coeur de pierre

Cœur de pierre, cœur de pierre ! … Mais qui a jamais fait l’effort d’explorer le cœur d’une pierre ?

correspondances

‘’Avoir un cœur de pierre’’ signifie être insensible, froid et fermé à toute émotion !… Il s’agit d’une opposition entre le cœur, siège des émotions, et la pierre, dure et froide.

diamnt

Pour autant, n’est-ce pas par une pierre que l’on témoigne un grand amour ?

géode de quartz

De même, qui donc peut résister au charme de l’exploration de la beauté intérieure de ces boites de silène, d’apparence rebutante mais gardant jalousement en leurs cœurs un mirifique kaléidoscope de lumières colorées ?

‘’Ceux qui ont du jugement l’exercent aussi bien en jugeant des pierres qu’en jugeant des hommes.’’ Pensées et lettres, Joseph Joubert

Bon, eh bien essayons de farfouiller ce cœur de la pierre  :

Semyon Kirlian

Un peu de chinois pour commencer :

L’effet Kirlian – de Semyon Kirlian, jeune chercheur soviétique des années soixante- est le résultat photographique de la manifestation physique d’ondes à hautes fréquences, irradiées par le psychisme humain. On nomme ce procédé l’électrographie. Plutôt que de multiplier les expressions scientifiques ou pseudo-scientifiques, voyons plus la signification concrète de cet effet.

3 règnes

Les ‘’ondes Kirlian’’ et le règne animal :

‘’En naissant, nous étions des pierres attendant que la vie nous taille. ’’                            Amor, Curiosidad, Prozac y dudas. Lucia Etxebarria, écrivaine espagnole née en 1966

L’homme évolue en moins d’un siècle et cela nous en avons la preuve scientifique car le recul est maintenant assez grand pour pouvoir l’affirmer. Les émanations Kirlian ont permis de constater que les corps vivants émettent des rayonnements qui correspondent non seulement aux parties « visibles » de ces corps mais également à des parties devenues « invisibles » comme des membres ou des morceaux amputés. Cette constatation est à rapprocher des affirmations d’un grand nombre d’amputés qui prétendent continuer à « souffrir » ou à « sentir » un membre depuis longtemps disparu.

Les ‘’ondes Kirlian’’ et le règne végétal :

‘’Le savoir : accumulations de pierres mal taillées, nombreuses mais disparates. Qui, avec cela, pourrait bâtir une demeure ?’’ Fragments, Jean-Paul Hameury, écrivain et poète français 1933-2009

Plusieurs sommités scientifiques affirment que le système nerveux des végétaux, bien que nettement plus primitif que celui des animaux, fonctionnait de la même manière que celui de l’animal, donc l’homme.

Ces sommités pensent que les plantes sont parfaitement conscientes du monde constituant leur environnement. Elles reçoivent des signaux qui s’acheminent au travers de leurs organes constitutifs et parviennent à leur centre de perception et de sensation où les informations sont décodées et enregistrées.

Ce centre nerveux et psychique des végétaux serait situé dans les environs du collet des racines.

Les ‘’ondes Kirlian’’ et le règne minéral :

‘’Certains se disent « malheureux comme les pierres » en pensant au diamant.’’ Le livre de la déraison souriante, Robert Sabatier, écrivain et poète français 1923-2012

En ce qui concerne les minéraux dont l’organisation est encore plus simple, les photographies Kirlian prouvent également une activité « psychique » :

Si donc l’homme évolue en un siècle, si les végétaux évoluent sur plusieurs siècles, les minéraux, quant à eux, ont une durée d’évolution qui se compte en millénaires, voire en millions d’années ! Mais le règne minéral n’est absolument pas un monde inanimé et figé. Son évolution est tout simplement infiniment plus lente que celle des deux autres règnes et, de ce fait, elle nous paraît statique.

