végétarien dites vous

  • Le végétarisme est une pratique alimentaire qui exclut la consommation de chair animale pour des motivations diverses.
  • L’omnivorisme est le fait de se nourrir indifféremment d’aliments d’origine animale ou végétale.

De plus en plus de personnes pratiquent le végétarisme pour une raison ou une autre, diététique ou morale.

  • Le végétarisme est-il plus moral et défendable que l’omnivorisme ?
  • Peut-on être réellement végétarien ?

Consommer de la chair animale implique d’ôter la vie à ces animaux, donc de commettre ce que la morale humaine réprouve plus que tout : un crime… ce que ne supportent plus d’innombrables personnes.

De subtiles et vaines ratiocinations essaient de classifier le degré de la conscience de la douleur de chaque espèce pour décréter, en tout eugénisme, son affectation à nos appétits carnivores ou à notre morale complaisante.

animal et végétal

A en croire le philosophe nord-américain Andrew Smith, la réponse à ces deux questions est un « non  catégorique » ! Dans son dernier ouvrage, intitulé « A Critique of the Moral Defense of Vegetarianism » , le penseur, se basant sur les résultats des recherches les plus récentes en matière de sciences végétales, de systèmes écologiques, de philosophie de l’environnement, et d’anthropologie culturelle, lui-même ardent adversaire de la consommation de chairs animales, fait évoluer le concept de différence entre le végétarisme et l’omnivorisme.

Andrew F. Smith

Andrew Smith explique que le monde se porterait mieux si nous pouvions réorienter complètement notre relation et notre acception des plantes et des animaux et si nous remettions en cause le raisonnement moral que nous utilisons pour établir notre sensibilité dans un tel dilemme. Il montre comment les catégorisations que nous avons établies entre les plantes et les animaux, et entre végétarisme et omnivorisme, est révélateur de notre façon de nous penser nous-mêmes. Nos pratiques alimentaires révèreraient que notre vision du monde est écocide, c’est-à-dire suicidaire.

Il expose qu’une critique objective de la défense morale du végétarisme insiste sur le fait que nous devons adopter de nouvelles façons de voir les choses si toutefois notre espèce désire survivre et prospérer.

Selon lui, il est donc impératif de reconsidérer notre relation à notre nourriture et il semble prétexter que nous ne sommes pas ce que nous mangeons, mais ‘’qui’’ nous mangeons. Et cela fait un monde de différence…

géode de quartz

Mais la remise en question se fait bien plus en amont :

Il y a deux mois et demie, l’on pouvait lire ici-même, dans un post intitulé ‘’Cœur de Pierre’’, ceci :

‘’ Les ‘’ondes Kirlian’’ et le règne végétal : …

Plusieurs sommités scientifiques affirment que le système nerveux des végétaux, bien que nettement plus primitif que celui des animaux, fonctionnait de la même manière que celui de l’animal, donc de l’homme.

Ces sommités pensent que les plantes sont parfaitement conscientes du monde constituant leur environnement. Elles reçoivent des signaux qui s’acheminent au travers de leurs organes constitutifs et parviennent à leur centre de perception et de sensation où les informations sont décodées et enregistrées.

Ce centre nerveux et psychique des végétaux serait situé dans les environs du collet des racines.’’

Ce que je voulais alors dire, c’est que tout ce qui est, en fait, ‘’vit’’. Le cycle ondulatoire, dénonciateur de vie, est différent entre les règnes, animal, végétal et minéral mais son existence et la possibilité de le mesurer attestent de cette vie.

De même, le point de vue d’Andrew Smith, à priori, peut sembler curieux… d’autant qu’il ne défend absolument pas la consommation de viande, qu’il a écartée de son régime alimentaire depuis de nombreuses années. Mais il va bien plus loin :

Le dilemme qu’il évoque est constitué par l’énoncé du fait qu’il est acceptable de manger certains êtres vivants, les végétaux, car ils ne seraient pas sensibles alors que consommer des êtres vivants sensibles, les animaux, ne l’est pas. Mais en réalité, les choses sont finalement plus complexes.

Arabidopsis thaliana

Si elles ne souffrent pas de la même manière que les animaux, les plantes sont des êtres de perception et de communication, comme on le découvre depuis quelques décennies.

pieris ripaea

Lorsque la chenille Pieris rapae s’attaque à une feuille d’arabette des dames, Arabidopsis thaliana, elle la fait bouger légèrement, ce qui provoque des vibrations acoustiques. Des chercheurs ont enregistré ces sons, puis les ont diffusés à des plantes… Ils ont constaté que celles-ci percevaient le signal, et y répondait en fabriquant des composés chimiques pour s’en défendre.

