le sens des étoiles

Eh bien cette semaine j’ai appris plein de choses !… Moi, tout benêt que je suis, je croyais que les étoiles d’un hôtel attestaient de sa qualité et de ses services. C’est certes un peu cela et si le couloir ne fait qu’un mère quatre vingt dix de largeur et pas deux mètres, ben il ne peut pas être 5 étoiles. Pas davantage si le dressing ne fait qu’un mètre vingt quatre de large… au lieu du mètre vingt cinq requis. Les étoiles sont attribuées sur la base de critères objectifs et quantifiables.

Le texte juridique stipule que : ’’L’hôtel classé dans la catégorie «5 étoiles » est un établissement caractérisé par le luxe et le confort de l’édifice et des équipements de même que par la qualité de ses services, la qualification et la correction de son personnel.’’ http://www.crifes.ma/docs/11231201413144PM.pdf

Mais mise à part cette généralité qui est un peu une porte ouverte à tous les abus, si vous voulez vérifier le bien-fondé des étoiles, il vous faut vous promener avec une chaîne d’arpenteur, une calculatrice et un aide pour compter, mesurer, expertiser.

Soyons sérieux. Vous pouvez aussi procéder autrement :

Par exemple RAISONNER et JUGER par vous-mêmes !

L’Hospitalité

Mon légendaire ami, collègue et compagnon de route, le noble Si Allal Le Rifain et moi, roulions à bord de son camion dans le désert, terrassés par la chaleur et enivrés par la très forte odeur de notre chargement : des filets de pêche que nous livrions à nos pêcheurs d’un port quelconque. A l’époque, dans la région, ni route, ni piste, et seuls des chauffeurs ’’moustachus’’ étaient capables de naviguer là : Derrière nous, du sable, devant nous du sable, comme à notre droite et à notre gauche.

Moi, prostré et silencieux, calé au fond de mon siège agrémenté de quelques ressorts indisciplinés qui en émergeaient et me faisaient des guilis, je me maudissais d’avoir relevé le défi d’accompagner l’illustre ami dans l’expédition… Il tentait de me ranimer et même de me taquiner sur ma délicatesse de petit bourgeois citadin, mais en homme fin, il comprit rapidement que l’heure n’était pas à la plaisanterie car j’étais vraiment mal.

campement

Puis soudain, en contrebas, à notre droite, dans la direction supposée être celle de la mer, un très modeste campement fait de deux ou trois tentes, très basses et sombres, typiques de la région. Mon ami m’indiqua qu’il s’agissait de l’habitation d’un de ses amis et que nous allions y faire une halte. Ainsi fut fait.

Nous descendîmes de la fournaise ambulante. J’étais réellement désarticulé, fourbu, assoiffé, affamé et, comme disent les Espagnols, fait poussière… Nous pénétrâmes dans ce ’’jeu de voiles’’ habilement disposé pour créer un courant d’air qui me parut un souffle de paradis, et, sans aucune façon, ayant ôté nos chaussures, nous nous installâmes dans ce qui devait être le séjour. Moi, en garçon poli, je ne pipai mot, même si je pensais que mon ami, sans gêne aucune, exagérait dans son mépris des convenances. Pénétrer ainsi chez les gens, sans demander la permission d’accès, sans rien dire à personne, comme dans un jardin public … Il vit mon interrogation et me rassura en m’apprenant qu’il ne faisait rien de mal et que j’allais vivre une belle expérience qui m’obligerait à réviser ma conception des relations humaines. Soit !

Nous nous assîmes ’’comme chez nous’’ et quelques minutes après, un jeune garçon à peine pubère, au corps sec, souriant, arriva, enleva ses mules pour arriver à nous. Sans un mot il nous baisa la main en signe de salut respectueux et disparut avant de revenir aussitôt avec un plateau de thé, puis un plateau chargé d’amandes séchées, de dattes, de beurre, d’un bol de miel noir comme l’encre, d’amlou et d’une large galette de semoule. Mon ami lui demanda ou était son père et le garçon répondit ’’pas loin, il ne doit pas tarder’’ … Il devait être deux heures de l’après-midi. Quelle était la température ? 100, 200 ° ? Je l’aurais juré. Nous nous restaurâmes sans retenue et nous allongeâmes sans façon, après nous être parcimonieusement rincé le bout des doigts. Je ne fus pas long à m’endormir, flottant dans un bonheur ignoré jusque-là…