Oui, les minéraux ‘’vivent’’ et ‘’s’expriment’’… Oh, vous ne risquez pas d’être hélé dans la rue par un quartz en ballade ou un béryl en rupture de ban, mais vous risquez de les entendre parler leur propre langue, chanter leur propre musique. Si vous voulez les entendre, il ne vous reste plus qu’à apprendre ces langages, pour les comprendre.

JAGADIS CHUNDRA BOSE

‘’Sir Jagadis Chundra Bose, un physiologiste indien, a étudié au moyen d’appareillages de sa conception, les réactions des animaux et des végétaux, puis celle des métaux. Il est ainsi arrivé à la conclusion que l’on ne pouvait pas déceler de différences vraiment fondamentales entre les réactions des organismes dits « vivants » et les réactions des structures minérales.’’

Que cela signifie-t-il donc ? Rien moins que la manifestation de l’intelligence, ordonnatrice de l’harmonie universelle …

‘’Tel qu’il a été conçu, l’homme était destiné à « résonner » en harmonie avec son environnement animal, végétal et minéral. Aujourd’hui, la réduction progressive des espaces de verdure, la pollution électromagnétique, le comportement outrancier et irrévérencieux des touristes qui visitent les sites composés de pierres autrefois sacrées conduisent à une déperdition énergétique de l’environnement, et par voie de conséquence, à la déstabilisation de la vie de l’organisme humain. On peut en tenir pour preuve que les maladies mentales sont pratiquement inexistantes chez les habitants des grands espaces verts, notamment les indigènes d’Afrique et d’Amérique du Sud.’’ http://dalaicharly.free.fr/homme/Kirlian.html

  • Serions-nous en train de dire sérieusement que les pierres chantent ?
  • C’est bien cela. Et plutôt qu’un discours de mille mots, je vous invite à un concert de chant de pierre… Il vous faut simplement apporter toutes vos capacités et toutes vos énergies pour prendre tout ce que vous allez recevoir…

 dunes

Dans l’amphithéâtre, l’ombre s’empare des douces courbes des dunes sans fin et les inonde, jetant sur leurs sinuosités lascives un voile de pudeur… Grandiose est un mot bien faible pour qualifier la majesté du coucher de l’océan de sable… Quelques très rares roches apparentes, quelques touffes végétales chétives essaient en vain de dérober à la vue l’origine du monde ou figurent des grains de beauté et là-bas, descendant en dodinant benoîtement, un petit groupe de dromadaires s’apprêtent à prendre ses quartiers de nuit…

Il y a là Antoine de Saint Exupéry, Hassan Massoudy, Théodore Monod, Fahad El Kubaisi, Jean-Jacques Annaud, Dhafer Youssef, Susheela Raman, Rahat Nusrat Fateh Ali Khan et des centaines d’autres ombres silencieuses, de déesses callipyges, accostées et frottant avec application leurs dents d’éclats d’écorce de noyer ou d’un bâtonnet de siwak… Les spectateurs n’échangent qu’en silence ou par onomatopées, brèves et rapides…

Une récitante, du nom de Florence Daniel nous instruit pour patienter :

‘’On recense aujourd’hui dans le monde une trentaine de sites désertiques où l’on peut entendre le « chant des dunes » : un son long, grave, mélodieux et très puissant (100 dB). Marco Polo et Charles Darwin faisaient déjà état de cette musique mystérieuse dans leurs récits de voyage. Un manuscrit chinois du viiie siècle en fait également mention. Certains comparent ce son à un grondement de tonnerre, d’autres au bruit d’un avion, d’autres encore au bourdonnement d’un essaim d’abeilles.

De nombreuses hypothèses ont été avancées pour tenter d’expliquer ce phénomène, des plus farfelues (djinns courant dans les dunes, esprits frappant sur des tambours, rivières coulant sous le sable…) aux plus sérieuses (vibration individuelle des grains, résonance de la dune dans son entier, intervention du vent…). Mais, à vrai dire, ce chant n’avait jusqu’à présent jamais vraiment été étudié car il se produit rarement, de façon imprévisible et dans très peu d’endroits.

