partenaire idéal

Lorsqu’on est blanchi dans les travaux guerriers ou que l’on n’aime guère le drôle de capuchon des catherinettes, l’on décide de ’’faire sa sagesse’’ comme on dit chez moi – de devenir sage comme on dit chez vous, l’on décide de fonder une famille, de prendre épou(se ou x) et d’avoir des enfants. Pour cela, l’on recherche un(e) partenaire qui soit à son goût. L’on vit quelque temps seul(e) à seul(e) pour vérifier la capacité de l’autre à nous rendre heureu(se, x). Je sais bien que de nos jours ces notions de biologie primaire sont en cours de retrait du marché et que dans les pays où l’homme a oublié ses origines néanderthaliennes, là-bas, dans le nord et là-bas à l’ouest, on peut parfaitement convoler en justes noces avec n’importe qui et bientôt n’importe quoi, mais enfin, disons tout de même qu’ailleurs, dans la partie du monde qui n’est pas si évoluée, la femme et l’homme en sont encore à rechercher une personne du sexe opposé pour copuler, à savoir pour former un couple. Pour cela, on recherche l’autre et le découvre généralement au moyen de martingales plus ou moins efficaces qui vont du passage par un intermédiaire agréé à l’application de recettes de grand-mère, éprouvées par les siècles et attestées par l’expérience.

De petites aides peuvent être apportées par les amis les plus inattendus, comme par exemple un magazine familial, ou l’une quelconque de ces publications qui apportent réponse à tout et vous aident à gérer au mieux votre vie sans quitter votre chauffeuse et vos aiguilles à tricoter ou vos pantoufles et votre télécommande.

Pour illustrer le propos je choisis – sans innocence, je l’avoue, ces deux ’’check-lists’’ établis par un site génial dont le but est d’amuser et de meubler le temps grâce aux divinités nouvelles : la communication et l’image. http://bridoz.com

Cette encyclopédie badine nous apprend qu’une femme parfaite peut être reconnue comme telle en vérifiant si elle présente les qualités suivantes :

  1. Elle est plus intelligente que vous
  2. Elle est belle
  3. Elle est gentille et attentionnée
  4. Elle est vive
  5. Elle vous aime de tout son cœur
  6. Elle est prête à faire des compromis
  7. Avec elle, vous vous sentez comme chez vous
  8. Elle n’a pas peur de vous dire que vous avez tort
  9. Elle est forte, mais féminine
  10. Elle est passionnée
  11. Elle est animée par un but
  12. Elle est tout pour vous

http://bridoz.com/12-qualites-chez-une-femme-parfaite/

De même, un homme peut être reconnu comme idéal pour peu qu’il présente les douze qualités suivantes :

  1. Quand il vous regarde, il vous regarde vraiment.
  2. Il est généreux sans être soumis.
  3. Il est déterminé mais patient.
  4. Il possède des rêves ambitieux mais garde les pieds sur terre.
  5. Il sait cuisiner.
  6. Il est physiquement actif.
  7. Il est intelligent mais pas prétentieux. Confiant dans ses capacités, d’accord, mais pas orgueilleux.
  8. Il possède la remarquable capacité de vous faire rire
  9. Il vous dit qu’il vous aime sans y être obligé, et ses actes le prouvent
  10. Il est prêt à battre en retraite pour préserver la paix dans le couple.
  11. A chaque fois que vous avez besoin d’aide, il est toujours là pour vous.
  12. Sans vous, il est perdu ; vous êtes désormais une part de lui parce qu’il souhaite s’approprier une part de vous.

http://bridoz.com/les-12-qualites-dun-homme-parfait/

Qui peut sérieusement penser que je vais me contenter de cela, arrêter là mon laïus et vous souhaitez le bonsoir en espérant notre revoyure ? Personne, bien sûr ! Sinon, que ferais-je de mes tortures méningées, de mes coupages de phanères en quatre et de mes devoirs élémentaires, moi qui suis assez hardi pour troubler votre paix sur un rythme lunaire ?

Rassurez-vous, je suis incorrigible et j’ai bien assimilé la leçon qui me fait toujours me poser la question : ’’Pourquoi faire simple, lorsqu’on peut compliquer à l’infini ?’’

