Mon dictionnaire

Sans aucune contrainte, j’entreprends, hic et nunc, la rédaction d’un dictionnaire différent, sans ordre alphabétique, un dictionnaire ou les définitions ne sont point des phrases froides mais des poèmes. Mon allure sera aussi rapide que celle de l’Académie Française, laquelle en est à la lettre ’’R’’ dans la révision en cours, commencée en … 1992 … Donc, ne nous affolons pas…

J’y reviendrai de temps à autre, selon mon humeur et l’urgence…

Aujourd’hui, je livre le Premier fascicule qui comporte 5 mots… : Foi, Beauté, Vertu, Amour et Science.

Voici :

La foi

Ibn Arabi

Andalou musulman, d’origine arabe, plus connu sous son seul nom de Ibn Arabi, 1165-1240, est un théologien, juriste, poète, métaphysicien et maître arabe-andalou des sciences islamiques, est l’auteur de 846 ouvrages. Son œuvre domine la spiritualité islamique depuis le XIIIe siècle, et il est quelquefois considéré comme le pivot de la pensée métaphysique de l’Islam.

Pour Ibn Arabi, la voie spirituelle est essentiellement une voie d’amour. Il en est ainsi parce que Dieu est essentiellement miséricorde.

A l’inverse, lorsque l’amour est absent des cœurs, un juridisme vide et desséchant tient alors lieu de ferveur et de zèle. Ibn Arabi a toujours dénoncé les dérives du juridisme.

Dans les écrits qu’Ibn Arabi consacre à l’amour, il distingue trois types d’amour : l’amour naturel ou élémentaire, l’amour spirituel et l’amour divin.

  1. L’amour naturel se caractérise par l’égocentrisme et la possessivité.
  2. L’amour spirituel, quant à lui, présuppose un dépassement de l’égocentrisme, et confère donc une certaine sagesse.
  3. L’amour divin, enfin, désigne l’amour que Dieu porte à Ses créatures. Pour Ibn Arabi, cet amour est notamment prouvé par la générosité de Dieu qui accorde toutes sortes de bienfaits sans mérite préalable des créatures et sans reconnaissance de leur part en retour. Parmi ces bienfaits se trouvent l’existence puis la conscience et l’intelligence de l’Homme.

Ma Religion

 

Mon cœur est devenu capable

D’accueillir toute forme.

Il est pâturage pour gazelles

Et abbaye pour moines !

 

Il est un temple pour idoles

Et la Ka’ba pour qui en fait le tour,

Il est les tables de la Thora

Et aussi les feuillets du Coran !

 

La religion que je professe

Est celle de l’Amour.

Partout où ses montures se tournent

L’amour est ma religion et ma foi.

 Beauté

Audrey Hepburn

L’Audrey Hepburn Children’s Fund, a été créé en hommage à la légendaire star du 7ème art éponyme et à son action, inoubliable égérie de ‘’Vacances romaines’’ et de la ligne ‘’chic’’ du grand couturier Givenchy. Il s’occupe à ce jour, des enfants démunis à travers le monde. L’inspiratrice, décédée en 1993 fut une grande beauté renfermant un cœur immense. Elle composa une réponse qu’elle se plut à répéter sans relâche quand on l’interrogeait sur les secrets de sa beauté physique, laquelle reflétait si justement celle de son âme et de son cœur. Voici ce texte, digne des plus hautes sagesses asiatiques :

Secrets de Beauté

  • Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté. Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux.
  • Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim. Pour avoir de beaux cheveux, faites qu’un enfant y passe sa main chaque jour.
  • Pour avoir un beau maintien, marchez en sachant que vous n’êtes jamais seule. Vous le faites pour les choses, mais les gens en ont eux aussi besoin : « réparez-les », bichonnez-les, redonnez-leur vie, sauvez-les ; ne les jetez jamais.
  • Pensez-y : si un jour vous avez besoin d’une main secourable, vous en trouverez une à chaque bout de vos bras.
  • En vieillissant vous rendrez compte que vous avez deux mains, l’une pour vous aider vous-même, l’autre pour aider ceux qui en ont besoin.
  • La beauté d’une femme n’est pas dans les vêtements qu’elle porte, son visage ou sa façon d’arranger ses cheveux.
  • La beauté d’une femme se voit dans ses yeux, car c’est la porte ouverte sur son cœur, l’endroit où est son amour.
  • La beauté d’une femme n’est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme.
  • C’est la tendresse qu’elle donne, l’amour, la passion qu’elle exprime.
  • La beauté d’une femme se développe avec les années.