Je fus réveillé par les chuchotements de mon ami avec le propriétaire des lieux qui échangeaient des politesses sans fin. Je me redressai brusquement sous les yeux hilares de l’honorable Si Allal qui ne manqua pas de me moquer, bien évidemment, en me demandant si le bébé avait bien dormi. L’hôte me demanda lui, au contraire, de ’’prendre mon repos’’ et de ’’disposer’’ à ma guise, me proposant même une couverture légère. Je le remerciai et déclinai l’offre, assurant que j’avais dormi tout mon saoul. Il nous posa alors une question qui me fit l’effet d’une révélation :

  • Est-ce que durant mon absence la fille des Oulad Dlim – patronyme de son épouse, appris-je par la suite- a bien pris soin de vous, mes seigneurs ?

Avant que je ne disse une inconvenance, Si Allal affirma que oui, qu’elle nous avait accueillis, nourris, rassasiés, servis et permis de prendre un repos dont nous avions grandement besoin. Notre hôte sourit, remercia le Ciel et nous répondit que c’était nous qui étions les gens de bien, puis il s’éclipsa une minute comme pour laisser à Si Allal le temps de me demander ce que je pensais du savoir-vivre des gens du désert, qui ne pensent qu’en termes de communauté, d’entraide et de générosité. J’eus les larmes aux yeux.

Et c’est ainsi que j’appris, ce jour-là, ce qu’est la véritable hospitalité…

Pur bonheur

L’enchantement

Je me rappelle avec émotion avoir vécu à quelque cent cinquante milles nautiques plus au nord, une expérience de séjour touristique conforme à mes goûts, à mes attentes et à une certaine éthique que je pense indispensable à l’exercice des métiers d’hospitalité.

essaouira

Ma fascination pour la magnifique Cité d’Essaouira s’était alliée à la remarquable et exemplaire qualité d’un certain établissement hôtelier ou j’avais été hébergé pour m’offrir un ’’moment de pur bonheur’’. Le directeur en était pourtant absent lors de mon séjour. A mon retour chez moi, je sentis de mon devoir de lui adresser une lettre de satisfaction et de félicitations dont je reproduis l’essentiel ci-dessous :

’’Monsieur le Directeur,

J’ai séjourné dans votre établissement durant quelques jours et je voudrais vous livrer ici mes avis et remarques sur la qualité de ce séjour :

Je fus accueilli par la demoiselle du Service des Relations avec la Clientèle, qui a fait preuve à mon égard d’une gentillesse rare. Après des formalités réduites à leur plus simple expression – et contrairement à la très fâcheuse habitude de nombre de vos collègues, mes documents administratifs me furent restitués sur le champ.

Iles Purpurines

Cette jeune personne m’a ensuite conduit à ma chambre dont la découverte a été un éblouissement : Face au tapis de verdure du golf, elle a en toile de fond, l’océan. Elle est décorée avec goût, garnie de meubles de qualité, dont la fameuse literie de rêve, le tout sans clinquant. La chambre comporte un large balcon équipé pour le retrait et le délassement.

Je ne compte nullement vous faire la relation détaillée de mon séjour mais ces quelques détails sont destinés aux innombrables personnes que je mets en  »blind-copy » de la présente.

Je suis revenu de ce séjour reposé, satisfait et heureux à plus d’un titre : J’ai l’absolue certitude que votre établissement est actuellement l’un des tout meilleurs hôtels du Pays – et je les connais presque tous dans cette catégorie. Je parle particulièrement des prestations et de la compétence professionnelle du personnel.

Du directeur intérimaire, que j’ai vu, impeccable dans son costume stricte, parcourir des dizaines de kilomètres tous les jours depuis l’aube, toujours souriant, attentionné et présent, au plus modeste garde-barrière, tout le monde sourit et montre sa disponibilité à rendre service.

Faut-il citer particulièrement :…

  • … l’adorable femme de chambre qui s’est évertuée à me faire mes quatre volontés et m’offrait en souriant ses délicieux petits chocolats en me souhaitant  »bonne nuit » ?
  • … le gentil personnel du SPA ?
  • … celui de la piscine ?
  • … celui du restaurant ’’A.’’ !
  • … celui du restaurant  » la K.’’ !
  • … celui de l’équipe de réception et ses réponses à tout !