Ainsi, pour rechercher Partenaire Idéal(e), je suggère d’emprunter une autre voie, plus discrète, plus subtile et tellement plus riche. Suivez le guide :

’’La civilisation occidentale, trois siècles à peine après la Révolution industrielle, est maintenant à bout de souffle. Elle n’a aucune direction, aucune fondation saine, aucune valeur sauf celles de l’égoïsme et de l’avidité — rien qui puisse vous remplir le cœur. Seule l’Inde a su conserver quelque chose des valeurs plus profondes qui peuvent faire de l’homme un être humain, et je suis convaincu qu’en quête d’un remède à sa maladie avancée, le monde se tournera vers ces valeurs. Reconnaître son antiquité permet de mieux comprendre la force qui a permis à l’Inde de survivre à travers tous ces âges. Toute la question est de savoir si elle va survivre à sa phase actuelle de dégradation pour mener le monde vers une ère nouvelle.’’

Michel Danino, indianiste, lors d’une conférence à Coimbatore, Sud de l’Inde, en 1999 http://www.jaia-bharati.org/invasion/enigme-mi.htm

Victor Jacquemont, un dandy parisien qui se rendit en Inde au début du XIXème siècle, décrit ainsi une réception qui eut lieu le 15 mai 1830 chez un maharajah sikh : ’’Des courtisanes firent leur entrée… leur danse fut pour moi la plus gracieuse, la plus séduisante au monde, à tel point que les entrechats et les pirouettes de l’Opéra me semblent des gambades de sauvages.’’

(’’Un autre regard sur l’Inde’’, François Gautier)

http://books.google.fr/books?id=NxhW1Q6vVKAC&pg=PA39&lpg=PA39&dq=le+concept+de+volupt%C3%A9+en+inde&source=bl&ots=sEzk29EO2L&sig=5kkfRJ0KK9lj_6PYKcam5znwIRQ&hl=fr&sa=X&ei=GG15VIDLCoLWatbggOAM&ved=0CCAQ6AEwADgK#v=onepage&q=le%20concept%20de%20volupt%C3%A9%20en%20inde&f=false

Introduction à la philosophie indienne.

’’Au commencement, le Seigneur des créatures donna aux hommes et aux femmes, dans cent mille chapitres, les règles à suivre pour leur existence, en ce qui concerne :

Le Dharma ou devoir religieux ;
L’Artha ou richesse ;
Le Kama ou amour.

La durée de la vie humaine, quand elle n’est point abrégée par des accidents, est d’un siècle.

On doit la partager entre le Dharma, l’Artha et le Kama, de telle sorte qu’ils n’empiètent point l’un sur l’autre ; l’enfance doit être consacrée à l’étude ; la jeunesse et l’âge mûr, à l’Artha et au Kama ; la vieillesse, au Dharma qui procure à l’homme la délivrance finale, c’est-à-dire la fin des transmigrations. »

Les ’’Aphorismes du désir’’, ou en sanscrit ’’Kâmasûtra’’, est un ouvrage écrit entre les VIème et VIIème siècles par l’auteur médiéval indien Vâtsyâyana. Il apporte des informations sur la vie privée dans l’Inde ancienne. Il évoque successivement :

  1. les trois buts de la vie  
  2. les conseils de bon sens  
  3. le comportement du citadin  
  4. le choix d’une épouse 
  5. les devoirs et privilèges de l’épouse 
  6. les courtisanes  
  7. les méthodes occultes 
  8. toutes les pratiques plus directement liées à la sexualité

L’ouvrage n’a commencé à être illustré des miniatures licencieuses qui font les délices des potaches acnéiques, qu’à partir du XIème siècle – lorsqu’il s’est agi de préparer une édition pour l’empereur moghol illettré, Jalâluddin Muhammad Akbar, qui se contentait probablement de ’’regarder les images’’. En fait, l’ouvrage regroupe des conseils de séduction pour une vie harmonieuse dans le couple. A noter par ailleurs que les fameux conseils physiques et suggestions polissonnes, n’en constituent qu’un chapitre …

En effet, le Kâmasûtra n’est pas consacré seulement à la sexualité humaine mais traite également du mode de vie qu’une personne cultivée se devait de connaître. Il aborde par exemple l’usage de la musique, la nourriture, les parfums…

Alors qu’il soit clair que comme tous les textes de l’Inde ancienne, l’ouvrage peut également être lu comme une allégorie de l’union au Divin – ou yoga.

Dans la recherche du Partenaire Idéal, approfondissons le point « 4 » de la liste ci-dessus, celui qui traite du choix d’une épouse.

