pot pourri titre

Le monde va mal, l’aventure humaine sur terre semble tirer à sa fin et le plus tragique réside dans le fait que nul n’y peut mais !

J’ai, pour ma part, été achevé cette semaine par le spectacle d’une émission sur les ’’Les nouveaux loups de Wall Street’’, une remarquable enquête qui m’a appris que les ’’consoles de jeu’’ hyper-performantes, interconnectées et dont l’ensemble constitue la bourse peuvent avoir des sautes d’humeur et plonger tout ou partie du monde dans la misère noire et même le chaos en réduisant à néant le système monétaire mondial. J’ai même appris que des erreurs de frappe ont conduit, dans un passé récent, à ponctionner la finance internationale de quelques 1000 milliards de Dollars en quelques secondes et que ces erreurs ont pour effet immédiat de conduire ce pauvre monde au bord du gouffre, plusieurs fois par an ! Très rassurant, n’est-ce pas ?

C’est une réalité !

Çà et là, se sont élevées des protestations adressées … au bon sens de qui veut bien en faire preuve parmi ces joueurs compulsifs pianotant sur leurs drôles de machines, pour s’autodiscipliner et arrêter la course folle à l’exploit technologique sans aucune rime, ni raison…

La raison, justement, reviendrait-elle subrepticement ? Sans crier gare ?

Faisons semblant d’y croire…

Le phénomène de résilience, si brillamment étudié par une cohorte de sociologues est effectivement rassurant lorsqu’il s’accomplit entièrement et que tout finit par rentrer dans l’ordre. Mais les causes laissent tout de même songeur !

La sagesse de tous les philosophes terriens, depuis l’Inde lointaine qui influença la Grèce, nombril du monde occidental, laquelle confia son message aux Arabes, lesquels, également influencés par cette Inde primordiale, le ressassèrent avant de le restituer partout dans le monde.

Il faut donc se faire une raison car de toute façon, demain n’est jamais bien loin,  Todo passa, todo passara et whatever will be, will be!…

Qu’on le veuille ou non, des choses et situations complexes naissent toujours de nouvelles choses, inattendues pour la plupart, et même souvent insoupçonnées. En attendant, et jusqu’à clarification de la situation et compréhension, je vous propose simplement de jouer. Pour nous défouler. C’est simple et vous connaissez certainement la règle de ce jeu de votre enfance :

cherchez l'intrus

Là, l’intruse est une des expressions proposées pour qualifier le déplorable état des choses. De la soupe primordiale au lieu de prostitution, votre choix trahira votre état d’esprit…

Bon jeu !

Sans titre

  • Quelle salade !
  • Mets froid composé de divers ingrédients crus ou cuits de même nature ou variés: légumes, viandes, poissons, crustacés, herbes, œufs
  • Mélange incohérent, confus
  • Evènements embrouillés, propos peu crédibles, mensongers.

brouillamini

  • Quel brouillamini !
  • Mets d’une composition hétéroclite et d’une consistance lourde
  • Désordre, confusion inextricable.
  • Emplâtre pour les chevaux

salmigondis

  • Quel salmigondis !
  • Ragoût constitué de différentes viandes réchauffées.
  • Assemblage disparate, mélange confus de choses ou de personnes.
  • Ramassis d’idées, de paroles ou d’écrits formant un tout disparate et incohérent.

harira

  • Quelle harira !
  • Soupe par laquelle on rompt le jeûne dans certains pays musulmans, composées de nombreux éléments et très consistante,
  • Mélange mortier de maçonnerie
  • Affaire très compliquée, incompréhensible

olla podrida

  • Que olla podrida !
  • ‘’Olla podrida’’ signifie en langue espagnole ‘’marmite pourrie’’. C’est un plat typique espagnol originaire de la ville de Burgos – Castilla y León.
  • Ce plat est exécuté maintenant à base de haricots rouges et de viande.
  • Il allie à l’horreur de son appellation, un aspect bien peu ragoûtant. Mais n’est-ce pas, les choses les plus délicieuses ne sont pas toujours les plus belles !

pot pourri plat

  • Quel pot-pourri !
  • En français, ’’olla podrida’’ a été traduit par ’’pot-pourri’’.
  • Le mot apparait dans la littérature en 1564, sous la plume de François Rabelais.
  • Il désigne alors un ragoût comprenant plusieurs sortes de viandes et de légumes mélangés.

imbroglio

  • Quel imbroglio !
  • Action, art d’embrouiller les choses; résultat de cette action.
  • Affaire, situation embrouillée, confuse.
  • Pièce dont l’intrigue est compliquée, difficile à suivre.