Le personnel de l’entretien général – abordé par curiosité et questionné sur la fréquence des nettoyages et les produits, mérite lui aussi louanges !

Mais si tout le personnel est d’excellente formation, plusieurs de vos collaborateurs sont carrément impressionnants et méritent peut-être d’être distingués :

– le directeur du ’’Foods and Beverages’’ qui n’en ferait certainement pas davantage si l’hôtel lui appartenait,

– la demoiselle du service des ’’Relations avec la clientèle’’, si compétente et aimable qu’on la croirait une amie de toujours,

– la ’’Revenue manager’’ et sa collaboratrice, toutes deux attentionnées, dévouées, patientes et souriantes,

– Et une mention spéciale pour la fabuleuse équipe des cuisines avec ce qui fut pour moi une découverte énorme : Le très haut niveau du travail du ’’Chef des Cuisines’’ et du surdoué ’’Chef Pâtissier’’ qui officient tous deux ensemble, plus particulièrement dans le restaurant gastronomique de l’Etablissement, traité comme un atelier de saveurs, et qui n’a pas, en tant que cela, son pareil dans tout le Pays …

– Le Chef des autres restaurants m’a surpris, lundi à midi car suite à un vague souhait émis sans arrière pensée aucune devant lui, il m’a fait servir, hors carte et hors menu – et gratuitement, je l’appris par la suite-, des sardines grillées dignes d’un festival de haute gastronomie, vivantes, simples et pourtant à pleurer de bonheur …

Mais là où ma satisfaction se sublima en se teintant d’émotion et même de fierté, c’est que, comme je le leur ai dit à toutes et à tous, déclenchant ainsi leurs rires, il semblerait que l’âge de la retraite soit fixé en ces lieux à 35 ans ! Bien belle jeunesse, exemplaire même, très fière de ce qu’elle est, heureuse et  »bien dans sa peau » et ne demandant qu’à être confrontée à de nouveaux défis.

Ne serait-ce que pour cela, Monsieur le Directeur, recevez mes plus chaleureux remerciements et l’expression de ma sincère admiration.

Comme sans critique aucune, mes éloges ne seraient guère crédibles, permettez maintenant que je vous en fasse une, et de taille : Comment justifier qu’un tel établissement ne soit pas équipé d’un dispositif permettant de rallonger le temps ?

mo’’’

Il m’avait gentiment remercié et répondu avec humour qu’il allait tenir compte de mes observations et suggestions…

 degré zéro

La nullité

Je viens de subir quelques jours dans un établissement du bord de mer, quintuplement étoilé, pour fuir les dernières ardeurs du soleil. Le ’’râleur systémique’’ que je suis, ne s’améliorant guère avec l’âge, ne cessa, Ô surprise, de … sourire, en réponse aux attaques conjuguées du mauvais goût, des mauvaises odeurs, de l’incompétence et de la nullité de tout ce qu’il y a vécu, lequel  »tout » fut souligné par l’incivilité et l’éducation déplorable d’une clientèle fort bien adaptée aux lieux.

Ledit ’’râleur systémique’’ a l’âge ou l’on pardonne beaucoup à ses concitoyens, beaucoup certes, mais pas tout. La ligne à ne pas franchir est celle qui emprunte la forme d’un caducée, je veux dire en l’occurrence, celle de l’hygiène et de l’alimentation.

L’hygiène est interprétée en ces lieux de singulière façon et en un certain sens, assez cohérente : tout pue ! De l’entêtante odeur de l’encens cheap des couloirs, à celle, insupportable, du moisi des rideaux des chambres, tout sent mauvais.

La douche de la plage ne fonctionne pas et à la question de savoir pourquoi, l’on prétexte que ’’les enfants l’ont cassée’’… Vous insistez et demandez depuis quand. Il vous est répondu, comme le bidasse de Fernand Reynaud dans le sketch  »Le fût du canon » : ’’Depuis un certain temps’’.

Et pourtant, à longueur de journées, l’on peut voir des techniciennes et techniciens de surface allant et venant, poussant en traînant les pieds des chariots chargés d’outils, épiant, j’en suis sûr, le moment ou vous allez oser vous fixer quelque part, pour venir vous faire étal de leur habileté à soulever la poussière, en vérité attirer votre attention et peut-être mériter quelque piécette pour accepter d’ aller exercer leurs talents un peu plus loin.