En général, les auteurs indiens divisent les femmes en quatre classes d’après leurs caractères physiques et moraux. Voici ces quatre catégories :

 

Femme Lotus

La Femme-Lotus

’’Le type parfait est la Padmini, ou la Femme-Lotus; il n’est sorte d’avantages qu’on ne lui attribue. En voici le résumé:

Elle est belle comme un bouton de Lotus, comme Rathi – la Volupté. Sa taille svelte contraste heureusement avec l’amplitude de ses flancs; elle a le port du cygne, elle marche doucement et avec grâce.

 arbres

Son corps souple et élégant a le parfum du Sandal; il est naturellement droit et élancé comme l’arbre de Ciricha, lustré comme la tige du Mirobolam.

Sa peau lisse, tendre, est douce au toucher comme la trompe d’un jeune éléphant. Elle a la couleur de l’or et elle étincelle comme l’éclair.

Kokila

KOKILA
Coucou
Cacomantis merulinus 

Sa voix est le chant du Kokila mâle captivant sa femelle; sa parole est de l’ambroisie.

 Sa sueur a l’odeur du musc. Elle exhale naturellement plus de parfums qu’aucune autre femme; l’abeille la suit comme une fleur au doux parfum de miel.

Ses cheveux soyeux, longs et bouclés, odorants par eux-mêmes, noirs comme les abeilles, encadrent délicieusement son visage semblable au disque de la pleine lune et retombent en torsades de jais sur ses riches épaules.

Son front est pur: ses sourcils bien arqués sont deux croissants; légèrement agités par l’émotion, ils l’emportent sur l’arc de Kama.

Ses yeux bien fendus sont brillants, doux et timides comme ceux de la gazelle et rouges aux coins. Aussi noirs que la nuit au fond de leurs orbites, leurs prunelles étincellent comme des étoiles dans un ciel sombre. Ses cils longs et soyeux donnent à son regard une douceur qui fascine.

Sésame

SESAME
Sesamum indicum

Son nez pareil au bouton du sésame est droit, puis s’arrondit comme un bec de perroquet.

Bimba

BIMBA
Coccinia grandis

Ses lèvres voluptueuses sont roses comme un bouton de fleur qui s’épanouit ou rouges comme les fruits du bimba et le corail.

Jasmin

Jasmin d’Arabie
Jasminum sambac

Ses dents blanches comme le jasmin d’Arabie ont l’éclat poli de l’ivoire; quand elle sourit, elles se montrent comme un chapelet de perles montées sur corail.

Açoka

Açoka
Saraca indica

Son cou rond et poli ressemble à une tour d’or pur. Ses épaules s’y joignent par de fines attaches, ainsi qu’à ses bras bien modelés, semblables à la tige du manguier et qui se terminent par deux mains délicates pareilles chacune à un rameau de l’arbre Açoka.

vilva

Vilva
Bael
Grenade d’Inde
Aegle marmelos

Ses seins amples et fermes ressemblent aux fruits du Vilva; ils se dressent comme deux coupes d’or renversées et surmontées du bouton de la fleur du grenadier.

Ses reins bien cambrés ont la souplesse du serpent; ils se fondent harmonieusement avec ses fesses et ses larges hanches qui ressemblent au corsage de la colombe verte.

Son jadgana, pur et délicatement arrondi, laisse apercevoir un ombilic profond et luisant comme une baie mure. Trois plis gracieux s’accusent à sa taille comme une ceinture au-dessus de ses hanches.

Ses fesses sont merveilleuses; c’est une Nitambini (Callipige).

Kucha

Herbe de Kusha
Poa cynosuroides Retzius

Comme le Lotus épanoui à l’ombre d’une tendre motte d’herbe Kusha (herbe sacrée par excellence), son yoni est ombragé par un voile large de six pouces.

lys

Lys
Lilium longiflorum

Son humeur est parfumée comme le lys qui vient d’éclore, ses cuisses rondes, fermes, potelées, ressemblent à la tige polie d’un jeune bananier.

Lotus

Lotus sacré
Nymphea caeruela

Ses pieds petits et mignons se joignent finement à ses jambes, on dirait deux Lotus.

Quand elle se baigne dans un étang sacré, par toutes sortes de jeux elle réveille l’amour, les dieux se troubleraient à la voir se jouer dans l’eau.

Des perles tremblent à ses oreilles; sur son sein repose un collier de pierres précieuses; elle a, mais en petit nombre, des ornements aux bras et au bas des jambes.