En avril 2001, une équipe du laboratoire de physique statistique de l’École normale supérieure de Paris, en mission au Maroc, découvre par hasard des dunes qui chantent très facilement soit lors d’avalanches naturelles, soit lors d’avalanches provoquées en poussant le sable le long de la pente. Les chercheurs ont donc pu mener sur place toute une série d’expériences en écoutant les sons produits grâce à des micros enfouis. Ils ont même procédé à des études en laboratoire après avoir rapporté du sable du Maroc. Ils ont ainsi pu remarquer que la couche en mouvement est épaisse de 10 centimètres au minimum, que c’est elle seule qui produit le chant et qu’elle engendre aussi une onde sismique. Sur la base de ces observations, l’équipe de l’E.N.S. propose le mécanisme suivant : pour rouler les uns sur les autres, les grains s’écartent puis retombent ; ils dilatent puis compriment ainsi l’air emprisonné dans les interstices. 10 centimètres de sable correspondent environ à 500 couches de grains, soit autant de couches d’air qui sont successivement aspirées puis expirées. Ce serait le fait que tous les grains se mettent en mouvement de façon synchrone qui entraînerait la production d’un son très puissant de basse fréquence. Il reste à comprendre ce processus de synchronisation.’’(Encyclopaedia Universalis)

‘’Les pierres du désert sont des étoiles tombées du ciel, dans leur moelle se niche le souvenir cosmique, la nostalgie de la nuit sans nom où resplendissent ces autres pierres célestes dont les lumières scintillent comme des trilles d’alouettes ou les battements de cils de ballerines mélancoliques.’’

Malarrosa, Hernán Rivera Letelier, écrivain chilien né en 1950

Chant de dune

‘’Soudain, au pied d’une cascade, une grotte attire son attention. Il observe soigneusement la pierre polie par le temps et les belles formes que la nature a patiemment créées. Puis il découvre, inscrits sur une plaque, les vers de Rabindranath Tagore : Ce n’est pas le marteau qui a rendu ces pierres si parfaites, mais l’eau, avec sa douceur, sa danse et sa chanson. Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter’’.

Maktub, Paulo Coelho, romancier brésilien né en 1947

‘’La sonorité est la propriété que possèdent, à différents degrés, certains minéraux de produire un son particulier, par le choc, par la pression, par le frottement, par un courant d’air, etc.

Peu de substances minérales produisent un son particulier ; car à l’exception des ardoises, des phonolithes et de quelques autres roches, qui se divisent en tables ou en feuillets minces et dont le son est assez remarquable, les autres ne font que le bruit commun qu’on obtient quand on les frappe ou quand on les entrechoque. Cependant certains minéraux, tels le quartz lorsqu’ils ont été coupés en plaques minces et suivant certaines directions, donnent des sons assez caractéristiques par le frottement. D’autre part, les métaux produisent un son sourd quand on les bat, et plusieurs d’entre eux peuvent donner différents sons lorsqu’on les place dans les conditions voulues. Mais l’étain fait entendre un craquement singulier quand on en courbe un barreau, et ce bruit est tellement particulier qu’il a reçu le nom de cris de l’étain. Enfin, le soufre en masse, pressé à la main, produit aussi une espèce de pétillement très sensible si on l’approche de l’oreille.’4

Ben voilà ! Même pas sût  d’avoir su énoncer mon propos, m’en voulant d’avoir flirté avec certaines tentations animistes et autres grandes interrogations romantiques, je vais une fois encore  »remettre le problème à demain » et conclure, après avoir partagé cette phrase provocatrice de Cioran :

‘’Tout ce qui vit fait du bruit. — Quel plaidoyer pour le minéral.’’

De l’inconvénient d’être né Emil Michel Cioran

… à suivre …

mo’

 

 

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