the greatest

1° … and the winner is … a trumpeter… mais lequel d’entre tous ?

Nat Adderley? Chet Baket? Aimé Barelli? Bix Beiderbecke? Teddy Buckner? Miles Davis? Roy Eldridge? Dizzy Gillespie? King Oliver?

Je vous laisse réfléchir ?

Bon, on commence par affiner la liste?

Nat Adderley

Nat Adderley a – peut-être injustement – souffert de l’immense popularité de son frère Cannonball, le saxophoniste. C’était un excellent soliste et un grand créateur de thèmes.

aimé barrelli

Aimé Barelli, c’était un excellent musicien, mais il était quand même un peu trop estampillé ’’public de casino’’…

Bix Beiderbecke

Bix Beiderbecke, musicien prodigieusement surdoué au départ mais dont la boisson à très rapidement gâché le talent.

Teddy Bauckner

Teddy Buckner fut un excellent trompettiste mais hélas, son cursus ne fit de lui qu’un des innombrables suiveurs de Louis Armstrong

Roy eldridge

Roy Eldridge est certainement un grand musicien mais on n’arrive pas à oublier que c’est un ’’saxophoniste contrarié’’ et son estampille de ’’roi du swing’’ boursouffle sa musique dés qu’il aborde un autre style.

Dizzy Gillespie

Dizzy Gillespie est techniquement époustoufflant et fait certainement partie du peloton de tête. Mais il s’est peut-être trop laissé enfermer dans l’étiquette ’’jazz afro-cubain’’…

king oliver

King Oliver était un maître, assurément mais le ’’découvreur de Louis Armstrong’’ et de tant d’autres a été victime de problèmes dentaires rédhibitoires pour un trompettiste.

Deux musiciens dépassent tout de même ce peloton d’une tête: Chet Baker et Miles Davis.

Chet et Miles

A ce niveau de la sélection, je pense que vous, membres du jury virtuel êtes en mesure de juger de la musique en oubliant toutes autres considérations, n’est-ce pas ?

Alors disons sobrement que Chet Baker est né en 1929 et est mort en 1998, qu’il fut trompettiste et chanteur de jazz. Son style témoigne d’une extrême délicatesse et d’une grande fragilité : son jeu semble souvent à la limite de la rupture, fort éloigné de l’exubérance de bien des grands.

Le bassiste Riccardo del Fra, qui a longtemps joué avec lui, explique la conception de particulière de Chet de la musique:

« Je sentais chez lui une profondeur qui me bouleversait, j’ai aussi appris avec lui le contrôle de soi-même : c’est-à-dire essayer de faire l’essentiel. La perfection, on le sait, n’existe pas. Mais lui, quand il joue, il en est très proche. Et quand on joue avec lui, il faut vraiment servir la musique et se libérer de son ego. Disons que sa virtuosité est plus magique que technique. »

Quant à Miles Davis, toujours en 2 mots, disons de lui qu’il est né en 1926 et qu’il est mort en 1991. Il fut compositeur et trompettiste de jazz.

Il fut à la pointe de beaucoup d’évolutions dans le jazz et s’est particulièrement distingué par sa capacité à découvrir et à s’entourer de nouveaux talents. Son jeu se caractérise par une grande sensibilité musicale et par la fragilité qu’il arrive à donner au son. Il marqua l’histoire du jazz et même de la musique du 20e siècle et beaucoup de grands noms du genre travaillèrent avec lui.

Mais comme dit plus haut, jugeons-les, en tant que musiciens : Imposons-leur le même morceau et comparons :

Ils ont interprété plusieurs standards chacun de son côté et c’est la bonne règle d’une compétition que d’imposer aux concurrents le même morceau.

Voici donc Autumn Leaves, la chanson française écrite en 1945 par Jacques Prévert et mise en musique par Vladimir Kosma, avant d’être traduite en anglais par l’auteur compositeur américain Johnny Mercer en 1949. Rien qu’en version ‘’jazz’’, on n’en connait pas moins de 30 versions dignes d’attention, dont celles de nos challengers

Autumn leaves, Chet Baker & Paul Desmond

                              Autumn leaves, Miles Davis

  • Alors, qu’en pensez-vous ?
  • Bon, moi, malgré mon immense tendresse pour l’écorché vif Chet Baker, je trouve qu’il y a autant à voir entre son interprétation et celle du sublime Miles Davis qu’il y a de rapport entre un mousseux de bal de sous-préfecture et un Dom Perignon 1929…

Alors, permettez que j’annonce sans plus tarder que le plus grand jazzman de tous les temps est :

Miles Dewey Davis III

L’hommage à lui rendre doit être de musique et pas de mots. Je choisis de rappeler les 7 dates de la vie de ce titan :

1949 : Inauguration de l’ère du jazz ’’cool’’

Album Birth of the Cool, Miles Davis

1958-1959  : La consécration internationale

Musique du film Ascenseur pour l’échafaud, Miles Davis

Concierto de Aranjuez, Miles Davis

1959 : Le summum

Album Kind of Blue, Miles Davis

Considéré par beaucoup comme le meilleur album de jazz de tous les temps…

1963 + : Le quintet mythique…

1967, Le concert en Allemagne, Miles Davis, Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams

1970 : Instauration de l’ère du ’’jazz-électrique’’ et ouverture de la voie au ‘’jazz fusion’’…

Bitches Brew, Miles Davis

1986 : Audace et militantisme :

Tutu, Miles Davis

1991 : L’adieu de l’apôtre :

Doo Bop, Miles Davis

La critique la plus juste sur Miles Davis :

’’Le génie de Miles Davis peut se résumer en trois points :

  • un son original dans un environnement très structuré,
  • une conception évolutive de la musique dans des directions déterminées et
  • une capacité à s’entourer à cette fin de musiciens dont il savait tirer le meilleur.’’

La plus belle phrase qu’il ait prononcée :

’’ La véritable musique, c’est le silence. Les notes ne font qu’encadrer ce silence.’’

 mo’

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