle, du répertoire exécuté, soit qu’il transfigure un thème par quelque éblouissante paraphrase, soit qu’il le recrée, le dote d’une intensité dont il était initialement dépourvu, en se bornant à en décaler quelques notes et à l’épurer.

Louis Armstrong – What a wonderful world

Gagnant en liberté mélodique, le discours improvisé gagne aussi en liberté rythmique : au phrasé un peu uniforme – en avant du temps ou assez pesamment sur le temps – des artistes Nouvelle-Orléans, Armstrong substitue une phrase infiniment plus souple en son accentuation et son découpage, où le swing, cette pulsation qui est au cœur du jazz et le définit, s’épanouit avec une force d’évidence qui est absente du jeu de la plupart des premiers jazzmen.   Cela dit, Louis Armstrong reste, fondamentalement, attaché à l’esprit de la musique Nouvelle-Orléans : même lorsqu’on y rencontre de grands élans expressionnistes, son jeu demeure ramassé et plutôt carré, et la note, presque toujours attaquée, y acquiert, souvent, autant d’intensité expressive qu’une phrase entière. En outre, bien que sollicitant à l’occasion les airs à la mode, le trompettiste sera toujours fidèle au répertoire du vieux jazz originel.

Louis Armstrong & Ella Fitzgerald – Summertime

  Louis Armstrong, enfin, est un des plus grands chanteurs de l’histoire de la musique négro-américaine et un des plus caractéristiques, également, de cet art vocal si chaleureux qui, dans le même temps, s’épanouit à travers le blues et le spiritual. Sa voix, rugueuse et âpre, va à l’encontre des critères occidentaux de jugement et s’impose, au contraire, par son pouvoir émotionnel, transposition directe de celui qui informe le jeu de l’instrumentiste.’’ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-armstrong/

3° The Duke

Le ’’roi de tous’’

Duke Ellington

’’Ma jubilation la plus forte en musique –en la jouant ou en l’écrivant– c’est de faire face à un problème. Sans problèmes à résoudre,

quel intérêt peut-on prendre à quoi que ce soit ?’’

Duke Ellington en 1961, cité dans Hasse 1993

’’De 1927 à sa mort – le 24 mai 1974 –, Edward Kennedy, dit « Duke », Ellington, a été, avec Louis Armstrong, Charlie Parker et John Coltrane, un des créateurs les plus singuliers et les plus féconds de la musique afro-américaine. Il compte parmi les artistes du xxe siècle auxquels une critique exigeante ne peut refuser le génie. Source d’inspiration, aujourd’hui encore, pour d’innombrables jazzmen, son œuvre résiste au temps, aux modes et même, dans une large mesure, aux analyses. On ne cesse pas de redécouvrir cet univers, qui défie la description et décourage les entreprises réductrices. Bien que refermé sur lui-même – les dernières compositions le prouvent à l’envi, il échappe à la pétrification que trament malgré elles toute musicologie et toute inscription dans l’histoire. Par l’étendue, par la diversité de ses pouvoirs, la magie ellingtonienne demeure, comme tout ce qui compte, un inépuisable mystère.’’ http://www.universalis.fr/encyclopedie/duke-ellington/ Le pianiste Boris Vian en a dit : ’’Jamais le Duke n’a prétendu passer pour un virtuose du piano ; mais son jeu inimitable, cette façon qu’il a de jouer avec son clavier comme un gros ours, le caressant pour le gifler soudain d’un coup de patte velue, cette attaque qui va parfois jusqu’au coup de matraque sur la note, et cette sonorité claire et ronde, tout cela n’appartient qu’à lui et suffit à en faire un des pianistes de jazz les plus passionnants. De jazz ? C’est un peu limiter le Duke, dont certaines compositions s’écartent de cet idiome, en restant de la belle musique tout court’’.

Duke Ellington – Piano solo concert in Australia – 1972

Le compositeur ’’Tôt dans l’entre-deux-guerres, le Jazz d’inspiration néo-orléanaise va se trouver édulcoré par son contact avec la musique des dancings … Priorité sera vite donnée, entre 1923 et 1933, aux arrangements et à l’orchestration… Il fallait absolument être à la fois simple, catchy et orchestral pour soutenir le volume sonore requis par les bruyantes salles de danse. Et ces dernières ne laissaient pas trop de place à l’élément d’improvisation. Un jour, circa 1917, notre jeune pianiste se fit saquer d’un orchestre de salle de danse parce qu’il avait enjolivé la pièce plutôt que de s’en tenir à la partition. La question de l’orchestration et des limitations qu’elle imposait à l’improvisation sera incontournable. Il faudra trouver une solution équilibrée à cet autre problème. Le premier vrai orchestre de Jazz d’Ellington, les Washingtonians, développera sa distinction en composant ses propres arrangements. Il procédera collectivement, originalement, en évitant les orchestrations stéréotypées et convenues qui amenaient les orchestres du temps à tous se ressembler… Cette approche, combinant composition et improvisation, se maintiendra même lorsque l’orchestre d’Ellington disposera d’un orchestrateur attitré, Billy Strayhorn… Le tableau créatif des grandes années Ellington est le suivant. Ellington ou Strayhorn arrive en studio avec une ligne mélodique qu’il lance au piano. L’orchestre la découvre, la reprend, lui donne un écrin sonore. Les solistes la manipulent, la triturent délicatement, sans excès. Ellington à ce point-là ne joue plus. Il écoute et, éventuellement, c’est lui qui saisit la facture conclusive … et la couche sur papier. Toujours à l’affût des opportunités, il lui arrive alors d’incorporer des éléments plus anciens dans des compositions nouvelles, de recycler du vieux stock rythmique ou mélodique, de se citer, de s’auto-pasticher, de se refaire ou, pour reprendre un terme du jardon musicologique jazzique, de se signifier… Mais ses mélodistes sont toujours proches de lui, dans l’aventure composante. Leur son et leur savoir-faire dicte le ton. On se retrouve avec un chef d’orchestre qui ne dirige pas que l’interprétation, mais aussi la composition… La quintessence du Jazz d’orchestre.’’ http://ysengrimus.wordpress.com/2014/05/24/duke-ellington-1899-1974-pianiste-cher-dorchestre-compositeur-et-theoricien-de-la-connaissance-contrainte/