Dans les chambres, vous avez le choix entre le séchage de votre visage, de votre corps ou de votre derrière. Mais pas les trois ! Et si vous précisez qu’il s’agit d’une chambre matrimoniale et qu’il faudrait donc deux jeux de serviettes, ce personnel stylé attendra que vous piquiez un petit somme, protégé, croyez-vous, par le flyer ’’Do not disturb’’ dûment pendu à la poignée de votre porte, pour y frapper intempestivement et vous tendre le linge manquant, aussi silencieusement qu’un agent secret procède à la livraison de quelque matériel stratégique de haute importance.

Au restaurant, l’on demande une chaise pour bébé. Elle arrive, mais sans tablette, égarée dans les combles à ce que je compris. Au même instant une autre, flambant neuf arrive, mais … elle est pour une autre table…

Pour clore ce paragraphe, je signale par honnêteté que la literie est agréable et même de bonne qualité. Une erreur, sans doute…

Tous ces tracas sont probablement dus à une formation désastreuse, incomplète, bâclée ou pire, absente.

Tel ne peut être le cas de l’alimentation, service technique s’il en est, et permettant, si le débit est important, de servir non pas des délices, mais à tout le moins des produits sains et de qualité. En l’occurrence, l’alimentation là, est tout simplement infâme, honteuse !

jemaa el fna

Tout d’abord, les odeurs : un épouvantable nuage de fumée de viande bon marché agite ses volutes infernales et nauséabondes au gré de la brise marine. Cela vous fait forcément penser à la halte casse-croûte d’un autocar déglingué au fin-fond du fin-fond de la campagne – le goût et le charme en moins, cela va sans dire. Mais non, vous êtes bien dans un hôtel aux ’’5 étoiles’’ dûment attestées …

À l’heure de la soupe-soupe-soupe … Ô la bombance ! Ô les délices ! … Une désolante tambouille à deux balles … Pourtant, 2 kilomètres de buffet s’étirent et serpentent au bord de la piscine…

tagines

Pauvre tagine ! Concept si original, si diététique et si intelligent de notre cuisine, devenu l’alibi de toutes les insanités possibles ! Miettes de vieille carne coiffant des légumes mal cuits provenant sans doute d’écarts de triage, inventions à la noix comme les pâtes froides agrémentées de choses non identifiables, salades ’’composées’’ –  de quoi mon Dieu ? … et autres fleurons de la gastronomie dite, en bon français, ’’foutage de gueule’’… Bref, nullité tout au long de l’interminable buffet…

Les fruits sont là … mais quasiment aucun n’est mangeable … Le melon est dur à produire un son métallique et fait des efforts désespérés et vains, pour avoir au moins le goût de courgette blette. La pastèque ne vaut guère mieux et les autres fruits, lorsqu’ils semblent consommables, sont très durs, probablement pour ’’faire la semaine’’, que ce soit les cailloux couleurs prune ou les kiwis qu’il est conseillé de recracher de suite si l’on tient à ses quenottes…

Rabattons-nous, alors, sur la pâtisserie…

A quoi vous attendez-vous ? A la description de la vitrine de Philippe Conticini, de Claire Damon  ou de Pierre Hermé ? Ce n’est pas tout à fait cela.

pâtisserie

Si j’avais eu une fille et qu’à l’âge de 5 ans, elle avait osé me présenter de pareils excréments, elle aurait reçu une fessée mémorable, car la pâtisserie consiste ici en d’infâmes petites mottes d’une sorte de semblant d’espèce de pudding, masquées par des confitures achetées dans le discount du coin et évidemment tout à fait impropres à ma consommation. De temps à autre, ô luxe, un petit fruit coiffe les mottes, mais je ne suis pas rapide et une petite truie devant moi se les approprie toutes en reniflant élégamment, car bien sûr, il n’y en a pas assez !… Pour accompagner ces sucreries, vous aurez un thé à la menthe infect, au goût de rinçage de théière.