Elle aime les vêtements blancs, les blanches fleurs, les beaux bijoux et les riches costumes. Elle porte un triple vêtement de mousseline rayée.

betel

Bétel
Piper-betle

Délicate comme la feuille du béthel, elle aime les aliments doux, purs, légers; elle mange peu et dort d’un sommeil léger

Elle connaît bien les trente-deux modes musicaux de Radha; aussi bien que l’amante de Krishna, elle chante harmonieusement en s’accompagnant de la vina qu’elle touche avec grâce de ses doigts effilés et agiles.

Quand elle danse, ses bras aux mouvements souples et harmonieux s’arrondissent en courbes gracieuses et semblent parfois vouloir dérober aux regards ses merveilleux appâts, car sa pudeur est extrême (dans I’Inde une femme danse toujours seule).

Elle a une conversation agréable, son sourire répand la béatitude; elle est espiègle et folâtre, pleine d’enjouement dans les plaisirs.

Elle excelle dans les œuvres qui lui sont propres.

Elle fuit la société des malhonnêtes gens et accomplit scrupuleusement ses devoirs; le mensonge lui est inconnu.

Incessamment, elle vénère et adore les brahmanes, son père et les dieux; elle recherche la société et la conversation des brahmanes; elle est libérale envers eux et charitable aux pauvres. Pour ceux-ci elle épuiserait le trésor de son mari.

Elle se plaît avec son époux et sait exciter ses désirs par des caresses.

Le dieu d’amour trouverait un superbe plaisir à reposer près d’elle.

Son affection pour son époux est extrême et elle n’aura peur aucun autre une pareille tendresse. Elle est affectueuse dans toutes ses paroles et absolument dévouée à son mari. Elle est parfaite en tout point.

Ajoutez à ce portrait déjà si flatteur une foule d’exclamations que les poètes poussent en l’honneur de la Padmini.

Trésor d’amour! tendresse sans bornes! femme qui aime et qui n’éprouve aucun désir! femme dont le bonheur est manifeste; femme pareille à Rathi (la volupté), épouse d’Ananya (l’amour), qui plies sous le poids de tes seins fermes et arrondis! femme dont l’amour enivre!’’

Après la Padmini, vient la Chitrini ou la femme habile.

La Chitrini a l’esprit mobile, l’humeur légère et essentiellement folâtre! son œil ressemble au Lotus, sa gorge est ferme: ses cheveux tressés en une seule natte retombent sur ses riches épaules comme de noirs serpents; sa voix a la douceur de l’ambroisie; ses hanches sont minces, ses cuisses douces et polies ont la rondeur de la tige du bananier; sa démarche est celle d’un éléphant en gaité; elle aime le plaisir, sait le faire naître et le varier.

La Hastini (femelle de l’éléphant) occupe le troisième rang.

La Hastini a une abondante chevelure qui brille et se déroule en longues boucles soyeuses, son regard troublerait le dieu d’amour et ferait rougir les bergeronnettes. Le corps de cette femme gracieuse ressemble à une liane d’or, ses pendants d’oreilles sont garnis de pierreries et ses vêtements sont chargés de fleurs. Ses seins fermes et rebondis ressemblent à un couple de vases d’or.

Le dernier type est la Sankhini (la truie).

Ses cheveux sont nattés et roulés sur sa tête; sa face qui exprime la passion est difforme; son corps ressemble à celui d’un porc. On la dirait toujours en colère, toujours elle gronde et grogne.

Ses seins et son ventre exhalent l’odeur du poisson.

Elle est malpropre de sa personne; elle mange de tout et dort à l’excès.

Ses yeux ternes sont toujours chassieux.’’

Et maintenant, au tour de ces messieurs. Quelles est l’homme idéal ? Là, les auteurs procèdent autrement : Ils répondent en creux et proposent un homme idéal pour chacun des types de femmes ci-dessus. Par ailleurs les différences culturelles peuvent déboussoler les occidentaux…

’’A la Padmini, l’Homme-Lièvre, c’est-à-dire actif, vif et éveillé.

A la Chitrini, l’Homme-Cerf, celui qui recherche l’affection dans le commerce amoureux.

A la Hastini, l’Homme-Taureau, c’est-à-dire qui a la force et le tempérament de cet animal.

A la Sankhini, l’Homme-Cheval, celui qui a la vigueur et la fougue de l’étalon.’’

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k204708p/f45.image

Et voilà ! Chacune, chacun est maintenant bien armé(e) pour chercher sandale à son pied. So long !…

 

 mo’

 

 

 

 

 

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