Gorgées de molécules toxiques pour l’insecte, les feuilles deviennent impropres à la consommation. Les chenilles passent leur chemin. En revanche, le souffle du vent, ou la présence d’un insecte non menaçant ne modifie pas le comportement des arabettes. Elles sont ainsi en mesure non seulement de capter les signaux, mais également de déterminer s’ils représentent un danger pour adapter leur réponse à la situation.

nicotina

Autre exemple de stratège végétal redoutable, le tabac Nicotiana attenuata. Il produit, quand il se fait grignoter par des chenilles, des petits poils sécrétant un délicieux liquide sucré, auquel elles ne peuvent pas résister… Malédiction ! Après s’en être repues, elles émettent une odeur qui attire de redoutables fourmis prédatrices, lesquelles ont tôt fait de les éliminer et ainsi d’écarter la menace pour la plante.

Impala

‘’Les végétaux sont en outre capables de s’échanger des informations ; qu’une antilope s’attaque à un acacia et le voilà qui sécrète une hormone volatile pour avertir ses congénères du danger. En réponse, les arbustes fabriquent des tanins toxiques pour l’animal. Inutile de multiplier les exemples, ils sont légion !

Ainsi, pour Andrew Smith, le végétarisme ne peut baser tout son argumentaire sur cette distinction entre des êtres sensibles d’un côté et d’autres qui ne le seraient pas. Il nous invite à l’empathie envers tous les êtres vivants, y compris les plantes, et dénonce nos pratiques agricoles qui conduisent à un «écocide» et sont destructrices pour la vie en général. Il défend une vision plus cyclique que linéaire de la chaîne alimentaire, où les plantes se nourrissent également d’animaux – dont nous faisons partie !, par l’intermédiaire de leurs déjections ou de leurs cadavres qui alimentent le sol. Nous ne sommes ainsi pas au sommet de la chaîne alimentaire – il n’en existe pas, puisque c’est un cercle – chacun mange et est lui-même mangé.

Céline SIvault

D’où son assertion que personne ne peut se déclarer végétarien. Ce n’est pas parce que les plantes sont capables de ressentir des choses que manger des animaux devient plus acceptable moralement. Mais on le sent bien, la ligne est floue. Est-il par exemple plus justifié de manger une plante qu’une huître ? Ou qu’un insecte ? Établir une échelle de valeur du vivant reste donc un exercice hasardeux et parfaitement arbitraire.’’ Céline Sivault in ALTERNATIF bien-être, Juillet 2016 N°118.

Les végétaux sont donc des êtres sensibles ! Imaginons les incalculables conséquences de l’intégration de cette nouvelle donne dans nos pensées, nos comportements, nos vies, nos habitudes !… Un demain déjà entraperçu nous forcera à comprendre qu’il en est de même pour les minéraux aussi ! Nous, les êtres humains, animaux doués de raison, qui nous croyions privilégiés dans l’Univers, serions en fait le maillon le plus faible car le plus éphémère. Nous serions bien peu de choses – avec nos espérances de vie de 100 ans qui nous paraissent une chance, comparés aux végétaux qui eux expriment leur âge en millénaires :

Le Sapin

N’évoquons donc même pas la longévité des minéraux qui elle, s’exprime en millions, voire en milliards d’années…

Zirconium

Mais que nous chaut cette comparaison aussi impitoyable que moqueuse, puisqu’aux dernières nouvelles, Gentes Dames et Gentils Damoiseaux, nous allons être exclus de la compétition pour gestes inconvenants, de ces gestes qui valent sur un terrain de football, un penalty. Et là, le penalty obéit aux règles terribles de la ‘’mort subite’’ :

Fenner Crutzen

‘’Pour Frank Fenner célèbre scientifique australien et d’autres scientifiques reconnus comme Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, la Terre est entrée dans une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène, depuis 1800 avec la révolution industrielle et l’exploitation massive des combustibles fossiles. Cette nouvelle époque géologique succéderait à l’Holocène débuté il y a dix mille ans. Bien que non officielle sur l’échelle des temps géologiques, l’Anthropocène a été admis dans la terminologie scientifique et correspond au moment où les Hommes ont pu rivaliser avec les forces de la nature dans la capacité à modifier l’écosystème de la Terre.’’ http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2447_extinction_espece_humaine.php

 »Oui, un homme qui se croit chargé d’une mission divine n’est pas loin de se prendre pour Dieu lui-même et sombre alors dans la folie. »

George Rippey Stewart, in La terre demeure

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