La, l’ ’’erreur’’ en l’occurrence est constituée par la musique. Elle est assez agréable et le volume n’en est pas vociférant. Mais évidemment, puisque c’est un plaisir, la séance dure peu de temps.

dorades grillées

Pour la dernière soirée, l’un des membres du groupe nous a conviés au restaurant ’’à la carte’’ qui se targue d’employer à ses fourneaux un chef venu de loin … Un temps d’attente infini, meublé tout de même par un scandale à la table voisine ou les clients, harassés par une attente abusive, sont en train de hurler. Le pauvre loufiat n’y peut mais, et se contente de jurer que c’est presque en train d’être sur le point de pas tarder à arriver. Nous commandons imprudemment du poisson grillé : moi, une banalité dont je suis certain par avance qu’elle est congelée, bien sûr et tous les autres des dorades royales grillées, s’il vous plait, mais dont je puis réciter le CV avant de les avoir vues : Dorades d’élevage, raplapla et infâmes, à la fragrance d’intrants chimiques … Bien sûr, je ne me trompe guère.

Arrivent les pauvres animaux calibrés au trébuchet, ce qui est impossible avec des poissons naturels. Je vois les fines bouches de la tablée écailler un peu le dos des poissons avant de repousser leurs assiettes et de machouiller du pain en attendant la fin de la cérémonie. Moi, mon filet de saint-pierre se contente d’être insipide et je l’en remercie chaleureusement. Je lui fais même l’amitié d’en consommer la moitié avant de lui expliquer qu’il ne fallait pas non plus me demander l’impossible et l’on se quitte bons amis.

Là, la ’’fausse note’’ dans cette harmonie de parfaite nullité : le pain, fait sur place. Il était bon ! Enfin, correct ou acceptable en tout cas…

Le malheureux et généreux hôte comprend que nous allons devoir aller dormir le ventre creux, évalue le désastre général et il signe la note (environ 2 SMIGS …) avant de nous inviter…  à lever l’ancre et aller à la recherche d’un havre plus accueillant.

esquimau

Un joyeux drille parmi nous – ce n’est pas moi, vous vous en doutez- se lève et invite les jeunes à le suivre, avant de revenir quelques minutes après – de l’épicerie située près de la porte de l’hôtel- avec … des glaces sur bâtonnets – des esquimaux si vous préférez ! Eh bien, je jure que c’est ce que nous avons consommé de meilleur durant ce séjour paradisiaque.

Au moment du départ, j’eus l’honneur de recevoir divers membres de ce brillant personnel qui me demandèrent auquel des membres de mon groupe ils devaient ’’dire au revoir’’. Comprenez  »pour lui demander un pourboire ». Je répondis que je n’étais qu’un pauvre invité et que je n’en savais fichtrement rien !

Puis enfin, là-bas, toute proche, la délivrance… la sortie…

Pour désenclaver mon véhicule et fuir au plus vite, il me fallut la croix et la bannière, car le passage était encombré par les limousines allemandes noires de VIP. Alors comme moi, je ne suis que VPI et pas du tout VIP, ben j’ai dû attendre le bon vouloir de ces prestigieux citoyens, de leurs mémères, de leurs niards, de leurs gouvernantes philippines et de leurs chiens-chiens pour être autorisé à … m’en aller… Oh, je n’ai pas été bien loin, mais j’ai tout de même parcouru une vingtaine de mètres, jusqu’à la barrière d’accès de l’honorable établissement ou je subis un nouveau blocage, cette fois-ci parce que l’éminent vigile entendait ainsi interdire l’accès de ce paradis à un homme véhiculant une dame malade et qui demandait de l’aide… L’on finit par me soulever parcimonieusement la barrière en me recommandant de faire vite pour éviter la décapitation et m’échapper … Quel coup d’accélérateur ! …et …Ouf !…Libre, enfin libre !

Comme chante Barbara Streisand

Back to being free again

Back to being me again

With all my precious freedom, my precious, precious freedom

A ce que j’ai pu comprendre de mes discussions en coulisse, un nouveau directeur a récemment été importé de loin et le personnel ne l’aime guère et fait tout pour lui nuire, pour d’obscures raisons syndicales, entre autres.

Non, je ne suis pas un ’’râleur systémique’’. Seulement j’admets de moins en moins que l’on se moque de moi et que l’on me prenne mon bon argent, gagné plus qu’honnêtement, chacun le sait. Mais cela ne dure qu’un temps car bien vite je me ressaisis et me rejette la faute… en me répétant le dicton populaire marocain qui se moque ainsi :

’’Celui qui met la tête dans le son ne doit pas s’étonner qu’elle soit becquetée par les poulets’’

mo’

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