Jaleo

  • Que jaleo !
  • Chant et danse andalouse
  • Bruit confus, chahut
  • Affaire confuse, inextricable

mess

  • What a mess !
  • Situation inextricable
  • Grand désordre
  • Confusion mentale

Bordel

  • Quel bordel !
  • Maison de prostitution
  • Lieu où règne le désordre, la confusion
  • Ce désordre lui-même

che casino

  1. Che casino !
  • Maison de prostitution
  • Maison de tolérance
  • Grande confusion

En caractérisant le désordre et l’incompris, l’on a la sensation de ’’mettre de l’ordre’’, de ’’nettoyer une place’’, d’ ’’éliminer les nuisances’’ issues des dérèglements de notre monde. Les élimine-t-on ? Certes pas, ’’ rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme’’, comme ne nous rappelle pas le voisin du 18ème, Monsieur Antoine Lavoisier, puisqu’il n’a jamais prononcé cette phrase, laquelle résume bien ses découvertes mais se contente de s’inspirer de ’’Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau’’, phrase prononcée, elle, cinq siècles Ante Christum Natum, par le Turc d’Izmir, Anaxagore de Clazomènes.

Mais comment pourrait-on alors se représenter ce concept de ’’réaménagement’’, de ’’recombinaison’’ des choses pour mieux le comprendre ?

C’est l’un des grands principes du bouddhisme ! La vérité est polymorphe et tout le travail de l’esprit est d’apprendre à la lire par –delà l’apparence immédiatement perceptible. Un tout petit exemple :

 vase brisé

Un vase rempli d’eau tombe à terre et se brise. A-t-il disparu ? Certes pas, il a simplement changé de forme. De même des humains, de leurs corps, de leurs esprits, de leurs œuvres, de leurs idées, même.

Plus prosaïquement, soyons conscients que nous pratiquons au quotidien cette récupération, ce recyclage et qu’en fait nous sommes des déchèteries et rien d’autre. Le fumier nourrit la terre qui va nous nourrir avant que nous lui restituions cette nourriture sous forme de fumier…

C’est même, en toute logique, un de nos réflexes : observons un enfant devant un jeu de cubes épars. Il crée une forme, une œuvre, il la détruit volontairement ou non, et recommence avec les mêmes cubes soit pour reproduire les mêmes formes, soit pour en créer d’autres.

Revenons à notre jeu ! Alors ? Quelle est l’expression intruse ?

Trêve de suspens : c’est le ’’pot-pourri’’ ! Mais pas de panique ! Il ne s’agit nullement de mets en putréfaction car la polysémie du verbe pourrir est très vaste :

L’étymologie de pourrir vient du latin vulgaire ’’putrire’’ ou du latin classique ’’putrescere’’ à moins que ce ne soit du plus rare putrere, qui signifie :

  • Se gâter, se corrompre, se pourrir, devenir friable
  • Se décomposer jusqu’à se gâter.
  • Faire périr par décomposition
  • Se dégrader, se gâter moralement
  • Dégrader, gâter
  • Amollir, dorloter
  • Demeurer longtemps dans une situation fâcheuse, dégradante
  • Tomber dans le mépris.

Notre marmite semble donc désigner un mélange de viandes archi-cuites, décomposées par la cuisson, ’’pourrie’’.

Maintenant, considérons l’époque : fin du XVIème siècle ! Le peuple de France est régi par un certain Henri IV dont le ‘’projet de règne’’ était de permettre à chacun de ’’mettre la poule au pot’’ une fois par semaine !… Alors peut-on sérieusement penser que l’on ait pu considérer comme un ’’plat pourri’’ une pleine potée de viandes ?

Et si c’était le contraire ?

Olla Podrida ! ’’Podrida’’ ou alors ’’poderida’’ ? Qui donc pouvait se payer alors le luxe de cuisiner un pot ne contenant pas moins de 12 viandes différentes, sinon, ’’la gente de poder’’, les gens de pouvoirs, qu’ils fussent politiques ou économiques ? L’escamotage d’un petit ’’e’’ a décidément provoqué une bien grande … « confusion «  … !

pot pourri livre

Par conscience professionnelle, ajoutons que ’’Après le ragoût, et au figuré, le ’’pot-pourri’’ a, quelques années plus tard, désigné un assemblage de choses disparates, comme un ouvrage littéraire évoquant des sujets très divers. »

pot pourri fleurs

 »A la fin du XVIIe, un mélange de plantes et de sels broyés donnait un parfum portant le même nom qui, par métonymie, a aussi désigné le récipient contenant ce mélange généralement destiné à parfumer une pièce. »

pot-pourri musique

 »C’est au début du XIXe siècle qu’il désigne également une musique composée de morceaux issus de sources différentes. Ne nous en sont principalement restés que les assemblages d’éléments littéraires, picturaux ou musicaux variés. »

Nous voici arrivés au terme de notre divagation que nous achèverons par la révélation de l’apparition, au XVIème siècle, justement, de l’expression :

’’Il n’y a rien tel qu’un vieil pot à faire la bonne soupe.’’

Expression devenue depuis le péan convaincu et parfois … convaincant de toutes les cougars de la terre…

mo’

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