Vertu

Kipling

Rudyard Kipling, 1865-1936 est un homme de lettres britannique, auteur notamment du célébrissime Livres de la Jungle. En 1895, il écrit un poème qu’il intitule If, espèce de code de la vertu britannique de l’Ere Victorienne, qu’il fait publier en 1910. Ce poème connait rapidement une célébrité mondiale, jamais démentie depuis. Il est repris en totalité ou en partie en diverses occasions et dans des lieux divers, jusque sur les portes du Musée de l’Homme à Paris par Paul Rivet en 1940, en signe de résistance à l’occupant allemand…

’’André Maurois l’a adapté en 1918 dans son livre Les Silences du colonel Bramble sous le titre Tu seras un homme, mon fils. Soucieux de maintenir la pureté de la langue et de rester fidèle au sens plutôt qu’à la lettre des textes, Maurois a écrit une version se composant de vers parfaitement réguliers et sans rime approximative qui reprend l’idée fondamentale du poème de Kipling tout en ne traduisant directement que quelques vers.’’

Le 14 juin 1940, Paul Rivet placarde le poème sur les portes du Musée de l’Homme, dont il est le créateur

Le poème a connu plusieurs autres traductions françaises, plus fidèles, dont celles de Germaine Bernard-Cherchevsky en 1942 et de Jules Castier en 1949.

Je donne ma version préférée qui, si elle s’éloigne de la lettre de Kipling, en restitue mieux, à mon sens, l’esprit :

Si …

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie 

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, 

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties 

Sans un geste et sans un soupir ; 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, 

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre, 

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,  Pourtant lutter et te défendre ; 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles 

Travesties par des gueux pour exciter des sots, 

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles 

Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire, 

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois, 

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère, 

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ; 

Si tu sais méditer, observer et connaître, 

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, 

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 

Penser sans n’être qu’un penseur ; 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 

Si tu peux être brave et jamais imprudent, 

Si tu sais être bon, si tu sais être sage, 

Sans être moral ni pédant ; 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, 

Si tu peux conserver ton courage et ta tête 

Quand tous les autres les perdront, 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 

Seront à tout jamais tes esclaves soumis, 

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire 

Tu seras un homme, mon fils.

Amour

Khalil Gibran

Le Prophète, du peintre et poète libanais Khalil Gibran serait aujourd’hui en Occident le livre le plus lu après la Bible. Des dizaines de millions d’exemplaires en ont été vendus à travers le monde.

La philosophie de Gibran – le « Consolateur » en arabe, est simple, lumineuse et universelle : elle prétend que ce que l’homme a de plus divin en lui, c’est son émerveillement devant la vie. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait connu un gigantesque succès durant le New Age.

Cette mystique se trouve au confluent de plusieurs influences : le christianisme, l’islam, le soufisme – qui est le concept d’union avec Dieu et l’unicité de l’existence, les grandes religions de l’Inde et la théosophie… Son ouvrage le plus connu s’intitule Le Prophète, un livre composé de vingt-six textes poétiques qui sont autant de leçon de vie.

Voici ce qu’il dit de …

L’Amour

… ’’ Lorsque l’amour vous fait signe suivez-le, Bien que ses chemins soient escarpés et sinueux.  Et quand ses ailes vous étreignent, épanchez-vous en lui, En dépit de l’épée cachée dans son plumage qui pourrait vous blesser. Et dès lors qu’il vous adresse la parole, croyez en lui, Même si sa voix fracasse vos rêves, comme le vent du nord saccage les jardins. 

Car comme l’amour vous coiffe d’une couronne, il peut aussi vous clouer sur une croix.

Et de même qu’il vous invite à croître, il vous incite à vous ébrancher.  Autant il s’élève au plus haut de vous-même et caresse les plus tendres de vos branches qui frémissent dans le soleil,  Autant cherche-t-il à s’enfoncer au plus profond de vos racines et à les ébranler dans leurs attaches à la terre.

Pareilles à des brassées de blé, il vous ramasse et vous enlace. Il vous bat au fléau pour vous mettre à nu. 

Il vous passe au tamis pour vous libérer de votre balle.

Il vous moud jusqu’à la blancheur. 

Et il vous pétrit au point de vous assouplir.

Puis il vous livre à son feu vénéré, afin que vous deveniez pain sacré pour le saint festin de Dieu.

Voilà tout ce que l’amour fera en vous afin que vous puissiez déceler les secrets de votre coeur et devenir ainsi un fragment du cœur de la Vie.

