miroir

La canicule, les vacances et pour certains, le jeûne. Peut-on réfléchir en pareilles circonstances ? Les avis varient de la négation la plus énergique à l’affirmation la plus fébrile.

miror street

Miror Street; Jamail.mail@gmail.com

Quant à moi, je reprends une citation de l’Ecclésiaste 3.1-15

 »Un temps pour tout :

Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel: …  un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser…’’

Je pense remplir ici-même plus qu’honnêtement mon rôle de ’’pleureur’’, de ’’rieur’’ et de ’’lamantin’’ … Ayant avoué d’entrée de jeu que Terpsichore – la muse de la danse- n’est pas ma cousine, j’essaie de me faire pardonner cette impardonnable tare par le jeu et la dérision… Mes petits petons ne sont ainsi point écrasés, je n’en écrase point moi-même, et les seules choses que je claque bien fort, ce sont mes cuisses lorsque je m’esclaffe.

Tiens, peut-être est-ce le moment d’avouer que je suis un lecteur assidu de ’’mosalyo.wordpress.com’’ et autant je suis peu amène avec ce que j’écris lorsque c’est encore frais, autant, à me relire bien après, je prends grand plaisir en découvrant mes fautes d’orthographe non corrigées et mes astuces certainement pas relevées par les autres car provenant de tirages capillaires abscons, même si hilarantes au final.

Ainsi, pour les raisons évoquées d’entrée de jeu, ouvrons les vannes et laissons couler notre délirium à son aise, comme ces grands pros de music-hall auxquels l’on donne un sujet et qui font, des quelques mots proposés par le public, un texte complet et humoristique. Vous ne connaissez pas ? Vous devez alors être de cette époque où l’humour tourne toujours autour de l’angoissante question du cucul et du caca-boudin …

Bon, se laisser un peu aller ne veut pas dire se défaire comme une inconsistance quelconque. De la tenue, que diantre !

simpson

Affalé dans mon luxueux siège en cuir pleine peau, plus large qu’un appartement parisien et presqu’aussi cher, je laisse divaguer mon regard autour de moi, pendant que je joue avec un stylo inutilisé depuis un lustre et demi ou deux, vêtu très légèrement pour lutter contre la canicule. Dans l’armoire qui se trouve en face de moi, laissée ouverte pour cause de fatigue, la présence incongrue d’un miroir à main posé sur sa tranche, qui me renvoie, après mure réflexion, l’image d’un magnifique camembert de saison, réussissant une belle échappée hors de sa croûte, mézigue.

  • Miroir ? Mais c’est quoi un miroir ?
  • Bof, j’en sais rien, je sais simplement qu’en latin cela se dit ’’speculum’’ et que ce mot a donné  le mot de ’’spéculation’’ ! Curieux, non ? L’explication est qu’à l’origine, la spéculation était le fait d’observer le ciel et les étoiles à l’aide d’un miroir ! Aujourd’hui, nos médecins utilisent un instrument barbare de ce même nom qui leur sert à scruter le fond des choses et de nos fondements… Les bizarreries de ce champ lexical ne s’arrêtent pas là. Toujours en latin, l’étoile se dit, entre autre, ’’sidus’’ – mot qui a donné sidéral, sidérer, sidérant etc. et, inattendu,  la ’’considération’’ qui est, étymologiquement, le fait de regarder l’ensemble des étoiles en même temps.

miroir paon esprit

’’Une légende soufie, probablement d’origine persane, dit que Dieu créa l’Esprit sous forme de paon et lui montra sa propre image dans le miroir de l’Essence Divine. Le paon fut saisi d’une crainte respec tueuse et laissa tomber des gouttes de sueur dont tous les autres êtres furent créés. Le développement  de la queue du paon symbolise le développement cosmique de l’Esprit’’. in ’’Introduction aux doctrines ésotériques de l’Islam’’, T. Burckhardt

Toujours  concernant l’Islam, les Yazidis, groupe ethnique kurde intéressant le Kurdistan, la Turquie et l’Iran sont assez proches, au plan cultuel, des soufis et même des bouddhistes. Ils accordent une grande importance à une puissance qu’ils nomment Malik Taous, ou Roi-Paon qui regroupe en lui, symboliquement, tous les contraires.

Connais toi

Ce respectable gorille n’avait aucune idée de qui il était. Grâce au miroir, il a réussi à résoudre son complexe. Vrai que, comme a dit un candidat au baccalauréat français cette année 2015 même, dans son devoir de philosophie :

’’Pourquoi chercher à se connaître soi-même ? Je dirai que des fois cela peut être dangereux si on découvre que l’on est débile.’’