Duke Ellington Live :

Sophisticated lady, Caravan, The Mooche, Mood Indigo, The Hawk Talk, Solitude , I got it bad and that ain’t good, Flamingo…

Le chef d’orchestre ’’Alexandre Rado’’ – journaliste à la revue ’’Jazz Hot’’- suggère ceci : « comme compositeur et arrangeur, Ellington a été et demeure un précurseur, ses backgrounds fameux ont changé avec le temps et l’alchimie des sonorités dont il s’est rendu maître demeure le rêve presque inaccessible des compositeurs et arrangeurs contemporains »68. (cet article datant de 1969). Il ne s’agit donc pas du pianiste dans la majorité des cas. Il faut avouer que pendant longtemps, on aura préféré ressembler à Art Tatum, Fats Waller et d’autres grands virtuoses de la même époque. Duke Ellington est, aux yeux de la majorité, en premier lieu un chef d’orchestre.’’ http://dukeontheweb.com/Articles.htm

Duke Ellington Orchestra – Isfahan

4° Trane

’’Le génie de l’invention’’

John Coltrane

’’Je ne me suis jamais demandé si les gens comprennent ce que je fais. La réaction émotionnelle est la seule chose qui m’intéresse.
Du moment que cette communication instinctive s’établit,
la compréhension n’est plus nécessaire.’’

John Coltrane

’’Après Louis Armstrong, Duke Ellington et Charlie Parker, John Coltrane est considéré par beaucoup comme l’une des figures historiques sans lesquelles le jazz eût suivi d’autres pistes, entretenu d’autres espoirs, poursuivi d’autres chimères. Les hasards et les lenteurs d’une carrière longtemps obscure, entreprise dès 1945 dans de petits orchestres de danse, ont favorisé chez lui une attitude introspective et une recherche esthétique que seul un très petit nombre de ses confrères a poussées aussi loin.

John Coltrane & Miles Davis – So What

Cette réflexion – en tous sens du terme- l’a conduit des formes les plus élémentaires de l’expression musicale jusqu’à ses bouleversements les plus radicaux. C’est ainsi qu’il contribua vers la fin des années cinquante … à l’évolution du style bop hérité de Parker avant de le faire éclater, se révélant tour à tour comme l’initiateur, le « disciple » … et le compagnon de route des avant-gardistes du free jazz.

John Coltrane, Stan Getz & Oscar Peterson – Hackensack

Créateur « hanté », aspirant frénétiquement à un absolu qu’il savait inaccessible, il vacilla entre l’appel du sublime et la tentation du néant, pris d’un formidable vertige, en même temps qu’il apportait à la musique afro-américaine, par un singulier paradoxe, quelques-unes des certitudes qui, depuis lors, tiennent lieu de terre ferme à ses voyages.’’ http://www.universalis.fr/encyclopedie/john-coltrane/

John Coltrane – Summertime

Le jazz en 10 formules par ses pratiquants…

    1. « Le jazz est un mot inventé par l’homme blanc » Miles Davis
    2. « Le jazz est la musique noire » Archie Shepp
    3. « Le jazz c’est de la merde » Johnny Griffin
    4. « Le jazz est le timbre de l’univers » Sun Ra
    5. « Le jazz, ce n’est pas ce que tu fais, mais la manière dont tu le fais » Fats Waller
    6. « le jazz, c’est ce qui se passe entre toi et moi, c’est l’amour » Teddy Wilson
    7. « Le jazz, c’est ce qui fait que ce siècle ne rend pas le même son que d’autres » Dizzy Gillespie.
    8. . « …une célébration de tout ce qui vit et respire… une lutte contre la mort… un refus de couler, une manière de s’accrocher, un hymne à la circulation du sang. Un hosannah aux glandes sudoripares. Un cantique à l’estomac qui fait mal quand il est vide » Mezz Mezzrow
    9. « Le jazz, c’est ce qui fait que ce siècle ne rend pas le même son que d’autres » Dizzy Gillespie.
    10. « Si tu ne l’as pas vécu, ça ne sortira pas de ton cuivre » Charlie Parker
    11. « Le jazz, c’est ta mort et ma mort » Charlie Mingus

 

 

C’est sur cette note grave que nous allons nous séparer : Le jazz est-il mort lui-même ? De savants ouvrages ont été consacrés à la question. Le plus fameux est peut-être ’’The murder of jazz’’ d’Erik Nisenson, chez Blue. On en lira avec intérêt la critique à cette adresse : http://voir.ca/societe/2000/07/05/corruption-commerce-imposture-le-jazz-est-il-mort/

Quant à moi, j’avoue ne pas aimer le jazz d’aujourd’hui, n’y voyant au mieux qu’un costume souvent de bonne facture mais sans âme, comme un costume d’une époque révolue. Mais je n’accuse personne de ma bouderie, personne autre que moi-même, que le temps et que le changement inhérent à toute chose humaine. Les apports de cet art à la musique sont importants et probablement indélébiles.

Quant à son discours, sa signification, sa forme et ses objectifs, bien évidemment ce qui a été ne peut plus être et tout juste peut-on se remémorer avec nostalgie toutes les délices qu’il nous a offertes au long de son petit siècle d’existence, le XXème

mo’

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