Mais si dans votre crainte vous ne recherchiez que la paix et le plaisir de l’amour, 

Alors il serait préférable pour vous de couvrir votre nudité, de quitter l’aire de battage de l’amour,

Et de vous retirer vers un monde sans saisons,

Où vous pourrez rire sans laisser jaillir tous les éclats de votre rire,

Où vous pourrez pleurer sans jamais libérer toute l’amertume de vos larmes.

L’amour ne donne rien que lui-même et ne prend rien que lui-même.

Il ne peut posséder et ne peux être possédé.

Car l’amour suffit à l’amour.

Lorsque vous aimez, ne dites pas : « Dieu est dans mon cœur. » 

Dites plutôt : « Je suis dans le cœur de Dieu. »

Et ne croyez pas que vous puissiez diriger le cours de l’amour. 

Car si l’amour vous trouve digne, lui-même guidera votre cœur.

L’amour n’a point d’autre désir que de s’accomplir. 

Mais si vous aimez et devez éprouver des désirs, que ceux-ci soient les vôtres : Fondre en un ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur d’un flot de tendresse. 

Être blessé par votre propre perception de l’amour ; 

Et laisser couler votre sang volontairement et joyeusement. 

Vous réveiller à l’aube avec un cœur ailé et rendre grâce à Dieu pour cette nouvelle journée d’amour.

Vous reposer à midi et méditer sur l’extase de l’amour.

Regagner votre foyer au crépuscule en remerciant le ciel. 

Puis vous endormir avec une prière pour l’être aimé en votre cœur et un chant de louange sur vos lèvres…’’

Science

Archimède

‘’Science et poésie, poésie et science ? Le couple paraît a priori mal apparié… Voulons-nous les comparer au risque de les opposer ? …

La science, avec sa perpétuelle tentative d’objectivation, son souci d’universalité, d’invariabilité des concepts qu’elle met en œuvre,

La poésie avec son attachement à la subjectivité, son usage de la polysémie et de la connotation, L

a science définit, mesure et classe,

La poésie compare par analogie et métaphore,

La science, même s’il lui faut de l’imagination, est ancrée dans le réel,

La poésie partant du réel voyage vers l’imaginaire,

La science se veut exacte et précise : elle parle d’angströms et de millisecondes,

La poésie parle alors de microcosme et d’instant,

La science rend compte avec concision et méthode,

La poésie nimbe la réalité matérielle d’une auréole séductrice,

La science fait appel à la rigueur ; la pensée y est plus discursive qu’intuitive,

La poésie fonctionne à l’intuition, voire à l’instinct, La science tient à prouver et à démontrer, La poésie ambitionne de faire sentir plutôt que comprendre,

La science demande à vérifier ses hypothèses, ses calculs et conjectures et à les confronter à la réalité,

La poésie invite à partager un ressenti et a le privilège de tout oser… Est-ce assez pour montrer qu’elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre ? …

Ce serait oublier toute une littérature de plusieurs siècles et même de millénaires car la forme de bien des textes anciens a été prosodique pour qu’ils puissent se graver durablement dans les esprits ; c’était le meilleur moyen mnémotechnique pour la transmission de la connaissance. Dans les sociétés sans écriture, donc sans lecture, c’est la forme poétique qui a permis la bonne transmission orale du savoir.’’

http://www.pressesdesmines.com/media/extrait/quandlespoetes_1res.pdf

Faisons tout de même une petite exception pour certains textes humoristiques, souvent coquins d’ailleurs, qui mettent en vers les nombres…

 

Mentionnons également qu’il existe certains poèmes écrits pour d’autres usages que poétiques, tel celui-ci destiné à faire retenir les décimales du nombre π, ou le nombre de lettres de chaque mot correspond à une décimale, les mots de dix lettres représentant un ’’0’’ :

Les décimales de pi

Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages!

Glorieux Archimède, artiste ingénieux,

Toi qui, de Syracuse aime encore la gloire,

Soit ton nom conservé par de savants grimoires !

Jadis, mystérieux, un problème bloquait

Tout l’admirable procédé, l’œuvre grandiose

Que Pythagore découvrit aux anciens grecs.

O, quadrature ! vieux tourment du philosophe !

Insoluble rondeur, trop longtemps vous avez

Défié Pythagore et ses imitateurs.

Comment intégrer l’espace bien circulaire ?

Former un triangle auquel il équivaudra ?

Nouvelle invention : Archimède inscrira

Dedans un hexagone, appréciera son aire

Fonction du rayon. Pas trop ne s’y tiendra

Dédoublera chaque élément antérieur ;

Toujours de l’orbe calculée approchera ;

Définira limite ; enfin, l’arc, le limiteur

De cet inquiétant cercle, ennemi trop rebelle !

Professeur, enseignez son problème avec zèle !…

… à suivre …

 mo’

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