Peut-être a-t-il quelques bonnes raisons d’être prudent, ce brave élève !…

reflet

Reflet. Jamail.mail@gmail.com

Existe-t-il écrit sur le miroir, plus beau que cette strophe d’Hérodiade, le splendide poème de Stéphane Mallarmé ? Il est un peu hermétique, je l’avoue, mais vous avez droit à une explication ou deux … Ecoutez donc :

… O miroir ! Eau froide par l’ennui dans ton cadre gelée

Que de fois et pendant des heures, désolée

Des songes et cherchant mes souvenirs qui sont

Comme des feuilles sous ta glace au trou profond,

Je m’apparus en toi comme une ombre lointaine,

Mais, horreur ! des soirs, dans ta sévère fontaine,

J’ai de mon rêve épars connu la nudité ! …

Hérodiade est une princesse juive du début de l’ère chrétienne, qui eut une vie de tragédie … grecque… Elle fut mariée successivement à deux de ses oncles, et privée par le meurtre de nombreux membres de sa famille. En tant qu’archétype de la tragédie justement, elle a inspiré d’innombrables poètes et littéralement subjugué Stéphane Mallarmé.

De l'autre coté du miroir

De l’autre côté du miroir est un roman écrit par Lewis Carroll en 1871, qui fait suite aux Aventures d’Alice au pays des merveilles.

L’héroïne, Alice, s’ennuie. Elle s’endort dans un fauteuil et rêve qu’elle passe de l’autre côté du miroir de la pièce où elle se trouve.

Le monde du miroir est à la fois la campagne, un échiquier, et le monde à l’envers, où il faut courir très vite pour rester sur place. Alice y croise des pièces du jeu d’échecs et des personnages de la culture enfantine.

Le monde du miroir se présente comme un monde inversé. Alice, pour atteindre le jardin, doit d’abord s’en éloigner, de même qu’il lui faut, dans cet univers étrange, courir très vite pour rester sur place.

L’espace et le temps sont mis à mal, et il est ainsi possible de se souvenir du futur.

Le récit est un jeu de non-sens, de calembours, de polysémie et de quiproquos …

En fait c’est le journal de quelqu’un qui a franchi les limites du réel présent, bridé par la logique et la vraisemblance, pour accéder au pays d’une logique alternative, de l’humour et de la liberté…

Miroir ardent archimède

Trois siècles avant JC, Archimède, le célèbre ingénieur grec qui fut aussi un grand chef militaire réussit à détruire la flotte romaine à Syracuse en dirigeant les rayons du soleil vers les galères à l’aide de miroirs qu’il orienta judicieusement et à débarrasser ainsi la Sicile des envahisseurs romains.

A noter que ce qui pourrait paraître comme une légende a été reproduit à plusieurs reprises, notamment par le naturaliste français Buffon au 18ème siècle.

derrière le miroir

Emprunté à http://www.natachouetteandco.fr

Un ami m’a récemment fait une peine immense en me confiant sans rire, que des fois il se trouvait tellement laid en se regardant dans un miroir qu’il regardait derrière celui-ci dans l’espoir de constater que ce n’est point son image qui y est réfléchie…

miroir femme homme

Emprunté à http://www.point-fort.com/index.php?2009/04/20/440-test-du-miroir

D’autant qu’alors que la femme doute toujours de sa beauté et a tendance à se trouver tous les défauts physiques du monde, l’homme, lui, a la fâcheuse tendance contraire.

De quelle grande beauté n’apprend-on, un jour ou l’autre, que jeune-fille elle se croyait un laideron ? Le drame c’est que l’arbitrage du miroir ne sert en l’occurrence à rien, d’où les interminables stations de scrutation et d’évaluation. Le miroir serait-il plus subjectif qu’objectif ?

On peut le penser en considérant que pour l’homme, le passage devant le miroir, loin de lui fournir un élément d’appréciation objective, est un partenaire qui l’aide à se faire encore plus beau, par une touche pour remonter un cran de cheveux, par un écrasement pour faire disparaître une disgracieuse patte d’oie, par un tapotement pour se donner des couleurs, par une inspiration-contraction pour faire de son ventre flasque et tremblotant une impeccable tablette de chocolat…

at the edge

At the Edge. Jamail.mail@gmail.com

Le miroir,

Un homme épouvantable entre et se regarde dans la glace.

« Pourquoi vous regardez-vous au miroir, puisque vous ne pouvez-vous y voir  qu’avec déplaisir ? »

L’homme épouvantable me répond :

« — Monsieur, d’après les immortels  principes de 89, tous les hommes sont égaux en droits ; donc je possède le droit de  me mirer ; avec plaisir ou déplaisir, cela ne regarde que ma conscience. »

Au nom du bon sens, j’avais sans doute raison ; mais, au point de vue de la loi,  il n’avait pas tort.

Charles Baudelaire

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